03 février 2010. Laïcité républicaine : le Chef de l'Etat, le Premier Ministre et l'immam républicain de Drancy au dîner annuel du Crif. François Fillon, qui fustige le communitarisme, et finalement Richard Prasquier soutiennent Laurent Fabius contre Georges Frêche

Gilles Bernheim, Grand Rabbin de France (Portrait de l'Education, 30/12/2008)
Portrait et Bio Express (Libération, 29 mai 2007) Richard Prasquier, Président du Crif
Roger Cukierman

31 janvier 2010. Georges Frêche n'est pas antisémite mais les communistes et les verts sont israëlophobes
12/13 juillet 2009. Affaire Halimi/Fofana : "Oeil pour oeil, dent pour dent ?", le Crif proteste contre une décision de justice non maximale ; Alliot-Marie demande immédiatement l'appel
02 mars 2009. La classe politique française, de gauche comme de droite, sauf les pro-palestiniens qui protestent, rassure le Crif dans sa lutte contre l'antisionisme/antisémitisme ; Nicolas Sarkozy à Charm el-Cheikh pour le financement international (4,8 milliards de dollars), donc européen (554 millions de dollars en 2009), donc français, des destructions israéliennes de Gaza, rassure le Crif et François Fillon augmente les rentes des orphelins de la déportation et nomme une contrôleure du Web antisémite/antisioniste.
01 mars 2009. Contre Benoît XVI les Juifs de France, qui s'inquiètent, refusent ferme la béatification de Pie XII
31 janvier 2009. Le Grand Rabbin de France, Gilles Bernheim, critique Benoît XVI
08 janvier 2009. Gaza : Benoît XVI condamne la violence (résultats fin janvier : 13 morts israëliens, 1300 morts palestiniens)
07 janvier 2009. Le Crif est inquiet
04 janvier 2009. Le soutien inconditionnel à Israel dans la guerre contre le Hamas
13 mars 2008. Le Président Shimon Peres insulté lors de la réception du Crif
19 février 2008. Les tableaux volés aux juifs exposés à Jérusalem
15 février 2008. Le dîner annuel du Crif, en présence, pour la première fois, du Président de la République, Nicolas Sarkozy l'"ami d'Israël". La shoah individualisée aux enfants de 10 ans : Maître Serge Klarsfeld est pour ; Simone Jacob-Veil est vigoureusement contre
13 mai 2007. Richard Prasquier, son conseiller, succède à Roger Cukierman à la tête du Crif
07 mai 2007. Roger Cukierman félicite Nicolas Sarkozy
1er avril 2007. Présidentielle, profanation, protestations. Jacques Chirac condamne.
Mars 2007. Le Crif scandalisé par l'ancien Premier ministre centriste Raymond Barre ; quatre candidats ;
Février 2007. Antisémitisme: hausse de 45% des agressions physiques en 2006 selon le Crif (77 en 2005, 112 en 2006)
Décembre 2006. Contre Ségolène pour Nicolas ?
Novembre 2006. Le Congres Juif Mondial à Paris ; Dominique de Villepin s'adresse aux congressistes au cours d'un dîner de gala au Sénat : La France "se tient résolument aux côtés d'Israël"
Juillet 2006. 64ème anniversaire : Roger Cukierman dénonce "la haine de l'autre"
Mars 2006. Les américains au secours des français
Février 2006. Roger Cukierman demande toute la vérité sur l'assasinat d'Ilan Halimi ; et compare le président iranien à Hitler ; Dominique de Villepin promet la vérité, 7 mises en examen pour crime anti-sémite (judéophobe)
Février 2005. Roger Cukierman dénonce la politique arabe de la France

Mai 2004. Serge Hajdenberg candidat à la présidence des institutions juives de France : « Je n'aime pas l'hypocrisie »
Il est battu ferme par l'ancien dirigeant de la banque Rothschild

LE DIMANCHE 16 MAI (2004), les 150 délégués du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) éliront leur président pour les trois ans à venir. Un vote clé alors que l'antisémitisme retrouve des relais en France, et que la situation au Proche-Orient reste explosive. Candidat à un second mandat, comme le permettent les statuts du Crif : Roger Cukierman.

Mais il trouve en face de lui Serge Hajdenberg, 62 ans, président-fondateur de Radio J, présenté par certains comme pro-Likoud et frère aîné de l'ex-président du Crif (1995-2001), l'avocat Henri Hajdenberg.

Pourquoi êtes-vous candidat ?
Serge Hajdenberg. Je suis candidat parce que Roger Cukierman est, pour moi, décrédibilisé, à gauche comme à droite. Comme beaucoup, je n'ai pas oublié certaines de ses déclarations. Ainsi, en 2002, au lendemain du premier tour de la présidentielle, il a osé dire, évoquant le score de Jean-Marie Le Pen : « C'est un message aux musulmans leur indiquant de se tenir tranquilles. » C'était laisser croire que la communauté juive était lepéniste. Lors du dîner du Crif de janvier 2003, on l'a aussi entendu dénoncer « l'alliance brun-vert-rouge ». Un amalgame trop facile. Notre président a tenu depuis trois ans notre communauté à l'écart de la société civile. Moi, je souhaite inscrire ma démarche dans la ligne de l'action qu'ont successivement conduite Théo Klein, Jean Kahn et mon frère Henri. En ouvrant le Crif aux partis, aux syndicats, aux associations, aux autres religions et aussi, en jouant à l'intérieur du Crif, la carte de la transparence dans la gestion et le maximum de délégations de pouvoirs. Le président du Crif ne doit pas être l'homme d'un dîner annuel avec le Premier ministre. Sans compter que tout ne se joue pas dans un petit milieu à Paris.

N'est-ce pas un risque pour le Crif de changer de président à l'heure des actes antisémites ?
Le capitaine qui jette son bateau sur les rochers, on le met aux fers. C'est une image, bien sûr.

Vous êtes sévère...
Je n'aime pas l'hypocrisie. Roger Cukierman n'a pas de sens politique. Il gère le Crif comme une entreprise, pas comme un porte-parole politique. En plus, il est un peu plus extrémiste que la moyenne.

Quelles relations souhaiteriez-vous avoir avec l'Etat d'Israël ?
La vocation du Crif est d'essayer d'expliquer les positions qui méritent d'être expliquées, et de faire en sorte qu'en tout état de cause la France et Israël se parlent en permanence. Il ne s'agit pas de soutenir tel ou tel chef de gouvernement.

« J'ai pris ma décision seul »

Comment vous définissez-vous ?
De coeur, je suis centre-gauche. Economiquement, centre-droit.

Comment réagissez-vous aux profanations de cimetières ?
C'est extrêmement grave, mais il ne s'agit surtout pas de réduire cela à des actes antisémites. Ce sont des attaques contre la France.

Qui vous a poussé à vous engager ?
J'ai pris ma décision seul.

Vous dites non à la continuité ?
Par rapport aux trois dernières années, j'entends être, en effet, un candidat de rupture. Pour que le Crif soit à nouveau entendu, et à l'écoute des autres. Il ne s'agit ni de minimiser, comme l'a longtemps fait la gauche, la montée des actes antisémites ni de se rassurer à bon compte, comme on l'a vu à droite, en disant (ce qui est d'ailleurs vrai) : la France n'est pas antisémite. Il s'agit, dans le dialogue, d'affronter un défi lancé à la République.
Propos recueillis par Dominique de Montvalon, Le Parisien, samedi 08 mai 2004, p. 5

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(16 mai 2004) Roger Cukierman, réélu président du Crif
Le président sortant a été réélu par l'assemblée générale avec 113 voix, contre seize pour Serge Hajdenberg, président de Radio J.

Roger Cukierman, 67 ans, a été réélu dimanche président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) pour un mandat de trois ans, a annoncé le Crif dimanche 16 mai.
Roger Cukierman a été réélu par l'assemblée générale avec 113 voix, contre seize pour Serge Hajdenberg, président de Radio J et frère de Henri Hajdenberg, ancien président du Crif, et quinze abstentions. Serge Hajdenberg, 62 ans, s'était porté candidat pour remédier au "déficit de communication du Crif, lié à la personnalité de son actuel président".
"Le Crif s'est coupé de ses partenaires naturels, les partis politiques, les syndicats, la société civile", a-t-il dit, en mettant également en cause un "manque de transparence" dans la direction de l'organisation.
Estimant que le Crif avait "mal géré" la crise liée à la montée de l'antisémitisme en 2001-2002, "isolant la communauté juive", Serge Hajdenberg plaide "pour le dialogue des institutions juives avec tous les acteurs de la société civile et les minorités religieuses".

Polémique

Le président sortant, ancien dirigeant au sein du groupe bancaire Edmond de Rothschild, enfant caché pendant la guerre, au célèbre franc-parler, a pris les rênes du Crif alors que la France renouait avec une montée de l'antisémitisme, en relation avec la seconde intifada au Proche-Orient. Il a tiré la sonnette d'alarme lors du dîner du Crif en décembre 2001, en évoquant, devant l'ancien Premier ministre Lionel Jospin, la montée d'une "haine anti-juive" en France, puis n'a cessé d'alerter, au risque de s'attirer certains reproches d'exagération et de "paranoïa", y compris au sein de la communauté juive.

Lors du dîner du Crif de janvier 2003, il a créé la polémique en assimilant antisionisme et antisémitisme et en dénonçant une "alliance brun vert rouge".
NOUVELOBS.COM | 16.05.04 | 13:44

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(12 février 2005) Pour son dîner, le Crif sert à Raffarin une kyrielle de griefs
Le président de l'instance juive dénonce la politique arabe de la France.

Haro sur la politique arabe de la France.
Samedi (12 février 2005), le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) organisait son dîner annuel, événement politico-mondain, au cours duquel son président, Roger Cukierman, a coutume d'interpeller le gouvernement.
Le nombre des actes antisémites ayant diminué fin 2004, après avoir flambé auparavant, et un espoir d'accalmie semblant se dessiner au Proche-Orient avec l'élection de Mahmoud Abbas, on pouvait espérer un discours apaisé.
Il n'en a rien été. Face à Jean-Pierre Raffarin et aux seize ministres présents ­ et en l'absence remarquée de Nicolas Sarkozy annoncé avec Cécilia puis excusé ­, Cukierman a enfilé le costume qu'il affectionne : celui de défenseur d'une communauté menacée.

Affaire Dieudonné.
Les années précédentes, il avait concentré ses attaques sur la responsabilité des jeunes issus de l'immigration et de la gauche altermondialiste dans la hausse des actes antisémites. Samedi, il a accusé la justice de «mal apprécier la gravité du phénomène». En cause, les jugements, trop cléments, rendus dans des affaires concernant des écoliers juifs maltraités par des camarades de classe, à propos de l'humoriste Dieudonné ­ poursuivi pour «injures raciales» et relaxé en appel ­ ou encore de la maison Flammarion. Cet éditeur, coupable, selon le Crif, d'avoir publié en 2002 un ouvrage «tendancieux» sur la Palestine, récidive avec Pogrom, d'Eric Bénier-Bürckel, roman jugé «inqualifiable» par l'écrivain Olivier Rolin dans une tribune publiée dans le Monde la semaine dernière.

Pour le reste, Roger Cukierman a consacré une violente salve à la diplomatie française. A la demande de l'Elysée, cette partie du discours jugée trop agressive avait été édulcorée. Insuffisamment? Interviewé hier sur Europe 1, François Fillon a jugé «pas normal que le président du Crif se livre chaque année à une attaque globale de la politique étrangère de son pays».
«Je dois vous faire part du malaise que je ressens, avait déclaré Cukierman lors du dîner de samedi. Malaise devant ce qui me paraît être une incompatibilité entre la politique étrangère de la France et la politique de lutte contre l'antisémitisme.» Après avoir évoqué l'affaire Al-Manar, chaîne de télévision du Hezbollah autorisée puis interdite par le CSA pour antisémitisme, il a critiqué l'accueil fait à Yasser Arafat lors de son hospitalisation. «Je comprends certes l'aspect humanitaire de son transfert en France. Mais aucun propos n'est venu rappeler sur son catafalque l'ambiguïté du personnage.» Or «les espoirs de paix que suscite l'arrivée au pouvoir de son successeur démontrent combien le soutien de la France à Arafat était lourdement erroné».

Dans sa réponse, Jean-Pierre Raffarin a rappelé que «plusieurs décisions d'une sévérité exemplaire ont été rendues en 2004 par les tribunaux». Sans citer Dieudonné, il a «condamn[é] fermement (...) certains artistes qui cherchent à faire applaudir la haine». Ajoutant que «leur notoriété ne les met pas hors la loi». Sans citer non plus Flammarion, le Premier ministre s'est dit «vigilant quant à certaines initiatives supposées littéraires, telle que celle qui, récemment, était présentée dans la presse comme "un livre inqualifiable"».

Voyage.
A propos du Proche-Orient, Raffarin a salué «l'espoir retrouvé». Mais à part une allusion à la «volonté et l'engagement de la France» en faveur de la paix, il n'a rien dit du rôle que pourrait jouer la diplomatie française. Il n'a d'ailleurs pas annoncé son déplacement en Israël au moment où il évoquait les relations israélo-palestiniennes, mais en conclusion du paragraphe consacré aux célébrations du 60e anniversaire de la libération des camps d'extermination nazis. La formulation de l'invitation du gouvernement israélien (lire ci-contre) semble aussi en faire un événement surtout lié à la mémoire de la Shoah.
Par Catherine COROLLER, lundi 14 février 2005 (Liberation - 06:00), p. 13

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20/02/2006 21:18 : PARIS, 20 fév 2006 (AFP) - Le Crif réclame "toute la vérité" sur le meurtre d'Ilan Halimi

Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Roger Cukierman, a pressé lundi le Premier ministre Dominique de Villepin d'établir "toute la vérité" sur le meurtre d'Ilan Halimi pour savoir s'il a été tué "parce que juif".

"Le Crif a appelé au calme et au sang-froid. Mais une question s'impose à nous de manière pressante: Ilan est-il mort parce que juif?", s'est interrogé M. Cukierman au dîner annuel du Crif, devant M. de Villepin et de nombreux ministres.
"Vous devez la vérité à notre pays", a-t-il poursuivi. "Je demande à votre gouvernement de nous fournir la vérité, rien que la vérité, toute la vérité sur cette affaire et notamment sur les motivations des assassins".

Ilan Halimi, 23 ans, enlevé le 21 janvier, avait été découvert agonisant le 13 février nu, bâillonné, menotté et portant des traces de tortures et de brûlures. Sa mère a déclaré au quotidien israélien Haaretz: "si Ilan n'avait pas été juif, il n'aurait pas été assassiné".
Dimanche, le Crif avait renouvelé l'appel au calme lancé vendredi lors de l'enterrement du jeune homme et condamné les incidents qui avaient émaillé une marche à sa mémoire à Paris.
la-croix.com, 20/02/2006 21:18

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20/02/2006 22:28 : PARIS, 20 fév 2006 (AFP) - Le président du Crif compare le président iranien à Hitler

Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Roger Cukierman, a comparé lundi le président iranien Mahmoud Ahmadinejad à Hitler et suggéré que l'Iran soit exclu de la phase finale de la Coupe du monde de football.

"Les déclarations du président iranien n'ont rien à envier au Mein Kampf de Hitler", a lancé M. Cukierman durant le dîner annuel du Crif en présence du Premier ministre Dominique de Villepin. "Hitler l'a dit, Hitler l'a écrit, Hitler l'a fait. Et Hitler n'avait pas la bombe atomique".

"L'histoire nous a appris qu'il fallait toujours prendre au sérieux les menaces", a-t-il poursuivi. "Il y a plus de 70 ans, en Europe, un petit homme moustachu et vociférateur avait déjà écrit son projet de suprématie raciale. Pour ne pas l'avoir cru, l'Europe a payé le prix fort. Aujourd'hui, un petit homme tient un langage aussi inquiétant. Il vient d'Iran".

"Nous souhaitons que la France joue un rôle moteur dans l'union des grandes puissances occidentales", a-t-il poursuivi. "L'Europe et les Etats-Unis doivent imposer aux Iraniens, par tout moyen, de renoncer à l'arme nucléaire alors qu'il est encore temps. Et le temps presse".

"Va-t-on exclure l'Iran des compétitions sportives internationales? et notamment de la phase finale de la Coupe du monde de football?", s'est-il interrogé. "Une telle décision aurait un impact considérable sur le peuple iranien, très fier, et à juste titre, de son accession à cette phase finale" en juin.

"Va-t-on appliquer à l'Iran des sanctions économiques?", a-t-il ajouté, évoquant la pression "efficace" contre l'Afrique du sud du temps de l'apartheid, "va-t-on réagir après l'agression de notre ambassade à Téhéran? va-t-on rompre les relations diplomatiques? va-t-on exclure l'Iran de l'ONU?".
la-croix.com, 20/02/2006 22:28

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21-02-2006 : Affaire Ilan : Villepin promet la vérité

La thèse d'un crime antisémite a été retenue à l'encontre de sept personnes mises en examen lundi 20 février au soir par la juge d'instruction chargée de l'enquête sur l'enlèvement et le meurtre d'Ilan Halimi, alors que le chef présumé des ravisseurs était toujours en fuite

Dominique de Villepin a déclaré lundi 20 février au soir, lors du dîner du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) à Paris, avoir demandé "que toute la lumière soit faite" sur les "motivations" du meurtre "odieux" d'Ilan Halimi, en confirmant que la juge avait retenu "les circonstances aggravantes de crime commis en raison de l'appartenance à une religion".

Le garde des sceaux, Pascal Clément, l'avait fait juste avant lui. L'un des membres du gang de kidnappeurs a "fait savoir qu'il s'était attaqué à Ilan Halimi "car il était juif et qu'un juif, c'est riche"", a-t-il indiqué. "C'est une aggravation, la résonance n'est plus tout à fait la même".

Ilan Halimi avait été enlevé le 21 janvier. Il a été découvert trois semaines plus tard agonisant à Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne). Une grande partie de son corps portait des traces de tortures.

Interrogée par le quotidien israélien Haaretz, la mère d'Ilan, Ruth Halimi, a déclaré que "si Ilan n'avait pas été juif, il n'aurait pas été assassiné", en accusant la police française d'ignorer le caractère antisémite des faits. Selon les enquêteurs et le parquet, d'autres victimes n'étaient pas juives et le but premier des ravisseurs était d'obtenir de l'argent.

Les sept suspects - six hommes et une femme - ont été mis en examen pour "enlèvement et détention", "association de malfaiteurs en vue d'enlèvement, détention et séquestration en bande organisée sous conditions" et "association de malfaiteurs en vue de commettre un meurtre avec préméditation en raison de l'appartenance ou la non appartenance, vraie ou supposée, de la victime à une ethnie, une nation, une race ou une religion". Le chef du gang de kidnappeurs toujours en fuite
Toutefois, cette circonstance aggravante peut ne pas être retenue à l'issue de l'instruction en fonction des déclarations des suspects.

L'hypothèse de motivations à caractère antisémite provoque depuis la semaine dernière un émoi dans la communauté juive parisienne. Le président du Crif, Roger Cukierman, a pressé lundi le premier ministre d'établir "toute la vérité" sur ce meurtre pour savoir si Ilan Halimi a été tué "parce que juif".

De son côté, le MRAP a annoncé lundi soir son intention de porter plainte et de se constituer partie civile dans le cadre de l'instruction, estimant que le "mobile raciste" de ce crime "doit être considéré comme une circonstance aggravante".

L'un des suspects, un jeune homme âgé de 19 ans, est considéré par la justice comme le plus impliqué. Selon son avocate, Me Véronique Massi, qui conteste cette forte implication, il a au contraire "tenté de tout arrêter" et a quitté le gang bien avant que M. Halimi soit retrouvé agonisant. Il a été placé en détention provisoire par le juge des libertés et de la détention (JLD).

Les six autres personnes devaient comparaître tard lundi soir devant le JLD. Le parquet a requis contre elles le mandat de dépôt mais il n'était pas connu lundi peu après minuit qu'elle était la décision du juge. Samedi, trois personnes, dont deux femmes, avaient été mises en examen et écrouées.

Le chef présumé de la bande, qui se fait appeler "the brain of barbarians" ("cerveau des barbares"), 25 ans, était toujours activement recherché lundi. Au moins deux autres personnes, son bras droit de 22 ans ainsi qu'une femme soupçonnée d'avoir séduit des victimes, sont aussi toujours en fuite.

A ce jour, selon les enquêteurs, sept personnes, dont Ilan Halimi, ont été prises pour cibles par ces malfaiteurs, dans diverses tentatives d'enlèvement pour leur extorquer de l'argent. Les enquêteurs travaillent également sur un lien éventuel entre ce gang et des tentatives d'extorsion sur des médecins parisiens en 2005.
la-croix.com, 21-02-2006, AFP et AP

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(Mars 2006) Des juifs américains au secours des juifs français
Une pétition circule pour que l'on accorde l'asile aux juifs «persécutés» en France.

«Asile américain pour les juifs français», tel est l'intitulé d'une pétition qui circule à Los Angeles : «Après la torture barbare et l'assassinat d'un jeune juif de Paris, parce qu'il était juif, dans un contexte où l'antisémitisme islamique augmente dans ce pays (...), nous pensons que l'Amérique, fidèle à sa tradition d'offrir l'asile politique aux gens en danger dans leur propre pays devrait leur ouvrir ses portes. Nous demandons au Congrès de passer une loi accordant le statut de réfugié aux juifs français.»

Quelque 5 000 personnes ont paraphé cette pétition lancée par des juifs d'origine française vivant aux Etats-Unis. Leur inquiétude n'a pas épargné les juifs de Californie. Choqué par le meurtre d'Ilan, le rabbin Nachum Kosofski a invité le consul général de France à Los Angeles, Philippe Larrieu, à parler dans sa synagogue pour s'expliquer sur la France, l'antisémitisme et la République.

A l'entrée de cette congrégation orthodoxe on lit une oraison funèbre : «A la mémoire d'Ilan», écrite par Judea Pearl, le père du journaliste Daniel Pearl assassiné au Pakistan : «Ne restons pas silencieux autour de ta tombe, Ilan, aucun repos (...) jusqu'à ce que le climat raciste de ton meurtre soit jugé au tribunal de l'histoire. Jusqu'à ce qu'un autre Zola se lève avec un J'accuse encore plus tonitruant, et que cette culture de la duplicité soit dénoncée comme infâme, comme le furent l'affaire Dreyfus et le traité de Munich.»

Le consul de France allait d'ailleurs s'exprimer sur ce terrain, reconnaissant qu'il y a eu «un problème d'antisémitisme en France», citant l'affaire Dreyfus et Vichy mais ajoutant que ce n'est pas une spécialité française : «Si les chiffres d'agressions antisémites ont baissé de 48 % en 2005 en France (...), l'organisation ADL (Anti-Defamation League) a recensé une augmentation de 17 % d'incidents antisémites aux Etats-Unis.»

Problème général, donc, affirme le consul, qui tient à rappeler la «contribution de la communauté juive à la culture française» ­ avec l'exemple de ses Premiers ministres juifs Léon Blum et Mendès France ­ et «l'absolue détermination du gouvernement français à combattre l'antisémitisme». Les fidèles de ce quartier où alternent synagogues et restaurants casher (Los Angeles est la troisième ville juive au monde) semblent rassurés. Ils ne signeront probablement pas la pétition.
Le Parisien, QUOTIDIEN : mercredi 15 mars 2006, p. 9, Annette Lévy-Willard

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16/07/2006 11:56 PARIS, 16 juil 2006 (AFP) - Le Crif dénonce "la haine de l'autre" qui veut "faire disparaître Israël"

Roger Cukierman, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), a dénoncé dimanche "cette haine de l'autre qui, sous des prétextes religieux, ne rêve que de faire disparaître l'Etat d'Israël soixante ans après la shoah".

"Comment ne pas évoquer cette épidémie du fanatisme religieux, avec son cortège d'actes terroristes et d'attentats suicide", a dit le président du Crif, en commémorant à Paris le 64e anniversaire de la rafle du Vel d'hiv.

En France, a par ailleurs souligné M. Cukierman, "nous célébrons en ce moment le centième anniversaire de la réhabilitation d'Alfred Dreyfus", officier juif injustement accusé de trahison. "Mais, a-t-il ajouté, comment ne pas évoquer aussi la barbarie qui a conduit il y a quelques semaines, dans le pays des droits de l'Homme, à une mort atroce le jeune Ilan Halimi", un juif de 23 ans séquestré et torturé en février par un gang dont le chef présumé est Yossouf Fofana.

"Pour que demain l'Histoire tragique ne se répète pas, pour que la France soit unie, généreuse, tolérante, il faut qu'elle soit convaincue que les identités plurielles peuvent se conjuguer avec les valeurs de la République dans une condamnation sans faille du racisme et de l'antisémitisme", a-t-il déclaré.

"L'antisémistisme n'est pas qu'une menace, c'est une réalité", a affirmé de son côté Hamlaoui Mekachera, ministre délégué aux Anciens combattants, pour qui, "malgré des progrès constatés, des actes ignobles, barbares ou des propos infames nous rappellent, encore trop souvent, la nécessité de ne jamais baisser la garde".

Les 16 et 17 juillet 1942, la police française avait raflé 12.884 juifs, en rassemblant plus de 8.000 au Vélodrome d'Hiver, avant qu'ils ne soient transférés vers le camp de Drancy, puis déportés vers les camps d'extermination.
lacroix.com, 16/07/2006 11:56

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dimanche 12 novembre 2006, 8h16 Le Congrès juif mondial se réunit à Paris

PARIS (AFP) - Venus de quelque 80 pays, les représentants des principales communautés juives dans le monde se retrouvent dimanche à Paris pour la réunion de l'organe suprême du Congrès juif mondial, son conseil exécutif.

C'est "la plus grande rencontre" de la diaspora juive, a souligné le Français Pierre Besnainou, président du Congrès juif européen.
Elle rassemblera une centaine de personnes, à huis clos dans un grand hôtel parisien, sous haute protection policière.

Seront abordés notamment la montée de l'antisémitisme en Europe, la situation au Moyen-Orient (et en particulier les relations avec l'Iran) et le dialogue inter-religieux.
A cette occasion, le président du Conseil français du culte Musulman (CFCM) Dalil Boubakeur, le grand rabbin de France Joseph Sitruk et l'archevêque de Paris, Mgr André Vingt-Trois, participeront à un débat public sur le thème "Ensemble vers la Paix".
Sans être une première, le dialogue entre les trois religions monothéistes à un tel niveau est inhabituel.

Selon M. Besnainou, c'est la première fois que la capitale française est choisie pour accueillir la réunion du comité exécutif "depuis 1948".
"Les vrais enjeux se trouvent aujourd'hui en Europe" a-t-il commenté. "L'antisémitisme renaît en Europe, en particulier en Europe de l'Est, l'Europe joue un rôle important pour la première fois dans le processus de paix au Moyen-Orient et dans le cadre des négociations avec l'Iran".
Un rapport sur la montée de l'antisémitisme en Europe sera notamment présenté au cours de la réunion.

Interrogé par l'AFP, le secrétaire général du Congrès juif mondial Israël Singer estime, lui, qu'"on ne peut ignorer que l'Europe est une région du monde dans laquelle il y a pour les juifs des problèmes croissants".
"Nous devons confronter l'antisémitisme, et nous trouverons des moyens de lutter contre", a-t-il ajouté. "La santé de l'Europe - et pas celle des juifs - sera jugée sur la façon dont elle traite sa minorité juive".
"L'Europe n'est pas le seul endroit où sévit l'antisémitisme, mais il est nécessaire, dans un continent de 375 millions de personnes, de parvenir à le mettre sous contrôle", a encore dit M. Singer.

Parmi les nombreuses personnalités attendues figurent Benita Ferrero-Waldner, commissaire européen aux Relations extérieures, Thomas Hammarberg, commissaire aux droits de l'Homme pour le Conseil de l'Europe, et Marc Otte, envoyé spécial de l'Union européenne pour le processus de paix au Proche-Orient.

Dimanche matin, la première session sera consacrée aux "nouvelles manifestations de l'antisémitisme". Dans l'après-midi seront abordées les "menaces contre Israël : Iran, terrorisme et indifférence".
Le Premier ministre français Dominique de Villepin s'adressera aux congressistes dimanche soir, au cours d'un dîner de gala au Sénat.
Yahoo.fr, actualités, Par Michel MOUTOT, dimanche 12 novembre 2006, 8h16

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12.11.06 | 21:12 La France "se tient résolument aux côtés d'Israël", assure Villepin

PARIS (AP) -- La France "se tient résolument aux côtés d'Israël" face au risque de nouvelle flambée de violence au Proche-Orient et "ne transigera pas sur sa sécurité, qui passe par le règlement du conflit israélo-palestinien", a déclaré dimanche Dominique de Villepin devant le Congrès juif mondial.
"C'est tout le sens de l'engagement de la France et de l'Europe au Proche-Orient, aux côtés des peuples de la région", a ajouté le Premier ministre français lors du dîner de gala au Sénat pour l'assemblée générale du CJM.

Dominique de Villepin a rappelé la mobilisation de la France et de l'Union européenne en faveur d'une "solution juste et durable" au Proche-Orient. "Notre objectif est celui de deux Etats vivant côte à côte en paix et en sécurité. Seule la paix, fondée sur une solution politique et un règlement négocié, pourra assurer de manière durable la sécurité et l'avenir d'Israël et des peuples de la région", a-t-il rappelé, réitérant la proposition faite par Jacques Chirac d'une conférence internationale sur le Proche-Orient.

Le Premier ministre français a estimé que la libération par les Palestiniens du soldat israélien Shalit, enlevé au début de l'été, et "l'arrêt de toutes les violences sont indispensables".

Répondant à une autre inquiétude de la communauté juive, le Premier ministre a assuré que la lutte contre l'antisémitisme était "une priorité absolue" pour le gouvernement.

Il a précisé que les chiffres disponibles pour 2006 confirmaient "la tendance à la baisse" observée en 2005 (-47%). "Mais notre vigilance doit rester intacte, car ce combat, nous le gagnerons dans la durée", a souligné le Premier ministre.

L'assemblée générale du Congrès juif mondial se tenait pour la première fois ce week-end à Paris. Les dirigeants du CJM seront reçus lundi par le président Jacques Chirac. AP
Yahoo.fr, actualités, AP | 12.11.06 | 21:12

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PRESIDENTIELLE. Roger Cukierman, président du Crif, critique la rencontre entre Royal et le député du «parti de Dieu».
«Le Hezbollah n'est pas fréquentable»

Roger Cukierman, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), réagit à la rencontre de Ségolène Royal avec un député du Hezbollah.

Ségolène Royal a-t-elle tort de vouloir le dialogue avec tous les partis ayant une légitimité démocratique ?

Le Hezbollah n'est pas fréquentable. Nous rappelons notamment son implication dans l'attentat du Drakkar [du nom de l'immeuble dans lequel étaient cantonnés les soldats français, ndlr] qui tua 58 soldats français à Beyrouth, en 1983. Chacun sait, en outre, que la chaîne de télévision du Hezbollah, Al-Manar, est un haut lieu de l'antisémitisme, où fleurissent les accusations de crime rituel.

Mais le Hezbollah n'est-il pas un interlocuteur incontournable dans la région ?

L'objectif du Hezbollah, c'est la déstabilisation du gouvernement libanais pour imposer un pouvoir pro-iranien. En outre, ils veulent toujours la destruction de l'Etat d'Israël. Il est donc juste, comme le fit Lionel Jospin en 2000, de traiter cette organisation de groupe terroriste.

Avez-vous eu l'occasion de débattre avec Ségolène Royal sur ces sujets ?

Je l'ai invitée en juin dernier à un petit-déjeuner du Crif. François Hollande, Julien Dray et d'autres personnalités sont déjà venus. Nous espérons toujours une réponse favorable de Ségolène Royal. En tant que candidate de l'opposition, elle est également invitée à notre prochain dîner.

Sur le Proche-Orient, comment jugez-vous les positions de Nicolas Sarkozy ?

Il se comporte en ami d'Israël.
Après le déclenchement de la guerre contre le Hezbollah, cet été, il a été tout à fait clair : c'était la réponse d'un Etat victime d'attaques terroristes.

Le candidat de l'UMP peut-il, comme veulent le croire certains dans son entourage, compter sur le soutien électoral de la communauté juive ?

En France, les juifs votent comme l'ensemble de la nation, à l'exception peut-être de l'extrême droite.
Je n'ai jamais cru à l'existence d'un vote juif.
S'il devait y avoir une vraie différence entre les candidats, cela pourrait jouer. Mais je n'y crois pas trop. En tant que ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy a été très actif dans le combat contre l'antisémitisme. Sur cette question, ce que disent les dirigeants du PS comme François Hollande ou Julien Dray me rassure. J'attends d'entendre Ségolène Royal. Je ne crois pas qu'elle en restera là. Elle aura à coeur de rectifier le tir.
Libération, 4 décembre 2006, p. 4, Par Alain AUFFRAY QUOTIDIEN : lundi 4 décembre 2006

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PARIS (AFP) 26 Février 2007 16h15 Antisémitisme: hausse de 45% des agressions physiques en 2006 selon le Crif

Le Crif a fait état lundi, dans un communiqué, d'une forte hausse des actes antisémites en 2006, jugeant que "l'aspect essentiel et le plus inquiétant" réside dans une "augmentation de 45% des agressions physiques" contre les personnes.

Notant que les actes antisémites ont reculé de 21% au dernier trimestre 2006, "tendance à la baisse" qui s'est maintenue en janvier 2007, le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) voit l'avenir comme "incertain", eu égard aux "aléas qui pèsent sur l'actualité", et estime ainsi que "la vigilance doit demeurer entière".

Le Crif rappelle que le "Service de protection de la communauté juive (SPCJ) opère un rencensement des actes antisémites sur la base des appels téléphoniques passés sur le numéro vert, complétée par un échange d'informations avec le ministère de l'Intérieur".

Ainsi, en 2006, le SPCJ a enregistré 213 actions (contre 134 en 2005) soit une hausse de 40%, 158 menaces (contre 148 en 2005) soit une hausse de 7%, 371 actes (contre 300 en 2005) soit une hausse globale de 24%".

"L'aspect essentiel et le plus inquiétant qui se dégage des chiffres concerne ceux des actes, actions et menaces contre les personnes qui sont à l'évidence les cibles premières de l'antisémitisme", note le Crif qui ajoute: "on observe une augmentation de 45% des agressions physiques qui passent entre 2005 et 2006 de 77 à 112 et une hausse de 71% des insultes qui passent quant à elles de 48 à 82". Pour le Crif, "cette tendance s’inscrit d’ailleurs dans celle de la hausse des violences contre les personnes, évoquée à propos des statistiques générales de la délinquance".

"Dans ce recensement, la forte augmentation des violences est relativement compensée par une certaine stabilité des menaces qui permet de maintenir le taux global d’augmentation à 24%", poursuit le Crif, qui souligne toutefois: "nous ne pouvons nous limiter à ce constat car un tag antisémite et une agression physique ne sauraient être tenus pour équivalents en termes de gravité".

Le Crif rappelle que "le début de l’année 2006 a été dramatiquement marqué par l’assassinat d’Ilan Halimi. Mois après mois, la courbe annuelle a fait apparaître une hausse très nette des violences durant les mois de février et mars que nous interprétons comme des répercussions par sorte de mimétisme de cette affaire".

Il juge par ailleurs que "les semaines de guerre entre Israël et le Hezbollah (guerre du Liban, ndlr) ont provoqué pendant l’été une augmentation des menaces qui s’est poursuivie pour se fondre dans une augmentation générale des actes en septembre et en octobre, mois de fêtes pendant lesquels la communauté juive est plus visible et le cas échéant ciblée".

Ainsi "la tension n’est redescendue qu’en décembre, comme c’est d’ailleurs le cas chaque année".

Selon le Crif "les actes antisémites sont commis parfois avec une réelle détermination, parfois par simple opportunité" selon une "courbe aléatoire", de sorte que "des mois sans actualité particulière peuvent rester chargés en termes de violence antisémite", dénotant ainsi "une sorte de +bruit de fond+ constant".

S'agissant des agressions physiques, le Crif relève "une importante quantité de faits violents à l’encontre de mineurs ou de jeunes", le mobile antisémite ne faisant "aucun doute dans la quasi-totalité des cas" et aggravant parfois "le mobile crapuleux".
Yahoo.fr, actualités, 26 Février 2007 16h15

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samedi 3 mars 2007, 8h57 Le CRIF "scandalisé" par les propos de Raymond Barre sur Maurice Papon, Bruno Gollnisch et le "lobby juif"

PARIS (AP) - Le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) se déclare "scandalisé" par des déclarations de l'ancien Premier ministre Raymond Barre qui, dans un entretien diffusé jeudi sur France Culture, a pris la défense de Maurice Papon et Bruno Gollnisch, tout en dénonçant la campagne qu'aurait menée contre lui en 1980 le "lobby juif le plus lié à la gauche".

A la question de savoir si
Maurice Papon, qui fut son ministre du Budget de 1978 à 1981, aurait dû désobéir et de se démettre de ses fonctions lorsque, sous l'Occupation, il était secrétaire général de la préfecture de la Gironde, M. Barre a répondu par la négative.

"Personnellement j'ai plutôt le tempérament de la désobéissance. Mais quand on a des responsabilités essentielles dans un département, une région ou à plus forte raison dans le pays, on ne démissionne pas. On démissionne lorsqu'il s'agit vraiment d'un intérêt national majeur", a souligné l'ancien Premier ministre. Selon lui, "ce n'était pas le cas car il fallait faire fonctionner la France".

Décrivant Maurice Papon comme un "bouc émissaire", M. Barre s'est dit conscient de la portée de ses déclarations: "Que vous me fassiez passer pour un antisémite, pour quelqu'un qui ne reconnaît pas la Shoah, j'ai entendu cela cent fois et cela m'est totalement égal. Mais ce que je viens de dire, je le répète."

Interrogé par ailleurs sur Bruno Gollnisch, qui a été conseiller municipal FN de Lyon lorsqu'il était maire (1995-2001), Raymond Barre a maintenu son soutien à cet élu, condamné pour propos négationnistes. "J'ai dit en parlant de Bruno Gollnisch que je blâmais ce qu'il avait dit mais que, pour le reste, je l'avais connu et que c'était un homme bien. C'était un bon conseiller municipal, et que ceux qui ne sont pas satisfaits de cela pensent ce qu'ils veulent."

Enfin, l'ancien chef du gouvernement a tenté de justifié les propos qu'il avait tenus après l'attentat de la rue Copernic en 1980. Il avait alors déploré la mort de "Français innocents", alors que l'attentat "voulait frapper les juifs se trouvant dans cette synagogue".

Raymond Barre a fait valoir que, "dans la même déclaration", il avait affirmé que "la communauté juive ne peut pas être séparée de la communauté française". A ses yeux, une "campagne" avait été orchestrée contre lui par "le lobby juif le plus lié à la gauche".

"Je considère que le lobby juif pas seulement en ce qui me concerne est capable de monter des opérations indignes, et je tiens à le dire publiquement", a-t-il poursuivi Raymond Barre.

Dans un communiqué, le CRIF estime que Raymond Barre "rejoint l'extrême droite" en faisant "l'apologie" de MM. Papon et Gollnisch et en s'en prenant au "lobby juif". AP
Yahoo.fr, actualités, samedi 3 mars 2007, 8h57

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PARIS, 27 mars 2007 (AFP) - Quatre candidats pour la présidence du Crif

Quatre candidats se présentent pour succéder à Roger Cukierman à la présidence du Conseil représentatif des Institutions juives de France (Crif), annonce de Conseil dans un communiqué.

L'élection aura lieu le dimanche 13 mai. Sont candidats Arié Bensemhoun, président du Crif de Toulouse-Midi-Pyrénées, Henri Hajdenberg, qui a déjà présidé le Crif de 1995 à 2001, Richard Prasquier, conseiller du président Cukierman et Joseph Zrihen, actuel vice-président du Crif.

Selon les statuts du mouvement, le président du Crif est élu pour un mandat de trois ans, renouvelable une fois. Il doit recueillir la majorité absolue des membres de l'Assemblée générale au premier tour de scrutin ou la majorité relative au second tour.

Le président Roger Cukierman n'est pas rééligible, ayant accompli deux mandats de trois ans.

L'Assemblée générale réunit les délégués des associations membres du Crif, les délégués régionaux et les anciens présidents du Crif, soit 171 personnes.

Le Crif, créé en 1943, se définit comme "la voix officielle et politique" de la communauté juive en France, le "représentant de la communauté juive organisée" (ndlr l'ensemble des associations et mouvements juifs).

Son rôle est de "défendre les Français juifs, les droits de l'Homme et l'existence de l'Etat d'Israël". Il ne s'occupe pas du culte, qui est l'affaire du Consistoire.
la-Croix.com, 27/03/2007 18:24

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Jacques Chirac condamne la profanation de 53 tombes du cimetière juif à Lille LEMONDE.FR avec AFP | 01.04.07 | 15h23 • Mis à jour le 01.04.07 | 17h52

Jacques Chirac a condamné dimanche "de la manière la plus solennelle" les dégradations dans le carré juif du cimetière de Lille, demandant que les auteurs de ces actes soient "sévèrement punis". "C'est avec une très vive émotion que j'ai pris connaissance des dégradations inacceptables commises dans le carré juif du cimetière de Lille Sud", a écrit le chef de l'Etat au président de la communauté juive de Lille, Jean-Claude Komar.

"A la suite de cet acte inqualifiable et intolérable, que je condamne de la manière la plus solennelle, je tiens à vous exprimer, ainsi qu'aux familles, ma très profonde sympathie et ma pleine solidarité avec l'ensemble de la communauté juive de Lille et de notre pays", a ajouté M. Chirac, en précisant avoir "demandé au gouvernement que tout soit mis en oeuvre pour retrouver les auteurs de cette infamie afin qu'ils soient sévèrement punis".

Le ministre de l'intérieur, François Baroin, avait condamné de son côté "avec la plus grande fermeté" les "exactions commises" et souligné que "tous les moyens nécessaires" seraient mobilisés pour "retrouver au plus vite" les auteurs des faits.

Un peu plus tôt, le Conseil représentatif des Institutions juives de France (Crif) a qualifié dimanche d'"acte odieux" la profanation de ces 53 tombes juives "à la veille de Pessah, la Pâque juive".

Le Crif "condamne avec la plus grande fermeté la profanation de cinquante-trois tombes dans le carré juif du cimetière de Lille Sud. Il ne peut s'empêcher de constater que cet acte odieux a été perpétré dans la nuit du samedi 31 mars au dimanche 1 avril, à la veille des fêtes de Pessah, la Pâque juive". "Le Crif demande aux autorités de déployer tous les moyens pour arrêter les auteurs de cette profanation et les condamner à des peines exemplaires", a ajouté cette institution dans un communiqué.

Aucune inscription n'a été relevée dans le cimetière. Une des tombes a été cassée, mais la plupart ont été descellées entre la partie horizontale et la partie verticale, sur laquelle sont inscrits les noms et dates de naissance et de décès, a constaté un journaliste de l'AFP dans le cimetière.
LEMONDE.FR avec AFP | 01.04.07 | 15h23 • Mis à jour le 01.04.07 | 17h52

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lundi 7 mai 2007, 9h06 Le CRIF adresse ses "plus respectueuses et chaleureuses félicitations" à Nicolas Sarkozy

PARIS (AP) - Le Conseil Représentatif des Institutions Juives de France (CRIF) a adressé lundi par la voix de son président Roger Cukierman ses "plus respectueuses et chaleureuses félicitations" à Nicolas Sarkozy pour son élection à la présidence de la République française.

Dans son communiqué, le CRIF précise le contenu du message que Roger Cukierman a adressé à Nicolas Sarkozy:
"Les prises de position que vous avez exprimées, sont porteuses despoir pour une France qui doit se réconcilier avec elle-même. J'y ai été sensible et j'ai compris que vous aurez à coeur de porter haut les valeurs françaises qui nous sont chères, celles d'une République qui permette à chacun de ses citoyens de s'inscrire dans un ensemble de valeurs respectueuses de tous, et ne laissant aucune place à l'intolérance, le racisme et l'antisémitisme", conclut le communiqué. AP
Yahoo.fr, actualités, lundi 7 mai 2007, 9h06

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dimanche 13 mai 2007, 18h55 Richard Prasquier succède à Roger Cukierman à la tête du Crif Par Chantal VALETTE

PARIS (AFP) - Richard Prasquier, 62 ans, a été élu dimanche président du Conseil représentatif des institutions juives de france (Crif), succédant à Roger Cukierman, qui ne se représentait pas et dont il était le conseiller. Richard Prasquier était également président du groupe de liaison avec la Conférence épiscopale et de la commission des relations internationales du Crif.

Dès son élection, il s'est placé en continuateur de Roger Cukierman, disant que celui-ci serait pour lui "la statue de Commandeur" et dont il a salué l'action constante "pour améliorer la situation d'Israël et celle des juifs en France". Il a longuement évoqué la mémoire de son père venu de Pologne en 1946, avec sa femme quand lui-même n'était qu'un bébé, et à qui il a dédié son engagement au service de la communauté juive.

Un peu plus tard, M. Prasquier a dit qu'il attendait avec intérêt la composition du gouvernement (le Crif est l'organe politique de la communauté juive en France) et qu'il se préparait à la réunion prochaine du Comité des six sur l'Iran. Il considère que l'Iran et sa politique nucléaire constituent une menace pour Israël mais aussi pour tous les juifs et pour l'ensemble de la société.

De son côté, le président sortant Roger Cukierman semblait heureux de l'élection de son conseiller, dont il a salué "l'engagement, l'intellignece et la grande culture". Les quatre candidats (à la présidence) étaient "des hommes de grande valeur", a-t-il toutefois insisté.

Richard Prasquier l'a emporté sur trois autres hommes du sérail. L'avocat Henri Hajdenberg a déjà été président du Crif (de 1995 à 2001), Joseph Zrihen est l'actuel vice-président et Arié Bensemhoun est un militant de longue date, ancien président du Crif de Toulouse-midi-Pyrénées. Ce dernier s'était retiré à l'issue du premier tour, où il était arrivé en quatrième position avec 25 voix.

Richard Prasquier a été élu au second tour avec 77 voix, contre 50 à Henri Hajdenberg et 36 (bien 36) à Joseph Zrihen.

Les quatre candidats avaient fait campagne sur les mêmes thèmes - lutter contre l'antisémitisme, améliorer l'image d'Israël dans les médias, contribuer à faire prendre conscience de la menace iranienne, et améliorer la représentativité du Crif- et à quelques jours du vote, aucun d'entre eux n'était donné gagnant avec certitude. D'ailleurs, aussitôt après son élection, Richard Prasquier a dit qu'il "n'avait rien préparé, par superstition".

Dans la foulée, l'assemblée générale a accepté la proposition du nouveau président de nommer Roger Cukierman président d'honneur du Crif.

L'Assemblée générale du Crif réunit les délégués des quelque 60 associations membres de l'organisation, les délégués régionaux et les anciens présidents du Crif, soit 170 personnes.

Le Crif, créé en 1943, se définit comme "la voix officielle et politique" de la communauté juive en France, le "représentant de la communauté juive organisée" (ndlr l'ensemble des associations et mouvements juifs).

Son rôle est de "défendre les Français juifs, les droits de l'Homme et l'existence de l'Etat d'Israël". Il ne s'occupe pas du culte, qui est l'affaire du Consistoire. Celui-ci s'est retiré du Crif, où il estimait ne pas avoir assez de délégués, mais son retour semble ardemment souhaité par les instances du mouvement, particulièrement par son nouveau président.

La communauté juive de France compte environ 600.000 personnes.
Yahoo.fr, actualités, dimanche 13 mai 2007, 18h55, Par Chantal VALETTE

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Richard Prasquier, 62 ans. Le nouveau président du Crif, cardiologue, affiche un abord engageant mais se veut intransigeant dans sa défense de la communauté juive de France.
A coeur et à Crif Par Catherine COROLLER, Libération, QUOTIDIEN : mardi 29 mai 2007

L'apparence est bonhomme.
Richard Prasquier, récemment élu président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), est rond au physique. Et, de l'avis de beaucoup, rond au moral. Silhouette courte et replète, crâne dégarni, grands yeux clairs, sourire désarmant, il est un interlocuteur attentif.

Lorsqu'il est en déplacement, ce cardiologue donne son numéro de portable à ses patients. Au cours d'un voyage de presse organisé par le Crif en Israël, il a traversé le pays, téléphone collé à l'oreille, prodiguant conseils et réconfort à ses malades inquiets.

Pour autant, la présentation qui a été faite de lui après son élection à la tête du Crif l'agace.
On l'a dit modéré, ouvert au dialogue, cultivé. Tout le contraire de son prédécesseur, Roger Cukierman, célèbre pour ses diatribes contre la politique arabe du gouvernement français ou l'antisémitisme vert-brun-rouge. «Il est plus consensuel et plus subtil que Roger Cukierman», affirme Joël Rochard, président du cercle Bernard Lazar.
Jean-Yves Camus, autre membre actif de la communauté juive, tempère : «Il est très lisse.»

Trop poli pour être honnête, le nouveau président du Crif ? Richard Prasquier durcit lui-même son portrait : «Votre journal a été très complaisant avec moi, et très sévère avec mon prédécesseur.» Lui tresse des louanges à Roger Cukierman : «Il a exprimé les craintes d'une très grande partie de la communauté juive de France, évitant à des mouvements extrémistes juifs de se développer.»

Sur le fond, Richard Prasquier se veut aussi intransigeant que Roger Cukierman. Comme lui, il affiche une vision partiale des rapports judéo-musulmans. Lorsque le quotidien israélien de gauche Haaretz l'invite à réagir à l'assassinat d'un chauffeur de taxi palestinien par un Franco-Israélien, il affirme que «le fait que ce soit un immigrant juif qui est soupçonné ne devrait pas jeter une ombre de racisme sur la communauté juive de France».

Parlant du «monde musulman», en revanche, il n'hésite pas à dénoncer «une explosion de l'antisémitisme». Comme Roger Cukierman, il revendique un soutien inconditionnel à Israël, et voit dans l'antisionisme de certains milieux gauchistes et islamistes un nouvel habit de la «haine ancestrale des Juifs». «Quelques-uns savent que ce qui donne sens à tous [en gras dans le texte, ndlr] mes engagements est le lien indissoluble avec Israël», écrivait-il dans sa lettre de candidature à la présidence de l'institution juive. «J'y vais depuis quarante ans, je parle bien sûr hébreu et j'y ai une fille, un gendre et un petit-fils, sans compter les rares membres survivants de ma famille.»

La photo du «petit Israélien» en question, un bébé rieur, figure en bonne place dans son cabinet médical. Avec sa femme, juive brésilienne d'origine polonaise, il a eu trois garçons et deux filles. La descendance bien vivante d'une lignée qui a failli disparaître ? De chacun d'eux, il parle avec une réelle chaleur.

Lui est né Richard Praszkier en juillet 1945 à Gdansk (Pologne) de parents ayant échappé par miracle aux camps d'extermination. En 1946, la famille débarque à Paris avec le bébé et une valise. Le père apprend la couture. Success story. Chambre d'hôtel, petit deux-pièces, et ainsi de suite jusqu'à ce magnifique appartement de la place Victor-Hugo sis dans un superbe immeuble haussmannien ravalé de frais, où Richard Prasquier a installé son cabinet.

L'enfance est solitaire. «Je suis fils unique. Nous n'avions pas de famille. Mes parents sont restés dans un cercle de Juifs polonais arrivés en même temps qu'eux, mais je n'avais pas de copains dans ce groupe car les autres enfants étaient un peu plus jeunes que moi. J'étais très bon élève, très heureux en classe.» D'éducation religieuse, point. Traumatisé par l'expérience nazie, le père ne veut pas que son fils soit circoncis.

En 1955, la grand-mère de Richard Prasquier épouse le célèbre rabbin Rubinstein de la synagogue de la rue Pavée. Le futur président du Crif est élève au lycée Charlemagne à proximité : «Pendant plusieurs années, je les ai vus quotidiennement.» Son père demande au rabbin «de ne pas faire de prosélytisme» . Promesse tenue, mais effet contraire : «A l'âge de 11-12 ans, j'ai demandé à être circoncis et j'ai fait ma bar-mitsva.» Aujourd'hui, Richard Prasquier revendique une «pratique traditionnelle».

Enfant, le futur président du Crif entend ses parents et leurs amis parler de la Shoah, de l'antisémitisme en Pologne. Son père est sioniste, a envisagé de s'installer en Israël, aux Etats-Unis. Pour finalement rester en France. «Pour eux, c'était un pays formidable. Une terre d'accueil. Ils ne parlaient que polonais. Ils ne savaient rien de Vichy, de Pétain.»

Richard Prasquier, lui, s'interroge. Mais, du destin tragique des Juifs, il ne trouve pas trace dans les ouvrages scolaires. «L'histoire enseignée n'était pas mon histoire à moi.» Alors il cherche. Ses livres de chevet sont Jésus et Israël, de Jules Isaac, sur l'antisémitisme chrétien, et l'Histoire de l'antisémitisme, de Léon Poliakov. «Je les ai lus très jeune, vers 13-14 ans, dans une phase où je voulais comprendre ce que signifiait être juif.»
La capture d'Eichmann en 1960 par les Israéliens et son procès sont une révélation. «Quelque chose d'immense, d'inouï s'était produit. Mais comment se faisait-il qu'on n'en parle pas au lycée ?»

Du monde, Richard Prasquier cultive une vision tragique. Pourtant, il n'a pas souffert du racisme. A une exception. Un jour, un camarade de classe fredonne devant lui des chansons antisémites. Il le gifle. «Trente-cinq ans et demi plus tard, j'ai reçu une lettre envoyée du fin fond du Finistère. C'était lui.» Son ancien condisciple lui écrit «avoir dit à [ses] enfants de ne jamais se laisser happer par des idées nauséabondes». Richard Prasquier avait conté cet incident à ses propres enfants, leur disant qu'«il ne [fallait] jamais se laisser faire».
La morale est plutôt réconfortante : «Ça laisse penser que les gens peuvent changer.» «Cela étant, je ne suis pas optimiste à tous crins», ajoute-t-il.

Plus que l'extrême droite, il craint le «poison de l'antisémitisme instillé depuis cinquante ans dans les pays arabes» .

L'autre événement marquant de sa jeunesse est la guerre des Six Jours en 1967. «Israël était seul, vraiment seul. J'ai ressenti moi aussi un sentiment de solitude extrêmement fort. A cette époque, j'ai vraiment voulu y partir.» Il devient médecin, un rêve que son père avait caressé pour lui-même. Sa vie s'organise autour de sa carrière de cardiologue et d'un investissement croissant en faveur des Juifs.

Depuis 1993, il retourne régulièrement sur les lieux de la Shoah en Pologne. Il y a emmené des cohortes d'évêques et de cardinaux, a rencontré Jean Paul II. Plus pour amener les catholiques à toucher du doigt l'aboutissement de deux mille ans d'antisémitisme chrétien que par intérêt pour cette religion.

Ses loisirs ? Il hésite. «La lecture, mais je n'ai pas trop le temps.» Il ne joue plus vraiment de piano. Ni ne fréquente les musées. Ses rapports avec la France semblent distants. «Au fond, ma culture est française, mais je me sens bien à l'étranger.» Il ne dira pas pour qui il a voté à l'élection présidentielle. «Je me situe dans une position centrale, loin des extrêmes.» Même s'il «accueille avec beaucoup d'espoir le nouveau gouvernement».
Libération, Portrait, 29 mai 2007, p. 36

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Bio Express
Libération, Portrait, 29 mai 2007, p. 36

Richard Prasquier en 7 dates

7 juillet 1945 Naissance à Gdansk (Pologne).
1946 Arrivée en France.
1958 Naturalisation. Praszkier devient Prasquier.
1986 Décès de son père lors de la bar-mitsva de son fils.
1993 Président de l'Acefi (souscription d'obligations pour financer le développement économique d'Israël).
1998 Président du comité français de Yad Vashem (mémorial de la Shoah).
13 mai 2007 Elu président du Crif.

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la-Croix.com, 13/02/2008 21:11 PARIS, 13 fév 2008 (AFP) - Sarkozy, Fillon et une vingtaine de ministres au dîner du CRIF

Le président Nicolas Sarkozy, le Premier ministre François Fillon et une vingtaine de membres du gouvernement ont participé mercredi au pavillon d'Armenonville, dans le bois de Boulogne, à Paris, au dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), ont constaté des journalistes de l'AFP.

C'est la première fois qu'un chef de l'Etat participe à ce dîner dont le Premier ministre est habituellement l'invité d'honneur.

M. Sarkozy devait prononcer un discours dans la soirée.

Un millier de convives ont participé à ce dîner.

Parmi eux, des dignitaires religieux comme l'archevêque de Paris, le cardinal André Vingt-Trois, le président de la Fédération protestante de France, le pasteur Claude Baty, et le recteur de la Grande mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, aux côtés du grand rabbin de France, Joseph Sitruk.

Le maire socialiste de Paris, Bertrand Delanoë, et sa rivale UMP aux élections municipales, Françoise de Panafieu, étaient aussi présents de même que des artistes (Roger Hanin, Rika Zaraï), l'écrivain Marek Halter et les avocats Beate, Serge et Arno Klarsfeld.

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Recueilli par Cordélia Bonal LIBERATION.FR : jeudi 14 février 2008 Serge Klarsfeld: «Il s'agit d'armer moralement les enfants contre les idéologies extrêmes»

Le président de l’Association des fils et filles des déportés juifs de France, également historien et avocat, se dit très satisfait de la proposition de Nicolas Sarkozy de confier la mémoire d'un enfant déporté à chaque élève de CM2.

Comment accueillez-vous la proposition de Nicolas Sarkozy qui souhaite que les élèves de CM2 «se voient confier la mémoire d'un des 11.000 enfants français victimes de la Shoah»?

C'est une bonne initiative, qu'il faut comprendre comme une œuvre de vie. Il ne s'agit pas de s'identifier de façon morbide à un enfant mort en déportation, mais de faire acte de vigilance.
Il s'agit d'armer moralement les enfants contre les idéologies extrêmes. Il est important que les enfants d'aujourd'hui sachent que d'autres enfants du même âge, qui ont vécu dans le même cadre de vie, ont été déportés, et il est important que ces enfants soient nommés.

Etes-vous à l'origine de cette idée?

Pas de cette idée précise, non. Mais cela va dans le sens de notre action à la fondation. Cela participe d'un ensemble: depuis des années je travaille sur cette question des enfants déportés, nous avons recensé leurs noms et leurs prénoms, leurs adresses. Il existe des plaques commémoratives, les instituteurs emmènent leurs classes aux archives, reconstituent la vie de ces enfants, font des recherches...

Mais cela ne risque-t-il pas d'être pesant pour des enfants si jeunes?

En CM2, les enfants sont déjà confrontés à un certain nombre de choses. Ils ont la télévision, ils voient les massacres dans le monde, ce qui se passe au Darfour, les camps de réfugiés. Mais comme c'est loin, il est difficile pour eux de réaliser, c'est un peu une autre planète. Là, on parle de ce qui s'est passé en Occident, sur les lieux mêmes où ils vivent, donc je pense que c'est plus facile pour eux.

Comment réagissez-vous aux propos de Nicolas Sarkozy lors du dîner du Crif, pour qui les crimes des nazis sont nés non «d'un excès de l'idée de Dieu, mais de sa redoutable absence»?

Je pense que c'est un constat lucide, valable pour le nazisme comme pour le communisme. Peut-être en effet, aurait-il mieux valu que l'on soit un peu plus bigot au XXe siècle! Même si tout cela est bien sûr complexe, et que les gens n'ont pas abandonné Dieu d'un coup le 1er janvier 1933.
Je crois qu'une laïcité tolérante ne doit pas empêcher la spiritualité.

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17:40 | 15/02/2008 Le Point.fr Shoah : Simone Veil juge "insoutenable" la proposition de Sarkozy Par Charlotte Chaffanjon

"C'est inimaginable, insoutenable, dramatique et, surtout, injuste."

C'est ainsi que Simone Veil juge la volonté de Nicolas Sarkozy de confier à chaque élève de CM2 "la mémoire d'un des 11 000 enfants français victimes de la Shoah".

La présidente d'honneur de la Fondation pour la mémoire de la Shoah et ancienne déportée déclare que son "sang s'est glacé" lorsqu'elle a entendu le président de la République, dont elle fut un soutien important pendant la campagne présidentielle, faire cette proposition mercredi soir au dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), auquel elle participait.

"On ne peut pas infliger cela à des petits de dix ans ! On ne peut pas demander à un enfant de s'identifier à un enfant mort. Cette mémoire est beaucoup trop lourde à porter", a-t-elle expliqué au site de L'Express vendredi.
Et de poursuivre : "Nous-mêmes, anciens déportés, avons eu beaucoup de difficultés après la guerre à parler de ce que nous avions vécu, même avec nos proches.
Et aujourd'hui encore, nous essayons d'épargner nos enfants et nos petits-enfants. Par ailleurs beaucoup d'enseignants parlent - très bien - de ces sujets."

L'ancienne ministre pense qu'une telle mesure risque d'attiser les antagonismes religieux : "Comment réagira une famille très catholique ou musulmane quand on demandera à son fils ou à sa fille d'incarner le souvenir d'un petit juif ?"

Polémique

L'idée de Nicolas Sarkozy, dont Xavier Darcos, ministre de l'Éducation nationale, s'est empressé de préciser qu'elle n'était pas "une idée balancée sans moult réflexions", a immédiatement déclenché une polémique chez les enseignants .

Le Snuipp-FSU, syndicat majoritaire en primaire, s'est en effet inquiété de l'impact psychologique qu'aurait sur les élèves ce "parrainage posthume". De son côté, le SE-Unsa s'est dit "particulièrement choqué" par l'initiative du président de la République.

Nicolas Sarkozy droit dans ses bottes

Des mises en garde qui n'ont pas déstabilisé le président de la République. "On ne traumatise pas les enfants en leur faisant ce cadeau de la mémoire d'un pays, pour leur dire : Un jour c'est vous qui écrirez l'histoire de ce pays. Nous, nous en sommes la mémoire, ne refaites pas les mêmes erreurs que les autres ", a-t-il déclaré vendredi lors d'un déplacement à Périgueux.

"Il s'agit d'une démarche contre tous les racismes, contre toutes les discriminations, contre toutes les barbaries, à partir de ce qui touche les enfants, c'est-à-dire une histoire d'enfants qui avaient leur âge", a-t-il poursuivi.

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Israël : Les tableaux volés aux juifs ! exposés à Jérusalem
Le parisien, Catherine Dupeyron, 19 février 2008, p. 10

IL NE S'AGIT PAS d'une exposition comme une autre. Delacroix, Degas, Seurat, Monet, Courbet, Matisse, Ingres, etc. : 53 œuvres d'art ont fait le chemin de la France jusqu'à Jérusalem pour une exposition exceptionnelle intitulée « A qui appartenaient ces tableaux? »

L'inauguration a eu lieu hier soir au musée d'Israël, le plus grand du pays, en présence de Christine Albanel, ministre de la Culture, et du ministre israélien Itzhak Hergoz, chargé des relations avec la diaspora et de la lutte contre l'antisémitisme.

Ces tableaux seront ensuite présentés au musée d'Art et d'Histoire du judaïsme à Paris.

La valeur de ces œuvres dépasse largement leur intérêt artistique, même s'il s'agit de « pures merveilles », selon un visiteur hier. Ces 53 tableaux appartiennent,jusqu'à nouvel ordre, aux Musées nationaux récupération (MNR). Mais ils sont à Jérusalem pour se faire reconnaître si ce n'est de leur propriétaire, du moins de leurs ayants droit.

Ce sont des œuvres orphelines de leurs propriétaires depuis la Deuxième Guerre mondiale.

Mille tableaux aux propriétaires encore inconnus

Lorsque les nazis occupent la France et les autres pays d'Europe dans les années 1940, ils achètent ou confisquent des milliers d'œuvres d'art.
En France, le butin fut de 60 000 œuvres, récupérées à la fin de la guerre par les MNR. Quarante-cinq mille d'entre elles sont restituées à leurs propriétaires d'avant-guerre. Mais il existe aujourd'hui un reliquat de 2 000 œuvres, dont 1 000 tableaux, dont les propriétaires n'ont pu être identifiés. Parmi elles, 10 % seraient des œuvres spoliées, notamment à des familles juives arrêtées et déportées.

Cette exposition en Israël est donc destinée à re­trouver les ayants droit de familles juives, qui étaient en France pendant la guerre et ont disparu dans la tourmente de la Shoah. Cette action est complémentaire de celle de la Commission d'indemnisation des victimes de spoliations intervenues du fait des législations antisémites en vigueur pendant l'Occupation (CNS), mise en place en 1999 par le gouvernement Jospin.

En moins de dix ans, la CNS a examiné 25 000 dossiers, dont 15 000 pour des spoliations matérielles et environ 10 000 pour des spoliations bancaires.

Chaque tableau est présenté avec sa fiche d'identité et son itinéraire « autant qu'il est possible de le faire », précise Isabelle le Masne de Chennont, commissaire de l'exposition et conservateur général à la Direction des musées de France. « Raconter l'histoire de ces tableaux nous ramène souvent à une impasse », précise-t-elle. C'est d'ailleurs pour cela qu'ils sont là.

Ainsi du pont Saint-Martin peint par Utrillo. Un tableau sans aucun doute confisqué compte tenu du tampon accolé au dos par les nazis. mais « à ce jour il a été impossible de déterminer qui en était le propriétaire, Utrillo ayant peint beaucoup d'œuvres sur le même thème ».

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Vif incident entre Shimon Peres et de jeunes juifs lors d'une soirée du Crif NOUVELOBS.COM | 14.03.2008 | 18:50

Alors qu'il faisait allusion, jeudi 13 mars, dans un discours devant des membres de la communauté juive, à la mort des huit jeunes juifs de la Yeshiva de Jérusalem, assassinés la semaine dernière par un Palestinien, le président israélien Shimon Peres a été interrompu par une poignée de jeunes militants qui l'accusent d'être responsable du drame.

Au cours d'une soirée au Palais des Congrès, à Paris, organisée par le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), un premier jeune a interrompu Shimon Peres au début de son discours en criant "c'est de ta faute s'ils sont morts", relayé par une dizaine de manifestants scandant en hébreu "traître".

"Je ne sais pas qui vous êtes pour dire qui est traître et qui ne l'est pas mais si vous parlez si fort cela montre que vous êtes une infime minorité", a répondu le président israélien, acclamé par la salle. Le petit groupe a été évacué par le service d'ordre et la soirée a repris son cours.

L'attitude de la France en 1948

Dans la suite de son discours, Shimon Peres a rappelé l'attitude de la France au moment de la première guerre israélo-arabe de mai 1948. "Beaucoup de pays qui avaient voté en faveur de la création d'un Etat juif refusaient de nous fournir des armes, la France, à ce moment-là, s'est tenue à nos côtés de façon extraordinaire et inoubliable. C'était la France de la Résistance et c'était Israël qui défendait sa vie. Je veux dire au peuple français, aux dirigeants français, merci, merci de tout cœur".

Le boycott du Salon du Livre

A propos du boycott par des pays arabes du Salon du Livre qu'il venait d'inaugurer, Shimon Peres a résumé: "si encore ils boycottaient seulement les livres, mais qu'ils ne boycottent pas les Dix commandements, y compris 'tu ne tueras point".

Le président israélien a affirmé, répondant encore aux jeunes qui l'avaient interpelé peu avant, qu'être juif c'est "ne pas vouloir dominer les autres et chercher la fraternité et l'égalité entre les hommes".

Richard Prasquier, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), dans son discours de bienvenue, avait souligné que la communauté juive de France, "assume avec d'autant plus de joie sa double fidélité (à la France et à Israël) que le regard porté sur Israël par la France est de nouveau un regard de sympathie et de compréhension".

Salle comble

Le Palais des Congrès de la porte Maillot a fait salle comble (3.700 places) pour cette soirée.
Après les discours de bienvenue, Serge Moati a présenté un documentaire consacré à Shimon Peres et à l'histoire d'Israël.
Plusieurs artistes se sont succédé sur scène à l'occasion de cette soirée, dont Enrico Macias, Orlika, Ishtar, Sarith Haddad, Hugues Aufray... etc.
Parmi les nombreuses personnalités venues à cette soirée figuraient notamment Bertrand Delanoë, Jean Sarkozy, Pierre Lellouche ou encore Roger Hanin.

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Plusieurs milliers de personnes manifestent à Paris pour soutenir Israël 04 janvier 2009 16.00

PARIS (AFP) — Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées dimanche en début d'après-midi avenue Matignon à Paris (VIIIe) pour soutenir "l'action d'auto-défense d'Israël" et célébrer "la mémoire des victimes israéliennes du Hamas".

Douze mille personnes ont participé à la manifestation, selon le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), organisateur de ce rassemblement.
Ils étaient 4.000, selon la police.

Le Crif avait appelé initialement à manifester devant l'ambassade d'Israël, 3 rue Rabelais à Paris (VIIIe), mais faute d'autorisation, le rassemblement qui a duré environ une heure, s'est déroulé dans une rue voisine.

Les manifestants, souvent emmitouflés dans de grands drapeaux israéliens ou brandissant des petits drapeaux de l'Etat hébreu, ont écoutés des discours dans le froid, et ont chanté des chants en hébreu et la Marseillaise.

Le Grand rabbin de France Gilles Bernheim, guide spirituel de la communauté juive, a déclaré "notre première pensée est pour le soldat Gilad Shalit, (jeune Franco-Israélien détenu depuis 2006 dans la bande de Gaza après avoir été capturé par un commando palestinien, ndlr) dont le quotidien est difficile à imaginer".

"Israël se bat uniquement pour la liberté et la survie de son peuple, il n'y a aucune volonté de détruire un autre peuple", a ajouté le grand rabbin, selon qui "il est fondamental qu'en France, les relations entre Juifs et Musulmans soient des relations de qualité et de confiance".

Une délégation a été reçue par l'ambassadeur d'Israël, Daniel Sheick, qui leur a déclaré qu'Israël "agissait à Gaza en état de légitime défense".

Parmi les personnalités, on notait la présence du chanteur Enrico Macias, du député-maire UMP du XVIe arrondissement, Claude Goasguen, et de Serge Klarsfeld, fondateur de l'association des fils et filles des déportés juifs de France.

Samedi après-midi, une manifestation contre l'offensive israélienne à Gaza a réuni à Paris entre 21.000 et 25.000 personnes selon les sources alors que les chars israéliens pénétraient à Gaza en début de soirée.

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VousNousIls.fr Dépêches de l'Education du Mardi 30 décembre 2008 Gilles Bernheim, intellectuel, orthodoxe et pédagogue

Le Grand rabbin de France Gilles Bernheim, qui prend ses fonctions jeudi, est décrit comme un intellectuel soucieux de pédagogie, qui revendique son orthodoxie religieuse.

Intellectuel, cet agrégé de philosophie de 56 ans l'est assurément, mais il est également affable, parle volontiers de son goût pour la pédagogie, le dialogue interreligieux et les questions de société.

Il se veut le "guide" de la communauté et la "voix" du judaïsme en France. "Il est important de donner à penser", résume-t-il en souriant.

Pendant la campagne (il a été élu le 22 juin), il avait été présenté par ses adversaires comme un juif "libéral", ce qui dans le cercle des juifs pratiquants est une accusation forte à l'encontre d'un candidat au poste de guide spirituel de la communauté. Six mois plus tard, il continue de réfuter l'argument : "Dans le judaïsme, explique-t-il, un libéral est quelqu'un qui suit moins qu'un orthodoxe les commandements juifs. Ce n'est pas mon cas".

Sur lui-même, il dit le minimum. Seule touche personnelle, il parle volontiers de son amour pour la montagne, mais il ne dit rien de ses lectures ou de ses goûts cinématographiques. Sa femme est psychanaliste. Ils ont quatre enfants, dont deux sont installés en Israël.

Gilles Bernheim, né en 1952, a passé son enfance à Aix-les-Bains (Savoie) et a notamment été animateur de colonies de vacances. Outre son agrégation de philosophie, il a suivi les cours de l'école rabbinique de Paris avant de passer deux ans dans une Yashiva en Israël.

Nommé rabbin auprès du Consistoire de Paris en 1978, il a été aumônier des étudiants puis rabbin des Etudiants puis des Universitaires (1986-1996) et rabbin de la synagogue de la rue de la Victoire (la plus importante de France) en 1997. L'année suivante, il a été élevé au rang de Grand rabbin.

Gilles Bernheim a créé en 1996 au sein du Consistoire de Paris le Département Torah et Société, qui est un centre d'étude et d'enseignement de la Torah. C'est également un centre de réflexion sur les questions de société.

Il a fait campagne "pour l'avenir du judaïsme en France" en allant sur le terrain auprès des communautés et dit vouloir continuer les "visites pastorales".

Il veut créer un "conseil rabbinagique français", composé de 15 rabbins représentant toutes les composantes du judaïsme, chargé d'examiner les conditions d'applications de la loi juive (Halakha), concernant par exemple le divorce ou les conversions, indique son conseiller Raphy Marciano, directeur du centre communautaire Lafayette.

Gilles Bernheim veut aussi améliorer la formation des rabbins, notamment en réformant le séminaire rabbinique de Paris. Il souhaite que les rabbins aient une formation talmudique exemplaire mais aussi une approche des sciences humaines.

Lui-même est sensible aux questions de société, dont il a parlé dans plusieurs de ses ouvrages dont "Un Rabbin dans la Cité" (Calmann-Lévy, 1997) et "Réponses juives aux défis d'aujourd'hui" (Textuel).

Le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, avec qui il a écrit un essai intitulé "Le rabbin et le cardinal" (Stock) salue "son ouverture d'esprit". "C'est un homme de Dieu, très attaché aux traditions juives et à l'étude de la Torah, très cultivé, mais c'est aussi un homme qui sait rester dans la vie, dans le concret", ajoute-t-il en relevant "son engagement social".

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« Une inquiétante recrudescence des agressions antisémites » RICHARD PRASQUIER, président du Crif Le Parisien, 7 janvier 2009 p. 8

A LA TÊTE du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) depuis 2007, Richard Prasquier estime qu'« un sentiment anti­sémite diffus » s'est installé en France.

Comment réagissez-vous à cette attaque?

• Richard Prasquier. Je suis révolté. Mettre le feu à une synagogue, c'est inqualifiable. Qui plus est, on se retrouve face à un acte organisé, planifié. Cest une attaque d'une extrême gravité qui aurait pu faire des victimes.

Assiste-t-on à une recrudescence des agressions antisémites depuis le début de l'offensive à Gaza?

Oui. Dans toute la France, les signalements se multiplient, sans compter les insultes qui sont devenues monnaie courante. Je suis inquiet Et ce d'autant plus que certains groupuscules n'hésitent pas attiser le feu.

Les pouvoirs publics ont-ils pris la mesure du risque?

Oui. Hier (NDLR: avant­hier), nous avons été reçus au ministère de l'Intérieur en compagnie de représentants du Conseil français du culte musulman (CFCM).
La ministre a réaffirmé les règles du jeu républicain, c'est important.
Les autorités sont parfaitement conscientes des risques que nous connaissons en cette période. On verra bien si elles parviennent à les maintenir sous contrôle.

Le contexte est-il propice en France à la contagion?

Malheureusement oui. Bien que le nombre d'actes antisémites ait baissé en 2006 et 2007, un sentiment antisémite diffus s'est installé dans notre pays.
Ceux qui l'expriment, souvent sous couvert d'antisionisme, ne s'en rendent d'ailleurs pas forcément compte. Au moindre événement, ça peut flamber. En 2001, au moment de la seconde Intifada, le contexte était moins tendu qu'aujourd'hui. PROPOS RECUEILLIS PAR TIMOTHÉE BOUTRY

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International 08/01/2009 - 13:22 JDD

Gaza: Benoît XVI condamne la violence

Le pape Benoît XVI est revenu sur le conflit israélo-palestinien jeudi lors de son message du nouvel an au corps diplomatique. "Une fois de plus, je voudrais redire que l'option militaire n'est pas une solution et que la violence, d'où qu'elle provienne et quelque forme qu'elle prenne, doit être condamnée fermement", a déclaré le souverain pontife.

Benoît XVI, qui envisage de se rendre en Israël, en Cisjordanie et en Jordanie au printemps prochain, s'est efforcé de maintenir un équilibre diplomatique dans son propos, invoquant le "respect des aspirations et des intérêts légitimes de toutes les populations intéressées".

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Le grand rabbin de France critique Benoît XVI LE MONDE | 31.01.09 | 14h28 • Mis à jour le 31.01.09 | 18h13 Propos recueillis par Stéphanie Le Bars Article paru dans l'édition du 01.02.09

Le grand rabbin de France, Gilles Bernheim, devait être officiellement investi dans ses fonctions lors d'une cérémonie à la grande synagogue de la Victoire, dimanche 1er février.

Placée sous la présidence du président du Consistoire central, Joël Mergui, elle se déroulera en présence de nombreuse personnalités politiques, religieuses et intellectuelles. Agé de 56 ans, M. Bernheim a été élu en juin 2008, en remplacement du grand rabbin Joseph Sitruk. Il est également vice-président de l'Amitié judéo-chrétienne de France.

Comment réagissez-vous à l'annonce par le pape Benoît XVI de la levée de l'excommunication de quatre évêques intégristes, dont l'un, Mgr Williamson, a tenu des propos explicitement négationnistes ?

Cette annonce m'a fait très mal en tant que juif et en tant que militant du dialogue entre les religions. Nier la Shoah, c'est insulter la mémoire des six millions de juifs morts dans les camps. Les propos de Mgr Williamson sont abjects. En France et en Allemagne, ils sont punis par la loi. Une fois passé le choc, j'ai entendu les condamnations de mes amis chrétiens. Oui, " ces propos ne sont pas ceux d'un chrétien", comme l'a dit Mgr Barbarin, l'archevêque de Lyon.

Néanmoins, j'ai aujourd'hui plusieurs questions sans réponse. Comment le pape pouvait-il ignorer le négationnisme de Mgr Williamson ? Si la levée de l'excommunication est une invitation à la réconciliation, comment se réconcilier avec celui qui s'est exclu de la chrétienté par ses propos ? Comment dialoguer avec cet autre qui voit dans la négation de la Shoah une opinion personnelle ? Et que se passera-t-il si les quatre évêques qui ne sont plus excommuniés continuent de refuser Vatican II et Nostra Ætate (la déclaration adoptée en 1965 par le concile Vatican II affirmant le lien historique entre les judaïsme et le christianisme) ?

Ces questions m'inquiètent. Comme beaucoup de chrétiens et de juifs, j'attends des réponses claires.

Comment jugez vous la part prise par les institutions juives dans la gestion des tensions liées à l'offensive israélienne de ces dernières semaines dans la bande de Gaza ?

Avant de parler des institutions, je voudrais évoquer les Français juifs qui, dans leur immense majorité, ont marqué leur attachement indéfectible à Israël avec beaucoup de dignité face aux diverses formes de violences dont cet Etat est victime. Les institutions , Conseil représentatif des institutions juives de France, Consistoire central..., ont rappelé qu'il ne s'agissait pas d'un conflit contre un autre peuple ou une autre religion, mais d'un conflit entre Israël et le Hamas, et qu'il ne fallait pas le transférer en France. J'ai dit ma compassion pour les victimes civiles israéliennes et celles, palestiniennes, prises en otage par le Hamas dans la bande de Gaza.

Un rabbin est d'abord une autorité religieuse et morale. Et mon souhait le plus cher est que se lèvent dans toute cette région du monde des artisans de paix et de justice. Que le nom de Dieu n'y soit plus invoqué pour la violence et que s'ouvrent des chemins de pardon et de réconciliation. Je veux témoigner ici de mon affection profonde pour les responsables musulmans qui affichent cette même volonté.

Avez-vous entendu les critiques sur une possible contradiction entre le "soutien indéfectible à Israël" et les appels à s'abstenir de toute analyse sur le conflit pour ne pas l'importer en France ?

Il y a un fossé entre exprimer une opinion, sa solidarité ou sa compassion et importer un conflit, c'est-à-dire avoir un comportement violent. Quand on parle de soutien indéfectible, on ne peut oublier que la très grande majorité des Israéliens accepte l'idée qu'il puisse y avoir un Etat palestinien aux côtés d'Israël. Le Hamas a, quant à lui, la volonté de faire disparaître Israël de la carte. Dans l'absolu, comment réagir face à celui qui veut vous anéantir ? De façon modérée ? C'est à cette question qu'il faut répondre.

Les Français juifs sont souvent interpellés sur la disproportion de la réaction d'Israël. Les missiles du Hamas auraient pu tuer des centaines de personnes si Israël n'avait pas tout fait pour protéger sa population civile. Parce que c'est un principe biblique que de privilégier la vie. Le Hamas, lui, se livre à l'exaltation du martyre et de la mort. Quand les guerriers du Hamas s'infiltrent dans les écoles, les mosquées ou les hôpitaux, ils savent qu'ils seront, par la suite, la cause de nombreuses victimes civiles.

Quels seront les effets de ce conflit sur les relations judéo-musulmanes en France ? L'Association judéo-musulmane (AJM), créée en 2004, n'y a pas survécu, et les responsables religieux ne sont pas parvenus à produire un texte commun...

L'AJM est une association encore très jeune, peu préparée à surmonter les difficultés posées par ce conflit. Quant au texte commun que les autorités religieuses françaises n'ont pas su produire, il aurait dû marquer une volonté sans faille de condamner les actes racistes, antisémites et antimusulmans qui ont été commis dans notre pays. Et appeler les personnes qui se sentent solidaires des populations d'Israël et de Palestine à s'opposer ensemble au mépris, à la haine et à la violence. Mais le consensus ne s'est pas encore fait.

Dans quel état d'esprit se trouvent aujourd'hui les communautés juives ?

Face aux actes violents et antijuifs qui se multiplient et se banalisent, et qui portent atteinte aux valeurs essentielles de la République, la communauté juive reste calme et confiante dans les pouvoirs publics. Lors de la deuxième Intifada, au début des années 2000, elle avait éprouvé un sentiment prolongé d'insécurité. Je suis sûr que tout est fait aujourd'hui pour empêcher que cela se reproduise.

Dans ce contexte, quels seront vos chantiers à la tête du grand rabbinat ?

Je constate une très grande attente des petites et moyennes communautés qui manquent d'enseignants et de rabbins. Joël Mergui, le président du Consistoire central, et moi-même avons une conscience aiguë des efforts à effectuer pour répondre à leurs problèmes. Ensemble, nous cherchons chaque jour des solutions. Et nous réussirons avec l'aide de nos rabbins, formés à l'école rabbinique de Paris, munis à la fois d'une profonde érudition dans la loi juive et du large savoir culturel qui est aujourd'hui indispensable en France pour rendre accessible à tous, croyants ou non, l'apport de notre sagesse.
Propos recueillis par Stéphanie Le Bars Article paru dans l'édition du 01.02.09

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L’INVITÉ DU DIMANCHE : RICHARD PRASQUIER « Nous ne sommes pas à l’abri d’une dérive » Le Parisien Propos recueillis par Philippe Baverel et Dominique de Montvalon | 01.03.2009, 07h00

Président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Richard Prasquier devrait recevoir demain soir, en présence de leaders politiques de gauche comme de droite, Nicolas Sarkozy et François Fillon au dîner annuel du Crif.

Craignez-vous, à la faveur de la crise économique, une poussée des populismes et des extrémismes ?

Richard Prasquier. Clairement, oui. Les risques sont grands que la crise, aujourd’hui économique, devienne demain sociale et politique, avec la montée des populismes et de la tentation protectionniste. Par rapport à la crise de 1929, une différence capitale saute aux yeux : en 2009, les gouvernements des 27 pays de l’Union européenne sont démocratiques et ont tous manifesté leur rejet de l’antisémitisme. Pour autant, nous ne sommes pas à l’abri d’une dérive car, parmi les populations, la recherche du bouc émissaire est une réaction quasi instinctive.

Y a-t-il aujourd’hui en France une montée de l’antisémitisme ?

D’une part, nous avons constaté dans notre pays en 2008 une stabilisation sans diminution des actes antisémites. D’autre part, nous observons la persistance dans certains milieux d’un très fort sentiment antijuif qui se manifeste par un comportement au quotidien très chargé en stéréotypes. Plus grave : à partir de ce terreau antisémite, sont apparues en janvier 2009, avec l’opération israélienne à Gaza, de nombreuses et très graves manifestations antijuives. A Toulouse, une camionnette en feu a été lancée contre une synagogue. A Metz, 200 personnes se sont précipitées contre une synagogue. L’animateur Arthur a dû annuler plusieurs de ses spectacles. « Il est juif, donc c’est un soutien à Israël, donc il n’a pas le droit de s’exprimer » : voilà ce qu’on a entendu. C’est inacceptable. La guerre des mots bat son plein. Sur combien de sites Internet a-t-on pu lire, par exemple, que les Israéliens auraient perpétré à Gaza un « génocide » ? Ce qui sous-entend que les « sionistes » qui les soutiennent sont complices de ce génocide ! Il faut dire et répéter ce qui est évident : il y a eu à Gaza des victimes civiles de l’opération israélienne et le Crif a été le premier, dans ses communiqués, à s’incliner devant elles mais le terme de génocide est un monstrueux mensonge. Il est utilisé par certaines organisations qui ont pignon sur rue, qui devraient jouer un rôle de modérateur et qui mettent au contraire de l’huile sur le feu.

Vous visez qui ?

L’UOIF (Union des organisations islamiques de France) s’est, de ce point de vue, distinguée.

L’intervention israélienne à Gaza a donné lieu en France à beaucoup de manifestations…

Je ne remets évidemment pas en cause le droit de manifester. Mais lorsqu’on entend des manifestants crier « Mort aux juifs ! » ou brandir des banderoles assimilant croix gammée et étoile de David, réfléchissez à ce que cela signifie pour un juif. Et quelle terrible surprise d’observer en France, sans que la police intervienne ou puisse intervenir, dans des défilés contrôlés par les éléments islamistes les plus durs et brandissant des banderoles de ce type, la présence de certains politiques que cela ne semble pas déranger…

Qui ?

Besancenot, Marie-George Buffet, beaucoup de Verts… Sur le plan moral, cela me choque. Sur le plan intellectuel, cela m’interpelle : quel est le lien entre un internationaliste antireligieux et un islamiste radical ? Je me réjouis que le PS ait su éviter le piège. Car il ne faut pas se leurrer : l’objectif des islamistes, au travers de ces cortèges, était de légitimer le Hamas, mouvement « illégitimable » parce que son projet est un projet de guerre sainte à l’échelle du monde. Cette confusion entretenue entre le souci légitime de la population de Gaza et la défense du Hamas est gravissime car les Palestiniens sont les premières victimes du Hamas. Cela rendra les négociations de paix encore plus difficiles.

L’an dernier, au dîner du Crif, Nicolas Sarkozy avait proposé de « confier à chaque élève de CM 2 la mémoire d’un enfant français victime de la Shoah ». Regrettez-vous que cette idée n’ait finalement pas été retenue ?

Cette idée a soulevé une controverse. La commission Waysbord-Loing a proposé à la place de relier chaque classe à un épisode de la persécution des juifs en France. C’est une proposition très consensuelle à laquelle je souscris. Sur le fond, on a, à juste titre, beaucoup réfléchi au risque que nous ferions courir à nos enfants en leur imposant cette liaison mémorielle individuelle. Puisqu’on parle d’enfants, parle-t-on assez de leurs camarades du même âge qui sont soumis dans certains pays à un endoctrinement à la violence et à la haine d’une tout autre gravité ?

Mgr Williamson, l’évêque d’extrême droite dont le credo négationniste a fait scandale, vient de demander « pardon » à tous ceux que ses propos auraient blessés…

Ce « pardon » laborieux à l’Eglise et aux familles des victimes de « l’injustice nazie » est un non-événement. On attendra longtemps avant qu’il renie ses déclarations négationnistes. Ce qui me préoccupe dans cette affaire, c’est de m’être rendu compte que, pour les membres de la commission chargée des négociations en vue de la levée de l’excommunication, ces déclarations n’ont pas été considérées comme particulièrement graves. Or la négation du génocide est un énorme mensonge, une manifestation particulièrement abjecte d’antisémitisme, un crime contre la morale.

Vous voulez dire que, lorsque Mgr Williamson a été réintégré dans l’Eglise, ceux qui ont poussé le pape à cela connaissaient parfaitement ses convictions ?

Oui. Au Vatican, on ne pouvait pas ne pas connaître les prises de positions anciennes et répétées de Williamson. Cela dit, le dialogue judéo-catholique continuera, et ce n’est pas Williamson qui le brisera. Le pape a dit que la négation de la Shoah est inconcevable. Il a réaffirmé sa solidarité avec les juifs. Et il a demandé aux intégristes d’accepter le concile Vatican II, marqué notamment par la reconnaissance de la filiation entre judaïsme et chrétienté.

Le projet de béatification du pape Pie XII dont le silence pendant la Seconde Guerre mondiale continue de provoquer polémiques et malaise ne risque-t-il d’être un sujet de conflit ?

Si l’Eglise prenait la responsabilité de béatifier Pie XII avant que les historiens aient eu accès aux archives complètes du Vatican, elle provoquerait une rupture grave avec le monde juif. Avant et pendant la guerre, alors que l’Eglise avait besoin d’un prophète, Pie XII s’est conduit comme un diplomate, et un mauvais diplomate. Après 1945, alors que le nazisme s’était effondré et qu’il n’y avait plus aucun risque ni pour les prêtres ni pour l’Eglise, jamais il n’a parlé de la Shoah, ce qui suggère que, pour lui, il s’agissait d’un événement d’importance secondaire.

Qu’espérez-vous du voyage de Benoît XVI en Israël en mai ?

J’espère que ce voyage apportera beaucoup d’éclaircissements et d’apaisement, notamment lorsque le pape ira au mémorial de Yad Vashem. Et qu’il se situera dans la ligne du voyage de Jean-Paul II qui a énormément contribué au rapprochement entre juifs et catholiques.

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Cette année, le PC n’a pas été invité au dîner du Crif Didier Micoine | 01.03.2009, 07h00 Le Parisien

Le rendez-vous est toujours très couru.
Demain soir, les personnalités politiques de droite comme de gauche seront très nombreuses parmi les quelque 850 invités du dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), qui se déroulera au pavillon d’Armenonville, dans le bois de Boulogne.
Le contexte est cette année marqué par l’augmentation des actes antisémites en France, non sans rapport avec l’offensive israélienne déclenchée en décembre dernier à Gaza.

Selon les organisateurs, l’invité d’honneur devrait être Nicolas Sarkozy.
Hier, sa présence n’était cependant pas confirmée par l’Elysée et le dîner ne figure pas à l’agenda officiel du président, dont la journée est très chargée : le matin, il sera à Charm el-Cheikh (Egypte) pour la conférence internationale sur la reconstruction de Gaza.
En fin d’après-midi, il assistera à Levallois (Hauts-de-Seine) aux obsèques de la lycéenne victime de l’attentat du 22 février au Caire.

En 2008, la venue du chef de l’Etat avait marqué une rupture : depuis l’instauration du dîner du Crif, en 1985, c’est le Premier ministre qui en était traditionnellement l’invité d’honneur. François Mitterrand avait dérogé une fois à la règle en s’y rendant en 1991.

Martine Aubry absente, Delanoë, Hamon et Huchon présents

Demain soir, François Fillon sera présent, comme une grande partie du gouvernement (Michèle Alliot-Marie, Rachida Dati, Brice Hortefeux, Christine Lagarde, Eric Besson, Xavier Darcos, Valérie Pécresse, Michel Barnier, Roger Karoutchi, Rama Yade…).
Bernard Accoyer, président de l’Assemblée, et Gérard Larcher, président du Sénat, seront là de même que Xavier Bertrand, secrétaire général de l’UMP.

Si Martine Aubry, partie quelques jours au Maroc, sera absente, il y aura de nombreux socialistes : Bertrand Delanoë, Claude Bartolone, Benoît Hamon, Jean-Paul Huchon, Harlem Désir, Anne Hidalgo…

Cette année, le PC en tant que tel n’a pas été invité. Motif : il a participé aux manifestations contre l’offensive israélienne durant lesquelles certains slogans ont été jugés intolérables par le Crif.

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Dîner du Crif « Le PC a toujours été au côté des juifs » PROPOS RECUEILLIS PAR DIDIER MICOINE Le parisien 2 mars 2009 p. 9

MARIE-GEORGE BUFFET, secrétaire nationale du PC, répond au président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Richard Prasquier, qui reprochait hier dans nos colonnes aux communistes d'avoir participé aux manifestations contre l'offensive israélienne à Gaza et ne les a pas invités au dîner annuel du Crif.

Confirmez-vous que votre parti n'a pas été invité ce soir au dîner annuel du Crif ?

• Marie-George Buffet. C'est exact, mais le problème n'est pas là Le Crif invite qui il veut Le problème, ce sont les raisons invoquées par son président, Richard Prasquier. Je lui ai adressé hier une lettre pour lui faire part de ma réaction et de mon indignation.

Il vous reproche d'avoir défilé lors des manifestations contre l'offensive israélienne à Gaza ...

Je revendique ma participation personnelle et celle de mon parti à ces manifestations de solidarité avec le peuple palestinien et la population de Gaza. Nous avons clairement condamné l'agression de l'Etat israélien, comme je l'avais exprimé à la tribune de l'Assemblée le 6 janvier. L'urgence était de mettre fin à cette guerre sans issue et qu'une initiative internationale donne sa chance à la paix. C'est ce que les manifestants ont crié tout au long de ces cortèges à Paris.

Richard Prasquier s'indigne des slogans anti-Israël scandés lors de ces manifs.

Cest un amalgame inacceptable de dire ou de sous-entendre que les communistes auraient cautionné le moindre mot antisémite ou même attentatoire à l'existence de l'Etat d'Israël. Ce que ces manifestations ont porté avec force et colère, c'est la revendication pour la paix et pour l'arrêt de l'agression à Gaza. Mais je crois que le président Prasquier fait une confusion: il y a la situation au Moyen-Orient, avec le comportement inadmissible du gouvernement israélien, mais aussi la lutte formidable des pacifistes israéliens et la résistance courageuse du peuple palestinien pour obtenir un Etat.

Et puis il y a la communauté juive en France et l'histoire du Parti communiste qui a toujours été au côté des juifs de France dans la Résistance contre l'occupant nazi. Les familles de Justes (NDLR : familles honorées pour avoir sauvé des juifs durant la guerre) sont très nombreuses au sein du PC qui s'est toujours battu contre le racisme et l'antisémitisme: Ce combat, pour davantage de fratemité et de solidarité dans notre pays, nous continuerons bien sûr à le mener. PROPOS RECUEILLIS PAR DIDIER MICOINE

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Ouverture d'une conférence des donateurs internationaux pour la reconstruction de Gaza Créé le 02.03.09 à 08h05 | Mis à jour le 02.03.09 à 08h16 20 minutes.fr

Reconstruire Gaza.

La communauté internationale a rendez-vous à Charm el-Cheikh pour l'ouverture, ce lundi, d'une conférence des donateurs. Quelque 2,8 milliards de dollars (2,22 milliards d'euros) devraient être promis, afin de financer le plan de reconstruction mis sur pied par l'Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas.

Ce plan prévoit 1,3 milliard de dollars (1,03 milliards d'euros) pour la reconstruction et la relance de l'économie du territoire en 2009-2010. Et pour combler le déficit estimé du budget de l'Autorité palestinienne, consacré pour moitié à Gaza, ce sera 1,5 milliard (1,2 milliards d'euros) supplémentaires.

Discussions tous azimuts

Quelque 75 délégations du monde entier sont attendues. Outre le président égyptien Hosni Moubarak, Nicolas Sarkozy, le Premier ministre italien Silvio Berlusconi, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon et la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton seront là.

La conférence doit aussi lancer un appel en faveur d'une relance du processus de paix israélo-palestinien au moment où Israël s'apprête à se doter du cabinet le plus «faucon» de son histoire. Une réunion du Quartette pour le Proche-Orient (ONU, UE, Etats-Unis et Russie), qui oeuvre pour la création d'un Etat palestinien au côté d'Israël, est prévue en marge de la conférence.

Au cœur des discussions, la place du Hamas, considéré comme une organisation terroriste en Occident, mais avec qui il semble indispensable de traiter pour espérer faire parvenir l'aide à Gaza. Mais aussi les tractations concernant l'ouverture des points de passages de la bande de Gaza, indispensable pour la reconstruction. J.M. avec agence

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Sarkozy rassure les juifs de France Lors du dîner du Crif, où a été évoquée la recrudescence des tensions antisémites, le chef de l’Etat et le Premier ministre ont affirmé leur solidarité. Le Parisien 3 mars 2009 p. 4 Martine Chevalet et Henri Vernet | 03.03.2009, 07h00

Hier soir, le dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) a été marqué par un vrai-faux suspense. Nicolas Sarkozy, qui a enchaîné douze heures d’avion avec un sommet à Charm el-Cheikh, puis les obsèques, à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), de la lycéenne tuée au Caire, assisterait-il, comme l’an passé, à cette soirée ?

L’Elysée avait laissé entendre que non. D’autant que, comme le souligne un collaborateur du président, il revient traditionnellement au Premier ministre de prononcer un discours à cette occasion : « On a coupé la poire en deux. Le président passe pour exprimer sa solidarité dans un contexte marqué par une recrudescence des actes antisémites, mais il laisse à François Fillon le soin de s’exprimer. » « Je suis là chaque année, a lancé Sarkozy, présent pendant moins d’une demi-heure et très sollicité par les 850 invités. Il n’y avait aucune raison que je ne vienne pas. » L’an dernier pourtant, il avait déclenché une polémique avec sa proposition de parrainage par chaque élève de CM 2 d’un enfant juif déporté.

L’absence remarquée des communistes

A l’inquiétude de Richard Prasquier, le président du Crif, Nicolas Sarkozy a répondu avec fermeté : « Quand on s’en prend à un juif parce qu’il est juif, c’est toute la France qui doit se sentir solidaire de la victime. Je dirais la même chose s’agissant de l’islamophobie. »

Créé en 1985 par Théo Klein, le dîner du Crif est devenu un rendez-vous républicain où se pressent tous les ministres, de Darcos à Lagarde en passant par Yade et Dati, les représentants de partis de gauche comme de droite, les diplomates israéliens et ceux des pays arabes (moins nombreux que d’autres années), les autorités religieuses, juives, chrétiennes et musulmanes.

Mais cette année, pour la première fois, les communistes étaient absents. Ni Marie-George Buffet ni Robert Hue, grands habitués, n’ont été invités. Sanctionnés par le Crif pour avoir manifesté, pendant la guerre de Gaza, avec des extrémistes criant des slogans antisémites. Buffet, indignée, déclarait hier dans nos colonnes que « les communistes ont toujours été aux côtés des juifs ».

Pourtant, le célèbre chasseur de nazis Serge Klarsfeld que Nicolas Sarkozy embrasse à son arrivée approuve cette « punition » : « Laissons-les bouder pendant un an, jusqu’à ce qu’ils changent leurs dirigeants ! » « Il faut faire attention avec qui on défile », tance le secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants, l’ex-PS Jean-Marie Bockel. Moins sévère, Jack Lang, rentrant bronzé de Cuba où il a rencontré Raul Castro, trouve cela « dommage » : « Je comprends que le Crif ait été blessé, mais Marie-George Buffet n’est pas une extrémiste. C’est une femme de paix et de dialogue. » Plus tranché, Jean-Paul Huchon, président PS de la région Ile-de-France, juge que ce boycott « n’est pas malin ». « Les communistes ne sont pas antisémites depuis l’abandon de leur stalinisme originel. »

En réponse à Richard Prasquier rappelant que 352 actes antisémites ont eu lieu rien qu’en janvier (contre 460 pour tout 2007 et 2008), François Fillon a fait une annonce concrète : la nomination d’une Madame Antisémitisme, Isabelle Falque-Pierrotin, spécialement chargée de traquer les dérives sur Internet, qui ne doit pas devenir « un canal de la haine ».

Le Premier ministre a en outre annoncé à Serge Klarsfeld une augmentation de 2,5 % des rentes versées aux orphelins de la déportation. Enfin, face à la crise économique, Fillon a conclu en appelant les Français « à être animés d’un véritable esprit de civisme ».

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Société 13/07/2009 à 06h51 Les organisations juives réclament un nouveau procès

Gang des barbares . La défense juge insuffisantes les peines prononcées à l’encontre des complices de Youssouf Fofana. Par PATRICIA TOURANCHEAU liberation.fr

Toutes derrière la famille d’Ilan Halimi, kidnappé, séquestré et torturé à mort en 2006, les organisations juives dénoncent «l’indulgence» de la cour d’assises des mineurs de Paris à l’égard des membres du «gang des barbares». Et font pression sur la garde des Sceaux pour un nouveau procès en appel.
Seule la peine maximale, attendue, de réclusion criminelle assortie de vingt-deux ans incompressibles infligée à Youssouf Fofana pour cet assassinat antisémite les satisfait. Mais pas les peines, pourtant graduées, prononcées à l’encontre de ses complices.

«Indulgence».
Sitôt le verdict, vendredi, Me Francis Szpiner a «regretté» au nom des parents et sœurs d’Ilan Halimi «que la cour ait fait preuve d’une particulière indulgence pour ceux qui ont aidé ou assisté Youssouf Fofana». Il vise surtout les condamnations échelonnées entre dix et quinze ans de prison infligées aux six gardiens de l’otage et celle de neuf ans contre la mineure paumée ayant attiré le jeune juif dans le guet-apens : «La famille Halimi a du mal à comprendre et à accepter les peines qui concernent les geôliers et l’appât», a rapporté Me Szpiner.
Il en appelle à Michèle Alliot-Marie pour qu’elle «invite le procureur général à faire appel» afin de rejuger certains accusés. Placé sous l’autorité de la chancellerie, le parquet général de Paris a dix jours après le verdict, donc jusqu’au 20 juillet, pour indiquer s’il accède ou non à cette demande.
Le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA), qui rejoint le comité Justice pour Ilan, organise une manifestation lundi, vers 19 heures, devant le ministère de la Justice.

Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) se dit «inquiet, comme l’est la communauté juive de France» et réclame un nouveau procès, public cette fois, car «le huis clos qui a entouré ce procès lui a retiré la valeur exemplaire et pédagogique qu’il aurait dû avoir».

«Equilibré».
La cour d’assises présidée par Nadia Ajjan a pourtant délibéré durant plus de deux jours pour fixer des peines adaptées aux responsabilités respectives de chacun des 27 accusés. A l’arrivée, les condamnations sont légèrement inférieures aux réquisitions qui avaient déjà été taxées de trop clémentes par la famille Halimi.

Samir Aït Abdelmalek et Jean-Christophe Soumbou, considérés comme les complices les plus actifs, ont écopé de quinze et dix-huit ans de réclusion là où l’avocat général en réclamait vingt. La fille-appât a été condamnée à neuf ans de prison, contre dix à douze ans requis, car la cour a tenu compte de «l’excuse de minorité» - elle était âgée de 17 ans au moment des faits - et de ses difficultés sociales - elle a été violée à l’adolescence.

Plusieurs avocats de la défense et, plus rare, le représentant de l’accusation, Philippe Bilger, ont d’ailleurs salué un verdict «équilibré» voire «exemplaire».
«Même en ayant accompli le pire», les complices «devaient être traités comme les êtres humains qu’ils sont», a déclaré l’avocat général Bilger samedi, sur France Info.

«La cour d’assises a réussi à la fois à porter un regard de rigueur et de sévérité et, en même temps, n’a pas occulté le caractère singulier de chacun des êtres présents dans le box, c’est une justice exemplaire.»

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GANG DES BARBARES Procès Fofana : MAM demande au Parquet de faire appel leparisien.fr 12.07.2009, 08h05 | Mise à jour : 13.07.2009, 12h13

Depuis la condamnation du Gang des Barbares, vendredi soir, pour la séquestration et l'assassinat d'Ilan Halimi en 2006 en région parisienne, la polémique monte autour du verdict. L'avocat de la famille de la victime, Me Szpiner, a regretté «une particulière indulgence» pour les coaccusés dans l'affaire du «gang des Barbares», tout en saluant la condamnation de Youssouf Fofana à la peine maximale.

Plusieurs organisations juives réclament à leur tour un nouveau procès. Parmi elles, le Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France) reçu à la Chancellerie par Michèle-Alliot Marie lundi, a appelé à un rassemblement à 19 heure le même jour, devant le ministère de la Justice, à Paris. Le permis de manifester, demandé à la préfecture, prévoit de 300 à 1.000 participants, mais «on dépassera», a précisé le vice-président du Fonds social juif unifié (FSJU), Gil Taïeb.

La nouvelle ministre de la Justice s'est elle-même saisie de la polémique, en demandant au Parquet de «faire appel des condamnations inférieures aux réquisitions de l'avovat général». «Ce matin, j'ai demandé au procureur général près la Cour d'appel de Paris de faire appel des condamnations inférieures aux réquisitions de l'avovat général», a-t-elle annoncé à la sortie du Conseil des ministres.

La cour a proclamé deux acquittements

L'affaire à connotation antisémite avait bouleversé toute la France. Ilan Halimi, 23 ans, enlevé dans la nuit du 20 au 21 janvier 2006 dans le but d'obtenir une rançon, avait été séquestré et torturé pendant trois semaines dans une cité HLM de Bagneux (Hauts-de-Seine). Retrouvé agonisant au bord d'une voie ferrée de l'Essonne, le 13 février, il était mort lors de son transfert à l'hôpital.

Vendredi, le chef du Gang des Barbares, Youssouf Fofana, a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie de d'une peine de vingt-deux ans de sûreté. La cour a prononcé deux acquittements et des peines allant de 6 mois de prison avec sursis à 18 ans de réclusion à l'encontre de autres accusés, jugés pour leur participation pour ou moins active dans le martyre d'Ilan et pour des tentatives d'enlèvement précédentes.

Parmi eux, Emma, la jeune femme qui avait servi d'appât pour le rapt de la victime, a été condamnée à 9 ans de prison. L'avocat général Philippe Bilger avait réclamé une peine plus sèvère, allant de 10 à 12 ans de prison. Pour la majorité des condamnés, les peines infligées sont légèrement en deçà de celles requises le 30 juin.

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Pour le président du Crif, Frêche pas antisémite mais risque de réveiller des "stéréotypes antisémites" AFP d'après leparisien.fr 31.01.2010, 10h00

Richard Prasquier, président du Crif, interrogé sur la petite phrase de Georges Frêche, président-candidat du Languedoc- Roussillon (ex PS), absout celui-ci du soupçon d'antisémitisme mais redoute que son propos ne "réveille des stéréotypes antisémites".

"Voter pour ce mec en Haute-Normandie me poserait un problème, il a une tronche pas catholique", avait dit Georges Frêche, selon L'Express, à l'adresse de Laurent Fabius, d'origine juive, qui avait précédemment affirmé ne pas être "sûr" de voter pour lui, s'il était électeur dans sa région.

Dans une interview au Parisien dimanche, le président du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France), interrogé sur ce dérapage, répond: "Je sais que Frêche n'est pas un antisémite, mais je crains que cette phrase ne réveille des stéréotypes antisémites. Frêche c'est Frêche! Mais la responsabilité d'un homme politique est de penser aux conséquences de ses paroles".

Au sujet du débat sur la burqa, M. Prasquier explique par ailleurs: "en tant que citoyen français, je crois que la burqa est incompatible avec l'ensemble des valeurs de notre société. Revêtir une burqa revient à rejeter notre contrat social. Spontanément, je serais en faveur d'une loi d'interdiction générale malgré les problèmes juridiques que cela pose".

Interrogé sur le dîner du Crif mercredi, il confirme que l'orateur sera le Premier ministre, François Fillon, tout en précisant que le président Nicolas Sarkozy "est invité. Nous attendons sa réponse. Il est possible qu'il vienne", dit-il.

Comme en 2009, les communistes et les Verts, en revanche ne sont pas invités: "Je regrette énormément de n'avoir pu inviter les représentants officiels du Parti communiste et des Verts, même si certains de leurs élus viendront à titre personnel", dit M. Prasquier qui ajoute: "avec le PC et les Verts nous avons d'importants points de divergence. Nous ne comprenons pas comment ils peuvent proposer une mesure de boycott d'Israël, totalement illégale au regard de la loi française".

Il dénonce également "l'empressement de certains maires communistes çà nommer citoyen d'honneur Marwan Barghouti (responsable du Fatah, détenu en Israël), coupable d'assassinats terroristes".

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Politique La polémique Frêche s'invite au dîner du CRIF AP | 03.02.2010 | 22:46

Le Premier ministre François Fillon a saisi mercredi soir l'occasion du dîner du CRIF, le Conseil représentatif des institutions juives de France, pour condamner fermement, une nouvelle fois, l'antisémitisme, dans un contexte marqué par la polémique sur les propos de Georges Frêche à l'encontre de Laurent Fabius.

Le dîner s'est ouvert mercredi soir avec un passage éclair du président Nicolas Sarkozy, venu saluer les personnalités et les nombreux membres du gouvernement présents pendant une vingtaine de minutes, sans s'exprimer devant les journalistes.

Apparition brève également -mais remarquée- de Laurent Fabius. L'ancien Premier ministre socialiste est venu à l'invitation du président du CRIF, Richard Prasquier, qui a précisé mardi dans un communiqué lui avoir exprimé "son soutien" suite aux propos tenus par Georges Frêche.

M. Fabius a souligné que le dîner du CRIF était une "bonne tradition" permettant à "la diversité des mouvements politiques largement d'être là et de dire -c'est particulièrement d'actualité- qu'on ne peut pas accepter les mots les actes antisémites ou xénophobes".

Connu pour ses dérapages verbaux, le président de la région Languedoc-Roussillon Frêche, exclu du PS en janvier 2007, avait attaqué M. Fabius dans des propos cités dans le magazine "L'Express" paru le 28 janvier, disant: "Voter pour ce mec en Haute-Normandie me poserait un problème: il a une tronche pas catholique". L'ancien Premier ministre est d'origine juive.

Egalement présente au dîner, la maire PS de Montpellier, Hélène Mandroux, a brièvement commenté la polémique, assurant que de nombreux socialistes locaux s'étaient manifestés pour venir sur la liste que le PS est en train de constituer face à celle de M. Frêche.

Arrivé un peu plus tard, le Premier ministre a prononcé un discours dénonçant, une nouvelle fois, l'antisémitisme. "Chaque fois que l'antisémitisme progresse, c'est la République qui recule", a martelé M. Fillon, qui a également tenu à adresser à "toute la communauté juive de France un message d'amitié et de solidarité suite à profanation des tombes du cimetière de Cronenbourg".

"Au delà de la communauté juive, c'est notre nation toute entière qui se sent blessée, humiliée, atteinte au plus profond d'elle même", a-t-il souligné. "Je ferai tout pour que les responsables de ces actes soient retrouvés et soient sévèrement condamnés", a-t-il affirmé, largement applaudi.

De son côté, M. Prasquier a dénoncé les "830 actes antisémites de l'année 2009", selon les chiffres du service de protection de la communauté juive (SPCJ), qui décomptait contre 474 actes antisémites en 2008. AP

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L'imam républicain de Drancy, dit "l'imam des Juifs" par ses adversaires pro-palestiniens http://oumma.com/L-imam-Hassan-Chalghoumi-le

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Crif : Fillon pourfend le «militantisme extrémiste» Judith Waintraub lefigaro.fr 03/02/2010 | Mise à jour : 23:42 |

Nicolas Sarkozy s'est contenté d'une courte apparition, laissant François Fillon dénoncer le communautarisme.

Quoi de neuf, mercredi soir, au dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France ? D'abord, la présence de l'imam de Drancy Hassen Chalghoumi parmi les dignitaires religieux. Partisan déclaré du dialogue judéo-musulman et de l'interdiction de la burqa, ce symbole de l'«islam républicain» n'a pas hésité à répondre à l'invitation de Richard Prasquier, le président du Crif. Sans craindre d'être à nouveau agressé, lui qui est en permanence menacé ? «Ça ne peut pas vraiment être pire, soupire-t-il. Et puis, c'est un échange de bons procédés. J'ai invité Prasquier à la mosquée, il m'invite au Crif.»

Autre nouveauté, la présence de Martine Aubry. La première secrétaire du PS a assuré à sa façon la continuité avec son prédécesseur François Hollande, qui était en général présent. Contrairement à lui, elle n'a pas frayé avec la foule, où gouvernement et majorité étaient représentés en force. Flanquée d'Harlem Désir et de Benoît Hamon, elle a écouté l'intervention de Prasquier debout à l'entrée de la salle, puis a tourné les talons dès que François Fillon est monté à la tribune. Mais elle n'a pas quitté tout de suite le pavillon d'Armenonville : elle s'est attardée près de la sortie avec ­Hélène Mandroux, tête de la liste PS en Languedoc-Roussillon, le temps que les caméras la filment à côté de l'intrépide maire de Montpellier, qui ose braver Georges Frêche dans son fief. Comme on leur demandait s'il fallait voir un lien entre leur présence et la proximité des régionales, les deux femmes ont démenti avec vigueur. «Je viens tous les ans», a affirmé Mandroux. «Il ne faut pas mélanger les choses», a renchéri Aubry.

Nicolas Sarkozy, lui, s'est contenté d'une apparition fugace au début de cocktail. Il a distribué bises, saluts et sourires, puis s'est éclipsé, laissant Fillon délivrer le message politique de la soirée. Un message de dénonciation du «communautarisme», qui «refuse l'égalité et la fraternité». Dans son discours, Prasquier s'était lui aussi référé à la devise républicaine pour affirmer que le port de la burqa est «contraire aux valeurs de la République, non seulement parce qu'elle est imposée aux femmes, mais aussi parce que dans nos échanges le rapport à l'autre passe par le visage».

Sur le même sujet, Fillon a fait dans le subliminal en lançant à l'auditoire : «Nous devons défendre nos valeurs contre ceux qui cachent, derrière le paravent d'une soi-disant liberté, un militantisme extrémiste.»
Le premier ministre a, en revanche, eu des mots très fermes pour condamner les «scandaleux mouvements de boycott des produits casher ou israéliens».«Je m'étonne du silence, voire de la connivence de certains responsables politiques vis-à-vis de ces démarches révoltantes», a -t-il ajouté. Il n'a pas cité de noms, mais c'était inutile : comme son prédécesseur, Roger Cukierman, qui avait dénoncé la dérive antisémite de certains Verts et de l'extrême gauche, Prasquier a fait savoir que le parti de Cécile Duflot et le PCF n'avaient ­toujours pas été conviés cette année au dîner du Crif.

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