Bertrand Delanoë
Octobre/Novembre 2008 : Bien couillonné par Martine Aubry
Selon ses déclarations à la police, Azedine Berkane n'aime ni les hommes politiques, ni les homosexuels. C'est la raison pour laquelle, cet homme de 39 ans a poignardé le maire de Paris, Bertrand Delanoë, dans la nuit de samedi à dimanche dans les salons de l'Hôtel de Ville, exceptionnellement ouverts au public pour l'opération Nuit blanche. Interrogé par les policiers de la brigade criminelle chargés de l'enquête sur cette tentative d'homicide, il n'en a guère dit plus.
Ses premières déclarations écarteraient toutefois l'hypothèse d'un acte prémédité. Il ne pouvait savoir que M. Delanoë revenait à l'Hôtel de Ville à l'heure précise où lui-même y déambulait dans les salons. Il aurait indiqué aux enquêteurs, qu'il avait eu une sorte de "flash" en voyant le maire de Paris, et qu'il serait aussitôt passé à l'action, armé d'un couteau de type Opinel, doté d'une lame longue de huit centimètres.
Azedine Berkane, dont la garde à vue a été prolongée, devait être à nouveau entendu par les policiers, lundi 7 septembre, avant d'être déféré au parquet. Selon une source proche de l'enquête, la confusion mentale et les antécédents psychiatriques du suspect pourraient amener la justice à se poser la question d'un éventuel internement psychiatrique.
Une bagarre ? Un vol ? La fête battait son plein, dans les salons bondés de l'Hôtel de Ville de Paris, quand l'écho d'une course-poursuite est venu troubler l'ambiance de cette première Nuit blanche à la mairie. Il était un peu moins de 2 h 30, dans la nuit du 5 au 6 octobre, lorsque les musiciens se sont arrêtés de jouer dans l'obscurité percée de néons multicolores. La lumière s'est alors brusquement rallumée à l'extérieur de la salle des fêtes, où deux lourds rideaux ont été tirés hâtivement dans un couloir pour en barrer l'accès aux centaines de visiteurs nocturnes. Derrière la tenture, Bertrand Delanoë, est allongé par terre. Il vient de se faire poignarder.
Le maire venait de rentrer des anciennes pompes funèbres du 19e arrondissement où se déroulait une fête techno. "Il se promenait tranquillement dans les salons de l'Hôtel de Ville lorsqu'un type âgé d'une quarantaine d'années s'est jeté sur lui sans rien dire et lui a porté un coup de couteau dans le ventre", se souvient Anne-Sylvie Schneider, l'attachée de presse du maire, qui est tombée à ses côtés au moment de l'agression. Au bar, un serveur ayant reçu une formation médicale est appelé en renfort pour donner les premiers soins. "Il y avait du sang partout, raconte-t-il. J'ai fait pression sur la plaie pour arrêter l'hemorragie, en attendant que les pompiers arrivent."
Le maire, âgé de 52 ans, ne perd pas connaissance. Il parle d'un "incident" et insiste pour que la fête continue. "Il était comme quelqu'un qui a fait une chute" témoigne Christophe Girard, adjoint (Vert) à la culture, lors d'une conférence de presse qui s'est tenue à 4 heures du matin.
CEINTURÉ PAR UN MILITANT VERT
Touché à l'abdomen, M. Delanoë est soigné sur place par les pompiers qui le conduisent ensuite à l'hôpital de la Pitié-Salpétrière, où il est opéré pendant plus de trois heures. "Une surveillance en unité de réanimation chirurgicale sera nécessaire pendant au moins quarante-huit heures et une hospitalisation prolongée d'au moins huit jours est à prévoir", précise-t-on à l'hôpital.
Son agresseur a été immédiatement ceinturé par Rémy Bovis, un militant Vert membre du cabinet de M. Girard qui l'a maintenu au sol en attendant l'arrivée de la police. Grand et maigre, l'agresseur "avait l'air d'un pauvre type qui commet un geste stupide de déséquilibré" raconte M. Girard.
Azedine Berkane habite avec ses parents la cité Jean-Grémillon, à Bobigny (Seine-Saint-Denis), à proximité de l'hôpital Avicenne. Il était connu des services de police, pour une quinzaine de dossiers : une moitié concernait l'usage de stupéfiants, l'autre des vols. Il avait également effectué plusieurs séjours dans des hopitaux psychiatriques. Au pied de son immeuble, une vingtaine de jeunes adultes évoquent la personnalité de ce voisin "super calme, très réservé", de ce passionné d'informatique et d'Internet que "tout le monde connaît bien dans la cité". Les avis sont unanimes à son sujet et ne semblent pas prendre en compte le drame qui vient d'avoir lieu. "C'est quelqu'un de bien, résume Samir, 21 ans. Il est instruit, cultivé et très proche des jeunes. Il m'a donné à plusieurs reprises des cours d'informatique, comme à beaucoup de monde ici." Azedine Berkane a bien purgé sept années de prison "pour des histoires de stup", précise l'un des adolescents, mais "ça lui a servi de leçon et il avait changé". "Il aimait bien dire qu'il avait réussi par rapport à d'autres gars de la cité", précise Abdel, qui le considérait "comme un grand frère".
Daniel se souvient surtout que ce célibataire sans enfant"n'aimait pas trop les homosexuels", et qu' il "le faisait bien comprendre à son entourage". Là aussi, les avis sont unanimes : " Il était un peu comme nous, résume Abdel. Ici, on est tous homophobes, parce que c'est pas naturel", ou parce que "ça va à l'encontre de l'islam" ajoute Samir, pour qui "des musulmans pédés, ça n'existe pas".
Quant au geste fou de l'informaticien, personne ne l'excuse ni ne le comprend. "Il a dû péter les plombs", soupire Abdel. " C'est sûr, c'est pas bien, renchérit Samir. Mais ça montre à quel point les politiciens sont vulnérables. Son acte, il l'expliquera plus tard. En tout cas, ici, personne ne lui demandera des comptes."
Pascal Ceaux, Franck Colombani et Alexandre Garcia, LE MONDE | 07.10.02 | 11h44
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Une hospitalisation d'au moins huit jours
Les médecins du groupe hospitalier de la Pitié-Salpêtrière qui ont pris en charge M. Delanoë lui ont conseillé de rester hospitalisé une huitaine de jours. " Une surveillance en unité de réanimation chirurgicale sera nécessaire pendant au moins 48 heures et une hospitalisation prolongée d'au moins huit jours est à prévoir", indique-t-on à l'hôpital.
De source médicale, on indique que l'état clinique du maire de Paris est " satisfaisant" , aucune complication n'ayant été observée durant les suites opératoires. M. Delanoë avait, dès son admission, subi une intervention chirurgicale qui a permis, selon un communiqué, à"l'ensemble des lésions intra-abdominales" d'être " traitées avec succès".
ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 08.10.02
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Le maire de Paris est très sérieusement blessé
LES PARISIENS devront se passer de leur maire pendant plusieurs semaines. La blessure qui, dans un premier temps, avait été présentée comme bénigne est, en réalité, très grave. Agressé à l'arme blanche dans la nuit de samedi à dimanche dans un salon de l'Hôtel de Ville lors de l'opération Nuit blanche, Bertrand Delanoë a tout simplement frôlé la mort.
« Il n'a pris conscience de la gravité de son état qu'hier », témoigne Anne-Sylvie Schneider, sa directrice de la communication, qui l'a vu quelques minutes. « Il a compris qu'il ne retournerait pas au bureau lundi. » Il a souhaité que les Parisiens soient informés très précisément. « Il faut dire la vérité, explique sa collaboratrice. La situation a été minimisée par rapport à la nuit de l'agression. On a parlé de trois points de suture. Or, c'est plus important que cela. »
L'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, qui n'avait jusque-là donné aucune information précise sur ce patient particulier, a donc rendu public hier un communiqué dans lequel les médecins décrivent un état clinique « très satisfaisant », mais avouent que quatre organes ont été touchés.
Les coups de fil de Jospin
Alité, seul dans l'unité de réanimation de chirurgie générale et digestive, le corps perforé de tuyaux, Delanoë, malgré la morphine, « a très mal à la tête et dort beaucoup », raconte Anne-Sylvie Schneider. Si son neveu a pu l'approcher hier, aucun de ses amis politiques n'a eu accès à sa chambre. Jean-Paul Huchon, patron du conseil du régional, a dû laisser au chef de cabinet les « romans américains apportés pour lui donner un peu de rêve »…
Lionel Jospin, prévenu du drame dès l'aube, dimanche, et « très affecté » selon les proches de Delanoë, est informé régulièrement par téléphone de l'état de santé de son vieux camarade du XVIII e , qui tente de faire preuve, malgré sa faiblesse physique, de combativité. Ainsi, dès hier, par le biais de sa collaboratrice, il a souhaité « adresser un message aux Parisiens ». « Il va falloir qu'ils se passent de lui quelque temps, mais il n'y a pas de vacance du pouvoir, a transmis Anne-Sylvie Schneider en quittant l'hôpital. Une équipe soudée à la mairie de Paris continue à travailler dans l'intérêt des Parisiens. »
De son lit, Delanoë a également demandé que les bouquets de fleurs déposés devant l'hôpital à son intention soient distribués dans les services de la Salpêtrière. Bref, Delanoë veut encore diriger son monde. Et ses collaborateurs, qui tentent d'inventer « la vie sans Delanoë » à l'hôtel de ville, ne doutent pas un instant que, dans quelques jours, il piaffera d'impatience, souhaitera gérer la mairie de son lit.
Le maire, dit-on, n'a guère interrogé ses rares visiteurs sur l'identité ou le mobile de son agresseur. Ce dernier, Azedine Berkane, a été déféré hier après-midi au parquet, et, dans la soirée, il a été mis en examen pour « tentative d'assassinat » et écroué. Pour l'heure, Bertrand Delanoë, lui, a d'autres préoccupations. Plus tard, peut-être, il s'intéressera au sort de l'homme qui a gâché la fête, et lui a fait tutoyer la mort.
Nathalie Segaunes, Le Parisien, mardi 08 octobre 2002, pages 2 et 3
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Un paranoïaque obsédé par Satan
HIER (07 octobre 2002), dans la soirée, Azedine Berkane, 39 ans, a été mis en examen par la juge Colette Oper pour « tentative d'assassinat ». Il a ensuite été placé en détention à Fleury-Mérogis (Essonne) à l'issue de deux jours de garde de vue. Ce personnage dégingandé, s'exprimant lentement, dans un langage « relativement élaboré », a reconnu les faits, les justifiant à sa manière : « J'aime pas les élus, j'aime pas la République… Si j'en suis là, c'est à cause d'eux. Les pédés, c'est pareil. » Une haine tous azimuts qui, selon un enquêteur, « confine à la paranoïa ».
L'état mental d'Azedine Berkane, petit délinquant multirécidiviste devenu informaticien au chômage, pose divers problèmes aux autorités. La justice a choisi d'ouvrir une instruction pour « tentative d'assassinat », mais il semble établi que son geste n'était pas prémédité.
« Je ne pensais pas qu'on me laisserait entrer »
« C'est certain, il n'a pas préparé son agression comme l'avait fait, par exemple, Richard Durn, explique un magistrat. Il ne savait pas que Bertrand Delanoë devait se présenter dans les salons de l'Hôtel de Ville vers 2 heures de matin, mais on peut se demander pourquoi il avait choisi d'aller se promener avec un couteau de cette taille dans sa poche. » Interrogé à propos de cette arme un couteau pliant muni d'une lame de 7 cm l'agresseur est resté très évasif : « Des fois, je le prends, des fois, je le prends pas… Il faut bien se défendre. » Avant de quitter l'appartement de Bobigny, où il habite avec ses parents, Azedine Berkane a reconnu avoir pris quelques bières, et fumé plusieurs joints : des traces significatives de cannabis ont été retrouvées dans son sang. « Il est impossible de savoir s'il était sous l'emprise de la drogue, précise une source proche du dossier. Le cannabis reste longtemps dans le sang. On ne peut pas estimer la dose de stupéfiants qu'il a inhalés samedi. D'autant qu'il a admis être un consommateur assidu de cannabis. » Dimanche, peu avant 2 heures, après avoir fait la queue pendant une heure et demie, Berkane se retrouve donc dans les salons de l'Hôtel de Ville, un peu ahuri. « Je ne pensais pas qu'on me laisserait entrer », a-t-il expliqué aux policiers. Il affirme n'être pas passé sous l'un des détecteurs de métaux installés à l'entrée. Pendant une dizaine de minutes, il s'est « baladé », a « admiré l'architecture », avant de se retrouver au détour d'un couloir face au maire de Paris. Là, l'homme tente d'expliquer pourquoi il s'est jeté sur Bertrand Delanoë. « Il dit qu'il se sentait dans un environnement hostile. A l'entendre, on pourrait croire que le maire de Paris appartient à une secte satanique, confie un enquêteur. Il parle beaucoup de Satan, des religions… », l'islam, bien sûr, qu'il dit pratiquer, mais aussi les autres confessions. « J'ai aussi lu la Bible et la Torah, aurait-il déclaré. Tous ces livres sacrés condamnent l'homosexualité. »
Il était allé à Lourdes « pour se purifier »
Son mysticisme, ses obsessions, ont conduit certains policiers à s'interroger sur son état mental. Le médecin qui l'a examiné dimanche soir lors du renouvellement de sa garde à vue n'a décelé « aucun trouble psychiatrique incompatible avec la poursuite de son interrogatoire », mais Berkane a expliqué avoir été interné à deux reprises. En avril, il a demandé à être accueilli quelques jours à l'hôpital psychiatrique de Ville-Evrard (Seine-Saint-Denis). Puis, le 26 juin dernier, il est arrêté, à Lourdes (Hautes-Pyrénées), en compagnie d'un groupe de SDF. Sa mère, inquiète de son absence, l'avait fait rechercher.
Il avait expliqué alors qu'il était poursuivi par des « sectes maléfiques » et était venu à Lourdes pour se « purifier ». Epuisé et prostré, il avait été conduit aux services des urgences de l'hôpital local, puis avait regagné la banlieue parisienne. « Il était en crise depuis plusieurs mois, conclut une source proche de l'enquête. Il nourrissait ses peurs, ses rancoeurs, et il est soudainement passé à l'acte. La similitude de son parcours personnel avec celui de Richard Durn est effrayante… »
Frédéric Vézard, Le Parisien, mardi 08 octobre 2002, page 2
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L'agresseur de Bertrand Delanoë a été déclaré irresponsable
Azzedine Berkane, l'homme qui a blessé Bertrand Delanoë d'un coup de couteau en octobre 2002, a été déclaré irresponsable par des experts et ne sera sans doute jamais jugé devant une cour d'assises
PARIS - Azzedine Berkane, l'homme qui a blessé le maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë d'un coup de couteau en octobre 2002, a été déclaré irresponsable par des experts et ne sera sans doute jamais jugé devant une cour d'assises, a-t-on appris de source judiciaire.
Selon cette expertise récemment remise à la justice après deux premiers rapports contradictoires, le discernement d'Azzedine Berkane était "totalement aboli" au moment des faits.
La justice pourrait donc être amenée à rendre un non-lieu.
La partie civile pourra cependant encore argumenter.
Bertrand Delanoë a toujours déclaré qu'il souhaitait un procès mais qu'il s'en remettrait à la décision de la justice.
Azzedine Berkane, un chômeur de 39 ans actuellement écroué et mis en examen pour "tentative d'assassinat", s'en était pris au maire à l'hôtel de ville lors des animations de la "nuit blanche" de Paris, dans la nuit du 5 au 6 octobre 2002.
Il avait expliqué à la police avoir agi par animosité envers les hommes politiques et les homosexuels, et avait dit regretter son geste.
En décembre 2002, un premier collège d'experts avait conclu que le discernement du suspect était totalement aboli au moment des faits. En mai dernier, les docteurs Michel Dubec et Daniel Zagury avaient toutefois estimé dans un second rapport que l'homme souffrait simplement d'un "trouble psychique ayant altéré son discernement ou entravé le contrôle de ses actes", ce qui permettait, selon eux, un procès.
Cette contradiction avait amené la justice à demander une troisième expertise.
Avant les faits, Azzedine Berkane avait été hospitalisé au moins deux fois en psychiatrie en raison d'un délire de persécution.
La dernière hospitalisation faisait suite à une escapade à Lourdes où il s'était dit "persécuté par des sectes sataniques".
Informaticien de formation, il vivait au moment de l'agression chez ses parents dans une cité de Bobigny (Seine-Saint-Denis).
Son casier judiciaire porte une dizaine de condamnations pour vols et infraction à la législation sur les stupéfiants. Il avait déjà été incarcéré avant les faits au moins une fois.
Hospitalisé après l'agression, Bertrand Delanoë avait frôlé la mort. Il a depuis accepté une protection rapprochée.
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21 mars 2008. Paris. Municipales. Résultats.
Les élections municipales françaises des 9 et 16 mars 2008 ont vu s'opposer à Paris : notamment une liste d'union de la gauche menée par le maire sortant Bertrand Delanoë, une liste UMP menée par Françoise de Panafieu, une liste Mouvement Démocrate menée par Marielle de Sarnez, une liste Verts menée par Denis Baupin, une liste Front national menée par Martial Bild. Paris: Delanoë réélu maire, Baupin perd les transports-------
Citoyen (ou bras) d’honneur Jacques Camus La République du Centre Publié le 22 avril 2008 - 09:20
Voici donc la dalaï lama élevé au rang de « citoyen d’honneur » de la Ville de Paris à l’unanimité... des votants. Accessoirement, c’est également un « bras d’honneur » que Bertrand Delanoë a spectaculairement adressé aux autorités chinoises en pleine crise des relations diplomatiques entre Paris et Pékin. On peut évidemment s’interroger sur la nécessité de ce geste symbolique au moment où Nicolas Sarkozy cherchait à jouer l’apaisement avec la Chine. Au final, c’est la France qui, après avoir voulu donner des leçons, offre le spectacle désolant de ses divisions à un pays autrement rompu à cacher ses turpitudes. Le maire de Paris, nous l’avons dit, a d’ailleurs été loin de rallier l’ensemble du Conseil à son initiative. C’est qu’au-delà de l’aspect éventuellement inopportun de la démarche, beaucoup ont estimé que Bertrand Delanoë se faisait plus boudhiste que le dalaï lama lui-même. Le chef spirituel en exil, n’en demandait sans doute pas tant. Et l’on s’inquiète alors de savoir si Bertrand Delanoë n’a pas cédé, lui aussi, à cette surenchère émotionnelle qui semble actuellement animer les leaders socialistes en quête de positionnement. C’est à qui, au PS, en fera le plus dans la vénération et l’exaltation des grandes causes pour se singulariser. Après Ségolène Royal qui, sans attendre, voulait arracher Aimé Césaire à sa terre et le faire entrer au Panthéon, Bertrand Delanoë n’a pas voulu être en reste. Sous les nobles mobiles de façade, se dissimulent parfois des ambitions moins avouables. Jacques Camus------
Le dalaï-lama et l’honneur nazi
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500 à 700.000 participants à la Gay Pride à Paris
NOUVELOBS.COM | 29.06.2008 | 08:34
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Delanoë cultive sa différence avec Royal
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En Tunisie, les larmes de Delanoë
REPORTAGE . De retour dans son pays natal après la révolution de Jasmin, le maire
socialiste de Paris ne cache pas son émotion. Le Parisien, 20 février 2011, page 05
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laurent dispot rédacteur à la Règle du jeu. Libératon
QUOTIDIEN : vendredi 25 avril 2008
En juillet 1938 (anniversaire en 2008), un SS champion d’alpinisme est vainqueur de la face nord de l’Eiger, en Suisse : une «première».
Il s’appelle Heinrich Harrer. Le récit de son exploit, et sa photo avec Hitler, sont aussitôt diffusés massivement en Europe et dans le monde par la machine de propagande de Goebbels.
Il s’est inscrit à la SA en 1933, à la prise de pouvoir par Hitler (trois quarts de siècle en 2008). Passé à la SS, il est un favori du Reichsführer Heinrich Himmler.
Quelques mois après, autre «première» : ses camarades SS et lui-même sont vainqueurs des synagogues brûlées et des familles juives terrorisées, sur tout le territoire de l’Allemagne, lors de ce qu’ils nomment par dérision «la nuit de Cristal», le 9 novembre 1938.
Pendant que les Juifs passent à la nuit et au brouillard, Harrer est investi d’une mission par Hitler et Himmler en personnes : s’infiltrer au Tibet, en accord avec les ministres régents du dalaï-lama enfant, pour devenir précepteur de celui-ci. En pleine guerre d’agression contre la Chine de l'allié japonais des Nazis, il s’agit de conquérir Lhassa comme nœud stratégique sur l’axe Berlin-Tokyo.
2008 est l’anniversaire de la «reconnaissance» par Hitler en 1938 de la stratégie de morcellement de la Chine menée par le Japon. Autrement dit la Mandchourie occupée par l’envahisseur fasciste.
Heinrich Harrer a accompli sa mission de confiance hitlérienne, malgré la défaite militaire de1945, en la transformant en un logiciel pseudo «spirituel» installé dans des têtes affamées de servitude.
Son rapport de mission, Sept ans au Tibet, était bourré de mensonges grossiers et de fascination pour le «Führerprinzip» impitoyable du théocratisme lamaïque.
Il a été transformé en film de propagande mondiale, en 1997, par le cinéaste français Jean-Jacques Annaud. Sept ans au Tibet, produit à Hollywood n’était qu’un «Bienvenue au nazi chez les Tibétains» avec dans le rôle du «gentil SS» un Brad Pitt aux cheveux très blonds, aux yeux très bleus, assorti de tout plein de beaux drapeaux à croix gammée.
A la mort de Harrer en 2006, et encore ces jours-ci, le dalaï-lama a diffusé de ce SS une apologie sans réserves : c’est-à-dire sans les mots «nuit de Cristal», «Himmler», «Hitler», «Juifs». Où qu’un SS ait été en mission, il était à Auschwitz. Il n’y a pas de «voie médiane» entre les Juifs martyrs dès 1938 et le champion nazi de 1938 encensé par le dalaï-lama en 2008.
L’«Océan de Sagesse» ne doit pas servir à noyer le poisson de la mémoire et de l’histoire : à relancer en contrebande le «Hitler connais pas» et «la Shoah détail de la Seconde Guerre mondiale». Le négationnisme n’est pas soluble dans les neiges éternelles. Le maître (spirituel) a eu ce maître (d’école). Il lui reste fidèle. Il y met son honneur. Sur le ceinturon des SS figurait la devise : «notre honneur est notre fidélité». Le dalaï-lama met, depuis soixante ans, son point d’honneur à ne pas parler de la mission au Tibet confiée en 1938 à son précepteur par Hitler et Himmler, ni des motifs mystiques, racistes et stratégiques de cette mission.
Il pourrait invoquer son enfance, regretter d’avoir été manipulé par un plan des nazis et de leurs alliés japonais : ceux qui violaient Paris, Oradour, Tulle ; ceux qui violaient Nankin. Au lieu de cela, il traite la destruction des Juifs d’Europe de rétribution, forcément juste, de fautes antérieures : il jette la Shoah à la poubelle du «karma». Et il ne cesse de ressasser son remerciement à un SS d’avoir été son «initiateur à l’Occident et la modernité» .
En acceptant ce discours, des Occidentaux et des modernes se font citoyens du déshonneur.
Nicolas Barotte et François-Xavier Bourmaud Le Figaro
01/07/2008 | Mise à jour : 11:00 |