Histoire de la gauche caviar, Laurent Joffrin, Robert Laffont, Paris, 2006

Yin-Yang Maître (1990) Arnaud Montebourg

14 décembre 2016 : Non paiement de 80 000 euros de cotisations contesté
01 décembre 2016 : Candidat à la primaire socialiste. Bio du journal Le Monde.
06 novembre 2016 : L'échec de Hollande
08 mai 2015 : Jeanne d'Arc au Mont Beuvray, avec Aurélie, et les camarades suiveurs

06 juin 2015 : L'Habitat-Montebourg, avec le banquier Pigasse de Lazard, versus le banquier Macron de Rothschild, une querelle financière ?
19 mars 2015 : Vice-président d'Habitat pour innover

02 novembre 2014 : 34.500 euros pour former en quatre semaines un ancien ministre socialiste de l'Economie en "directeur d'entreprise", le comble du socialisme participatif redrestiviste ?
04-05 octobre 2014 : Un retour tonitruant, taclé par Cambadélis
25 août 2014 : Retour au pays pour labourer 2017
Février 2014 : Plainte officielle à propos de sa nouvelle maîtresse de la gauche caviar (Redressement Productif, ou bien ...)

Mai 2013 : Les libéraux mondialistes américains, et leurs sujets français, critiquent la défense nationale d'Arnaud contre l'attaque impériale de la cosmo-américaine Mayer-Yahoo ; Arnaud Pulvarisé par son ancienne maîtresse ...

Décembre 2012 : Abandonné par sa concubine, Hollande et les medias ; "condamné" par la justice républicaine pour avoir "fustigé" la mafia rose de Marseille
Août 2012 : Arnaud met en cause Pierre, qui se défend d'avoir favoriser la banque Lazard
Mai 2012 : Premier gouvernement Ayrault, ministre du Redressement Productif (et non pas, comme dit scandaleusement par certains, du "Dressement Reproductif", ou encore plus scandaleux "ministre DSK" ; condamné pour injures à des PDG, mais maintenu en fonction, car selon les services du Premier Ministre Ayrault, injurier des patrons n'est pas contraire aux "valeurs de la République".
Février 2012 : Arnaud veut "changer le monde"

Décembre 2011 : Comme Marine Le Pen Montebourg fait-il de la germanophobie ? Versus Jack Lang dans l'affaire du financement PS du Pas-de-Calais ; Jack dit qu'il attaque, en diffamation (?); la concub. not. s'implique ferme dans le serv. pub. soc. contre l'UMP Wauquiez et l'"humoriste" socialiste Guillon ;
Octobre 2011 : Des "caravaniers" de qualité et d'ultra-gauche ? ; 17% pour faire chanter les impétrants ; ralliement personnel à François Hollande pour futur renvoi d'ascenseur ; une bière marocaine ?
Mars 2011 : Martine Aubry serait "la Dame des Guerini" ; protestations de Moscovici (notamment)

Novembre 2010 : Candidats pour la présidentielle de 2012
Septembre 2010 : Arnaud cogne sur TF1
Août 2010 : Maître Montebourg fait la leçon au Maître "raciste" Sarkozy, petit-fils du docteur Mallah ; et fustige Nadine Morano qui s'en prend aux Roms qui utilisent des mineurs pour leurs actes délictueux
Juin 2010 : Arnaud veut la mort politique d'Eric Woerth, ministre du travail en charge de la réforme des retraites ... ; Eva Joly confirme
Mars 2010 : Maître Montebourg prend la défense de l'Amérique d'Obama versus Sarkozy

Février 2009 : Versus Fouquet, Pérol (ancien banquier de chez Rothschild, secrétaire général adjoint de l'Elysée, portrait) et donc Sarkozy, qui choisit Pérol comme patron des banques mutualistes fusionnées Caisses d'Epargne/Banques Populaires ; le "créateur" de Natixis (2,8 milliards de pertes) contre-attaque

Décembre 2008 : Membre du staff de Martine Aubry
Mars 2008 : Président du conseil général de Saône-et-Loire

Août 2007 : Arnaud rénove ... la fête
Juin 2007 : Législatives, élu au deuxième tour (50, 34 %)
Mars 2007 : Ségolène prône la VIème République d'Arnaud
Février 2007 : Dès son retour à la parole Maître Montebourg attaque Total
Janvier 2007 : L'échec sécuritaire de Nicolas Sarkozy ; contre le paradis fiscal suisse ; suspendu un mois ;

Août 2006 : Maître Montebourg reçoit royalement Maître Royal ; qui le nomme "porte-parole" ; qui, aussitôt, attaque les éléphants ;
Juillet 2006 : Maître Montebourg renonce , et préfère Ségolène
Mai 2006 : L'anti-Sarkozy réunit son courant ... pour une candidature à la candidature présidentielle ?
Avril 2006 : Démocratie populaire contre démocratie représentative. Victoire des gauches syndicales et partisanes contre le CPE de Dominique de Villepin. Montebourg toujours pour une VIème République ... qui ne serait pas un retour à la IVème ...

Décembre 2005 : Chirac devra rendre des comptes ...
Novembre 2005 : Congrès du Mans : 1/4 du PS, pour le Nouveau Parti Socialiste, pour l'instant ; mais victoire de Peillon : la VIème République attendra ... peut-être
Juin 2005 : Présidentiable potentiel, Montebourg attaque Sarkosy

Août 2004 : Montebourg soutient Lang ... et réciproquement ... (???)
Mai 2004 : Contre la guerre des chefs ...
Avril 2004 : Pour la Turquie dans l'Europe
Janvier 2004 : Contre les réseaux locaux

Septembre 2003 : Arnaud Montebourg menaçé de mort
Mai 2003 : Montebourg apprend la modestie. Le "traître" Dray a fait "le bon choix"
Février 2003 : Julien Dray excommunié
Montebourg séduit la base et irrite la cime
Chirac encore attaqué ... indirectement.

Décembre 2002 : Le député Montebourg attaqué par le sénateur Charasse
Octobre 2002 : le Nouveau Parti Socialiste de Montebourg à la Sorbonne
A propos de Noëlle Lenoir : la récompense
Juin 2002 : Maître Montebourg est élu député contre l'avocat du président Chirac
Mai 2002 : Arnaud Montebourg, qui a fait voter Chirac au deuxième tour de la présidentielle :
"Le Président est un quasi-délinquant"

Un projet imbécile ? La VIème République de Montebourg
Pour une nouvelle constitution, par PAR MARION PAOLETTI

Le site de Montebourg
Chirac n'est pas au-dessus des lois
Le député publie son «réquisitoire» contre Chirac
La proposition de résolution du député Arnaud Montebourg
Les signataires
L'abandon de la proposition Montebourg après l'arrêt de la cour de cassation du 10 octobre 2001

Le député socialiste Me Arnaud Montebourg, dans son livre La Machine à trahir, rapport sur le délabrement de nos institutions, Denoël, Paris 2000, propose de mettre en accusation le président Jacques Chirac devant la Haute cour de Justice, pour les infractions liées au financement illégal du RPR lorsqu'il était maire de Paris.
Selon Me Montebourg la phrase par laquelle le Conseil constitutionnel a, le 22 janvier 1999, affirmé que le président de la République bénéficiait d'un privilège de juridiction :"pendant la durée de ses fonctions, sa responsabilité pénale ne peut être mise en cause que devant la Haute Cour de justice", a été ajoutée délibérément par Me Roland Dumas :"Par une sorte de forfaiture, la phrase n'a été ni délibérée ni approuvée par le Conseil. Et nous en avons davantage que la certutude. J'en ai eu le récit par des témoins indirects de cette scène restée secrète".
Selon le député socialiste :"Le pacte de soutien mutuel et secret entre Jacques Chirac et Roland Dumas était né bien auparavant, en 1995, au moment de la validation des comptes de campagne du candidat Chirac par le Conseil constitutionnel, statuant comme juge électoral de la campagne présidentielle" (un compte validé à 119 959 188 francs pour un maximum autorisé de 120 000 000 francs).

Le député socialiste s'en prend, par ailleurs, à M. Jean-François Burgelin, procureur général près la Cour de cassation, dont sont bien connus "ses états de service militants auprès des proches amis de l'actuel président de la République".
Il s'en prend également à M. Alexandre Benmakhlouf, procureur général auprès de la Cour d'appel de Paris, qui fut directeur de cabinet de M. Jacques Toubon, ministre rpr de la Justice, et conseiller juridique de M. Jacques Chirac à la mairie de Paris :"Ce procureur général est ainsi directement intéressé au non-aboutissement de ce dossier dans lequel on pourrait lui découvrir un rôle". Le Monde, Bonnes feuilles, Un président en enfer par Arnaud Montebourg, 31 octobre 2000, p. 1 et 17.

M. Jean-Louis Debré, ancien magistrat, ancien ministre de l'Intérieur, président du groupe RPR à l'Assemblée nationale, réagit fermement, affirmant que Me Montebourg "injurie la justice, calomnie certains magistrats, s'en prend violemment au Conseil constitutionnel, et va même jusqu'à contester le principe même de l'élection par les Français du président de la République". Il demande au premier ministre socialiste, M. Lionel Jospin, de réagir "impérativement et rapidement".
M. Jean-François Burgelin, procureur général près la Cour de cassation, et M. Alexandre Benmaklouf, procureur général de Paris, demandent à la ministre socialiste de la Justice, Mme Marylise Lebranchu, de prendre position sur les propos du député socialiste, qu'ils estiment "de nature à porter atteinte à l'honneur de leur fonction". Le Monde, Le livre du député Arnaud Montebourg suscite une polémique, 5/6 novembre 2000, p. 10.

Le doyen Georges Vedel, monument du droit public en France, ancien membre du Conseil constitutionnel, défend vertement, malgré son grand âge, l'institution républicaine dans son article au Monde du 21 novembre 2000, p. 1-18, "Le sale plaisir de salir le Conseil constitutionnel". Après une description merveilleuse de la vénérable institution, l'éminent juriste républicain attaque, bille en tête, l'affreux député socialiste :"Rien d'aussi méprisable et d'aussi dangereux que ces grands désespoirs oratoires dénonçant l'invasion irrésistible des coquins et des méchants".

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« Une corruption stupéfiante… », Le Parisien dimanche, 21 janvier 2001, p. 5, Dominique de Montvalon.

QU'A-T-IL RETENU de la semaine écoulée ? Chaque semaine, « le Parisien Dimanche » donne la parole à une personnalité. Aujourd'hui : l'avocat Arnaud Montebourg, député PS de la 6 e circonscription de Saône-et-Loire, et auteur de « la Machine à trahir » (Denoël).

Combien, à ce jour, avez-vous vendu d'exemplaires de votre livre ?
Arnaud Montebourg. J'en ai vendu 50 000. Et je suis invité à ce titre dans toute la France, y compris par des citoyens engagés à droite. Car la République appartient à tout le monde. Et sûrement pas au seul PS.

Vous souhaitez le passage du chef de l'Etat en Haute Cour pour qu'il s'explique sur ce qu'il a fait ou couvert quand il était maire de Paris et président du RPR…
Beaucoup d'amis députés me disent : « Arnaud, tu as raison, mais on ne peut pas le dire ! » Beaucoup de Français, eux, m'interrogent : « Pourquoi êtes-vous le seul à le dire ? »

On dit que Matignon vous trouve dérangeant…

J'ai envoyé mon livre au Premier ministre, avec cette dédicace : « A Lionel Jospin, en hommage à son travail et à son action, avec l'espoir qu'il sera celui qui démantèlera cette machine à trahir qui nous a tant coûté ».

Il vous a répondu ?
Non.

« Le juge Courroye ne doit pas s'arrêter à des mots »

Comprenez-vous l'actuelle colère des juges ?
Non. Car les juges n'ont jamais été aussi bien traités et considérés que depuis 1997. Pensez qu'il y avait cette année-là, en France, le même nombre de juges que sous le Second Empire, en 1857, pour le double de population ! En quatre ans, des centaines de juges ont été recrutés. Six pôles financiers ont été créés. Je suis rapporteur d'une mission anti-blanchiment. Et chaque fois que le travail ou l'indépendance des juges ont été attaqués, comme cela a été le cas avec M m e Joly (Elf), M. Halphen (HLM de Paris), MM. Riberolles et Brisset-Foucauld (marchés des lycées d'Ile-de-France) ou encore M. Courroye (« Angolagate »), nous les avons invariablement soutenus.

Donc, les juges sont ingrats ?
Ils auraient mieux fait de se mettre en grève contre Jacques Toubon qui a abandonné la justice, et qui donnait des coups de trique aux juges les plus indociles.

Que vous inspire l'affaire Jean-Christophe Mitterrand, soupçonné de trafic d'armes avec l'Angola ?
L'« Angolagate » est le produit direct de ce fameux « domaine réservé » de l'Elysée, auquel François Mitterrand s'était rallié alors qu'il le combattait à juste titre dans l'opposition. Une diplomatie occulte, qui évolue sans aucun contrôle et dans laquelle fructifient népotisme et affairisme. Il est grand temps de refonder la République.

Jean-Christophe Mitterrand reproche au juge Courroye de « suer la haine »…
Comment reprocher à quelqu'un d'utiliser tous les moyens, y compris les plus déloyaux, pour se défendre ? Je préfère dire au juge Courroye qu'il ne doit pas se laisser détourner de sa route par de simples mots de justiciable. Il doit mettre au jour les infractions si elles existent, et les faire poursuivre.

Dans l'affaire des marchés truqués d'Ile-de-France, des socialistes semblent compromis (presque) autant que des RPR…
Si certains socialistes ont commis cette injure à notre cause consistant à passer des accords avec la droite pour se partager des commissions, qu'ils ne comptent pas sur moi pour avoir vis-à-vis d'eux un autre langage que celui que je tiens vis-à-vis de la droite affairiste.

Diriez-vous que la France de 2001 est très corrompue ?
Grâce à la politique de non-intervention d'Elisabeth Guigou, les affaires sortent parce qu'elles peuvent enfin suivre leur cours normal. Du coup, nous découvrons avec stupeur l'ampleur de la corruption. Les chiffres sont parlants. L'affaire Urba qui a précipité le PS en enfer en 1993, c'était 25 millions de francs d'argent illégal. L'affaire de l'Office des HLM de Paris, dirigé par Jacques Chirac puis Jean Tiberi, bref ce qui correspond à la cassette Méry, c'est 400 millions de francs. Le dossier des marchés des lycées d'Ile-de-France, c'est 600 millions de francs. Les emplois fictifs du RPR, c'est 40 millions de francs. Additionnez : en dix ans, cela fait un milliard d'argent détourné. J'ajoute que, pendant la même période, un tiers des présidents de conseils généraux et un quart des présidents de conseils régionaux ont fait l'objet de poursuites pour « malversations financières ».

« Pierre Joxe est un homme d'Etat . Il a toujours donné la priorité à l'intérêt général »
On dit que votre ami Pierre Joxe pourrait très bientôt devenir membre du Conseil constitutionnel…
C'est un homme d'Etat. Il a toujours donné la priorité à l'intérêt général. Président de la Cour des comptes, il aura marqué cette institution par son volontarisme.

Comprenez-vous que Robert Badinter demande la grâce de Maurice Papon parce qu'il a 90 ans ?

J'admire l'oeuvre de Robert Badinter. Cela dit, commis d'office, j'ai été l'avocat de Christian Didier, l'assassin de René Bousquet, qui fut le chef de la police de Vichy. Condamné à dix ans de réclusion criminelle, Didier en a fait sept, soit plus que Papon, Touvier et Bousquet réunis, tous les trois condamnés pour « crimes contre l'humanité ». La différence : eux ont été des hommes « protégés ». J'ajoute que M. Papon ne serait pas en prison à son âge s'il avait accepté plus tôt de répondre de ses actes. J'ai donc du mal à considérer comme une anomalie le fait qu'il soit aujourd'hui entre quatre murs.

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1 mars 2001. Montebourg ne lâche pas prise.
Le très médiatique député PS de Saône-et-Loire, Arnaud Montebourg, a tenu sa promesse, annonce Le Monde. Il demande, en effet, au procureur de Nanterre, Yves Bot, « la communication de deux pièces relatives à l'enquête sur le financement du RPR, dans laquelle des indices" ont été relevés contre Jacques Chirac ». Muni de ces pièces, il entend rédiger une « résolution de mise en accusation » qui pourrait être soumise au vote de l'Assemblée nationale, engageant ainsi « une procédure qui pourrait conduire à la mise en accusation du président de la République devant la Haute Cour de justice ».
Le Monde rappelle les faits, ou comment on en est arrivé là : après avoir reçu des rapports de policiers soulignant « les responsabilités' des dirigeants du RPR et de la Mairie de Paris dans le système frauduleux mis en place », le juge Desmure avait, le 15 avril 1999, « explicitement relevé des indices" contre M. Chirac susceptibles d'entraîner sa mise en cause; mais il avait, en même temps, estimé que des poursuites contre le chef de l'État ne pouvaient être entreprises par un simple juge d'instruction. Dès ce moment, le procureur de Nanterre avait invoqué, dans ses réquisitions, la compétence de la Haute Cour », la juridiction composée de parlementaires des deux chambres, apte à juger un chef de l'État en exercice selon le Conseil constitutionnel.
Mais, coup de théâtre juridique un an plus tard : « l'arrêt de la cour d'appel de Versailles [crée] une situation de blocage en interdisant le dessaisissement du juge, tout en réaffirmant son incapacité à enquêter sur des faits visant le président ».
Devant le refus d'Élisabeth Guigou, alors garde des sceaux, et du procureur général près la Cour de cassation d'autoriser le procureur de Nanterre à saisir « la Cour de cassation pour que le litige puisse enfin être tranché [...] le sort judiciaire de M. Chirac est resté en suspens ».
Tout risque de basculer aujourd'hui car « la lettre de M. Montebourg invite M. Bot à trancher par lui-même ».

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Le député publie son «réquisitoire» contre Chirac. Montebourg persiste, 30 députés signent
Le renvoi du Président devant la justice en débat, ARMELLE THORAVAL, Libération, 22 mai 2001,

Si l'entêtement est une vertu politique, Arnaud Montebourg la possède. En lançant hier son projet de mise en accusation du président de la République - avec force préparation, coup éditorial à la clé et stratégie d'encerclement des députés par les citoyens -, le député de Saône-et-Loire va jusqu'au bout d'une démarche dont l'origine date de plus de deux ans. En 1999 déjà, avec quatre députés, et conseillé par deux avocats, il réfléchissait à une réponse juridique face à la mise en cause de Chirac dans les affaires du RPR. La chose n'était pas mûre, et les rangs du PS plus hostiles encore qu'ils ne le sont aujourd'hui. Approche de la présidentielle, prise de position des juges, qui tour à tour se sont déclarés incompétents ; urgence politique d'un côté, impasse judiciaire de l'autre : il s'est lancé avec un sens du marketing assez avéré. En soi, c'est un coup de force institutionnel et une première politique.

Hier, dans la plupart des journaux et médias a été distribué son opuscule de 94 pages, imprimé fissa chez Denoël, alors que la rédaction en a été achevée au milieu du mois. Pas cher, 39 francs, dans toutes les librairies, l'ouvrage, aux mains du plus grand nombre (d'électeurs, de citoyens) permettra de sortir le débat sur l'envoi en Haute Cour de Jacques Chirac du cercle des initiés et des parlementaires, frileux dès qu'il s'agit de s'attaquer au chef de l'Etat. C'est du moins clairement ce qu'espère Arnaud Montebourg qui affiche la signature de 29 députés à ses côtés, au bas de ce projet de proposition de résolution «tendant au renvoi de monsieur Jacques Chirac occupant les fonctions de président de la République, devant la commission d'instruction de la Haute Cour de justice». Et qu'on ne vienne pas le chercher sur les droits d'auteur. C'est ficelé : la moitié pour les restos du cœur, la moitié pour son mouvement C6R (Convention pour la VIe République).

Trente députés, ce n'est pas assez. Pour que l'Assemblée nationale entame l'examen d'une mise en accusation de Jacques Chirac, il lui faudrait 58 signatures avec, si possible, quelques noms à droite - fût-elle molle. Afin que cet assaut n'apparaisse pas comme un combat politicien acharné contre Chirac mais comme un débat sur l'«impunité» traversant l'hémicycle. C'est ce qui motive la députée PS du Tarn Monique Collange, ou encore Claudine Ledoux, députée PS des Ardennes, qui ne voit pas comment répondre aux «jeunes qui mettent le feu à un immeuble» si la justice ne fait pas correctement son métier au sommet de l'Etat. C'est ce qui convainc Noël Mamère - qui n'en est pas à sa première offensive contre Chirac : le député vert reprenait hier l'argumentation du livre de Montebourg sur ces pays comme le Pérou ou les Philippines (sous-entendu, des pays sous-développés) où l'on sait mettre en cause un chef de l'Etat. Pour autant, malgré ses efforts, Montebourg n'a pas rallié davantage de parlementaires à sa cause.

Alors restait ce qu'on pourrait appeler la tactique des marchés et du terrain, l'espoir que les électeurs, après la lecture de l'ouvrage et convaincus que l'immunité de Chirac est un «déni de justice», viendront harceler leurs représentants pour qu'ils prennent position. C'est ce que le jeune député baptise «démocratie participative». Au sein des trente, l'on trouve peu de têtes d'affiche, à l'exception des verts Noël Mamère et Yves Cochet, d'Yvette Roudy, ex-secrétaire d'Etat aux Droits des femmes, ou encore de Jean-Pierre Michel.

Croisade.
La pression des électeurs permettra-t-elle d'obtenir des députés et sénateurs, moteurs d'une telle procédure ? Rares sont les élus qui parient Montebourg gagnant. Les obstacles de procédure sont nombreux. La majorité du PS y est opposée. Vincent Peillon, allié naturel de Montebourg au sein de la mission sur les paradis fiscaux et devenu porte-parole du PS, a rappelé hier la ligne : la «croisade» de Montebourg «n'est pas aujourd'hui la bonne solution». Se lancer dans cette affaire «apparaîtrait comme une démarche tactique, politicienne».

«Caniveau».
A droite ce sont des hurlements : Jean-François Mattei, au nom du groupe DL, regrettait que la gauche «ait choisi le caniveau», jugeant cette opération «ignoble». Au nom du RPR, le député Patrick Devedjian, ne s'y laisse pas prendre: «C'est d'une grande duplicité de la part du PS et de Jospin, que de feindre d'être étranger à cette affaire. ils sont derrière Montebourg, qui trompe son monde.» Faux-jeton ou pas, le coup de Montebourg va occuper le débat public. Encore ne s'est-il centré dans son projet que sur deux dossiers menaçant le chef de l'Etat - les plus clairs : celui des HLM de Paris et celui des emplois fictifs du RPR, instruit à Nanterre. Il ne s'est pas occupé du dossier d'instruction parisien sur les emplois fictifs - avec son vivier d'emplois pour les amis, ni du dossier de la rénovation des lycées en Ile-de-France, où il apparaît que les consignes de trucage des marchés auraient été données depuis le cabinet du maire de Paris, celui de Jacques Chirac. D'autres perspectives restent ouvertes.

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La proposition de résolution du député Arnaud Montebourg

Article unique
Vu les articles 67 et 68 de la Constitution,
vu l'ordonnance n°59-1 du 2 janvier 1959 portant loi organique sur la Haute Cour de justice,
vu les articles de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen,
vu le code de procédure pénale,
vu le code pénal, en ses articles 321-1, 432-12, 433-1 et 433-2 et la loi du 24 juillet 1966 en son article 437,
vu le règlement des Assemblées parlementaires. Monsieur Jacques Chirac, né le 29 novembre 1932 à Paris (Ve), occupant les fonctions de président de la République, et au moment des faits député de la Corrèze et maire de Paris, est renvoyé devant la commission d'instruction de la Haute Cour de justice pour répondre des faits qui sont visés par l'ordonnance d'incompétence du juge d'instruction de Nanterre en date du 15 avril 1999, et par l'ordonnance d'incompétence du juge d'instruction de Créteil en date du 25 avril 2001, sommairement énoncés ci-après.

Enoncé sommaire des faits:
Des investigations menées par l'autorité judiciaire ont fait apparaître que plusieurs dizaines d'employés travaillant au siège du mouvement Rassemblement pour la République avaient été rémunérés fictivement par des entreprises privées pendant de nombreuses années. Il apparaissait également que de nombreux employés du RPR, dont des cadres supérieurs proches du secrétaire général et du président de l'époque, monsieur Jacques Chirac, avaient été directement rémunérés par la Mairie de Paris.
L'examen contradictoire des indices, charges et documents probants saisis au cours de l'enquête permettait d'établir que le total du produit des infractions de recel d'abus de bien sociaux et de prise illégale d'intérêt, s'élevait à la somme de 26 263 350 francs.
Il apparaissait ainsi que le maire de Paris et président du RPR de l'époque, monsieur Jacques Chirac, avait eu connaissance et également participé au fonctionnement de ce système délictueux, se caractérisant par son ancienneté, sa persistance dans le temps, ainsi que son caractère structurel, au vu du nombre de personnes physiques et entités morales impliquées.
Le rôle et la responsabilité de monsieur Jacques Chirac dans la commission des infractions pénales poursuivies par le juge d'instruction de Nanterre paraissaient établis dans les termes suivants:
«Attendu que le nombre des personnes concernées au regard de l'effectif déclaré des salariés du RPR, les fonctions que certaines d'entre elles exerçaient dans l'entourage immédiat du secrétaire général ou du président de ce parti, ainsi que les documents saisis, dont certains semblent être signés ou annotés de la main de monsieur Chirac, font peser à l'encontre de ce dernier en l'état du dossier les indices d'avoir participé au fait de prise illégale d'intérêt et de recel d'abus de biens sociaux dont nous sommes saisis.»
D'autres investigations menées par un juge d'instruction de Créteil ont mis au jour des faits de trafic d'influence sur le système d'appels d'offres des marchés publics conclus par l'Office public d'aménagement et de construction de la Ville de Paris, à une époque où monsieur Jacques Chirac était maire de cette ville. Après avoir rappelé que, d'après des témoignages concordants, il régnait au sein de l'Opac un «favoritisme organisé», et que pour obtenir des marchés de nombreux entrepreneurs aujourd'hui mis en examen devaient remettre «des espèces au cabinet du maire de Paris» ainsi qu'au parti politique «RPR», dont monsieur Jacques Chirac était le président, et que selon l'enquête la plupart des décisions financières de l'Opac «se prenaient en Corrèze en liaison avec monsieur Jacques Chirac», le juge d'instruction rendait une ordonnance constatant qu'étaient apparus dans ce dossier «des indices rendant vraisemblable que Jacques Chirac ait pu participer comme auteur ou complice à la commission des infractions dont nous sommes saisis», c'est-à-dire recel d'abus de biens sociaux, infraction à la législation sur la facturation, faux et usage de faux, et trafic d'influence.

Conclusion
Il importe dans ces conditions que la commission d'instruction prévue par l'ordonnance n° 59-1 du 2 janvier 1959 portant loi organique sur la Haute Cour de justice procède à tous les actes qu'elle jugera utiles à la manifestation de la vérité et ordonne, s'il y a lieu, le renvoi de monsieur Jacques Chirac, maire de Paris et député de la Corrèze au moment des faits, occupant actuellement les fonctions de président de la République, devant la Haute Cour de justice pour l'ensemble des faits ci-dessus sommairement énoncés, afin qu'il soit jugé si ceux-ci constituent ou non les infractions pénales visées aux articles 321-1, 432-12, 433-1 et 433-2, du nouveau code pénal, ainsi qu'à l'article 437 de la loi du 24 juillet 1966.
Les agissements de monsieur Jacques Chirac sont susceptibles d'être qualifiés de:
- prise illégale d'intérêt,
- recel d'abus de bien sociaux,
- trafic d'influence,
et ce, en qualité d'auteur ou de complice.
Ces faits sont réprimés par les articles 321-1, 432-12, 433-1 et 433-2 du nouveau code pénal, ainsi que par l'article 437 de la loi du 24 juillet 1966.

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Des premiers mandats et des francs-tireurs, 4 Verts, 19 PS, 4 radicaux, 2 PCF et un MDC ont signé le texte. Par DIDIER HASSOUX, Libération, Le mardi 22 mai 2001, p. 4

C'est la génération Montebourg. Ils sont 29 députés, décidés, comme le député de Saône-et-Loire les y invite, à voter le renvoi du président de la République «devant la commission d'instruction de la Haute Cour de justice». Une génération, mais pas une bande. «Ce ne sont pas des copains mais des collègues», précise Arnaud Montebourg. Une grande majorité de ces derniers sont arrivés au Palais-Bourbon en 1997. C'est naturellement le cas des quatre Verts signataires sur cinq députés: Marie-Hélène Aubert (Eure-et-Loir), Yves Cochet (Val-d'Oise), Noël Mamère (Gironde) et Jean-Michel Marchand (Maine-et-Loire). Ils se souviennent également que Me Montebourg a été, en 1996, l'avocat de leur parti dans l'affaire des marchés publics d'Ile-de-France.

Chez les socialistes (1), aussi, la plupart des députés signataires - hormis Yvette Roudy qui n'a plus rien à perdre après avoir été battue aux municipales de Lisieux - finissent leur premier mandat. Peu cumulards, ils sont surtout des francs-tireurs, des personnalités peu intéressées par une «carrière» politique, participant de loin à la vie de leur parti. Avant d'être de la génération Montebourg, ils appartenaient à celle de Jospin. L'un d'eux se souvient avoir «été élu notamment sur l'histoire du devoir d'inventaire. Il me semblait nécessaire de rompre tant avec la période Mitterrand qu'avec les affaires Chirac». Tous ceux-là sont, selon Arnaud Montebourg, les plus «courageux». Parce que, assure-t-il, «ils ont su résister aux pressions du parti». Pour François Hollande, premier secrétaire du PS, Montebourg n'a pas «la bonne démarche»: «Je peux comprendre la frustration d'un certain nombre de parlementaires devant un risque de déni de justice. Mais est-ce que la procédure de la Haute cour est la bonne?» Ni le PRG, ni le PCF, ni le MDC n'ont donné de consignes à leurs députés. Chez les radicaux, on dénombre quatre signataires dont trois «nouveaux» : Paul Dhaille (Seine-Maritime, ex-PS), Jean Pontier (Ardèche) et Chantal Robin-Rodrigo (Hautes-Pyrénées). Et un «ancien», Jean Rigal (Aveyron). AU PC, ils sont deux. Un élu de 1993 et un de 1997 : André Gerin (Rhône) et Patrice Carvalho (Oise). Enfin, un seul député chevènementiste a signé la résolution Montebourg. Il s'agit de Jean-Pierre Michel. Un ancien magistrat.

(1) Stéphane Alaize (Ardèche), Jean-Pierre Blazy (Val-d'Oise), Marcel Cabiddu (Pas-de-Calais), Jean Codognès (Pyrénées-Orientales), Monique Collange (Tarn), Dominique Dupilet (Pas-de-Calais), Roland Garrigues (Tarn-et-Garonne), Jérôme Lambert (Charente), Jean Launay (Lot), Gilbert Le Bris (Finistère), Claudine Ledoux (Ardennes), René Mangin (Meurthe-et-Moselle), Philippe Nauche (Corrèze), Geneviève Perrin-Gaillard (Deux-Sèvres), Catherine Picard (Eure), Marie-Line Reynaud (Charente) et Michèle Rivasi (Drôme, app. PS).

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Le député Arnaud Montebourg retire sa proposition

Arnaud Montebourg et Jean Codognès, respectivement députés (PS) de Saône-et-Loire et des Pyrénées-Orientales, à l'origine des propositions visant à saisir la Haute Cour de justice, ont estimé, mercredi, dans une déclaration commune, que "la cour de cassation, par un arrêt d'une indépendance qu'il faut saluer, -venait- de dire que le président de la république -devait- être traité comme tout citoyen ordinaire et comme tous les français". "elle a déclaré que les tribunaux répressifs de droit commun s'appliquaient aux graves infractions reprochées à jacques chirac. nous nous réjouissons de cette victoire juridique et politique contre l'immunité et l'impunité (...). Les 35 députés signataires de la proposition de résolution tendant au renvoi du président de la République devant la Haute Cour n'auront pas œuvré en vain (...). Jacques Chirac sait que, dans quelques mois, il a rendez-vous avec cinq juges d'instruction dans trois affaires mettant en cause sa probité personnelle. Nous retirons notre proposition de résolution, devenue aujourd'hui sans utilité. La République s'en remettra aux électeurs, qui auront la lourde charge de conserver dans l'impunité ou d'envoyer au Palais de justice, au mois de mai 2000, le président de la République".

M. Codognès : "Un ballon d'oxygène dans cette noyade programmée" *
Un entretien avec Jean Codognès, député socialiste

"La Cour de cassation, dans un arrêt de principe, a décidé que le chef de l'Etat ne pouvait être poursuivi devant une juridiction pénale de droit commun pendant l'exercice de son mandat. Est-ce une décision "équitable", comme le dit M. Devedjian (RPR) ?
– Les députés RPR se réjouissent parce que M. Chirac ne passera pas la semaine prochaine devant le tribunal correctionnel et donc ils ont l'impression d'avoir un ballon d'oxygène dans cette noyade programmée. Si M. Devedjian se félicite, c'est peut-être qu'il n'a pas tout à fait saisi que les comptes allaient être rendus un peu plus tard, dans quelques mois. La décision de la Cour de cassation est homogène et, sur le plan du droit, paraît fondée. Elle a été prise dans un esprit de grande indépendance.

La Cour de cassation dit que, contrairement à ce que le Conseil constitutionnel avait prononcé, ce n'est pas la Haute Cour qui est compétente mais les tribunaux de l'ordre judiciaire. C'est-à-dire que le président de la République est un citoyen comme les autres : il n'a pas de privilège de juridiction. C'est extrêmement satisfaisant. Ensuite, la Cour dit que, pendant la durée du mandat, le président de la République ne peut pas être poursuivi, parce qu'il bénéficie en quelque sorte d'une immunité de fonction. Mais elle ajoute - et c'est extrêmement important -, que la prescription est suspendue.

Le problème qui se posait, notamment pour l'ordonnance de M. Desmure qui avait été rendue en avril 1999, était de savoir si, à l'issue du mandat de Jacques Chirac, les faits n'étaient pas prescrits. Et là, la Cour de cassation fait œuvre novatrice puisqu'elle dit de façon très claire que, quand le mandat prendra fin, le titulaire de cette fonction pourra être poursuivi, comme tout citoyen et les procédures reprendront leur cours.

– Arnaud Montebourg et vous-même avez annoncé, à la suite de la décision de la Cour de cassation, que vous retiriez votre proposition de mise en accusation du président Jacques Chirac devant la Haute Cour…
– Nous avions déposé une motion parce que le président de la République, dans la logique de la décision du Conseil constitutionnel se trouvait sans juge. Il n'y avait personne pour le juger puisqu'il bénéficiait d'un privilège de juridiction. Nous tentions donc de saisir la Haute Cour car c'était la voie qu'avait tracée le Conseil constitutionnel. Sinon la décision du Conseil constitutionnel faisait échapper le président de la République à toute sanction. Et si l'on était resté dans la logique du Conseil constitutionnel, la prescription jouait.

– Et si M. Chirac est élu en 2002 ?
– Est-ce que ce n'est pas aussi renvoyer au jugement des Français une solution, car s'il est réélu, cet arrêt va faire qu'il ne sera poursuivi que cinq ans après. Mais c'est aussi mettre en débat les difficultés judiciaires du président de la République, et cela a aussi le mérite de faire réfléchir tous les citoyens sur les problèmes de morale en politique et sur la façon dont ils conçoivent la fonction présidentielle. Qui sait si ce n'est pas un piège pour le président beaucoup plus dur."
* lemonde.fr | 10.10.01 | 18h19, Propos recueillis par Constance Baudry

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Avec la "C6R", M. Montebourg veut rénover la République et changer le PS

La Convention pour la VIe République (C6R), issue d'un "appel à la rupture"avec la Ve République lancé au mois de mai par Arnaud Montebourg, tenait sa première assemblée générale samedi 8 décembre à Paris. LE DÉPUTÉ (PS) de Saône-et-Loire revendique aujourd'hui un millier d'adhérents. Il espère mettre sur pied "un groupe de pression" pour remplir "le vide laissé par tous les partis"et imposer une réforme en profondeur des institutions. DANS UN ENTRETIEN au Monde, M. Montebourg annonce qu'il transmettra aux candidats à l'élection présidentielle les propositions de la C6R, et que ses membres se positionneront en fonction de leurs réponses. CE PROJET prévoit notamment que le chef de l'Etat soit élu "par les deux Assemblées parlementaires réunies en congrès" et que l'ensemble du pouvoir exécutif revienne au premier ministre.

CE N'EST PAS la salle du Jeu de paume, mais la salle Colbert de l'Assemblée nationale : la Convention pour la VIe République (C6R) d'Arnaud Montebourg tenait sa première assemblée générale, samedi 8 décembre, dans un bâtiment annexe du Palais-Bourbon. Au mois de mai, le député (PS) de Saône-et-Loire lançait un "appel à la rupture" avec la Ve République. Aujourd'hui, la C6R revendique "près d'un millier" d'adhérents : des comités locaux ont été créés à Montpellier (Hérault), Grenoble (Isère), Lorient (Morbihan), Besançon (Doubs), Bordeaux (Gironde), ou encore en banlieue parisienne, dans l'Essonne. Samedi, les adhérents devaient voter une trentaine de propositions visant à fonder une "nouvelle République".

"Arnaud, tu lances ton parti ?", avait ironisé le président du groupe socialiste de l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault. Un pied dans le PS, qui l'a récemment inclus dans l'équipe de députés chargés de "riposter" à la droite (Le Monde du 15 novembre), un pied dehors, quand il critique le "vide" d'idées dans "tous les partis", M. Montebourg espère créer, à travers la C6R, un "groupe de pression" sur le modèle d'Attac. Il compte aussi ramener des abstentionnistes vers les urnes.

A l'heure où démarre la campagne du PS, le député continue de faire entendre sa petite musique... dissonante : la "Constitution de la VIe République" se lit comme le prolongement des initiatives qu'il a prises depuis son élection, en 1997, avec les fidèles François Colcombet (PS, Allier) et Jean Codognès (PS, Pyrénées-Orientales). En 1998, les "trois mousquetaires" avaient mené tambour battant la commission d'enquête sur les tribunaux de commerce, qui a débouché sur trois projets de loi - adoptés en première lecture au mois de mars. Huit mois plus tard, protestant contre l'"enterrement" de la réforme, ils ont lancé une pétition à l'Assemblée, recueillant les signatures de 102 députés de gauche. Résultat : le premier ministre s'est engagé à soumettre les projets de loi au Sénat, en janvier 2002, pour qu'ils puissent être adoptés avant la fin de la session.

Sur un autre front, celui de la lutte contre le blanchiment d'argent, M. Montebourg a parcouru l'Europe avec le député (PS, Somme) Vincent Peillon - porte-parole du PS -, dans le cadre d'une mission d'information parlementaire qui les a conduits à dénoncer l'inaction des autorités du Liechtenstein, de Monaco ou de Grande-Bretagne. A l'intérieur des frontières, le fondateur de la C6R a dénoncé d'autres "affaires": en novembre 1998, il avait été le premier élu à demander publiquement la démission de Roland Dumas, le président du Conseil constitutionnel, enlisé dans ses démêlés judiciaires. Beaucoup, au PS, lui en avaient voulu. Puis vint le tour de Jacques Chirac : se fondant sur la décision rendue par le Conseil constitutionnel, le 22 janvier 1999, qui interdisait de poursuivre un chef de l'Etat en exercice devant les tribunaux ordinaires, M. Montebourg rédigeait une "proposition de résolution" visant à faire comparaître le président devant la Haute Cour de justice. Lionel Jospin critiquait alors une démarche "solitaire".

Pourtant, sur les 58 signatures de députés nécessaires, M. Montebourg en collecta rapidement une trentaine - dont 20 élus du PS. M. Ayrault faisait alors voter, en juin, une proposition de loi constitutionnelle faisant du chef de l'Etat un justiciable ordinaire pour les faits commis en dehors de sa fonction ou avant son élection. La suite est connue : M. Montebourg a retiré sa proposition après l'arrêt de la Cour de cassation qui a affirmé, le 10 octobre, l'impossibilité de poursuivre le président durant son mandat. Il s'est en revanche attaqué, depuis, aux crédits de l'Elysée, qui ont augmenté de 406 % depuis l'élection de M. Chirac, en 1995, sans que le Parlement puisse contrôler ces dépenses. Une fois encore, le PS a grimacé. Mais une procédure de contrôle est désormais instaurée (Le Monde du 21 novembre).

La fronde contre M. Chirac va continuer au sein de la C6R. Un slogan est déjà prêt : "En 1995, il vous a fait manger des pommes. En 2002, vous lui apporterez des oranges !" Fin novembre, une campagne menée à Sciences-Po Paris a déclenché une polémique avec les jeunes RPR de l'établissement. Des affiches ont été placardées sur les murs de facultés parisiennes. Sur une d'elles, M. Chirac apparaît de profil, le menton relevé : "Liberté ? Egalité ? Impunité..."tranche la légende.

La C6R, c'est d'abord une affaire de copains : M. Montebourg s'est entouré d'un petit réseau d'universitaires et de "pros" de la communication. Guy Birenbaum, éditeur chez Denoël - où M. Montebourg a publié son livre, La Machine à trahir —, lui a présenté Bastien François, professeur de sciences-politiques à Paris-I, qui "a fourni le projet de Constitution". Certains autres gardent l'anonymat. Autour du noyau dur se sont greffés des gens d'horizons divers. Guy Beaujard, ancien militant de la SFIO, ingénieur des collectivités locales à la retraite, fustige "ces élus locaux, cumulards, qui se sentent investis d'une mission céleste et divine". A Lorient, Gaël Fleurent, "sympathisant" du PS, a installé son comité C6R dans les locaux de sa société de "plats cuisinés biologiques". "On prend le pouls de la population, on récupère des idées", explique-t-il. L'enjeu de la parité attire aussi de jeunes femmes, comme Magali Le François (PS), vingt-huit ans, élue dans le Calvados, sur les terres du député Louis Mexandeau (PS).

C'est en suivant à la télévision, le 14 juillet, l'explication -"insupportable", dit-il - de M. Chirac sur ses voyages payés en argent liquide que le conseiller régional (PS) de Languedoc-Roussillon Paul Alliès a décidé d'adhérer lui aussi. "La République a la tête à l'envers",explique l'historien Olivier Ihl : "Tout ce que le Parlement délaisse est repris par l'administration. Résultat : l'administration légifère et les députés font de la politique locale en circonscription." Le professeur d'économie Jacques Généreux déplore, lui, que "la politique [ait] tendance à fonctionner comme un marché, avec une compétition pour les bulletins de vote". Il y a même des "déçus de la droite" : "En 1995, j'ai voté Chirac, dit Edmée Finet, médecin retraitée à Frontignan (Hérault). Mais, là, c'est impensable." "Choquée" par "toutes ces affaires", elle a dit à M. Montebourg : "Vous ne me ferez pas voter Jospin ! Bayrou ? Il manque de charisme. Alors, on ne sait plus pour qui voter."
Cl. F., LE MONDE | 08.12.01 | 11h29

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Législatives 2002
«Le Président est un quasi-délinquant»
Arnaud Montebourg souhaite que la campagne traite aussi des affaires.

Le député de Saône-et-Loire, Arnaud Montebourg, fondateur de la Convention pour une VIe République, regrette que le Parti socialiste refuse de faire campagne sur les affaires et demande la démission de Renaud Donnedieu de Vabres, ministre délégué aux Affaires européennes, mis en examen (Libération d'hier).

Dans ces colonnes («Libération» des 11 et 12 mai), Eric Halphen reprochait à la gauche d'avoir laissé le champ libre, durant la campagne présidentielle, à l'extrême droite en délaissant celui de la moralité politique. Qu'en pensez-vous ?
Je partage totalement l'analyse d'Eric Halphen. Le fait que la gauche ait abandonné le combat de l'égalité devant la justice a offert ce thème sur un plateau à l'extrême droite. C'est une grave faute politique et stratégique de ne pas l'avoir fait. Je suis heureux d'avoir entendu, récemment, Jean Glavany, ancien directeur de campagne de Lionel Jospin, reconnaître que j'avais eu peut-être raison et que nous avions changé d'époque. Mieux vaut tard que jamais. Le plus difficile à comprendre pour moi a été l'échange entre Alain Duhamel et Lionel Jospin dans son livre le Temps de répondre (Ed. Stock). Le journaliste interroge le Premier ministre pour savoir ce qu'il pense de l'«affaire Montebourg» et s'il serait de mèche avec moi pour traduire le chef de l'Etat devant la Haute Cour de justice. Lionel Jospin répond alors : «Jacques Chirac est assez porté aux amalgames. Il m'a parfois donné son opinion à propos de Montebourg et de ses attaques. Mais je crois qu'il a été assez vite convaincu que j'étais étranger à ses prises de position.» Il aurait dû dire qu'il n'y avait pas d'«affaire Montebourg» mais au contraire «trois affaires Chirac» dont les Français attendaient le dénouement. Ils attendent toujours. Cette stratégie de l'étouffement des problèmes judiciaires du chef de l'Etat et de son clan s'était déjà révélée dans le discours du premier secrétaire du PS. François Hollande évoquait un «déni de justice» s'agissant de l'impunité du chef de l'Etat, mais refusait obstinément de le résoudre, en désavouant publiquement les députés de gauche qui avaient pris leur courage à deux mains pour lever une si scandaleuse impunité.

Jacques Chirac réélu, la gauche doit-elle axer sa campagne des législatives sur les affaires ?
Bien sûr, même si ce n'est pas exclusivement sur ce terrain qu'il faut livrer bataille. La gauche ne doit l'abandonner à personne. Nous ne devons surtout pas laisser ce monopole aux extrêmes d'inspiration fasciste. Le président de la République est un quasi-délinquant, visé par au moins trois instructions judiciaires. Des millions de francs ont été détournés dont le RPR a tiré profit. Il n'est pas possible de faire comme si on ne savait pas, et comme si on ne pouvait pas trouver un dénouement judiciaire. A moins de vouloir continuer à éloigner les citoyens de l'action politique.

Justement, votre tentative de déférer Jacques Chirac devant la Haute Cour de justice a échoué, faute de combattants. Dans le cas où vous seriez réélu à l'Assemblée nationale (1), allez-vous réessayer ?
Il faudra bien que cette question soit résolue. Finalement, nous sommes copropriétaires de son élection, puisqu'il a été élu avec nos voix. Nous avons des droits sur son statut comme nous avons des devoirs vis-à-vis de l'idée que nous nous faisons de la République.

Renaud Donnedieu de Vabres, nommé ministre délégué aux Affaires européennes (lire ci-contre), est mis en examen dans une affaire de blanchiment.
C'est une première. Dans l'histoire de la République, ce n'était jamais arrivé. Jusqu'à présent, les ministres mis en examen au cours de leur mandat avaient l'obligation morale ou parfois la sagesse politique de démissionner. Cette fois, malgré sa mise en examen pour des faits graves, un élu est promu ministre. C'est un comble. Les limites de la moralité publique sont largement dépassées. Je demande solennellement la démission du ministre délégué aux Affaires européennes. Dans le cas contraire, c'est au Premier ministre de prendre ses dispositions. Ce gouvernement nommé par un président triplement soupçonné vient d'instaurer la prime à la casserole. Ils devront en payer le prix dans les urnes, tôt ou tard. Mais je crains qu'il n'y ait, une nouvelle fois, qu'un seul bénéficiaire : Jean-Marie Le Pen.
(1) Arnaud Montebourg affronte Francis Szpiner, avocat du RPR, dans la sixième circonscription de Saône-et-Loire.
Par Didier HASSOUX, jeudi 16 mai 2002, Libération, p. 16

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Arnaud Montebourg s'impose face au conseiller juridique de M. Chirac

Candidat dans la 6e circonscription de Saône-et-Loire (Louhans), le député socialiste Arnaud Montebourg a été reconduit à l'Assemblée nationale avec 55,43 % des suffrages au second tour. Il obtient ainsi 5 326 voix de plus que son adversaire, Francis Szpiner (UMP), un proche de Jacques Chirac qui, depuis 1995, dispense ses conseils à l'Elysée face aux affaires judiciaires. M. Montebourg, élu pour la première fois en 1997, est le seul député de gauche, avec Didier Mathus (PS), à résister à la vague bleue en Saône-et-Loire, où la gauche a perdu deux sièges.

Dans ce duel d'avocats, chacun possédait ses lettres de noblesse. Fondateur de la Convention pour la VIe République (C6R), Arnaud Montebourg s'est fait connaître par son projet de faire poursuivre le président de la République devant la Haute Cour de justice. Auparavant, il avait inscrit Alain Juppé, alors premier ministre, à son tableau de chasse, en l'obligeant à déménager en 1995, en raison d'une plainte sur les logements de la Ville de Paris. Pressenti, à un moment, pour participer à la campagne présidentielle de Lionel Jospin, Arnaud Montebourg en a finalement été écarté au dernier moment. Il avait notamment développé son argumentation sur l'urgence d'une rénovation des institutions de la Ve République dans un un livre intitulé La Machine à trahir (Denoël, 2000).

De son côté, Me Szpiner est intervenu très souvent dans les enquêtes visant le chef de l'Etat, obtenant annulations de procédures ou délais supplémentaires. C'est lui qui, avec d'autres, a fait dessaisir le juge de Créteil, Eric Halphen, qui avait convoqué Jacques Chirac comme témoin en avril 2001.

Francis Szpiner avait personnellemnent tenu à affronter au nom de l'UMP Arnaud Montebourg, et ce malgré l'avis du patron politique de la région, Dominique Perben. Mais M. Szpiner était soutenu par Jacques Chirac et Alain Juppé. Et s'il affirme être venu "parce que les militants RPR de Saône-et-Loire l'ont voulu", il n'en demeure pas moins que la droite locale n'a guère apprécié son parachutage et a tardé à se ranger derrière lui.

Les échanges d'amabilitiés entre les deux hommes ont été hauts en couleur durant la campagne : "Montebourg, je le hais, je le méprise, sa vision de la VIe République est infâme", a ainsi déclaré Francis Szpiner, celui-là même qu'Arnaud Montebourg qualifie de "spadassin de Chirac" et de "représentant de l'affairisme chiraquien". Dans son journal de campagne, le candidat PS avait aussi publié une photo montrant Francis Szpiner aux Bahamas en 1996 avec Didier Schuller, élu RPR alors en fuite, incarcéré en février dernier. Francis Szpiner "est venu en mercenaire régler ses comptes sur le dos de la population de Bresse et du Val-de-Saône", avait estimé M. Montebourg, mais il avait aussi prédit : "Il sera mangé par les lions."
Avec AFP et Reuters, • LEMONDE.FR | 17.06.02 | 00h57

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Noëlle Lenoir.

– Le député socialiste Arnaud Montebourg déplore l’entrée au gouvernement de Noëlle Lenoir. Cette décision pourrait être interprétée, selon lui, comme « une sorte de récompense » pour cette ancienne membre du Conseil constitutionnel. Mme Lenoir – dont la nomination a également été jugée « pitoyable » par l’ancien président de l’Assemblée, Raymond Forni – a été rapporteur d’un texte sur la Cour pénale internationale. Or, c’est dans le cadre de l’examen de ce texte que les neuf Sages s’étaient prononcés sur le statut pénal du chef de l’Etat.

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24 juin 2002, affaire Lenoir : « Ce qui n'est pas acceptable... »

ARNAUD MONTEBOURG, député PS de Saône-et-Loire ­ comme Vincent Peillon, Florence Parly ou encore Raymond Forni, qui parle carrément de « trahison » ­ critique violemment la nomination comme ministre déléguée au Affaires européennes de Noëlle Lenoir. Il s'agirait, à l'entendre, d'une « sorte de récompense » pour le rôle qu'elle aurait joué au Conseil constitutionnel.

Pourquoi ces attaques contre Noëlle Lenoir ?

Arnaud Montebourg. Je n'ai jamais critiqué l'entrée de Noëlle Lenoir au gouvernement du point de vue politique. Ses convictions changeantes et fluctuantes ne regardent qu'elle. En revanche, il n'est pas acceptable, sous peine de nuire gravement à l'indépendance et à la dignité du Conseil constitutionnel, qu'un de ses membres, un an à peine après avoir quitté cette institution, soit remercié par l'un des intérêts au pouvoir qu'il a pu servir. La question est d'autant plus sensible que Noëlle Lenoir a été rapporteur de la décision relative à l'immunité du chef de l'Etat, rendant ainsi un fieffé service aux intérêts du pouvoir actuel. Nous savons que Roland Dumas, alors président du Conseil constitutionnel, n'a pas été pour rien dans l'accord organisant la protection du sommet de l'Etat. Nous sommes donc en droit de voir dans la nomination de Lenoir un retour d'amabilité soupçonnable.

Lors des législatives, vous aviez comparé votre adversaire de l'UMP, l'avocat Francis Szpiner, à un bombardier décollant de Villacoublay sur ordre de l'Elysée pour vous anéantir...

On m'a envoyé un mercenaire payé en espèces sonnantes et trébuchantes pour rapporter ma tête sur un plateau à l'Elysée. On voulait me faire taire. Les électeurs se sont chargés de remettre l'intéressé dans le premier TGV pour Paris, et ils m'ont même donné deux points de plus qu'en 1997. J'ajoute que, durant la campagne, Roland Dumas est venu soutenir le candidat de l'Elysée en déclarant à la presse locale que je serais un « Savonarole de pacotille ». Je disposais enfin de la preuve de l'accord secret entre Chirac et Dumas, coalisés dans un cartel de fripons.

« Les Français ne sont pas lassés des affaires »

Le PS doit-il continuer à dénoncer les « affaires » ?

La question du silence du PS sur les affaires Chirac a été évoquée lors de ma candidature, la semaine dernière, pour la présidence du groupe socialiste. J'ai notamment dénoncé la manière dont la gauche avait déserté les problèmes de la démocratie dans notre pays : trente-cinq députés m'ont soutenu sur cette base-là.

Les Français ne sont-ils pas lassés ?

Ils ne sont pas lassés des affaires, mais lassés des personnages publics impliqués dans les affaires !

Les électeurs n'ont-ils pas tranché en réélisant Chirac ?

La question qui se pose est de savoir si l'implication judiciaire au sommet de l'Etat doit trouver un dénouement. Et si cette situation est tolérable dans une démocratie comme la nôtre. Nous sommes, à ce propos, un sujet de moquerie international. Dès lors que la gauche a refusé de combattre sur ce terrain, elle a donné une impression de complaisance et de complicité. Et elle a fait gagner Le Pen car lui a exploité jusqu'au bout cette question que nous n'aurions pas dû lui abandonner.

A quoi tient cette « discrétion » du PS ?

Je pense que certains représentants de la gauche affairiste, tels Roland Dumas (condamné à six mois d'emprisonnement ferme) ou Michel Charasse (défenseur au Sénat de l'amnistie politico-financière) n'ont eu de cesse que de passer des accords de non-agression sur ce sujet. La faiblesse de François Hollande est de n'avoir pas su rompre publiquement avec ces personnages.
Propos recueillis par Philippe Martinat, Le Parisien, lundi 24 juin 2002, p. 6.

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Montebourg et Cie rassemblent leurs troupes
Réunion samedi (26 octobre 2002) à la Sorbonne du Nouveau Parti socialiste.

Le Nouveau Parti socialiste (NPS) commence par enterrer «l'ancien». Réunis pour la première fois samedi à la Sorbonne, à Paris, les aficionados du trio Dray-Peillon-Montebourg (en fait, un quintette si on ajoute le député de la Nièvre Christian Paul et le responsable du club Nouvelle Gauche, Benoît Hamon) se sont autodéfinis comme «la gauche des bâtisseurs». Et non pas comme de vulgaires «rénovateurs qui passent un coup de Ripolin sur la façade». A sept mois du congrès de Dijon, ils ont appelé à «revisiter toutes [leurs] certitudes», à récuser «la congélation du PS», à «la rupture» avec les «mauvaises habitudes» et à «la clarification» idéologique.

Un besoin visiblement nécessaire pour les militants. Pour le gros millier d'entre eux qui avaient fait le déplacement, la journée a servi d'exutoire. De ce point de vue, au moins, le Nouveau Parti socialiste a damé le pion à «l'ancien». François Hollande avait promis de mettre en place une «phase de discussions entre militants». Ils assurent n'avoir rien vu venir. Surtout, à l'instar de Claire, jeune adhérente du XXe arrondissement de Paris, ils dénoncent «un mépris du travail militant chez nos dirigeants» et une césure entre le parti et la société : «Les gens nous disent : "Nous ne sommes pas vous, vous n'êtes pas nous. Vous ne nous représentez pas." Le parti n'ose plus descendre dans la rue.» Le «plus ancien adhérent de la section du XIe arrondissement» déplore que «notre appareil soit réservé aux apparatchiks, coupés du peuple». Un avocat, jeune adhérent marseillais, «regrette que la parole soit confisquée par la plupart des notables cumu lards». Le premier secrétaire de sa fédération ­ celle des Bouches-du-Rhône ­, Patrick Menucci, met tout le monde d'accord en affirmant, haut et fort : «Ce que nous ne voulons plus, c'est un parti tel qu'il est. Un parti centralisé, vieillissant et absent.»

«Réconcilier».
En contrepoint, les animateurs du NPS affirment vouloir privilégier «la culture du militantisme retrouvé», selon l'expression de Christian Paul, et, pour Vincent Peillon, «une logique de militants pour réconcilier la France et la gauche autour d'un projet de transformation sociale.» Les militants sont d'ailleurs invités à la rédaction de ce «projet» en participant à des «ateliers numériques» d'ici à la fin de l'année (1).

«Déshérence».
D'ores et déjà, les uns et les autres ont tracé «quelques pistes». Vincent Peil lon a jugé que la formule de Jospin «Oui à l'économie de marché, non à la société de marché» n'était «plus opérante». Le porte-parole du PS plaide pour «un marché limité et discipliné». Il propose également l'établissement «d'un pacte, d'un contrat de négociation sur la croissance et l'emploi» entre Etat, entreprises et salariés. Arnaud Montebourg s'interroge, quant à lui, sur l'opportunité de «reconstruire une République si nous n'avons plus rien à délibérer dans une économie libérale mondialisée». Après avoir brocardé «le libéralisme qui porte le désordre en lui comme la nuée l'orage», Julien Dray souhaite de son côté que «la gauche redevienne hégémonique culturellement». Le député de l'Essonne insiste pour que le NPS définisse notamment «un nouveau projet éducatif», «une nouvelle fraternité» et «de nouveaux services publics».

Si modestes soient-elles, ces pistes ont déclenché l'enthousiasme des partisans du NPS. «J'ai l'impression qu'on repart de zéro. La déshérence idéologique est impressionnante», constatait un ancien député. «Il faut tout remettre à plat», insistait Montebourg. Y compris «nos épouvantails» (Benoît Hamon) ou «les questions interdites» (Chris tian Paul). Comme celle de la prise de pouvoir. Au Parti socialiste, l'ancien com me le nouveau. Pas simple dans un courant composé de plusieurs sous-entités. Samedi, chacune d'entre elles assurait être la plus forte numériquement. Et dans les couloirs de la Sorbonne, certains cadors du NPS anticipaient sur les conditions de constitution d'un conglomérat majoritaire. Avec ou sans François Hollande ? D'autres ­ parfois les mêmes ­ préféraient miser sur le ralliement de Martine Aubry à leur démarche, «seule capable de faire basculer le Congrès». Un militant d'Argenteuil (Val-d'Oise) prévenait pourtant : «Si nous voulons vraiment changer, il faut renoncer aux seules logiques d'ambi tion.» Ce n'est pas gagné.
(1) Sur le site www.nouveau-ps.net
Libération, Par Didier HASSOUX, lundi 28 octobre 2002, page 16

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Une autre Constitution
PAR MARION PAOLETTI (*)

Yves Salesse se trompe quand il relativise l'importance de la question institutionnelle. Celle-ci est au contraire indissociable du projet de refondation de la gauche.

Dans son ouvrage, Réformes et révolution : propositions pour une gauche de gauche (Agone), Yves Salesse argumente contre les formes dégradées de démocratie induites par l'actuelle Constitution, tout en développant des pistes fructueuses pour réinventer les manières de s'organiser et de décider. Dans le texte publié ici même (Politis n°726), il pose d'emblée que « les institutions de la Ve République doivent être remises en cause ». Mais il ajoute aussitôt que, « pour autant, présenter la réforme des institutions comme la question centrale ne permet pas de répondre à la situation ». Cette position consistant à affirmer que la question des institutions, et donc de la démocratie et de l'organisation du pouvoir, est essentielle mais pas centrale, décisive mais secondaire, importante mais pas tant que ça, a déjà été développée par des porte-parole de la gauche radicale. Elle amène à dissocier les priorités du chantier et à hiérarchiser dans le temps les objectifs : d'abord la réduction des inégalités multiples qui traversent la société et les sociétés, puis après, plus tard, une fois résorbées ces inégalités qui hypothèquent la démocratie politique participative, on pourra s'attaquer à la question de l'organisation du pouvoir. Outre qu'une telle position renvoie aux calendes grecques la question des institutions, elle mésestime la manière dont le projet socialiste peut et doit être arrimé au projet participatif et sous-estime le rôle dynamique des institutions, comme si les institutions étaient neutres et incapables de produire des effets sociaux sur la mobilisation de la société. Devant l'urgence, il serait mortifère pour la gauche de manquer d'ambition et de ne pas penser ensemble démocratie et justice sociale.

Sur le 21 avril d'abord, Yves Salesse pose le constat difficilement contestable que « ce n'est pas parce qu'elle désapprouve les institutions qu'une part significative des milieux populaires s'abstient ou vote à l'extrême droite ». Mais on pourrait ajouter aussitôt que c'est parce que les préoccupations et la simple existence des milieux populaires ne sont pas portées dans l'espace politique par des professionnels de la politique, essentiellement masculins et surselectionnés socialement, que ces mêmes milieux populaires ne se sentent pas représentés. La fermeture sociale et professionnelle du milieu politique, et donc la sélection des préoccupations portées en politique, n'est sûrement pas pour rien dans le retrait ou la protestation par rapport à la politique institutionnelle.

Le projet de gauche qu'Yves Salesse esquisse est bien de restaurer la volonté politique, le droit républicain, l'ordre public social face au marché. Plus précisément, dans cet ordre public social, il faut reprendre au capital, aux actionnaires et fonder une démocratie sociale. Plus globalement, « la question européenne est incontournable » et « l'absence de répondant politique » problématique. Ces constats et objectifs sont difficilement contestables et peuvent nous rassembler. Mais comment mobiliser la société dans le cadre d'une Ve République taillée pour de Gaulle en 1958, dans une conception verticale du pouvoir où les décisions tombent d'en haut, du niveau local ou national ? Comment livrer des analyses sur les transformations du capitalisme financier en réseau sans poser comme prioritaire et nécessaire l'organisation ouverte et horizontale du pouvoir politique ?

Au moment où la droite démantèle la loi « antilicenciement », il n'est pas inutile de se rappeler que le Conseil constitutionnel, majoritairement composé à droite, à propos de l'amendement Michelin, avait interdit d'interdire les licenciements boursiers... comme si la Constitution disait une chose pareille. Les institutions actuelles, conservatrices, pensent à droite.

La Constitution à venir est un projet social pour la gauche : la Constitution contribue à définir les responsabilités de l'État vis-à-vis de la société. Elle encadre ainsi les politiques relatives aux marchés, aux inégalités sociales, à l'environnement... Les droits fondamentaux énumérés en préambule des Constitutions offrent l'occasion de réaffirmer des valeurs cardinales : « droits-libertés » toujours à défendre contre les idéologies liberticides et les dérives sécuritaires ; « droits-créances » (à l'éducation, à la santé, au travail, au logement...) jamais solidement constitutionnalisés ; « droits-solidarités » (à la paix, au développement économique, à l'environnement...) aujourd'hui à proclamer. Plus encore, refuser de penser l'organisation de la délibération et du débat politique de l'échelon local à l'échelon européen, refuser de réfléchir à l'articulation des institutions locales, nationales, européennes, c'est se cantonner à un horizon national dans lequel les politiques de redistribution souhaitables sont condamnées.

Les institutions ne sont pas neutres. La nécessité de réorganiser les manières dont nous vivons ensemble et décidons est fondateur du projet émancipateur de résistance au libéralisme mondial. Il ne s'agit pas de dire que les institutions constituent la question centrale. Simplement de constater que ceux qui veulent modifier l'ordre social sans changer les institutions se mentent. Et que la question des institutions ne doit pas être dissociée du projet de refondation de la gauche et surtout pas relativisée.

Pour finir, je veux témoigner des résistances incroyables que je rencontre au sein de mon parti depuis dix ans pour cette simple mesure concrète, de bon sens et qui pourrait changer le cours des choses, notamment s'agissant de la démocratie locale, de la décentralisation et des règles du jeu politique local : un mandat unique pour les député-e-s. La force de ces résistances me convainc de l'autisme du système politique et de la nécessité pour la gauche de rassembler ses forces pour des institutions ouvertes et démocratiques. Il serait mortifère pour la gauche de relativiser ce combat au nom de la gauche.
Marion Paoletti est maîtresse de conférence en sciences politiques (Bordeaux IV). Membre fondatrice de la Convention pour la VIe République (C6R), elle est aussi militante au sein du Nouveau Parti socialiste.
Politis, Réinventer la gauche, 19 décembre 2002, p. 17

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17 février 2003 : Montebourg et Peillon répudient Dray

Parti Socialiste Les deux principaux animateurs du «Nouveau Parti socialiste» le soupçonnent de travailler en sous-main pour Hollande

Vendredi dernier, Julien Dray déclarait : «Je suis dans la logique de peser sur la direction. Pas dans celle de me retrouver, après le Congrès, dans une minorité de témoignage.»

En droit civil, la procédure serait celle du «divorce demandé par l'un et accepté par l'autre». Aujourd'hui, Arnaud Montebourg et Vincent Peillon vont signifier à Julien Dray que leur ménage à trois prend fin. Sous forme d'une lettre rédigée hier soir et qui doit être rendue publique aujourd'hui, le député de Saône-et-Loire et l'ancien député de la Somme, cofondateurs du Nouveau Parti socialiste (NPS), «prennent acte» que Julien Dray «soutient François Hollande», et qu'il n'est donc plus membre de leur mouvement.

Les premiers nuages visibles sont apparus dans le ciel du NPS, fondé en octobre 2002, aux alentours du 20 janvier, avec l'annonce, sur France Inter, que Julien Dray quittait ce courant. Annonce démentie par la suite par l'intéressé... qui en était pourtant à l'origine.

«Je crois que Julien a lancé un ballon d'essai, pour voir comment serait ressenti son ralliement à François Hollande. Devant le tollé, il a reculé», croit savoir un élu de l'Essonne en contact régulier avec Dray. Ce dernier avait coupé court aux rumeurs évoquant son départ, affirmant à tous les journalistes qui voulaient bien l'entendre qu'«il n'a jamais été question de divorce entre nous».

Le doute s'était pourtant insinué dans l'esprit de Peillon, qui avait beaucoup oeuvré à la participation de Julien Dray à l'acte fondateur du NPS. Non sans raison. Vendredi dernier, déclaration de Julien Dray par voie de presse : «Moi, je suis dans la logique de peser sur la direction. Pas dans celle de me retrouver, après le Congrès, dans une minorité de témoignage. Plutôt que de faire une motion, on devrait soumettre quelques amendements au texte de Hollande. Et négocier.»

Réaction courroucée de Peillon, qui se souvient que le 4 février, devant François Hollande, le trio leader de NPS avait réaffirmé son intention de déposer une motion : «S'il n'est pas content, qu'il s'en aille.» Le député européen Harlem Désir, proche de Julien Dray, s'en mêle : «Vincent Peillon n'est pas le propriétaire de NPS.»

«On dépense plus d'énergie à gérer les états d'âme de Julien Dray qu'à faire de la politique. Qu'il s'en aille, et tout sera plus clair !», s'agace-t-on côté Montebourg. Arnaud Montebourg lui-même affirme que «la direction essaie d'acheter certains responsables». C'est en tout cas ainsi qu'est interprétée la déclaration de Julien Dray, ce matin dans Libération, selon laquelle il reste membre de NPS. «S'il fait cela, c'est en service commandé pour Hollande», avaient anticipé Peillon et Montebourg, qui, en répudiant Dray, cherchent à éviter que celui-ci ne torpille le NPS de l'intérieur. Dans tout divorce se pose la question de la garde des enfants, en l'occurrence les voix apportées sur son nom par Julien Dray. «Par rapport à la dynamique du NPS, le départ de Julien est plutôt une bonne chose», affirme Peillon, en calculant que, hormis dans les Bouches-du-Rhône, Julien Dray n'a pas apporté grand monde.
lefigaro.fr, Pascale Sauvage [18 février 2003]

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(Février 2003) Arnaud Montebourg ne lâche pas prise
Montebourg briseur de carrières chiraquiennes
Devant le Conseil d'Etat, le député PS conteste la légalité de trois promotions de proches du Président et de Juppé.
Puisqu'il n'a pu empêcher, en décembre, l'ascension de proches de Juppé et de Chirac au sein de la haute fonction publique, il a décidé de faire constater l'illégalité de ces promotions. Au nom de la Convention pour la VIe République qu'il préside et d'une association de fonctionnaires, le député PS a adressé hier au Conseil d'Etat trois recours fondés sur l'article 6 de la Déclaration des droits de l'homme : «Tous les citoyens sont également admissibles à toutes dignités selon leurs capacités et sans autre distinction que celles de leurs vertus et de leurs talents.»

Selon Montebourg, le respect de cet article devrait conduire à l'annulation du décret signé par le Président le 19 décembre portant nomination de Pierre-Mathieu Duhamel au poste de directeur du budget du ministère de l'Economie, de Jérôme Grand d'Esnon à celui de directeur des affaires juridiques de Bercy et de Bernard Niquet au poste de préfet des Yvelines.

Selon Montebourg, Pierre-Mathieu Duhamel, ex-directeur des finances à la mairie de Paris en 1991, ne pouvait être promu en raison de sa mise en examen dans le cadre de l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris. Jérôme Grand d'Esnon, ex-chargé de mission au cabinet du maire de Paris Jacques Chirac, «ne présente en aucun cas les capacités requises pour exercer les fonctions de directeur des affaires juridiques». Concernant Bernard Niquet, ancien «conseiller technique» de Bernadette Chirac, Montebourg affirme qu'il ne peut exercer les fonctions de préfet des Yvelines «par absence, tout à la fois, de diplôme et d'expérience». Pour le député de Saône-et-Loire, ces nominations récompensent «la fidélité à Jacques Chirac, servilité et loyauté au RPR, dévotion à l'épouse du chef de l'Etat».

L'UMP a dénoncé hier soir ces propos «injurieux», qui «ne grandissent pas le PS au nom duquel» Montebourg «semble s'exprimer».
Libération, Par Alain AUFFRAY, mercredi 19 février 2003, p. 15

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Montebourg seduit la base et irrite la cime
Les leaders socialistes s'en prennent au cofondateur du NPS, plébiscité par les militants dans l'Aude.

Après les critiques des chefs, le réconfort auprès de la base. Arnaud Montebourg, le cofondateur du Nouveau Parti socialiste (NPS) était en fin de semaine dernière dans l'Aude pour assurer, auprès des mi litants,le service après-vente de la contribution qu'il a déposée avec Vincent Peillon avant le congrès du PS de Dijon, en mai. Difficile, dans la salle des fêtes de Lézignan-Corbières, de trouver parmi les 600 militants présents quelqu'un qui dise du mal du visiteur. Certes, le député de la circonscription, Jacques Bascou, est le correspondant sur place du NPS. Mais la fédération, elle, est classée «fabiusienne». Et malgré un microclimat local plutôt légitimiste, les supporteurs de François Hollande ne nient pas l'impact des «rénovateurs» auprès de la base PS.

«Il apporte du sang neuf», commente un militant en parlant de Montebourg. «On a besoin de jeunes comme lui. Ça fait plaisir», savoure un autre. «C'est en posant comme lui les problèmes un peu crûment qu'on y arrivera. Il ne faut pas avoir peur de secouer le cocotier, de donner un coup de pied dans le panier de crabes», revendique un troisième. «S'il n'y a pas d'électrochoc, on n'avance pas. Et qui n'avance pas recule», dit un autre. Certains le trouvent parfois un peu «arrogant» ou théâtral. Mais «au moins, quand il parle, on comprend ce qu'il dit». Pas comme «ces énarques» au «discours lissé».

«L'hallali des populistes.»
Ce style Montebourg, apprécié des militants, agace rue de Solférino, au siège du PS. Le premier secrétaire, François Hollande, le maire de Paris, Bertrand Delanoë, l'ancien Premier ministre Pierre Mauroy (lire page 11), le responsable des fédérations au PS, François Rebsamen, ont récemment fait savoir que les «dérapages» du leader du NPS commençaient à les agacer sérieusement. La dernière sortie qui a «choqué» Hollande : l'accusation d'«acheter certains responsables», proférée au moment de la rupture interne au NPS avec Julien Dray.

Dans le même registre, le député européen Harlem Désir, proche de Julien Dray, dénonce «l'excommunicateur» Montebourg. Et quand un député néo-hollandais est saisi de doutes au point de reconnaître que le rassemblement autour du premier secrétaire «sent un peu la poussière», il écarte l'idée de se retrouver un jour au NPS à cause du «populisme» du député de Saône-et-Loire. A Lézignan, un militant acquis à la cause de la direction accuse Montebourg de «participer à l'hallali des populistes qui critiquent le système». Reconnaissant le talent du «trublion» Montebourg, ce militant lui reproche, «sur le fond», ses tirades sur «la mécanique infernale de l'Europe», «les rapports incestueux de la haute administration avec les politiques», «les pratiques politiques enfantées par le système lui-même» ou encore ce constat que «la gauche s'est discréditée en cessant de combattre la dégradation morale du système».

Ces critiques, le député de Saône-et-Loire s'en amuse. Devant la presse audoise, il a ainsi égrené avec désinvolture sa collection personnelle de noms d'oiseau : «Ayatollah de la Bresse», «Pétain de gauche», «poujadiste en sandales», «démagogue feignant», «télévangéliste» en socquettes blanches. «Je suis habitué à cette violence politique... de la droite», ironise-t-il. Ces attaques, dénonce-t-on au NPS, viennent du «camp conservateur» du PS. «Arnaud dérange depuis longtemps, mais toute tentative de diabolisation est vouée à l'échec», veut croire le député de la Nièvre Christian Paul, qui n'exclut pas que son ami fasse l'objet d'«un ciblage» particulier de la part d'une direction inquiète du «bon accueil» du NPS par les militants.

Arnaud Montebourg profite en tout cas à plein du besoin de discussions «sans tabou» que réclame toujours la base du PS dix mois après le 21 avril. Les débats militants organisés entre octobre 2002 et janvier 2003 par la direction du parti n'ont manifestement pas suffi. «Quand nous étions majoritaires, on me disait : "Ferme ta gueule, Arnaud." Maintenant que nous sommes dans l'opposition, on me dit : "Cause toujours, Arnaud", s'emporte-t-il. "Arnaud, tu nous fatigues"», me dit-on. Eh bien moi, je ne suis toujours pas fatigué», ajoute celui qui reconnaît donner parfois des verges pour se faire battre.

«Révolution douce».
Mais il assume cette «intransigeance qui défrise». Aux accusations de populisme, il répond que chaque week-end, sur les marchés, on lui demande «à quoi servent les hommes politiques dans une économie mondialisée ». «Il va bien falloir répondre», dit-il. Quand des militants s'inquiètent de le voir prôner «la rupture», il tente de rassurer en parlant de «révolution douce». L'équation NPS tient dans cet équilibre paradoxal qu'exprime une base socialiste tiraillée entre le refus du statu quo et le souci du rassemblement.
Libération, Par Paul QUINIO, lundi 24 février 2003, p. 10

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(Mai 2003) Montebourg apprend la modestie

LOUHANS (SAONE-ET-LOIRE), LUNDI (5 mai 2003). Arnaud Montebourg, après sa large défaite aux élections internes du Parti socialiste, ne répond plus au téléphone.

LE MOIS DERNIER encore, il voulait tout casser. Et investissait les médias pour le faire savoir. Aujourd'hui, battu, le flamboyant Arnaud Montebourg se fait plus discret. Difficile d'avoir son éclairage sur les résultats du scrutin au PS. Il se met aux abonnés absents. « Ses deux téléphones portables sont tombés en panne », bredouille sa secrétaire. « Faire 16 ou 17 % pour un premier coup n'a rien de déshonorant. Mais prétendre, comme Arnaud l'a fait pendant la campagne, qu'il allait s'emparer sans coup férir du parti était un peu présomptueux », analyse un proche de François Hollande. Le patron du PS lui-même commente avec un petit sourire : « Ce n'était pas très habile. »
Il est vrai que, depuis six mois, l'ancien avocat, habitué des grandes envolées lyriques, n'a pas fait dans la nuance.

Une maladresse stratégique

Petite compil des effets de manche que ses camarades de la Rue de Solférino gardent aujourd'hui en mémoire : « Le PS, c'est la SFIO des années 1960, le syndicat des sortants. Ses dirigeants ne m'ont jamais pris au sérieux. Ils ont tort. Je leur donne rendez-vous le jour de notre congrès » (21 novembre 2002); « Hollande achète des voix pour sauver son poste, mais la dynamique est dans notre camp » (18 février 2003) ; « Hollande est d'ores et déjà minoritaire » (26 février) ; « C'est nous qui menons le débat, c'est notre motion qui est centrale » (26 avril).
« Il ne fallait pas prendre ses propos d'estrade au pied de la lettre », tente aujourd'hui de minimiser son ami Thierry Mandon, élu de l'Essonne. « C'est vrai qu'on ne lui a pas greffé à la naissance le gène de la modestie, mais ça fait partie du charme du personnage », s'amuse un de ses intimes. Plus politique, Vincent Peillon reconnaît une maladresse stratégique : « Dans les quinze derniers jours, la majorité a donné le sentiment de vaciller. Alors nous avons joué la gagne en durcissant le ton. C'était une erreur car certains militants, redoutant un nouveau séisme à gauche, ont pris peur. » Hier matin, les amis de Montebourg et Peillon se sont réunis à l'Assemblée pour discuter de la suite. L'ancien député de la Somme avait auparavant rencontré Henri Emmanuelli, dont la motion pèse sensiblement le même poids. Résultat : pas d'alliance au niveau national prévue pour l'instant, mais des coalitions locales pour faire basculer dans l'opposition une quinzaine de fédérations. Peu de chance également de voir sortir du congrès de Dijon (Côte-d'Or) une synthèse avec la majorité. « Visiblement, Hollande n'est guère disposé à discuter sérieusement avec nous. Et nous-même, nous voulons bien dialoguer mais pas marchander », affirme Benoît Hamon, une des jeunes pousses du Nouveau Parti socialiste.

Petite consolation pour Montebourg et Peillon : ils ont assuré leur leadership dans leurs fédérations respectives de la Saône-et-Loire et de la Somme. « L'implantation locale de notre tout nouveau courant nous permet de nous installer dans la durée », assurent-ils. Au moins jusqu'au prochain congrès, dans trois ans.
Frédéric Gerschel et Philippe Martinat, Le Parisien, jeudi 08 mai 2003, p. 9

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(Septembre 2003) Qui en veut à Arnaud Montebourg ?

Menaces de mort contre Arnaud Montebourg. Un mystérieux corbeau, depuis près de deux ans, écrit régulièrement au député socialiste de Saône-et-Loire. Anonymes, les courriers sont envoyés par la Poste, depuis plusieurs grandes villes, ou plus récemment, par internet. Dans ces lettres, dont une série manuscrite semble avoir été rédigée par la même personne, le corbeau profère insultes et menaces directes. Outre le député, son épouse, et même ses enfants sont la cible de ces «avertissements». «On va te faire la peau, on agira quand on voudra, et où on voudra», avance par exemple un des courriers.

En juillet dernier, Arnaud Montebourg a déposé une nouvelle plainte auprès du procureur de Paris, Yves Bot. Le député de Saône-et-Loire a également confié au procureur la copie d'une dernière lettre en date, un courrier électronique envoyé via une messagerie internet. L'auteur de ce dernier courrier écrit au parlementaire, sur sa messagerie à l'Assemblée, qu'il a envie de «tuer». «Avec la signature électronique de ce message, il est vraisemblablement possible de remonter sur quelqu'un», confie un spécialiste en informatique.

«Je suis lassé de ce harcélement mais je ne céderai pas d'un pouce au chantage exercé, nous déclare Arnaud Montebourg. Je m'interroge d'ailleurs sur cette République discréditée où les élus qui disent ce qu'ils pensent et qui défendent leurs convictions sont obligés de le faire dans des conditions menacant leur sécurité personnelle et familiale. La France est malade», déplore le député, silencieux depuis deux ans sur ces menaces.

Très discrètement, une première enquête a été ouverte à l'initiative du procureur de Paris, Jean-Pierre Dintilhac, en janvier 2001. A l'époque, Arnaud Montebourg est en charge d'une enquête parlementaire sur le blanchiment d'argent en Europe et les paradis fiscaux. Une avocate demande alors à le rencontrer en toute discrétion et lui affirme qu'un «contrat» pèse sur sa tête, consécutif à ses investigations sur des établissements bancaires de Monaco. Une surveillance policière se met en place autour du parlementaire, d'autant qu'alors, son notaire parisien est cambriolé et son ordinateur ouvert à la lettre «M».

Au même moment, la police tente d'identifier les expéditeurs des courriers anonymes arrivant au bureau parisien d'Arnaud Montebourg, via le service postal de l'Assemblée nationale. Le député est même prié de livrer ses empreintes digitales à la police, auprès de la brigade d'enquête sur les atteintes à la personne. Une demi-douzaine d'enveloppes contenant les courriers suspects sont ensuite passées au crible à la recherche d'éventuelles empreintes de l'expéditeur. En vain. Depuis deux ans, le corbeau n'a jamais cessé ses envois.

Les textes sont parfois courts et brefs, du genre : «Montebourg, prend tes précautions, il y a une balle dans le canon pour toi», assorti d'une tête de mort. «Attention à ta peau... prend ceci au sérieux» est accompagné d'une croix gammée. Un troisième avertit : «ci-Git Arnaud Montebourg», à coté d'un dessin de croix, et de pierre tombale. Dans une autre série de courrier, le corbeau rédige une page entière d'insultes et de menaces. «Dans ce genre de chose, on ne sait jamais à qui on a affaire», confie un expert policier, perplexe sur la possibilité d'identifier l'expéditeur. L'auteur de ces menaces risque 5 ans de prison.
Laurent Valdiguié, Le Parisien, samedi 20 septembre 2003, p. 18

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(Janvier 2004) Un scandale financier inquiète le ministre de la Justice L'AFFAIRE AUBERT embarrasse le garde des Sceaux. Décoré de la Légion d'honneur par l'actuel ministre de la Justice, fin mars dernier, Jean-Yves Aubert, mandataire liquidateur de Chalon-sur-Saône, est aujourd'hui au centre d'un scandale financier qui ébranle la Bourgogne. Dans ce dossier judiciaire, le juge Jaillet soupçonne Jean-Yves Aubert d'abus de confiance aggravé pour avoir détourné de l'argent d'entreprises en difficulté.

Très gros contribuable local, affichant entre 3 et 4 millions de francs annuels d'impôt sur le revenu, Jean-Yves Aubert, assisté par Me Christophe Ayela, nie les détournements mais reconnaît des erreurs comptables.
Propriétaire d'un patrimoine immobilier important, notamment d'une villa à Saint-Tropez, Aubert, ancien trésorier du RPR local, n'a jamais caché son amitié « de vingt ans avec Dominique Perben » et les « huit ou dix campagnes électorales conduites ensemble ». Mais devant le juge d'instruction, il a distingué ses activités professionnelles et militantes.
Néanmoins, à ce stade de l'enquête, le juge s'interroge sur la destination finale des fonds détournés. « Dès qu'il a eu connaissance de cette affaire, Dominique Perben a demandé la radiation immédiate d'Aubert de la liste des administrateurs judiciaires et la suspension immédiate de sa Légion d'honneur », indique l'entourage du ministre de la Justice.

« La justice vérifiera si la prospérité de Me Aubert s'est construite sur la ruine des petits commerçants »

Une quarantaine de sociétés, selon l'enquête policière, seraient concernées par ces malversations qui avoisineraient 600 000 €. Dernière en date, une boulangère de Chalon-sur-Saône, Marguerite Bèze, vient de se constituer partie civile et de déposer plainte.
« Ma cliente versait des loyers mensuels à Me Aubert et ce dernier ne les reversait pas au propriétaire, alors elle a été expulsée » raconte Me Jean-Marc Fedida, l'avocat de la boulangère. « La justice vérifiera si la prospérité de Me Aubert s'est construite sur la ruine des petits commerçants » ajoute l'avocat, qui annonce la création d'une association de victimes.
À ce jour, quatre personnes ont été mises en examen par le juge Jaillet. Outre Me Aubert, deux comptables, soupçonnés d'avoir camouflé les détournements, ainsi qu'un commissaire-priseur de Chalon, soupçonné d'avoir fait main basse sur du matériel saisi dans les stocks d'entreprises en difficulté, ont été épinglés.
Selon nos sources, le juge Jaillet envisagerait également d'entendre comme témoin l'actuel président du tribunal de commerce de Chalon-sur-Saône, André Gentien, ancien suppléant UMP de Dominique Perben à l'Assemblée. Le magistrat souhaiterait ainsi comprendre comment Aubert a pu entretenir une comptabilité aussi chaotique, au détriment d'entreprises en difficulté, sans que le tribunal de commerce ne s'en aperçoive.
Dans un entretien au « Journal de Saône-et-Loire », fin décembre, André Gentien se défend en affirmant que « le mandataire judiciaire peut faire ce qu'il veut » et en détaillant les difficultés des contrôles.

« Les amitiés ont été plus fortes que le souci du nécessaire respect de la loi »

Réagissant à ces déclarations, Arnaud Montebourg, député local et ancien rapporteur d'une commission d'enquête sur les tribunaux de commerce (à l'époque combattue par André Gentien et Jean-Yves Aubert), vient d'adresser un courrier au vitriol au président du tribunal de commerce de Chalon, demandant sa démission. « Les amitiés ont été plus fortes que le souci du nécessaire respect de la loi » affirme le député socialiste, mettant en cause les réseaux politiques locaux.
Laurent Valdiguié, Le Parisien, vendredi 09 janvier 2004, p. 14

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(10 avril 2004) « Pourquoi pas la Turquie dans l'Union ? »

SE DISTINGUER sans créer de psychodrame avec la direction du parti : c'est à cet exercice acrobatique que les trois courants minoritaires du PS, réunis aujourd'hui à la halle Carpentier dans le XIIIe arrondissement à Paris, vont se livrer.
Deux semaines après l'éclatante victoire de la gauche, le Nouveau Parti socialiste (Montebourg-Peillon), Nouveau Monde (Emmanuelli-Mélenchon) et Force militante animée par le premier secrétaire fédéral du Nord, Marc Dolez, vont signer un texte en commun dénonçant la dérive libérale du projet de Constitution européenne.

Plus de transparence

Les minoritaires veulent ainsi lancer le débat au sein du PS avant les élections européennes du 13 juin, sans toutefois provoquer un clash avec François Hollande.

« Personne n'a intérêt à pousser à la crise », concède Jean-Luc Mélenchon. « Aujourd'hui, les socialistes n'ont pas de ligne sur l'Europe, estime pourtant Vincent Peillon. Pierre Moscovici (NDLR : ancien ministre des Affaires européennes et actuel secrétaire national du PS) a simplement rédigé un texte préparatoire. Nous nous retrouvons dans sa vision ambitieuse de l'Union. En revanche, il y a des points qui ne nous conviennent pas. » Et Peillon de citer le diagnostic trop complaisant établi par Moscovici. « L'Europe n'est plus un espace de prospérité, dit-il. Elle doit faire face à une crise politique et économique marquée par un chômage de masse et une croissance plus faible que dans le reste du monde développé. »

Leader du NPS, Arnaud Montebourg réclame, lui, plus de démocratie et de transparence. Et il ne voit aucune objection à ce que la Turquie intègre à terme une Europe élargie.

Quel message doit porter le PS lors des élections européennes du 13 juin ?
Arnaud Montebourg. Il faut réclamer la fondation d'une véritable République européenne. C'est-à-dire un gouvernement répondant de ses actes devant un Parlement élu au suffrage universel par tous les citoyens des vingt-cinq pays membres. Ce gouvernement devra disposer des outils de la politique économique pour lutter contre les délocalisations, contre le dumping social et fiscal. Il devra favoriser la croissance.

Etes-vous favorable au projet de Constitution européenne ?
Ce texte est-il un point d'appui pour évoluer vers l'Europe que nous souhaitons ou un verrou définitif qui entérine le système libéral ? Nous pensons que l'élargissement rend toute amélioration compliquée puisque, bientôt, c'est à vingt-cinq qu'il faudra trouver un consensus, au lieu de quinze aujourd'hui. Bref, nous sommes très méfiants.

La Turquie a-t-elle sa place dans une Europe élargie ?
Je n'ai aucune objection de principe sur le sujet. Bien au contraire. Il est tout a fait possible d'intégrer un Etat dont la majorité de la population est musulmane. Le problème se posera d'ailleurs avec la Bosnie, le Kosovo ou l'Albanie. Mais il y a des critères économiques et démocratiques à respecter.
Propos recueillis par Frédéric Gerschel Le Parisien, samedi 10 avril 2004, p. 5

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(Mai 2004) Parti socialiste « La guérilla des chefs est affligeante »
L'AVOCAT Arnaud Montebourg, parrainé par Pierre Joxe, est le chef de file de l'un des deux courants minoritaires du PS : le Nouveau Parti socialiste (NPS) .

Pour le moment, les européennes ne semblent pas passionner grand monde...

Arnaud Montebourg.
Je ne sens pas de désintérêt chez les gens. Peut-être un manque d'explications, de débat. C'est regrettable car aujourd'hui un grand nombre de problèmes qui concernent la vie quotidienne des Français ne se décident plus au niveau national, mais au niveau européen : délocalisations, désindustrialisations, dossiers agricoles, dumping fiscal et social...
L'enjeu est simple : ou les citoyens votent et transforment l'Europe en démocratie, ou ils la laissent aux mains des technocrates.

Jean-Pierre Raffarin affirme que la croissance est de retour...

Cette année s'annonce pourtant comme la plus noire depuis des décennies en termes de croissance. Un gouvernement digne de ce nom a le devoir de tout mettre en oeuvre pour favoriser l'activité et pas seulement s'en remettre aux oracles. Avoir redistribué, sous forme de baisses d'impôts, 5 milliards d'euros aux ménages les plus aisés, ménages qui ont une propension forte à l'épargne et non à la consommation, est une des raisons de cette morosité. Beaucoup de pays s'en sortent mieux que nous. La croissance frôle les 4 % aux Etats-Unis, 5 % dans les pays en voie de développement, 3 % en Espagne.

« Il faut que Jospin s'explique »

Dans le projet Douste-Blazy de réforme de la Sécu, n'y a-t-il pas des pistes que les socialistes auraient pu proposer ?

Je ne vois pas lesquelles. Il y a deux ans, les médecins ont été augmentés de 1,50 € par acte sans aucune contrepartie. Aujourd'hui, on ponctionne ce 1,50 € dans le portefeuille des assurés sociaux. Où est la justice ? Où est la logique ? Le gouvernement a organisé la déresponsabilisation générale. Au lieu de se lancer dans une réforme de structures, il fait porter la quasi-totalité des efforts sur les patients. C'est incohérent.

Partagez-vous les inquiétudes de ceux des salariés d'EDF-GDF qui ont manifesté hier dans les rues de Paris ?

Oui. Les Français ne voudront jamais que l'on offre cette entreprise à des actionnaires privés. Les citoyens sont aussi des consommateurs. Ils savent bien que la privatisation, partout où elle a été menée, a conduit à des explosions de tarifs : + 20 % en Finlande, + 7 % en Italie, + 113 % dans le Middle West aux Etats-Unis. En Californie, où l'électricité est également privatisée, l'offre n'a plus suivi la demande, et l'on a assisté à des coupures très graves.

Au PS, la compétition présidentielle n'a-t-elle pas d'ores et déjà commencé ?

Oui. Cette guérilla des candidats, des chefs, est affligeante. Elle discrédite à l'avance l'alternative que nous devrons construire collectivement. Ceux qui se battent par journaux interposés feraient mieux de se concentrer sur la rédaction de notre projet pour 2007. Et Dieu sait s'il y a des problèmes à résoudre.

On parle de plus en plus d'un retour de Lionel Jospin...

J'adresse la même remarque à Jospin qu'à Strauss-Kahn, Fabius et aux autres : avant de repartir à la conquête du pouvoir, travaillons sur le projet. Par ailleurs, il faudra bien un jour que Lionel s'explique sur les raisons pour lesquelles il nous a empêchés de mettre en accusation Jacques Chirac devant la Haute Cour de justice. Car, un an après, nous avons été massivement obligés de voter pour ce quasi-délinquant. Et regardez ce qu'il a fait de nos voix.
Propos recueillis par Frédéric Gerschel, Le Parisien, vendredi 28 mai 2004, p. 5

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(Août 2004) Lang : « Ça change ou ça explose »
Star hier de la traditionnelle Fête de la rose, Jack Lang a échangé des amabilités avec Arnaud Montebourg, préconisé un « socialisme de rupture » et s'en est pris très vivement à Jacques Chirac et à la droite, condamnant un « système impotent ».

ON A (presque) refusé du monde hier à la Fête de la Rose de Frangy, où le PS a pris l'habitude de frapper chaque année les trois coups de sa prérentrée. Le très populaire Jack Lang, choisi comme tête d'affiche par Arnaud Montebourg, y était sans doute pour quelque chose. Sans compter la rafale de succès électoraux engrangés par le PS ces six derniers mois.

Devant une tribune bourrée d'élus, venus même de Lyon et du Jura, le bouillant député de Saône-et-Loire, trop content du récent ralliement de Lang à son idée de VIe République, n'a pas ménagé ses louanges : « Cher Jack, la gauche a besoin de toi pour troubler la ronde empesée des éléphants immobiles. » Assis sagement sur sa chaise, l'intéressé, costume noir et chemise blanche à col ouvert, ronronne de plaisir. Montebourg lui jette une belle brassée de roses : « La fin de la Ve République est programmée pour dans trois ans. Cher Jack, je suis heureux de te passer la parole pour que tu nous dises ce que tu veux faire... »

« Douste et Sarko, la guerre des Narcisse »

L'ancien ministre de la Culture de François Mitterrand plane jusqu'au micro. Et de donner à son tour dans ce qu'il appelle avec un sourire « l'autocongratulation mutuelle » : « Aujourd'hui, Arnaud incarne l'espérance de renouvellement. Et quel talent ! »
Mais, pour le reste, l'hôte du jour entend garder les pieds sur terre. Certes, il rêve, comme Hollande, Fabius, DSK ou Aubry, d'une candidature à l'Elysée en 2007, mais, pour cela, pas de précipitation : « Ne mettons pas la charrue devant les boeufs ! D'abord le projet, ensuite le candidat. Il serait inconvenant d'ouvrir prématurément le débat présidentiel. »
Ainsi, pendant une grosse demi-heure, Lang, agacé par les postures tactiques de tel ou tel à ce sujet brûlant, ne dira mot du futur référendum sur la Constitution européenne. Pas un mot, d'autant que Montebourg est, en plus, un fiévreux avocat du non. « C'était entendu avec lui, confie Lang. Sinon, il y aurait eu un effet Larsen. »
Devant un auditoire populaire, le député du Pas-de-Calais préfère pourfendre la droite au pouvoir plutôt que de décliner le thème de son dernier livre (« Un nouveau régime politique pour la France », Odile Jacob). Ses critiques envers Jacques Chirac (traité de « menteur ») n'en sont que plus acides : « Ce personnage qui ne répond de rien est à la tête d'un système impotent, incapable de rien résoudre. » Un pouvoir, selon lui, sourd aux messages émis par le peuple lors des dernières élections, où « la guerre des Narcisse, les Douste et Sarko », fait rage comme dans un « mauvais western de série B ».
Stigmatisant un « régime à bout de souffle », Lang assure avec gravité : « Ou ça change ou ça explose. » Et à quelques jours de la rentrée des classes, il lance un « SOS école en danger ». Dans son élan, sa langue fourche quand il en appelle à une conférence nationale pour augmenter « l'ensemble des salaires de 30 %... euh, non, 3 % ».
En contrepoint, il prône un « socialisme de rupture ». Lyrique, il termine par une envolée qui rappelle les années 1980 : « Nous ne recherchons pas le pouvoir pour le pouvoir, mais pour changer la vie, la société, le monde. » Un brin sceptique, une dame glisse à sa voisine : « C'est une sacrée affaire de changer le monde. C'est tellement mal parti... »

FRANGY-EN-BRESSE (SAONE-ET-LOIRE), HIER. Montebourg à Lang : « Cher Jack, la gauche a besoin de toi pour troubler la ronde empesée des éléphants immobiles. »
Philippe Martinat, Le Parisien, lundi 23 août 2004, p. 5

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(Juin 2005) Violente charge d'Arnaud Montebourg contre Nicolas Sarkozy

PARIS (Reuters) - Le député socialiste Arnaud Montebourg a mené une charge virulente contre Nicolas Sarkozy, l'accusant de "faire des institutions" de la République "l'instrument de son aventure personnelle".

Lors des questions d'actualité à l'Assemblée nationale, Arnaud Montebourg a cité des articles de presse selon lesquels le ministre de l'Intérieur aurait affirmé que son retour au gouvernement lui permettait "de se mettre à l'abri des coups tordus" qu'auraient pu monter contre lui le camp chiraquien et son prédécesseur place Beauvau, l'actuel Premier ministre Dominique de Villepin.

"Il faudrait que vous indiquiez à la représentation nationale qui, parmi vos propres collègues, membres de ce gouvernement, vos propres amis, entendrait vous faire tant de mal, à moins que ce ne soit le révélateur d'une psychologie fragile obsédée par le complot et pour tout dire préoccupante chez un homme qui entend faire des institutions l'instrument de son aventure personnelle", a assené le député PS.

"Etes vous devenu ministre pour affronter, traiter les problèmes collectifs des Français ou plutôt pour régler vos menus problèmes personnels ? En clair, gouvernez-vous pour la France ou gouvernez-vous plutôt pour vous-même, pour vous seul ?" a lancé Arnaud Montebourg.

Après un bref conciliabule avec Dominique de Villepin, Nicolas Sarkozy s'est emparé du micro pour affirmer qu'il n'avait "aucune leçon à recevoir" du député socialiste.

"Il y a une grande différence entre l'UMP et le Parti socialiste. Au Parti socialiste, quand on n'est pas d'accord avec M. Fabius, on l'exclut, on lui jette l'anathème, on l'insulte et on n'est pas capable de diriger ensemble", a lancé le ministre de l'Intérieur.

"A l'UMP, quand la situation exige le rassemblement, nous le faisons. C'est ce que nous avons fait avec Dominique de Villepin, c'est notre honneur, notre fierté et c'est la force de la majorité parlementaire", a-t-il ajouté.

"M. Montebourg", a déclaré Nicolas Sarkozy, "nous sommes nombreux à penser que, quand il y a des leçons de comportement politique à avoir, il faut choisir une autre adresse que la vôtre".

"Je suis président de l'UMP et ministre de l'Intérieur. Si vous connaissiez l'histoire de notre pays, vous sauriez que les partis politiques concourent à l'expression du suffrage universel et que, quand dans l'histoire de notre pays les responsables des partis politiques n'étaient pas au gouvernement, c'était un grave problème pour la démocratie parlementaire", a-t-il ajouté.
yahoo.fr, actualités, mardi 14 juin 2005, 16h30

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(Novembre 2005) Motion Hollande 56%, NPS 24%, motion Fabius 19% (PS, résultats partiels)

La motion Hollande a obtenu 56% des suffrages des militants socialistes, devançant nettement celle du Nouveau parti socialiste (autour de 24%) et la motion Fabius (autour de 19%), selon des résultats non définitifs communiqués par le PS.
Les deux autres motions, Utopia et la motion Bockel, ont obtenu ensemble "près de 2%", a précisé François Rebsamen, secrétaire national aux fédérations, au cours d'un point de presse.

Le résultat porte sur 80% des quelque 100.000 votes. Le PS compte 127.000 adhérents.
Ces résultats sont très proches des premières tendances rendues publiques dans la nuit.
M. Rebsamen a fait valoir que la motion Hollande "porte en elle un large rassemblement" au congrès du Mans.
Il a précisé que la motion Hollande disposait d'une "majorité assurée dans 44 fédérations" sur une centaine.

"Le PS sort renforcé avec une majorité confortée et stable. Cela va lui permettre de se mettre en ordre de marche et de présenter un projet mobilisateur en ayant au coeur et à coeur le rassemblement de la gauche", a-t-il dit.
yahoo.fr, actualités, AFP 10.11.05 | 12h36

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dimanche 20 novembre 2005, 9h10 Le PS se passe d'Arnaud Montebourg pour faire sa synthèse

LE MANS, Sarthe (Reuters) - Pour la première fois depuis vingt ans, le Parti socialiste est parvenu dans la nuit de samedi à dimanche à une "synthèse générale" entre ses différents courants.

L'accord, qui a été trouvé vers 3h30 du matin au Mans, permet au PS de présenter un visage uni à 17 mois de l'élection présidentielle et referme le chapitre des divergences et des querelles internes qui avaient éclaté dans la campagne sur le traité constitutionnel européen.

"Il y a maintenant un rassemblement de tous les socialistes", s'est réjoui dans la nuit glaciale François Hollande.

Mais l'alliance a été difficile à négocier, notamment avec le Nouveau Parti socialiste (NPS), dont le trio Montebourg-Peillon-Emmanuelli s'est désolidarisé sur la question de la VIe République.

"Il fallait que nous trouvions un dépassement de ce qui avait pu nous séparer et une union forte pour donner espoir aux Français, c'est fait", a poursuivi le premier secrétaire, l'un des premiers à sortir de la "commission des résolutions", réunie dans une annexe du Palais des congrès.

"Tous les socialistes ont fait preuve du meilleur des esprits: esprit de responsabilité face à la situation du pays, à l'attente qui est porté sur nous, au rassemblement de la gauche qui doit se faire autour de nous", a-t-il ajouté.

"C'est une très bonne nouvelle pour les socialistes", a renchéri Laurent Fabius. "Je crois que ce qui est important c'est que le Parti socialiste soit rassemblé et sur une ligne de gauche."

Après le vote des militants, la semaine dernière, le courant de l'ancien Premier ministre était devenu minoritaire parmi les minorités, un statut handicapant pour ce candidat à la candidature présidentielle.

LE NPS EN ORDRE DISPERSÉ

L'alliance a été largement plus difficile à vendre au NPS, dont les délégués ont réclamé plusieurs interruptions de séance pour débattre tout au long de la nuit.

Comme un présage, ses représentants étaient arrivés en ordre dispersé à la commission des résolutions. Henri Emmanuelli, Vincent Peillon et le porte-parole de NPS, Benoît Hamon en premier et sourire aux lèvres. Arnaud Montebourg loin derrière et seulement accompagné du maire de Ris-Orangis, Thierry Mandon.

Au final, au moins trois délégués NPS n'ont pas pris part au vote final: le député de la Nièvre, Christian Paul, Thierry Mandon et, surtout, Arnaud Montebourg, inventeur du concept de VIe République et grand perdant de la soirée.

Le texte adopté prône le passage à une "République nouvelle", de nature primo-ministérielle.

"Par loyauté à l'égard de notre parti, nous avons le choix de laisser la synthèse se faire (...) Nous nous interrogeons sur la crédibilité, la puissance, la dynamique contenues dans ce qui a été conçu ce soir", a déclaré le député de Saône-et-Loire visiblement très abattu.

"Tout le monde sait qu'Arnaud Montebourg accorde beaucoup d'importance à la VIe République mais il y a eu des progrès importants, suffisants pour qu'on estime collectivement qu'il fallait dire oui", a expliqué de son côté Vincent Peillon pour qui le rassemblement "n'est pas du tout de façade".

FABIUS DE RETOUR DANS LE JEU

Selon le député européen, le NPS a obtenu gain de cause sur 35 des 40 amendements qu'il avait déposés pour "enrichir" le programme de François Hollande, qui a recueilli la majorité des militants la semaine dernière.

Le courant a obtenu entre autres la revendication de l'instauration d'un tarif extérieur et d'un traité social européens, l'amélioration salariale par la loi, la suspension des licenciements boursiers et un engagement de François Hollande sur la rénovation du parti dont l'animation pourrait être confiée au NPS, a détaillé Benoît Hamon.

"Ce n'est par parce qu'il y a synthèse que le NPS disparaît. Le NPS vit et continuera à militer pour une VIe République", a-t-il insisté, coupant court aux rumeurs d'implosion d'un courant né à l'automne 2002.

Selon plusieurs participants à la réunion, les Fabiusiens n'ont obtenu gain de cause sur rien ou presque. Ni "opposition frontale" au gouvernement, ni refus de toute alliance avec le centre ne figureraient dans le texte de synthèse.

"On a eu les clarifications qui semblaient indispensables", notamment sur le respect du vote 'non' à la Constitution européenne, résume rapidement Jean-Luc Mélenchon, qui préfère s'inquiéter de la santé des journalistes ayant attendu l'issue des tractations dans des températures en dessous de zéro.

"Ils étaient prêts à faire la synthèse à n'importe quel prix", analyse une député hollandaise. On ignorait cependant dans l'immédiat si l'ex-numéro 2 du parti réintégrerait la direction, dont lui et ses proches ont été évincés en juin pour cause de campagne référendaire dissidente.

Les nominations au secrétariat national relèvent de l'unique compétence du premier secrétaire et François Hollande se trouve à la tête d'un camp où le retour "dans le jeu" de Laurent Fabius fait grincer beaucoup de dents de présidentiables.
yahoo.fr, actualités, dimanche 20 novembre 2005, 9h10

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dimanche 4 décembre 2005, 16h44 Arnaud Montebourg estime que Jacques Chirac aura "des comptes à rendre"

PARIS (AFP) - Le député socialiste Arnaud Montebourg a estimé dimanche (04 décembre 2005) que Jacques Chirac aurait "des comptes à rendre" lorsqu'il ne serait plus président de la République, qu'il ne pourrait alors plus bénéficier de "la tolérance totale" qu'il applique "pour lui même et les dignitaires du régime".

"C'est l'apôtre de la tolérance zéro, Jacques Chirac. En 2002, il a fait campagne sur l'insécurité. La tolérance zéro pour la société et la tolérance totale pour lui même et les dignitaires du régime", a déclaré M. Montebourg, interrogé dans le Vrai journal de Karl Zéro (Canal +).

Interrogé sur l'hypothèse que M. Chirac ne soit pas candidat à la présidentielle de 2007, M. Montebourg a déclaré notamment: "Il a des comptes à rendre, comme citoyen ordinaire, des actes qu'il a commis avant qu'il ne devienne président de la République."

"Je ne sais pas ce qu'il adviendra du citoyen Chirac. Nous sommes dans un système politique et judiciaire qui est un système qui ne fait pas le même sort au citoyen ordinaire et à quelques puissants qui fréquentent la puissance et même la richesse. Car aujourd'hui, on est impitoyable avec l'homme de la rue, et en revanche, on est extrêmement complaisant avec ceux qui disposent des moyens de se défendre", a-t-il ajouté.

M. Montebourg fut l'animateur en 2001 d'une campagne visant à amener le Parlement à se prononcer sur le renvoi devant la Haute Cour de Justice du président Chirac. Cette campagne prenait appui sur les procédures judiciaires concernant la gestion de Paris, dont le chef de l'Etat fut maire de 1977 à 1995.
yahoo.fr, actualités, dimanche 4 décembre 2005, 16h44

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06 avril 2006 Pour une VIe République »L'Est Républicain - 06/04/2006

« Pour une VIe République » Arnaud Montebourg appelle le PS à inclure le changement de Constitution dans son projet 2007.

- Y-a-t-il selon vous une crise de régime ?

- Oui, la crise sociale s'est transportée sur le terrain politique et institutionnel. C'est la confrontation du peuple souverain (notedt, quelques centaines de milliers de manifestants) avec une aristocratie gouvernante (notedt, la majorité de la représentation nationale) qui utilise les artifices autoritaires du système pour gouverner alors qu'elle n'a plus de soutien dans le pays. Cela crée les conditions délétères d'une situation quasi révolutionnaire.

- Est-ce pour autant la faute des institutions ?

- Les hommes ont peu de poids pour changer la force du système, qui repose sur des bases monarchiques, quelles que soient les alternances. Les pratiques ne sont pas de droite ou de gauche, elles ne sont pas induites par tel ou tel parti, elles sont induites par la violence inscrite dans la génétique du système politique français actuel qu'est la Ve République.

- En quoi la VIe République que vous proposez peut-elle être un remède ?

- Nous sommes nombreux à préconiser la VIe République : il y a tous les partis de gauche sauf le PS, mais au sein duquel je représente 20 %, il y a l'UDF, à droite. La question qui se pose, au delà des institutions, est celle de la démocratie, aussi importante que l'air qu'on respire. Les citoyens ont le sentiment qu'il n'y a plus de règles, qu'elles sont piétinées et qu'il n'y a plus que des rapports de force. D'où le sentiment de malaise et d'écoeurement. La VIe République doit être un régime équilibré avec un exécutif fort, répondant de ses actes et responsable devant le Parlement. Ce n'est pas le retour à la IVe. C'est au contraire un régime primo-ministériel, comme en Allemagne ou en Grande-Bretagne, avec un Premier ministre qui a tous les pouvoirs.

- N'était-ce pas le cas avec Dominique de Villepin ?

- Non, car il n'y a pas de contre pouvoir dans le système français. On ne peut pas gouverner contre un pays. Il ne peut pas y avoir dans un Etat de droit, dans un régime démocratique, de pouvoir sans qu'il y ait de contre pouvoir. Nous proposons la restauration d'un contre pouvoir avec un Parlement disposant de moyens d'actions sur le gouvernement, capable de le contrôler, en mesure aussi de pouvoir résister au viol permanent que constituent les ordonnances, le 49.3, les votes bloqués. Aujourd'hui, soit le Parlement renverse le gouvernement, soit il est contraint de tout accepter. Il n'y a pas de mesures intermédiaires. Il n'est pas possible par exemple d'interpeller un ministre, et de provoquer sa chute. Il est surtout nécessaire dans notre pays de construire un lieu de discussion pour établir des compromis sociaux, politiques qui n'existent plus aujourd'hui : c'est le Parlement.

« Reconstruire la confiance »

- Le moment est-il venu, comme le dit François Bayrou, de passer à la VIe République ?

- C'est à l'occasion des élections présidentielle et législatives qu'il faut ouvrir le débat. Je lance donc un appel au Parti socialiste, mon parti, pour qu'il propose dans son projet 2007 le passage à la VIe République. Afin de reconstruire la confiance aujourd'hui perdue.

- Hervé Morin de l'UDF appelle carrément à la démission de Jacques Chirac...

- Si on commence à vouloir la démission de tout le monde, il n'y aura bientôt plus personne. Villepin aussi, Borloo et Larcher qui viennent de violer la Constitution en recommandant de ne pas exécuter la loi... Le problème n'est pas d'accentuer la crise mais de se relever de la crise en donnant des perspectives constructives pour tous les Français.
L'Est Républicain - 06/04/2006, Propos recueillis par Michel VAGNER

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vendredi 12 mai 2006, 16h13 Arnaud Montebourg réunit les siens pour parler du "danger Sarkozy"

PARIS (AFP) - Le député PS de Saône-et-Loire Arnaud Montebourg réunit samedi (13 mi 2006) à Paris ses amis de "Rénover maintenant" pour une après-midi de débats sur le thème: "Menaces sur les libertés publiques: le danger Sarkozy".

Le responsable socialiste, membre de la commission qui prépare le projet du PS pour 2007, a fait du ministre de l'Intérieur et président de l'UMP sa tête de Turc, après avoir symbolisé la lutte anti-Chirac au début de la décennie en demandant en vain son renvoi devant la Haute Cour de Justice.
"Il ne faut pas hésiter à attaquer qui il convient d'attaquer", affirme Thierry Mandon, délégué général de "Rénover maintenant", mouvement que M. Montebourg, seule figure du parti à avoir refusé la synthèse du congrès du Mans en novembre dernier, a créé après son départ du courant "Nouveau Parti socialiste" fin 2005.

Action et déclarations de M. Sarkozy seront décortiquées par thèmes (justice, sécurité, immigration, médias) avec le concours d'avocats, de magistrats et de journalistes et d'un représentant de la Ligue des Droits de l'Homme.
Sur toutes ces questions, "le ministre de l'Intérieur joue un rôle-clé" et pratique "une politique démagogique", estime M. Mandon, maire de Ris-Orangis (Essonne).

Pour "Rénover maintenant", "dans la pratique administrative, voire dans des lois elles-mêmes, des libertés sont prises avec les libertés publiques, il faut le dénoncer et en faire l'inventaire".

Mais Arnaud Montebourg parlera aussi, pour la première fois, de l'élection présidentielle de 2007. Donné pour partant dans la course à l'investiture du PS pour l'Elysée, le jeune député "ne s'interdit rien", selon ses proches, et devrait le dire.

Avant de prendre sa décision, il a pris langue avec plusieurs présidentiables: après avoir rencontré Laurent Fabius et Ségolène Royal, il doit voir Lionel Jospin le 18 mai. "Il n'y a chez nous ni désir d'avenir, ni désir de revenir, mais désir de réfléchir", résume M. Mandon. Façon de dire qu'Arnaud Montebourg n'envisage de soutenir ni Ségolène Royal, ni Lionel Jospin.
Yahoo.fr, actualités, vendredi 12 mai 2006, 16h13

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jeudi 13 juillet 2006, 19h31 Montebourg renonce à disputer l'investiture pour 2007

PARIS (AFP) - Arnaud Montebourg a renoncé à disputer l'investiture du PS pour l'élection présidentielle de 2007, a-t-on appris jeudi auprès de Thierry Mandon, porte-parole de l'association "Rénover, maintenant" qu'anime le député de Saône-et-Loire.

Le chantre de la rénovation du PS n'est pas en mesure de réunir les 30 parrainages requis pour se présenter aux suffrages des militants, qui désigneront le candidat le 16 novembre (le 23 en cas de deuxième tour), a regretté M. Mandon, interrogé par l'AFP. Ces 30 parrainages doivent être apportés par autant de membres du Conseil national, le "parlement" du parti.

Arnaud Montebourg s'est fait connaître par ses combats pour le respect de la probité en politique. Il avait vainement tenté de faire comparaître le président Jacques Chirac devant la Haute cour de justice à propos de son rôle présumé dans l'affaire des HLM de la Ville de Paris.

Il avait encore affirmé le 1er juillet qu'il "avançait vers la perspective" de sa candidature et que cette option était "très sérieusement à l'étude".

Sont aujourd'hui candidats, déclarés ou probables, à l'investiture Ségolène Royal, Laurent Fabius, Jack Lang et Dominique Strauss-Kahn.

Arnaud Montebourg va s'exprimer "prochainement" à propos des candidatures socialistes à l'investiture, selon M. Mandon, maire de Ris-Orangis (Essonne).

"Rénover, maintenant" entend soutenir "la candidature qui saura articuler rénovation et ancrage à gauche", déclare le porte-parole de l'association sur le site internet de celle-ci. Une manière de dire que le candidat idéal serait une combinaison de ce qu'incarnent respectivement Ségolène Royal et Laurent Fabius.

"A cette étape du débat interne dans le parti, ajoute M. Mandon, il faut bien reconnaître qu'il n'y a pas de réponse claire portée par quelque candidat que ce soit" à la question de savoir comment combiner rénovation et ancrage à gauche.

Selon ce proche d'Arnaud Montebourg, le député bressan ne pouvait compter que sur 15 parrainages de membres du Conseil national et premiers secrétaires de fédérations départementales. "Cette représentation réduite est sans rapport avec la force militante qui a rejoint +Rénover, maintenant+ depuis décembre 2005", date de sa fondation.

M. Mandon dénonce la procédure des parrainages, qui vise selon lui à "interdire une fois de plus à la diversité dans le parti d'exister".

Arnaud Montebourg avait refusé de s'associer à la synthèse du congrès du Mans (novembre 2005) entre tous les courants du PS. Longtemps très critique à l'égard du projet du parti pour 2007, il lui avait finalement apporté son soutien le 1er juillet, après qu'il eut été "amélioré", selon lui.
Yahoo.fr, actualités,

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vendredi 14 juillet 2006, 13h16 Présidentielle: Arnaud Montebourg exprime sa préférence pour Ségolène Royal

PARIS (AFP) - Le député Arnaud Montebourg, qui dirige le courant "Rénover maintenant" au sein du PS, a exprimé vendredi sa préférence pour Ségolène Royal, paraissant ainsi préparer le terrain à un ralliement à la présidente de Poitou-Charentes pour la présidentielle de 2007.

"Je crois que Ségolène Royal incarne une part de la rénovation que nous portons (...) et qu'il est utile pour la victoire de nos idées, et celles de toute la gauche en 2007, de se préparer, dans le respect de ce qui nous tient à coeur, à travailler ensemble", a annoncé M. Montebourg, de Louhans (Saône-et-Loire).

Le député PS de ce département a ajouté que Mme Royal, qui est en tête des sondages pour l'investiture socialiste dans la course à l'Elysée, serait l'invitée d'honneur de la 34ème Fête de la Rose, le 20 août à Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire).

Premier secrétaire de la fédération PS départementale, M. Montebourg fait les invitations pour cette fête qui marque traditionnellement la rentrée politique du Parti socialiste, quelques jours avant l'université d'été de La Rochelle, fin août.

"C'est d'abord une invitation et ensuite une ouverture", a tenu à préciser le bouillant député en refusant d'évoquer pour l'instant un "ralliement", que certains dans son entourage annoncent comme immiment.

Le courant de Montebourg rassemble une demi-douzaine de députés, mais M. Montebourg assure représenter de "18 à 20% des socialistes", taux que contestent les représentants des autres courants et sensibilités.

Son cheval de bataille est l'avènement d'une 6ème République, alors que Ségolène Royal défend plutôt les mérites d'une décentralisation accrue.
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Yahoo.fr, actualités, vendredi 14 juillet 2006, 13h16

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dimanche 20 aout 2006, 19h41 Ségolène Royal propose une "nouvelle République"

FRANGY-EN-BRESSE (AP) - Ségolène Royal n'a pas attendu l'Université d'été du PS à La Rochelle pour prononcer un véritable discours programme en vue de la présidentielle 2007. A Frangy-en-Bresse, lors de la Fête de la Rose, la candidate à l'investiture socialiste a proposé dimanche une "nouvelle République".

"La bataille sera rude mais exaltante", a-t-elle prédit à huit mois de l'élection à l'Elysée. "Je lance ici à Frangy un appel au rassemblement de toutes celles et tous ceux qui veulent que ça change".

Fustigeant la "brutalité de la droite" et sa "confiscation du pouvoir", la présidente du conseil régional de Poitou-Charentes qui a assuré qu'"une autre France est possible".

Dans une litanie d'accusations contre la droite, Ségolène Royal, enjouée, a demandé "qui licencie pour doper le cours en bourse des actions", "qui considère les hommes et les femmes au travail comme de simples variables d'ajustement". Et la foule de scander, à son invitation: "c'est la droite". "C'est la droite qui précarise à tout va", a repris l'ancienne ministre.

A moins d'une semaine de l'université d'été du PS à La Rochelle, Ségolène Royal a fait sa rentrée en prononçant le discours de clôture de la Fête de la Rose, à Frangy-en-Bresse en Saône-et-Loire, où l'avait conviée Arnaud Montebourg. L'animateur du courant socialiste "Rénover maintenant" s'est rallié à elle il y a à peine un mois en expliquant qu'elle avait "les atouts" pour "rassembler", "renouveler" et "tenir les promesses de la gauche".

Après s'être excusée pour la "bousculade" provoquée par son arrivée, la favorite des sondages s'est inscrite dans une "lignée mitterrandienne", qu'elle entend "revisité(r)" et "actualisé(r)".

"Nous avons le devoir d'assurer l'unité des socialistes et le rassemblement de la gauche", a-t-elle expliqué, évoquant l'ancien président François Mitterrand. Sans l'unité, "rien n'est possible", a-t-elle noté, en insistant aussi sur "le courage requis pour une cause qui nous dépasse" et sur "la nécessité de mener des révolutions au sens de changement profond pour que la justice l'emporte sur les égoïsmes et sur les routines".

"C'est ainsi que je conçois l'exercice de la responsabilité politique et le rôle d'un chef de l'Etat", a-t-elle lancé avant de donner une leçon de politique étrangère.

"Si je suis en situation", a-t-elle promis, "la France aura une parole qui porte dans le monde, parce que notre pays assumera de manière exemplaire ses devoirs".

"Le premier facteur de déstabilisation du monde, c'est la misère", a analysé Ségolène Royal. "La recrudescence des inégalités nourrit le ressentiment, les haines nationalistes, les fièvres identitaires".

Elle a critiqué la politique étrangère américaine, notamment le "simplisme" de la théorie de l'Axe du mal. Elle a jugé que "les guerres préventives aggravent les problèmes": "il n'y a plus que George Bush pour penser que le monde est plus sûr depuis l'occupation de l'Irak".

A ses yeux, "la France n'a pas le droit de jouer un rôle effacé" mais, pour être entendue, elle "doit commencer à respecter ses obligations". Ségolène Royal a déploré le faible montant de l'aide que la France apporte aux pays en développement alors qu'elle est "particulièrement performante pour la vente d'armes aux dictatures". "Cela nous fait honte et il faudra changer cela", a-t-elle jugé.

"L'utopie réalisable de notre siècle, c'est que les pays pauvres et notamment l'Afrique, sortent de la misère grâce au co-développement", a ajouté la députée socialiste, en profitant pour fustiger "l'immigration choisie" voulue par le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy. "On irait piller la matière grise de ces pays après avoir pillé pendant des années et des années leurs matières premières", a-t-elle commenté. "C'est insupportable".

Puis, jugeant que "la République fonctionne mal", elle a proposé "une véritable révolution démocratique" pour construire la "République du respect". Sans suggérer immédiatement une VIe République, chère à Arnaud Montebourg, elle a prôné une "démocratie participative" qui donne "plus souvent la parole aux citoyens", avec une représentation des Français dans leur diversité, le respect de la parité et le non-cumul des mandats.

"Est-ce que cette réforme va conduire à une VIe République?" s'est-elle interrogée. "Faisons d'abord les choses et nommons-les ensuite". AP
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30.08.06 | 18h34 Ségolène Royal met son camp en ordre de bataille

Ségolène Royal forme son état-major de campagne. Mercredi 30 août, celle qui n'est encore formellement qu'une probable candidate à l'investiture du Parti socialiste pour l'élection présidentielle de 2007 explique : "Le débat monte, donc on s'organise."

Dans cette équipe, le député et avocat Arnaud Montebourg a été nommé porte-parole. A côté de lui, la présidente de la région Poitou-Charentes a précisé qu'il y aurait deux autres porte-parole, le député Jean-Louis Bianco, ancien ministre et ancien secrétaire général de l'Elysée, et le député européen Gilles Savary.

Cette "organisation", a-t-elle ajouté, comprendra "un conseil politique" d'une cinquantaine d'élus, environ 220 "personnes ressources" – syndicalistes, entrepreneurs, acteurs divers de la société civile – rassemblées en groupes de travail, et une équipe d'animation d'environ 40 personnes pour son site Internet Désirs d'avenir. Le "conseil politique" sera animé par le député de la Nièvre Gaëtan Gorce, le député et adjoint au maire de Paris Christophe Caresche, et Eugène Caselli, premier secrétaire de la fédération des Bouches-du-Rhône.

RESPECT DES DATES

La favorite socialiste des sondages a refusé d'annoncer officiellement ce mercredi sa candidature à l'investiture socialiste, ajoutant : "Je respecte les dates." Les candidatures pour la primaire socialiste seront ouvertes entre le 28 septembre et le 3 octobre, et les militants socialistes appelés à voter le 16 novembre, et le 23 pour un éventuel deuxième tour.

Répliquant aux critiques qui lui ont été adressées durant l'université d'été du PS à La Rochelle, l'accusant de fuir le débat avec les militants, Mme Royal a annoncé qu'elle organiserait désormais les réunions publiques de la manière suivante : "Un temps de discours et un temps de débat" avec l'assistance.
LEMONDE.FR Avec AFP | • Mis à jour le 31.08.06 | 11h37

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jeudi 31 aout 2006, 10h15 Arnaud Montebourg sort les griffes contre les compétiteurs de Ségolène Royal

PARIS (AP) - Bombardé mercredi porte-parole de campagne de Ségolène Royal, le député de Saône-et-Loire Arnaud Montebourg a sans attendre volé jeudi au secours de la candidate en renvoyant dans les cordes Laurent Fabius et Lionel Jospin, qui l'avaient sévèrement critiquée lors de l'Université d'été du PS à La Rochelle.

Les deux anciens Premiers ministres "feraient mieux (...) d'assumer le fait qu'ils appartiennent à une période dont il faut tourner la page", a-t-il taclé sur RTL en les renvoyant au passé, pour mieux souligner que Ségolène Royal incarne selon lui l'avenir.

S'en prenant à Lionel Jospin, Arnaud Montebourg a repris à son compte une citation de l'ancien Premier ministre en 2002: "la parole des femmes féconde la société. Présider autrement ne sera possible que lorsqu'une femme sera présidente de la République". Et d'ajouter, sévère: "Jospin n'a pas tiré les leçons du 21 avril 2002", date de son échec à la dernière présidentielle.

Le bouillant leader du courant socialiste "Rénover maintenant" a ensuite sorti les griffes contre Laurent Fabius, après que celui-ci eut lancé à l'attention de la députée des Deux-Sèvres: "je préfère dire 'voici mon projet' que 'mon projet c'est Voici'". Cette attaque était "déplacée, injustifiée, et en plus finalement destructrice de son propre auteur", a-t-il estimé. "Un socialiste ne peut pas s'exprimer de cette manière à l'égard d'un autre socialiste".

La Rochelle a été "un mauvais épisode pour tout le monde" car "à force de se disqualifier nous-mêmes", le risque existe de "servir les intérêts de la droite", a-t-il alerté. Face à cela, il a salué la volonté de Mme Royal de construire "une alliance politique entre toutes les forces du PS, ceux qui ont voté non, ceux qui ont voté oui". Elle "construit sur des bases nouvelles le rassemblement".
Yahoo.fr, actualités, jeudi 31 aout 2006, 10h15

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4 janvier 2006 Montebourg dénonce la fiscalité suisse au nom de Royal

Arnaud Montebourg relance la guerre contre les paradis fiscaux.

Réagissant à l'« exil fiscal » de Johnny­ Hallyday, le député PS de Saône-et-Loire, qui est aussi porte-parole de Ségolène Royal, a dénoncé, mardi, la délocalisation de sièges sociaux en Suisse pour échapper à l'impôt sur les sociétés.

Dans une tribune publiée dans Libération, il s'alarme des « pratiques prédatrices » de la Confédération helvétique.

Contre les paradis fiscaux situés en Europe, il prône la manière forte : « Ne vaudra-t-il pas assumer la confrontation inévitable avec ces territoires, comme le général de Gaulle sut le faire en décrétant en 1963 un blocus contre la principauté de Monaco ? »

En Suisse, les protestations ont été immédiates. Plusieurs responsables politiques ont contesté hier les attaques du député français même si le gouvernement suisse a préféré ne pas lui répondre. La tribune de Montebourg correspond-elle à la position de Royal ? « Le texte a été validé, il est assumé collectivement, il nous engage tous », assure le porte-parole, qui rappelle que le projet du PS prévoit d'interdire en Europe « les zones à fiscalité privilégiée comme le Luxembourg, la Suisse ou Monaco ».
Hier, dans l'entourage de Royal, on relativisait néanmoins en jugeant qu'Arnaud Montebourg s'était aussi exprimé à titre « personnel ».
Le Figaro, N. B.. Publié le 04 janvier 2007Actualisé le 04 janvier 2007 : 08h31

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mardi 2 janvier 2007, 14h15 Le chiffre officiel des voitures brûlées n'est pas honnête, dénonce le Parti socialiste

PARIS (AP) - Le porte-parole de la candidate socialiste Ségolène Royal Arnaud Montebourg a accusé mardi le ministère de l'Intérieur de ne pas "être dans l'honnêteté" dans sa communication sur le nombre des voitures incendiées lors de la nuit de la Saint-Sylvestre.

"Nous observons cette année qu'il n'y a pas de légère décrue. Nous devrions terminer l'année à 40.000 voitures brûlées", a affirmé Arnaud Montebourg sur Europe-1. "Le ministère de l'Intérieur, pour s'en sortir, est en train d'inventer une astuce où il sort des statistiques les voitures qui ont été brûlées par propagation."

La place Beauvau a en effet annoncé lundi que 313 voitures ont été incendiées et que 84 autres ont été brûlées par propagation. L'année précédente, 425 voitures avaient été brûlées dans la nuit de la Saint-Sylvestre. "Le ministère de l'Intérieur n'est pas dans l'honnêteté par rapport au préjudice subi", a dénoncé le député de Saône-et-Loire.

Selon Arnaud Montebourg, cette question est "très importante" car "elle renvoie à la question du bilan" de Nicolas Sarkozy. "Nous sommes dans un état de violence latente qui ne cesse pas" et le ministre de l'Intérieur enregistre "des résultats qui sont catastrophiques", a-t-il estimé. "C'est tout à fait préoccupant car ce monsieur demande davantage de pouvoirs et nous voyons que ses résultats (sont) très mauvais".

Nicolas Sarkozy, qui inaugurait mardi matin le nouveau stand de tir du RAID (recherche, assistance, intervention, dissuasion) à Bièvres dans l'Essonne, s'est dit "désolé que le Parti socialiste trouve que ça ne soit pas bien que les choses se soient bien passées".

"Il n'y a pas de nouvelle méthode comptable", a répondu le ministre de l'Intérieur devant la presse. "On a fait exactement la même chose", a-t-il assuré. "Par souci de précision, on donne les chiffres des voitures brûlées et des voitures brûlées par propagation parce que ça n'est pas exactement la même chose".

"Il n'y a pas eu de problème dans les trains, les TER, les métros, il n'y a pas eu d'affrontement avec les bandes. Oui, ça a été une nuit calme. Chacun devrait s'en réjouir", a conclu M. Sarkozy. AP
Yahoo.fr, actualités, mardi 2 janvier 2007, 14h15

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jeudi 18 janvier 2007, 16h09 Ségolène Royal suspend son porte-parole Arnaud Montebourg pour des propos sur Hollande

PARIS (AFP) - Arnaud Montebourg, un des porte-parole de Ségolène Royal, a été suspendu de ses fonctions jeudi après avoir raillé le compagnon de la candidate et numéro 1 socialiste François Hollande, dernier en date d'une série de "couacs" de campagne.
"Il est suspendu de ses fonctions, il ne parlera plus en mon nom pendant un mois", a déclaré Mme Royal, après que son remuant porte-parole eut annoncé lui avoir remis sa démission.
"Je lui ai dit que ses propos étaient déplacés. Je veux que mon porte-parole traite du fond", a-t-elle ajouté.

Mercredi soir sur Canal +, comme on lui demandait quels étaient les défauts de la candidate socialiste, Arnaud Montebourg avait répondu: "Ségolène Royal n'a qu'un seul défaut, c'est son compagnon", avant d'ajouter: "c'était pour rire".
Mme Royal a précisé que M. Montebourg est "maintenu dans le groupe de travail sur les institutions" du PS.

Le député de Saône-et-Loire avait auparavant annoncé avoir présenté des excuses à la candidate et à son compagnon, avec lequel il entretient des relations notoirement difficiles.
"Après les propos à vocation humoristique tenus hier soir sur le plateau du Grand journal de Canal+, et malheureusement mal interprétés, Arnaud Montebourg a présenté hier soir ses excuses à François Hollande et Ségolène Royal", avait-il fait savoir dans un communiqué.

"L'incident est clos", a réagi le Premier secrétaire, évoquant des propos "maladroits".
"Je souhaite que le rassemblement des socialistes se fasse dans les meilleures conditions, nous avons besoin de tous les socialistes, à quelque niveau que ce soit", a-t-il affirmé, alors que la campagne du PS traverse sa première passe difficile.

"Des incidents de campagne, on en aura d'autres, des deux côtés", a minimisé François Rebsamen, co-directeur de la campagne de Mme Royal, jugeant sur RTL que "ce n'est pas cela qui intéresse les Français".
"Il ne faut pas en tirer des conséquences hâtives", a souligné sur LCI Eric Besson, député de la Drôme.

Quant à Thomas Hollande, fils du couple Royal-Hollande, il a estimé que c'était un "avantage exceptionnel" pour la candidate d'avoir à ses côtés quelqu'un qui "rassemble le parti".

En baisse dans plusieurs récents sondages, et confrontée à des dissensions internes, notamment à la suite de propos du Premier secrétaire sur la fiscalité, Mme Royal avait récusé mercredi soir en meeting à Toulon tout "trou d'air" dans sa campagne, affirmant au contraire ressentir "un souffle d'air extraordinaire qui va nous porter vers la victoire".

La candidate, qui assure ne pas vouloir accélérer la phase actuelle de "débats participatifs" en dépit des critiques sur sa méthode de campagne, a en outre été confrontée à des rumeurs de tentative d'évasion fiscale sur l'ISF. Elle a dénoncé une "campagne de racailles" propagée par l'entourage de Nicolas Sarkozy, le candidat UMP plébiscité dimanche.

La droite n'a d'ailleurs pas tardé à se saisir du faux pas de M. Montebourg. Pour la députée sarkozyste Nadine Morano, ce dernier s'est "livré à un assassinat politique sur la personne du Premier secrétaire du PS". "Cela en dit long sur l'ambiance au PS".
"Quand il y a un trou d'air, ça n'est jamais bon signe quand le pilote de l'avion réagit en coupant des têtes dans son équipe", a déclaré un autre député UMP, Laurent Wauquiez.
"Le jeune élève Montebourg a un mois de colle", a ironisé le sarkozyste Dominique Paillé.
Yahoo.fr, actualités, Par Thomas MORFIN, jeudi 18 janvier 2007, 16h09

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mardi 13 février 2007, 12h10 Montebourg confirme le projet de taxe sur les "superprofits" des groupes pétroliers

PARIS (AP) - A la veille de la présentation des résultats annuels de Total, qui devrait annoncer d'importants bénéfices, le porte-parole de Ségolène Royal Arnaud Montebourg a rappelé mardi que le Parti socialiste entendait créer une taxe exceptionnelle sur les "superprofits" des compagnies pétrolières.

"C'est un point sur lequel le projet socialiste s'est déjà prononcé", a observé le député de Saône-et-Loire, interrogé sur RMC à propos de la mise en place de cette taxe. Les groupes pétroliers "ont une clientèle captive" et bénéficient d'une concurrence "très faible" et "d'un quasi-monopole sur les marchés", a-t-il justifié.

Selon l'UFC-Que Choisir, qui estime à près de quatre milliards d'euros entre 2003 et 2006 les "surprofits" réalisés par Total, "la nécessité de cette taxe ne fait que s'accroître". L'association de consommateurs conteste les affirmations de Total selon qui seulement 5% de ses profits sont réalisés en France et avance une estimation de 20%.

"D'un coté, les consommateurs font face à une explosion de leur facture pétrolière qui représente 33 milliards d'euros en 2006 contre près de 26 milliards d'euros en 2003, soit une augmentation annuelle de 267 euros par ménage", observe l'organisation de défense des consommateurs. "D'un autre coté, les groupes pétroliers ont vu leur profit doubler car l'augmentation du prix du baril leur a procuré une rente historique".

L'UFC affirme que cette rente n'a été "affectée que très partiellement à des investissements". "Entre 2002 et 2005, les profits de Total ont augmenté de 106% et les investissements de seulement 47%", dénonce l'association. "En réalité, Total a profité de la manne pour valoriser toujours plus ses actionnaires".

Elle propose la mise en place d'une "taxe exceptionnelle d'un milliard d'euros par an pendant cinq ans sur les profits pétroliers déclarés en France". Cette taxe devrait selon elle représenter chaque année un prélèvement de moins de 10% sur les profits mondiaux de Total. Elle contribuerait "au financement d'un plan Marshall pétrole" pour diminuer la dépendance des consommateurs au pétrole et contribuer aux objectifs du développement durable. AP
Yahoo.fr, actualités, mardi 13 février 2007, 12h10

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mardi 13 février 2007, 12h10 Montebourg confirme le projet de taxe sur les "superprofits" des groupes pétroliers

PARIS (AP) - A la veille de la présentation des résultats annuels de Total, qui devrait annoncer d'importants bénéfices, le porte-parole de Ségolène Royal Arnaud Montebourg a rappelé mardi que le Parti socialiste entendait créer une taxe exceptionnelle sur les "superprofits" des compagnies pétrolières.

"C'est un point sur lequel le projet socialiste s'est déjà prononcé", a observé le député de Saône-et-Loire, interrogé sur RMC à propos de la mise en place de cette taxe. Les groupes pétroliers "ont une clientèle captive" et bénéficient d'une concurrence "très faible" et "d'un quasi-monopole sur les marchés", a-t-il justifié.

Selon l'UFC-Que Choisir, qui estime à près de quatre milliards d'euros entre 2003 et 2006 les "surprofits" réalisés par Total, "la nécessité de cette taxe ne fait que s'accroître". L'association de consommateurs conteste les affirmations de Total selon qui seulement 5% de ses profits sont réalisés en France et avance une estimation de 20%.

"D'un coté, les consommateurs font face à une explosion de leur facture pétrolière qui représente 33 milliards d'euros en 2006 contre près de 26 milliards d'euros en 2003, soit une augmentation annuelle de 267 euros par ménage", observe l'organisation de défense des consommateurs. "D'un autre coté, les groupes pétroliers ont vu leur profit doubler car l'augmentation du prix du baril leur a procuré une rente historique".

L'UFC affirme que cette rente n'a été "affectée que très partiellement à des investissements". "Entre 2002 et 2005, les profits de Total ont augmenté de 106% et les investissements de seulement 47%", dénonce l'association. "En réalité, Total a profité de la manne pour valoriser toujours plus ses actionnaires".

Elle propose la mise en place d'une "taxe exceptionnelle d'un milliard d'euros par an pendant cinq ans sur les profits pétroliers déclarés en France". Cette taxe devrait selon elle représenter chaque année un prélèvement de moins de 10% sur les profits mondiaux de Total. Elle contribuerait "au financement d'un plan Marshall pétrole" pour diminuer la dépendance des consommateurs au pétrole et contribuer aux objectifs du développement durable. AP
Yahoo.fr, actualités, mardi 13 février 2007, 12h10

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RESULTATS DES ELECTIONS LEGISLATIVES DIMANCHE 17 JUIN 2007 SAONE ET LOIRE (71) -- 6ème circonscription (résultats officiels)

Nombre % Inscrits
Inscrits 85 141 100,00
Abstentions 25 627 30,10
Votants 59 514 69,90

Nombre % Votants
Blancs ou nuls 1 188 2,00
Exprimés 58 326 98,00

Nuance Voix % Exprimés
M. Arnaud DANJEAN Union pour un Mouvement Populaire 28 965 49,66
M. Arnaud MONTEBOURG (ELU) Socialiste 29 361 50,34

RAPPEL DES RESULTATS 1er tour DIMANCHE 10 JUIN 2007

Nombre % Inscrits Inscrits 85 152 100,00
Abstentions 29 835 35,04
Votants 55 317 64,96

Nombre % Votants
Blancs ou nuls 899 1,63
Exprimés 54 418 98,37

Nuance Voix % Exprimés
M. Arnaud DANJEAN Union pour un Mouvement Populaire 23 917 43,95
M. Eric MICHOUX UDF-Mouvement Démocrate 2 495 4,58
M. Guy COULON Communiste 1 046 1,92
Mme Monique FAURE-LAFONT Front national 1 586 2,91
Mme Christine DE HENNEZEL Mouvement pour la France 548 1,01
M. Arnaud MONTEBOURG Socialiste 22 512 41,37
M. Claude MENANCY Ecologiste 437 0,80
Mme Nicole BEURIER Extrême droite 248 0,46
M. Stéphane POURNIN Extrême gauche 288 0,53
Mme Annick MINNAERT Les Verts 665 1,22
M. Fabien DUBOIS Extrême gauche 676 1,24

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Arnaud Montebourg rénove... la fête de Frangy
Les rénovateurs du PS étaient réunis hier en Saône-et-Loire.
Par David Revault d’Allonnes, Libération, QUOTIDIEN : lundi 27 août 2007, p. 7

Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire) envoyé spécial
C’est le dernier «coup» d’Arnaud Montebourg.

Alors que le PS n’a plus que le mot «rénovation» à la bouche, et que celle-ci semble devenir le nouveau terrain de compétition de socialistes essentiellement soucieux, pour beaucoup, de la conduire, le bouillant député de Saône-et-Loire a marqué un point, hier à l’occasion de la Fête de la Rose de Frangy.

Au moins en images. Surtout en images ?
Après Ségolène Royal, en 2006, son ancien porte-parole, qui invite traditionnellement une personnalité en vue du PS, l’a joué cette année très œcuménique. Ses invités ? Le fabiusien Philippe Martin, la strauss-kahnienne Sandrine Mazetier, la royaliste Aurélie Filipetti, et les «rénovateurs» Manuel Valls et Gaëtan Gorce.

«Totems».

Bien sûr, «on n’est pas d’accord sur tout», précise Gaëtan Gorce. Mais peu importe : «Donnons-nous la main et causons, explique Montebourg. Les écuries ont fait beaucoup de mal au PS. Elles nous ont empêchés de nous réunifier. C’est pas pour en reconstituer…» «Ce qui m’inquiète, c’est la préparation d’un congrès qui se ferait sur des bases traditionnelles, dit Manuel Valls. Il faut changer nos règles, nos modes d’élection, peut-être introduire une part de scrutin majoritaire.» Jusqu’à évoquer un changement de nom du parti. «Les instances sont délégitimées, elles reposent sur une ancienne formule», abonde Montebourg, soucieux d’en finir avec «les tabous et les totems».

L’analyse, certes, débute à peine. Mais à défaut de s’allonger sur le divan, ses invités d’hier se sont assis côte à côte, et ont déjeuné ensemble.
Sur le rebord d’une fenêtre, une photo de Ségolène Royal. Au lendemain de la rentrée politique de cette dernière, il se dit qu’elle souhaitait venir à Frangy, mais que Montebourg aurait esquivé.
«Racontars», évacue prestement son ancien porte-parole, qui résume sa nouvelle position par rapport à l’ancienne candidate : «Fidélité, amitié et liberté de parole.» «Ni alignement pur et simple, ni marginalisation, ajoute Gaëtan Gorce. Elle n’a pas à porter seule la rénovation. La démarche doit être collective.» Ne plus être derrière, donc, plutôt à côté.

«Autorité».

Les idées de Royal, en revanche, sont bien là, dans les discours.
Valls par exemple, en appelle à «cesser de culpabiliser et s’affranchir des oripeaux gauchistes», préconise, sur l’immigration, de «sortir d’un discours militant et compassionnel qui relève en fait de l’irresponsabilité». Et le maire d’Evry de déplorer que «le travail, le mérite, l’ordre, l’autorité sont devenus aux yeux de nos concitoyens, des valeurs de droite».

Montebourg s’en est pris, lui, à «l’organisation actuelle de l’Education nationale, bureaucratique et centralisée», et a recommandé «de se réconcilier avec l’entreprise». Le député de Saône-et-Loire, un peu plus tôt, avait prévenu : «On est sur la tabula rasa. L’année zéro.»

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Le député PS Arnaud Montebourg élu à la tête du conseil général de Saône-et-Loire
AFP - Jeudi 20 mars, 12h12MACON (AFP) -

Le député PS de la 6e circonscription de Saône-et-Loire Arnaud Montebourg, a été élu jeudi à la tête du conseil général du département, succédant au député socialiste Christophe Sirugue, avec 38 voix sur 57.

M. Montebourg, qui avait ravi à la droite le canton de Montret au 1er tour des élections le 9 mars, a remporté la présidence de l'assemblée départementale qu'il intègre pour la première fois, avec 38 voix contre une voix chacun pour ses adversaires Alain Gautheron (UMP) et Alain Gilet (DVD) et 17 votes blancs.

Le nouveau président a déclaré à l'issue de son élection que sa première décision serait de "confier la présidence de la commission des finances à l'opposition", qui a accepté la proposition.

Le président-sortant PS Christophe Sirugue, élu au premier tour des élections municipales à Châlon-sur-Saône, avait indiqué qu'il abandonnait son siège à M. Montebourg.

La gauche, qui avait mis fin dimanche dernier à un quart de siècle de domination de la droite à Chalon-sur-Saône, avait également confirmé sa poussée en Saône-et-Loire en enlevant six nouveaux sièges au conseil général.

Arnaud Montebourg, 44 ans, avocat et diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris, est député de la 6e circonscription de Saône-et-Loire depuis 1997. En 2002, il l'avait emporté avec plus de 55% des voix au second tour.

Ancien porte-parole de la candidate socialiste à l'élection présidentielle en 2007, M. Montebourg est le leader du courant Rénover Maintenant et fondateur de la convention pour la 6e République.

Il est marié et père de deux enfants.

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Parti socialiste: une direction à peine resserrée et bien verrouillée AP | 06.12.2008 | 17:33

Présenté samedi par Martine Aubry, le nouveau secrétariat national du PS, constitué des seuls amis de Martine Aubry, Bertrand Delanoë et Benoît Hamon, fait une large place aux alliés de la Première secrétaire.

Contrairement aux promesses de la nouvelle Première secrétaire, le nouveau gouvernement du PS, constitué de deux pôles (secrétaires thématiques et de responsables de l'organisation), est à peine resserré, puisqu'il compte 38 membres, contre une quarantaine à l'époque de François Hollande. Une vingtaine de secrétaires nationaux adjoints s'y ajouteront dans les prochaines semaines, a précisé Martine Aubry. Le total sera donc largement inférieur aux 160 membres de la pléthorique direction sortante, mais loin des promesses des aubrystes d'un gouvernement d'une vingtaine de membres.

Le nouveau secrétariat national respecte en revanche totalement la parité hommes-femmes, et compte 20% de représentants des "minorités visibles". Il comporte "60% de nouveaux visages et 40% de moins de 40 ans", a calculé la Première secrétaire.

Symbole de ce renouvellement, le jeune député européen Benoît Hamon, révélation du congrès de Reims, sera le porte-parole du parti. L'ancien leader étudiant Bruno Julliard s'occupera de l'éducation, l'ex porte-parole de "Sauvons la recherche" Bertrand Monthubert suivra les questions de recherche.

Parmi les responsables issus de l'immigration, Farida Bouadaoud suivra le mouvement associatif, Cécile Ha Minh Tu les transports, Sibeth N'Diaye la petite enfance. La socialistes hongroise Zita Gurmai veillera aux droits des femmes.

Mais derrière ce message de rénovation, les caciques de la rue de Solférino contrôlent les postes-clés. Bras droit de Martine Aubry, François Lamy sera conseiller politique auprès de la Première secrétaire, chargé de la communication. Le fabiusien Claude Bartolone et le strauss-kahnien Jean-Christophe Cambadélis, les deux artisans du rassemblement des "reconstructeurs", premiers soutiens de la nouvelle Première secrétaire, s'occuperont des relations extérieures et de l'international. Le delanoïste Harlem Désir est chargé de la coordination, le strauss-kahnien Christophe Borgel des secteurs-clés des fédérations et des élections.

Arnaud Montebourg, autre membre fondateur des reconstructeurs, sera chargé d'organiser les assises de la rénovation promise par Martine Aubry. Son ami Christian Paul présidera le "laboratoire des idées" nouvellement créé. Marylise Lebranchu, amie personnelle de la Première secrétaire, s'occupera du Forum des territoires, autre création de la nouvelle Première secrétaire. Elisabeth Guigou suivra la réforme de l'Etat.

Les aubrystes représentent la moitié du secrétariat national, les amis de Bertrand Delanoë et de Benoît Hamon se partageant les autres postes. AP

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Pérol : Montebourg charge Fouquet AFP 27/02/2009 | Mise à jour : 17:05 |

Arnaud Montebourg (PS) a sévèrement mis en cause le président de la commission de déontologie, Olivier Fouquet, l'accusant d'"aveuglement volontaire", à propos de la nomination de François Pérol, qui constitue, selon lui, une "prise illégale d'intérêt".

Selon le responsable socialiste, M. Fouquet a adressé sur sa "seule initiative" à Nicolas Sarkozy, une lettre "qui viole les prescriptions de la loi relative au fonctionnement de la commission de déontologie" dans laquelle "il exonère de tout contrôle la nomination du secrétaire général adjoint de l'Elysée", M. Pérol, à la tête de l'ensemble Caisse d'épargne-Banque populaire.

La lettre de M. Fouquet, écrit M. Montebourg dans un communiqué, "refuse de voir, avec une incroyable complaisance, les dispositions du code pénal qui interdisent la prise illégale d'intérêt que la nomination de Monsieur Francois Pérol constitue sans contestation possible".

M. Fouquet, ajoute-t-il, "a reconnu publiquement qu'il ne connaissait pas le degré d'implication de M. Pérol dans la fusion Caisse d'épargne-Banque populaire". "L'opposition parlementaire tient à sa disposition les multiples preuves de ce que l'aveuglement volontaire du président Fouquet semble empêcher d'apercevoir", note le député de Saône-et-Loire.

Le responsable socialiste pose plusieurs questions : "Quelles pressions a subies" M. Fouquet, "quelles promesses aurait-il éventuellement reçues?", et "a-t-il dissimulé à l'opinion publique, un engagement politique partisan?"

"Il serait utile" qu'il "s'explique publiquement sur ces agissements qui laissent libre cours aux abus de pouvoir du régime sarkozyste?", et s'il le faut "il sera nécessaire qu'il s'explique devant des membres de la représentation nationale", ajoute M. Montebourg.

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François Pérol, secrétaire général adjoint de l'Elysée Odile Benyahia-Kouider Challenges.fr 17 janvier 2009

La séance photo s''annonce déjà comme une torture. François Pérol, le secrétaire général adjoint de l''Elysée, révéré pour son calme olympien, déchiquette le bouchon de sa bouteille d''Evian.
Non, il ne veut pas faire de photos ailleurs que dans son bureau. Et tant pis si celui-ci n'a rien d''élyséen ! «Les ors de la République, ce n'est pas mon truc. Ce n'est pas moi !» s'agace-t-il en parcourant son bureau, au deuxième étage de l'Elysée, côté jardin.
Sur les rares photos publiées de lui, le conseiller économique de Nicolas Sarkozy a l'air triste à mourir.

Ardeur au travail

Costume gris, cheveux gris... allure typique du haut fonctionnaire, certes brillantissime, mais auquel quinze années passées à l''ombre de Bercy ont donné un teint blafard.
Pourtant, ce personnage secret cache un sacré tempérament. Bon coup de fourchette, amateur de grands vins, imitateur hors pair... L'homme, un des plus puissants de la garde rapprochée du président, n'hésite pas à pousser la chansonnette pour chasser le stress.

Dans l''actuel régime néo-présidentiel, ce travailleur infatigable est devenu l''homme-clé des grands dossiers économiques. Tantôt alchimiste du pouvoir d''achat. Tantôt plombier des finances publiques. Tantôt orfèvre en montage financier.

Le couloir qui mène à son bureau s''est transformé en salle d''attente des PDG du CAC 40. Après avoir oeuvré pour la simplification des organes de gouvernance d''EADS, et pour un rapprochement Suez-GDF, l''ancien banquier de chez Rothschild prépare la refonte de la filière nucléaire autour d''Areva... De quoi attiser la curiosité des médias.

Contrairement à Henri Guaino, la plume du président, avec lequel il ferraille souvent, et au secrétaire général de l''Elysée, Claude Guéant, son mentor en Sarkozie, François Pérol n''a pas encore vraiment goûté aux joies de la médiatisation. D''aucuns diraient même qu''il cherche encore sa vraie place dans un cabinet de stars.
Proche de Guéant, «un homme profondément humain, tout en étant très ferme», auquel il accorde «une confiance absolue», Pérol s''entend aussi très bien avec le conseiller social, Raymond Soubie, son voisin de palier.

En revanche, avec Henri Guaino, la rivalité est frontale. Au point que, dans le dossier Gaz de France-Suez, le président de la République a dû demander à ses conseillers de cesser de se quereller. Guaino plaidait pour un mariage EDF-GDF, quand Pérol s''évertuait à expliquer qu''il n''y avait que deux solutions possibles. Soit GDF restait célibataire, soit il fallait une union Gaz de France-Suez. C''est lui qui a gagné, ce mariage a obtenu la préférence du président.

En public, François Pérol dément bien sûr toute dissension avec la plume du président, lequel «aime s''entourer de gens différents». Mais, en privé, il lève les yeux au ciel et se laisse même aller, auprès de ses intimes, à un «Quel emmerdeur, ce Guaino !» De tempéraments radicalement opposés, les deux hommes sont aussi éloignés sur le plan idéologique. Guaino est un gaulliste social et partisan du non à Maastricht, quand Pérol est un vrai libéral. Avocat de l''efficience absolue des marchés, il s''est converti au dirigisme avec le sauvetage d''Alstom.

Tout comme Nicolas Sarkozy, François Pérol n''a pas de doctrine économique précise. Dévoilera-t-il les qualités d''un Jacques Rueff, artisan des réformes économiques du général de Gaulle ? Beaucoup en doutent. «François Pérol est un agent d ''exécution, qui ne cherche pas à sortir du rôle qui lui est dévolu, à savoir apporter des solutions techniques au président», estime un financier très proche de Nicolas Sarkozy. «R est très efficace, mais n''a aucune autonomie de pensée.»

Goût du pouvoir

François Pérol rassure le chef de l''Etat par ses compétences techniques, son sens stratégique, sa modestie et sa gentillesse. Il instruit les dossiers en présentant l''éventail des solutions. Mais ne se substitue pas au président.
«Il faut faire attention de ne pas tomber dans son système, souligne toutefois un patron français qui le connaît bien. François suscite une empathie immédiate, mais il s''engage peu. Il donne ainsi le sentiment à son interlocuteur qu''il suscite son adhésion, alors qu''il n''en est rien.»

Novice en politique, le secrétaire général adjoint de l''Elysée n''est pas dénué d''ambition pour autant. Si d''aventure Henri Guaino venait à tomber en disgrâce, François Pérol, pourrait voir son influence sur le président augmenter. Comment expliquer, sinon par un réel goût du pouvoir, l''énorme sacrifice financier auquel il a consenti, en revenant servir l''Etat ?

Comme des dizaines d''inspecteurs des finances avant lui, François Pérol s''est laissé tenter par le grand capital. Pas n''importe où. Chez Rothschild, temple de la finance, où il a fait des mégadeals (notamment la création de Natixis) et gagné des millions.
Ses deux années dans la haute finance lui auront au moins permis de financer son divorce (cinq enfants d''un premier mariage dont l''aîné a 17 ans). Il a une petite fille d''une seconde union avec une jeune femme (qui a elle-même deux enfants) et s''est posé au Quartier latin, dans un grand appartement loué (il possède seulement un chalet dans la vallée de la Tarentaise).

Ce «rétro-pantoufleur», qui a abandonné un job en or pour re-servir l''Etat à 10000 euros par mois, refuse pourtant de délivrer un grand discours sur la «mission de service public». D''abord parce qu''il n''aime pas le terme «mission». Contrairement aux apparences (sa prévenance, sa modestie, sa grande famille), il n''est pas catho pour un sou.
«Je suis là parce que le président me l''a demandé», assène-t-il. Un samedi matin, avant le second tour, Claude Guéant s''est rendu au siège de la banque Rothschild, avenue de Messine, pour lui proposer le poste. «Refuser n''aurait pas été cohérent, expliquet-il. Je ne pouvais pas, d''un côté, dire combien j''ai d''estime, de respect et d''admiration pour Nicolas Sarkozy et, de l''autre, continuer à faire de l''argent chez Rothschild.»

L''engagement en politique

A l''origine, ce Bourguignon natif du Creusot n''était pas programmé pour s''engager à ce point en politique. Il aurait dû être médecin comme son père, aujourd''hui retraité de l''HôtelDieu, ou comme ses quatre frères et soeurs. Mais le secrétaire général adjoint de l''Elysée n''est pas classique. Il aime le moderne, comme en témoignent les tableaux de Niki de Saint Phalle qui ornent son bureau et dont il offre une lecture à la cantonade : «Then I will be a fantastic monument for your tomb... and then I will forget you» («alors je serai un fantastique monument pour votre tombe... et alors je vous oublierai»).

François Pérol a un immense sens de la dérision et n''aime pas s''ennuyer. En plus de HEC et Sciences-Po, il a fait l''ENA, dont il est sorti major. Il a choisi l''inspection générale des finances, trouvant cela «plus vivant» que les autres grands corps. Au Comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri), il a tâté de la microéconomie en s''occupant des petites sociétés en difficulté. Au Club de Paris, il a touché à la macroéconomie avec le rééchelonnement de la dette des grands pays créanciers. Parcours qui conduisait tout droit au poste de directeur du Trésor.

Le coup de foudre

Mais son destin politique a basculé en 2004, quand Nicolas Sarkozy, propulsé ministre de l''Economie, décide de garder le directeur adjoint du cabinet de son prédécesseur Francis Mer. Un vrai coup de foudre. D''ailleurs, François Pérol aime tant son patron qu''il l''imite à la perfection. Le tout est de le convaincre d''en faire la démonstration. A force d''insistance, il cède. Il se chauffe d''abord la voix avec Valéry Giscard d''Estaing (pas mal), poursuit avec Jacques Chirac (très bien) et Edouard Balladur (excellent).
Mais on veut entendre son imitation de «Sarko». «Bon alors, vous allez bien ? Vous êtes contente ? Tout se passe comme vous voulez ?» D''un coup, le fantôme du président apparaît. Du pur Nicolas Canteloup. Le plus drôle, c''est que Pérol a fait des émules. Il n''est pas rare que lui et Stéphane Richard, le directeur de cabinet de Christine Lagarde, empruntent la voix de Nicolas Sarkozy, lors de leurs échanges téléphoniques quotidiens.

Les huit mois à Bercy au côté de Nicolas Sarkozy ont transformé François Pérol en fidèle parmi les fidèles. En quittant le ministère de l''Economie en 2004, il a pris sa carte de l''UMP. «C''était cohérent, c''était le parti du futur président», dit-il. Cohérent ? Ses camarades de Sciences-Po évoquent les «penchants rocardiens de François». Moue de l''intéressé. «Je n''aurais jamais pu travailler dans un cabinet de gauche parce que l''idée de liberté, de responsabilité, et l''esprit d''initiative sont, au fond, mieux portés par la droite que par la gauche.»

Il veut bien admettre que l''époque des grandes privatisations, sous le règne de Dominique Stauss-Kahn et de Laurent Fabius, était palpitante. Mais rien, comparé à son expérience dans les cabinets de droite. 2003 fut une année horrible pour la croissance et les entreprises. Année de la quasi-faillite d''Alcatel, de Bull, d''Alstom et de France Télécom, où François Pérol, contre l''avis du Trésor, a empêché une augmentation de capital massive. Et où il a convaincu Francis Mer de pousser son PDG, Michel Bon, à partir. Il a aussi mis fin au cauchemar Executive Life, cette compagnie d''assurances californienne indûment achetée par le Crédit lyonnais, en se déplaçant aux Etats-Unis à ses risques et périls pour négocier avec la justice américaine.

Le sauvetage d''Alstom

Mais son plus haut fait d''armes restera le règlement de l''affaire Alstom. C''est là qu''il a scellé sa relation avec Nicolas Sarkozy. Et acquis une certaine aura auprès de ceux qui ont participé au sauvetage du groupe. Il faut les entendre évoquer avec des trémolos dans la voix les qualités de négociateur acharné de François Pérol, qui a bataillé avec la Commission européenne. Et ses soirées passées à errer dans un hôtel bruxellois à la recherche d''une chemise neuve parce que le directeur adjoint du cabinet de Nicolas Sarkozy était parti le matin sans valise, pensant revenir le soir. Durant cette période, il s''est fait beaucoup d''amis.

Un avenir en entreprise

Tous lui prédisent un brillant avenir. Plutôt à la tête d''une grande entreprise, publique ou privée, qu''en tant que ministre. L''homme n''est pas du genre à se laisser griser par le pouvoir. Mais saura-t-il garder assez de distance pour ne pas être affecté par le syndrome du conseiller de l''empereur chinois enfermé dans son palais ?

Depuis qu''il a emménagé à l''Elysée, François Pérol a élargi son répertoire. Ainsi, il ne chante plus seulement Dalida («Il venait d''avoir 18 ans...»), il fredonne aussi Relax, Take it Easy, de Mica. Et dans les grandes occasions, comme le dernier sommet franco-italien de Nice, il accompagne le président dans un endiablé Champs-Elysées sous le regard ébahi de Romano Prodi. «Je m''baladais sur l''avenue le coeur ouvert à l''inconnu/J''avais envie de dire bonjour à n''importe qui/N''importe qui et ce fut toi...» La chanson doit avoir des fonctions cathartiques.

Ce qu''ils disent de lui

Henri Guaino, plume du président : «II est comme il est, je suis comme je suis. Je le trouve parfois trop indulgent avec Bercy. Mais nous sommes d''accord sur certains sujets, comme le pouvoir d''achat.»

Claude Guéant, secrétaire général de l''Elysée : «C''est un orfèvre en matière de montage financier. Au fil du temps, il a su prendre une densité politique.»

Patrick Kron, PDG d''Alstom : «Dans le dossier Alstom, il a montré beaucoup d''imagination face aux difficultés qui s''empilaient.»

Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d''Etat aux Affaires européennes : «Nicolas Sarkozy sait reconnaître les talents. François est d''une distinction, d''une courtoisie et d''une élégance parfaites. Il apporte au président calme et sérénité.»

Baudouin Prot, BNP Paribas : «C''est un être normal, sain. Il a du sens pratique et une grande aptitude au travail en équipe.»

François Henrot, patron de Rothschild Paris : «C''est un remarquable accoucheur de décisions, mais ce n''est pas un manipulateur. Il est très respectueux du pouvoir politique.»

Nicolas Théry, ancien membre du cabinet de Dominique Strauss-Kahn : «François Pérol est trop malin et trop équilibré pour se prendre pour le messie. En bon montagnard, il sait qu''il vaut mieux faire un pas après l''autre plutôt que de lancer de grands plans.»

Il aime. Une saga moscovite, de Vassili Axionov.Les marches en montagne.La vérité si je mens ! et Gilbert Melki.Le pigeon Rainier III du Grand Vefour.Le gevrey chambertin et Aloxe-Corton.

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27.02.2009 | 19:45 Pérol à la tête des mutualistes : la polémique continue

Justifications de la commission de déontologie, succession de François Pérol à l'Elysée, officialisation du rapprochement… Le point sur les évènements des dernières heures autour du mariage Banques Populaires/Caisses d'Epargne.

La polémique sur Pérol continue. Après la nomination de François Pérol à la tête des Caisses d'Epargne et des Banques Populaires, dont il dirigera bientôt le futur organe central, la polémique continue.
Pour le PS, Michel Sapin a ainsi pointé une "irresponsabilité grave" et un "abus de pouvoir", tandis que, du côté de l'Elysée, Henri Guaino a défendu son collègue, avec qui il a souvent ferraillé. Selon lui, ce débat est complètement "fou" et François Pérol est le "meilleur candidat".

Olivier Fouquet s'explique.
Après la tempête médiatique provoquée par les propos de Nicolas Sarkozy mardi -le chef de l'Etat avait, depuis Rome, fait part d'un avis favorable à la nomination de François Pérol-, le président de la commission de déontologie a déclaré sur LePoint.fr que cette nomination ne posait pas de problème s'il était uniquement intervenu dans le dossier en tant que conseiller, dépourvu de "délégation de signature".

Selon lui, "visiblement, le Président n'a pas tout compris" à la lettre qu'il lui avait envoyée pour rappeler la jurisprudence, la prenant par erreur pour un véritable avis de la commission, "et ses propos ont déclenché une tempête médiatique". Tempête qui a continué vendredi, Arnaud Montebourg (PS) accusant Olivier Fouquet de "violer les prescriptions de la loi relative au fonctionnement de la commission de déontologie".

Musca succède officiellement à Pérol. Le directeur du Trésor, Xavier Musca, a été nommé secrétaire général adjoint à la présidence de la République en remplacement de François Pérol, aux termes de deux arrêtés publiés au Journal Officiel vendredi.

Le rapprochement officialisé.
Les Caisses d'Epargne et les Banques Populaires ont officialisé jeudi soir comme prévu le rapprochement de leurs organes centraux, dont leurs conseils ont "approuvé les principes". Cette union, qui laissera chacun des deux réseaux opérer sous sa marque respective, créera le deuxième groupe bancaire français, avec 34 millions de clients, 7.700 agences et près de 110.000 collaborateurs.

Elle sera donc dirigée par François Pérol, la présidence du conseil de surveillance (où l'Etat aura quatre représentants) étant assurée par Philippe Dupont, des Banques Populaires. François Pérol présidera également le conseil de surveillance de la filiale de banque d'investissement Natixis, dont Dominique Ferrero présidera le directoire.
Les deux groupes ont confirmé que ce projet n'incluait pas leurs filiales immobilières (Crédit Foncier de France, Nexity, Foncia, MeilleurTaux), et que l'Etat apporterait jusqu'à 5 milliards d'euros sous forme d'actions de préférence sans droit de vote, qui seront convertibles en actions ordinaires à hauteur de 20% du capital.

Lagarde salue l'union.
La ministre de l'Economie a salué cette opération, jugeant que "ce rapprochement fondera une dynamique positive et créatrice de valeur pour l'ensemble des banques et caisses régionales des deux groupes", et que ce nouvel ensemble permettra également "de conférer à Natixis un actionnaire majoritaire unique pour une meilleure efficacité".

Tiercé de pertes pour les mutualistes.
Juste avant d'officialiser leur mariage, les deux mutualistes ont publié des pertes historiques en leur nom propre et en celui de Natixis. Les Banques Populaires ont essuyé leur première perte depuis des décennies, d'un montant de 468 millions; l'Ecureuil est tombé pour la première fois dans le rouge en près de deux siècles d'existence, avec 2,015 milliard de pertes; et Natixis, dont les "performances" ont lourdement pesé sur celles de ses maisons-mères, a perdu 2,8 milliards.

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Société François Pérol: "Je n'étais pas demandeur" AP | 01.03.2009 | 14:06

François Pérol, l'ex-secrétaire général adjoint de l'Elysée, affirme qu'il "n'était pas demandeur" de la présidence du futur groupe issu de la fusion Banque populaire/Caisse d'Epargne, dans un entretien accordé au Journal du Dimanche.

Interrogé sur la polémique provoquée par sa nomination, M. Pérol rétorque: "ne soyons pas naïfs, c'est d'abord une polémique politique, elle vise plus haut que moi! Mais les conditions de ma nomination sont régulières", assure-t-il.

Il explique la décision d'intervention de Nicolas Sarkozy par l'urgence. "Il y avait urgence, des difficultés financières, des pertes et des risques, dans un contexte de crise mondiale", rappelle celui qui avait conseillé la création de la filiale commune Natixis, lorsqu'il travaillait à la banque Rothschild.

"J'ai travaillé comme conseil du groupe des Banques populaires et la gouvernance de cette nouvelle entité s'est révélé inadaptée", concède le haut fonctionnaire, qui estime toutefois qu'on ne peut pas lui reprocher de ne pas avoir prévu la crise des subprimes.

Pourquoi un représentant de l'Etat, interroge le journal? "L'Etat et les dirigeants des deux groupes ont considéré que pour faire aboutir le rapprochement entre les Caisses d'Epargne et les Banques populaires, il fallait un nouveau dirigeant qui n'appartienne à aucune des deux maisons et qui incarne l'engagement de l'Etat au plus haut niveau."

François Pérol dit avoir suggéré que son salaire soit "à l'euro près, celui que percevait le précédent président du directoire de Caisses d'Epargne" et qu'il soit "partagé moitié-moitié entre les deux groupes. Aux conseils d'en décider", souligne-t-il, ajoutant qu'il "renonce par avance à tout élément de bonus pour 2009 comme l'ont accepté les autres dirigeants des banques françaises".

"Les conditions de ma nomination sont régulières", affirme aussi l'intéressé, précisant que le président de la commission de déontologie de la fonction publique "a accepté de donner à titre personnel un avis" à défaut de ne pouvoir réunir immédiatement la commission. "Selon lui, ma nomination ne devait pas être soumise à la commission, mes fonctions étant celles d'un conseiller sans délégation de signature", soutient dans cet entretien le futur patron de la deuxième banque française.

M. Pérol "reconnaît lui-même non seulement qu'il a fait le montage Natixis quand il était chez Rothschild", mais "qu'il est intervenu (...) la semaine d'avant, dans un montage qui est celui de la réunion des deux banques dont il doit prendre la présidence", s'est étonné dimanche Vincent Peillon lors du "Grand Rendez-Vous" Europe 1/Le Parisien-Aujourd'hui en France.

"Il s'agit d'un ami du président de la République, qui vient d'une banque, qui repart dans une banque, qui a lui-même construit un mecano bancaire dans lequel il prend la présidence", a-t-il résumé. "C'est quand même du jamais vu", a souligné le député européen socialiste. "Le plus raisonnable, ce serait que de lui-même il renonce à ces fonctions. Cela l'honorerait", a-t-il estimé.

Interrogé sur Canal+, le secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement Roger Karoutchi a en revanche estimé dimanche que M. Pérol était "l'homme idoine pour la situation". "Je préfère un banquier sachant gérer la banque", a-t-il dit. AP

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Montebourg (PS) critique la "leçon" de Sarkozy à New York sur la santé AFP / 30 mars 2010 12h46

PARIS - Arnaud Montebourg, député PS de Saône-et-Loire, a regretté mardi que Nicolas Sarkozy ait donné l'impression à New York de "faire la leçon au monde entier" en défendant le système de santé français, alors que, selon lui, "le pouvoir laisse tomber le système hospitalier".

Lundi, le chef de l'Etat a félicité le président américain Barack Obama pour avoir réussi la réforme du système de santé. "L'idée que ça fasse un débat d'une telle violence que de vouloir que les plus pauvres d'entre vous soient pas dans la rue seuls sans un centime face à la maladie, excusez-moi mais nous, ça fait jamais que cinquante ans qu'on a résolu le problème", a lancé M. Sarkozy.

"Je suis très surpris par la déclaration du président de la République faisant la leçon à Barack Obama, expliquant que finalement nous sommes une nation qui depuis 50 ans dispose d'un système de santé formidable", a-t-il dit sur RMC.

"C'est tout à fait juste", a-t-il ajouté, avant d'ajouter immédiatement: "est-ce que la France peut se permettre d'avoir l'air infatué, de donner le sentiment de faire la leçon au monde entier, quand précisément sur le terrain, dans la vie quotidienne de nos concitoyens, beaucoup de personnes voient le système de santé se dégrader".

"Je ne conseille à personne de faire l'expérience hospitalière aujourd'hui", a ajouté le responsable socialiste pour qui "le pouvoir laisse tomber le système hospitalier pour ne pas dire ferme des hôpitaux".

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Montebourg: "Eric Woerth ne pourra échapper à une très grave mise en cause sur le plan politique comme juridique" Par Thierry Dupont, publié le 19/06/2010 à 10:04 l'express.fr

Des enregistrements pirates de conversations privées de Liliane Bettencourt, riche héritière de L'Oréal, ont été remis à la justice. On y parle d'évasion fiscale et de dons aux partis politiques. Le nom de l'ancien ministre du Budget, Eric Woerth, également trésorier de l'UMP, et celui de sa femme apparaissent à plusieurs reprises. Pour le député PS Arnaud Montebourg, la situation du ministre sera vite intenable.

Que retirez-vous de la lecture des compte-rendus des enregistrements pirates effectués chez Liliane Bettencourt?

Arnaud Montebourg: Nos milliardaires ont de la chance en cette période de crise: ils utilisent les paradis fiscaux, ils fraudent en toute impunité le fisc, des femmes de ministre les aident et ils ont le soutien du pouvoir. En retour, eux-mêmes ne se privent pas de financer le parti au pouvoir, l'UMP. C'est cette collusion entre ceux qui dirigent la France et ceux qui fraudent ses lois qui me frappe, et le cynisme avec lequel ces personnes richissimes n'ont aucune considération pour la République et le respect de sa légalité que je retiens sociologiquement de ces enregistrements.

Bien sûr, ce sont des enregistrements déloyaux qui devraient donner lieu à l'ouverture immédiate d'une information judiciaire contre la famille Bettencourt et ses conseils, vu l'ampleur et le degré professionnel d'organisation de la fraude fiscale qu'ils révèlent, mais ils sont surtout significatifs d'une insolence insoutenable pour les gens ordinaires qui n'arrivent même plus a vivre de leur simple travail dans notre pays, en saisissant sur le vif ces tranches de vie absolument stupéfiantes de cette famille de milliardaires.

Que pensez-vous de la présence de la femme d'Eric Woerth dans la société qui gère la fortune de Mme Bettencourt?

Là, ma préoccupation concerne la République et le respect de ses règles. Nous avons un ministre du Budget, en même temps trésorier de l'UMP, dont la femme travaille à organiser la fraude fiscale de Mme Bettencourt. En retour, cette dernière finance l'UMP. Nous sommes là dans le conflit d'intérêt, qui s'il était avéré, serait pénalement répréhensible. Un ministre du Budget, qui a la charge de réprimer la fraude fiscale, peut-il vivre, à travers le salaire ou les honoraires que perçoit sa propre femme, de la même fraude fiscale? La réponse est non, car il s'agit d'une forme de trafic, où l'on utilise son influence pour obtenir des avantages directs ou indirects. C'est parce que son mari est ministre du Budget, qu'il a le pouvoir de poursuivre et qu'il ne le fait pas, que, me semble-t-il, Florence Woerth est présente dans ce dossier.

En outre, un ministre du Budget, chargé par la République de lutter contre les fraudeurs, peut-il être en même temps trésorier de l'UMP et recevoir de l'argent de la part de personnes qui se livrent à la fraude fiscale? Là, c'est un conflit d'intérêt politique majeur. Voilà deux raisons, juridique et politique, d'adresser de très graves reproches à Eric Woerth, sur le plan politique comme sur le plan pénal.

Pour sa défense, Eric Woerth peut-il arguer du fait qu'il n'était pas au courant de l'évasion fiscale pratiquée par Liliane Bettencourt ?

La femme d'un ministre chargé de lutter contre la fraude fiscale ne peut pas ne pas informer son mari car elle sait qu'elle l'exposerait dans ce cas risqué. On ne peut pas croire qu'Eric Woerth ne soit pas informé du dossier Bettencourt, puisqu'il ressort de l'évidence des enregistrements que cette affaire est suivie à l'Elysée. De surcroît, il sait qu'il a reçu de l'argent de Mme Bettencourt pour le compte de l'UMP. Madame Woerth qui fait profession, en l'espèce, de conseiller la fraude fiscale ne pouvait que dire à son mari qu'elle le mettait en danger, ou bien se retirer, ce qu'elle n'a pas fait.

Eric Woerth est aujourd'hui ministre du Travail, chargé d'un dossier aussi sensible que celui des retraites. Peut-il se maintenir à son poste?

D'abord, on ne peut pas être ministre du Budget (Eric Woerth a quitté le Budget pour le ministère du travail en mars, ndlr), proclamer tous les jours qu'on lutte contre les paradis fiscaux en ayant ce genre de tolérance et de profits issus de la fraude fiscale, dont Mme Bettencourt semble être coutumière à la lecture des compte-rendus publiés. Il me paraît extrêmement difficile qu'Eric Woerth puisse se maintenir politiquement dans un gouvernement qui a affiché comme objectif de lutter contre les paradis fiscaux.

Ensuite, comme il est chargé d'un dossier de premier plan, sa position ministérielle va avoir pour conséquence que tout l'appareil judiciaire et policier de l'Etat va se mobiliser pour empêcher que la vérité éclate, et donc protéger la fraude fiscale commise par la famille Bettencourt. La mécanique est d'ailleurs enclenchée: le procureur Philippe Courroye, qui est un serviteur sans âme du pouvoir, lui-même cité dans les enregistrements, vient de mobiliser des moyens pour poursuivre ceux qui ont pratiqué ces enregistrements, et non pas ceux qui commettent les fraudes au détriment des caisses publiques. Malgré tout, Eric Woerth ne pourra pas échapper à devoir affronter une très grave mise en cause sur le plan politique et juridique.

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TF1 20 août 2010 09h01 Pour Montebourg, on va vers un "racisme officiel" en France

Le député socialiste Arnaud Montebourg a accusé Nicolas Sarkozy d'ouvrir la voie à un "racisme officiel" en France en stigmatisant les Roms.

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Propos de Morano sur les enfants Roms : "un racisme officiel" pour Montebourg (AFP) – 20 août 2010 AFP

PARIS — Le député PS Arnaud Montebourg a vivement critiqué vendredi des propos tenus la veille par la secrétaire d'Etat à la Famille Nadine Morano sur les enfants Roms, accusant le gouvernement d'instaurer "une sorte de racisme officiel".

Mme Morano "s'en prend aux enfants qui pratiquent la mendicité. Je dirais qu'un ministre a le devoir d'abord de préserver les enfants, surtout lorsqu'(il) est ministre de la Famille", a déclaré M. Montebourg sur RTL.

Jeudi, la secrétaire d'Etat avait notamment déclaré que les enfants ne devaient "pas servir d'alibis" aux Roms pour rester en France ou être utilisés pour "des trafics" ou "la mendicité".

"De manière générale, stigmatiser un groupe à raison de son origine, le désigner à la vindicte populaire comme la cause de nos malheurs est une très grave et condamnable attitude", a estime le député de Saône-et-Loire, rappelant que "dans les années 30 on désignait les juifs comme la cause de nos propres malheurs".

Selon lui, "nous sommes en train d'arriver à une sorte de racisme officiel qui consiste à dire : +voilà ceux qui sont la cause de nos malheurs, veuillez vous en prendre à eux et comme ça oubliez notre propre échec dans la lutte contre la délinquance qui n'a cessé d'exploser dans notre pays".

Cette attitude est "dangereuse, irresponsable, condamnable", a-t-il accusé en demandant aux ministres "d'être humains".

M. Montebourg a stigmatisé la politique contre l'insécurité de Nicolas Sarkozy qui se livre à "des imprécations" mais qui dans le même temps "supprime des policiers" sur le terrain.

Mais il a aussi appelé les socialistes à "tirer les leçons de leur propre échec" dans ce domaine. "Nous ne pouvons pas être nous-mêmes angéliques", a-t-il dit. "Il est normal qu'on nous pose des questions et qu'on nous demande des comptes aussi sur nos choix politiques sur la sécurité. Nous devons donner des résultats à la population

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Quand Arnaud Montebourg cogne sur TF1 nouvelobs.com 28 septembre 2010 16.30 

Quand Arnaud Montebourg cogne sur TF1, c’est sans états d’âme. Du coup, le voilà sommé par Nonce Paolini de présenter des excuses.

A l’origine de cette affaire, des extraits du documentaire “Fin de concession” mis en ligne par son auteur et réalisateur Pierre Carles. Dans un premier extrait diffusé l’été dernier, Arnaud Montebourg lâche avec le franc parler qu’on lui connaît: “C’est le moment de taper sur TF1, c’est pour ça que je vais vous donner un coup de main”. Le propos est-il destiné à passer tel quel? Il est permis d’en douter: au moment où il parle Montebourg se fait installer un micro cravate.

Mais voici un deuxième extrait, diffusé en fin de semaine dernière. Cette fois, Arnaud Montebourg dit tout le bien qu’il pense de TF1 “c’est la télévision de la droite, c’est tout. C’est la télévision des idées qui détruisent la France, la télévision de l’individualisme, la télévision du fric, la télévision du matraquage sur l’insécurité.” Et surtout, il dénonce le “renouvellement automatique” de la concession accordée à TF1 en dépit de la “catastrophe” que représenterait cette chaîne en termes de programmes et d’une condamnation, par le CSA, à 30 millions de francs d’amende pour violation de son propre cahier des charges.

Il semble que ce rappel des faits ne soit pas du goût du patron de TF1, ce qui se conçoit. Arnaud Montebourg présentera-t-il des excuses pour autant? Rien n’est moins sûr. lire la suite...

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Primaires au PS : la liste des prétendants Par Hélène Favier Publié le 20 novembre 2010 à 09h40 Mis à jour le 21 novembre 2010 à 09h18

De DSK à Montebourg, en passant par Valls et Aubry, découvrez ceux qui visent 2012.

Les déclarés

Montebourg :

Ce n'était déjà plus un secret pour personne. Arnaud Montebourg a officialisé vendredi sa candidature aux primaires présidentielles du PS. Samedi, le député de Saône-et-Loire a convié partisans et journalistes dans son fief de Frangy-en-Bresse pour son "discours de candidature". A 48 ans, l'ancien porte-parole de campagne de Ségolène Royal entretenait un vrai-faux suspense sur sa candidature depuis l'été. "Si j'y vais c'est pour gagner", avait-il déclaré dans Libération en septembre, annonçant la sortie de son livre-programme, Des idées et des rêves. Comment bâtir la nouvelle France, pour la fin novembre. Sur son compte Twitter, il a également lancé "Rendez-vous à Frangy: nous parlerons de la France". Arnaud Montebourg est le principal promoteur au sein du Parti socialiste des primaires.

Valls :

Il est le premier à s’être déclaré publiquement. Manuel Valls est entré dans la danse, en juillet dernier, en envoyant une lettre aux 12.000 élus et responsables socialistes pour obtenir leur parrainage. "Seule l’élection présidentielle permettra le changement. Et c’est à ce rendez-vous de 2012 que je me prépare", assurait-il alors sur Europe 1. Pour se tailler une place parmi les éléphants du parti, l’élu socialiste de l’Essonne répète à l’envi qui il y a une "place pour la nouvelle génération". Manuel Valls est souvent très critique à l’égard du PS et sa première secrétaire, Martine Aubry, notamment sur le dossier des retraites et de l’égalité réelle.

Ceux qui pourraient se déclarer prochainement

Hollande :

François Hollande, tout comme Ségolène Royal, envisage également une candidature, mais dit vouloir respecter le calendrier officiel pour se déclarer. L'ancien numéro un du PS l'a répété : il n’a pas l'intention de passer son tour pour la présidentielle de 2012 comme il l'avait fait en 2007. "Je ne suis pas dans le calcul des probabilités. Je fais en sorte de pouvoir être candidat", a-t-il déclaré, début novembre, sur Radio J. A la question de savoir s'il ne jouait pas en réalité le coup d'après, c’est-à-dire la présidentielle de 2017, la réponse du député-maire de Tulle a fusé : "J'ai déjà laissé passer le coup d'avant pour être maintenant dans le coup du jour !". Explicitant sa formule du "plan H" comme Hollande, il a lancé : "Moi, je n'ai aucune contrainte, je ne suis dans aucun pacte, dans aucun arrangement, si ce n'est dans la loyauté à l'égard de mon parti et dans la responsabilité devant les Français". Une allusion à l'accord passé entre Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn pour ne pas s'affronter aux primaires PS pour la présidentielle. Ambiance.

Royal :

L'ancienne candidate à l'Elysée, comme Martine Aubry, entretient le suspense sur ses ambitions présidentielles. Alors qu’après les régionales de mars, sa stratégie visait à travailler le local, elle est revenue, à l’été, sur le devant la scène nationale, jouant "le collectif". A l’approche de l’échéance présidentielle, Ségolène Royal exhorte les socialistes à accélérer leur unité en se rapprochant d’Europe Ecologie… et aussi des centristes. Quand se déclara-t-elle ? : "J'ai pris des engagements avec Martine Aubry. Je ne ferai pas d'annonces intempestives sans lui en avoir parlé avant", répond l’ex-candidate de 2007.

Aubry :

Pour l’heure, la patronne du PS refuse de s'avancer sur une candidature aux primaires, martelant que "le choix des candidats à la présidentielle, ce n'est pas aujourd'hui". Elle a, à plusieurs reprises, promis de ne pas affronter DSK, lors de ces primaires. Pour se différencier de l’encombrant patron du FMI et montrer qu’elle n’est pas interchangeable avec lui, Martine Aubry essaie de placer le curseur à gauche. Pour preuve : elle a récemment confié le dossier sur "l'égalité réelle", au représentant de la tendance la plus à gauche du parti : Benoît Hamon. Elle estime que "entre trois et cinq candidats" devraient concourir à ces futures primaires.

DSK :

Entre le FMI et 2012, DSK continue son numéro d'équilibriste. Même si son mandat à la tête du Fonds monétaire international le contraint en théorie à un strict devoir de réserve, il a semé à la mi-novembre quantité de petites pierres blanches vers une éventuelle candidature et s'est attaché à prendre ses distances avec l'actuel chef de l'Etat. Lors d’une interview, le 15 novembre, sur France Inter, il a ainsi assuré qu'il travaillerait "correctement" avec Nicolas Sarkozy, tout en rappelant qu'il ne lui devait pas sa nomination au FMI. "Il faut rendre à César uniquement ce qui lui appartient, pas plus", a-t-il fait valoir. Par ailleurs, Dominique Strauss-Kahn soigne de plus en plus son profil de "gauche". Préparant le terrain, son épouse, la journaliste Anne Sinclair, est allée assurer sur Canal + la semaine dernière qu'il fallait être "tordu" pour penser que Dominique Strauss-Kahn n'était pas de gauche. Reste que, pour l’heure, s'il apprécie les sondages qui le consacrent depuis près d'un an comme le "présidentiable" socialiste préféré des Français, il s'en tient pour l'instant toujours aux pirouettes plutôt qu'aux déclarations d'intention. Mais, ce statut de favori crée des obligations, tempête un aspirant présidentiel. "S'il annonce en juin qu'il n'est pas candidat, c'est un meurtre : personne ne pourra refaire son retard et la gauche perdra", prévient-il, à l'unisson de nombreux dirigeants.

Les outsiders

Bianco :

"Je serai candidat si les thèmes qui sont présentés au PS ne me conviennent pas", avait insisté en août dernier Jean-Louis Bianco dans les colonnes du journal La Provence, laissant entendre, que lui aussi, pourrait être candidat aux primaires.

Moscovici :

Il avait déjà dit qu’il y songeait "même sans se raser". Pierre Moscovici a confirmé cet été, sur son blog, qu’il serait "un acteur de ces primaires". Le député du Doubs assurait alors à Europe1.fr qu’il représentait une génération et un courant de pensée". Pierre Moscovici devrait donc être candidat, sauf si… Sauf si DSK se présentait. "Je me prépare, mais la candidature de Dominique Strauss-Kahn changerait bien sûr la donne", a-t-il plusieurs fois expliqué.

Hamon :

"Si c'est DSK qui se présente, Benoît ira", confiait, début novembre, l'un des lieutenants de Benoît Hamon. Représentant l’aile gauche du PS, le porte-parole du parti pourrait, en effet, être tenté par une candidature contre Dominique Strauss-Kahn, à qui il reproche des positions trop libérales. "Si tout le travail de reconstruction de la gauche et du PS qu'on a fait était anéanti en quelques heures, je prendrais mes responsabilités. Et sans état d'âmes", répète à l’envi Benoît Hamon.

Daniel Le Scornet :

L'ancien président des Mutuelles de France s'est déclaré candidat aux primaires en octobre dernier, dans une vidéo mémorable postée sur YouTube. Une vidéo qui avait été vue samedi... moins de 1.800 fois.

En l'état, le calendrier du PS pour ses primaires, approuvé par les militants en 2009, prévoit un dépôt des candidatures en juin et un scrutin en octobre, après les élections sénatoriales mais des voix s'élèvent depuis quelques jours pour accélérer ce tempo.

Pour se présenter, tous les candidats doivent recueillir les parrainages de 5% des parlementaires socialistes (17 parrainages) ou 5% des membres titulaires du Conseil national (16 parrainages), issus d'au moins dix départements et quatre régions, ou de 5% des maires socialistes des villes de plus de 10.000 habitants (16 parrainages).

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Info Provence-Alpes - Politique Affaire Guérini: le rapport Montebourg à Aubry Par Hélène Bouyé avec Afp   

Sur le site du Point le rapport d'Arnaud Montebourg

Arnaud Montebourg demande la "destitution de Jean Noel Guerini et la "mise sous tutelle" de la Fédération 13.

La divulgation dans la presse d'un rapport d'Arnaud Montebourg dénoncant violemment les "pratiques contestables" de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône provoque donc de nombreux remous dans la maison socialiste.

Dans ce rapport, Arnaud Montebourg chargé de la rénovation du parti, demande à la direction la "mise sous tutelle" de cette fédération et la "destitution" de Jean-Noël Guérini sénateur et président du conseil général des Bouches-du-Rhône

Jean-Noël Guérini, le patron de la fédération PS des Bouches-du-Rhône a annoncé qu'il portait plainte pour diffamation contre le député PS Arnaud Montebourg. Dans un communiqué ce matin il écrit "Je m'insurge de la publication par la presse d'un rapport rédigé par Arnaud Montebourg consacré à la situation de la fédération du parti socialiste des Bouches-du-Rhône. Je m'inscris totalement en faux contre ce texte, mensonger, calomnieux et diffamatoire".

Depuis le mois de décembre dernier, Jean Noel Guérini se trouve dans une situation délicate depuis la mise en examen de son frère Alexandre dans le cadre d'une affaire de marchés publics présumés frauduleux, tandis que des conversations téléphoniques entre eux ayant fait l'objet d'écoutes ont été divulguées dans la presse, des fuites dénoncées par l'intéressé comme une manipulation politique à quelques semaines des élections cantonales.

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Le Parisien 4 octobre 2011, p. 06 ROSALIE LUCAS (AVEC tH.) Montebourg ses "caravaniers"

"Mon écurie, c'est une une Ferrari", se vante Arnaud Montebourg.

Autour de l'homme de la démondialisation et de son directeur de campagne, Aquilino Morelle, ex-plume de Lionel Jospin, travaille un conseil politique formé notamment de la députée de Guyane Christiane Taubira et de l'architecte Roland Castro, président du comité de soutien.

Montebourg a également été rejoint par le démographe Emmanuel Todd, le philosophe Michel Onfray et le cofondateur d'Attac, Bernard Cassen.

Mais Montebourg est surtout fier de ses « caravaniers ». Une petite dizaine, entre 20 et 35 ans, qui allient le travail de fond et celui de militant.
« D'habitude, il y a d'un côté les technos et de l'autre les gens qui tractent. Nous, nous faisons les deux à la fois », sourit John Palacin, directeur adjoint de la campagne, sorti de l'ENA il y a cinq ans.

C'est avec eux que le candidat a eu "idée de ses fameux stand-up. A chacun de ses déplacements, quelques-uns l'accompagnent. « Mais on lui fournit également des notes », précise Julien Dourgnon, ancien directeur d'étude d'UFC-Que choisir.

Depuis plusieurs mois, la petite équipe composée d'anciens d'Assas, de Normale sup, d'historiens, de spécialistes d'écologie se retrouve pour travailler sur le fond dans le bar parisien la Sardine.

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Lundi 10 Octobre 2011 Gérald Andrieu - Marianne Montebourg: les «impétrants»

Aubry et Hollande n’ont qu’à bien choisir!

Arnaud Montebourg était dans la pire des meilleures situations : devoir choisir entre deux candidats qu’il n’a cessé de renvoyer dos-à-dos. Malicieusement, il les remet tous les deux devant leurs propres responsabilités.
S’ils veulent son soutien, ils devront reprendre certaines de ses idées. Mais le « marchandage », idéologique pour une fois, se fera, assure-t-il, de façon publique, par lettres interposées.

Dimanche soir, pour plus d'un cacique socialiste, ça ne faisait aucun doute : Arnaud Montebourg déciderait forcément de rallier un candidat. Mais ce lundi soir, sur France 2, Arnaud Montebourg a annoncé… qu’il ne comptait pas choisir entre les « deux faces d’une même pièce », entre ces deux enfants de Delors qui, selon ses propos à Libération en mai dernier, avait fait « perdre en 2002 » le PS et la gauche dans son ensemble. En tout cas, pas tout de suite…

Décidément inspiré, Arnaud Montebourg a décidé d’offrir son soutien (qui ne vaut d’ailleurs pas nécessairement quitus de ses électeurs) à celui des deux « impétrants », comme il n’a cessé de les appeler face à David Pujadas, qui se dira prêt à reprendre à son compte certaines de ses idées.
Et le « marchandage », cette fois, se fera à ciel ouvert, par lettres publiques interposées. Il leur enverra une missive dans laquelle il dressera la liste de certains des thèmes de sa campagne sur lesquels il ne veut pas transiger : la mise sous tutelle des banques, le protectionnisme européen, la VIe République et le capitalisme coopératif... Les réponses que lui adresseront Aubry et Hollande seront, elles aussi, dévoilées. Pour plus de transparence…

Cette solution, proposée par Arnaud Montebourg lui-même, a été décidée avec son équipe à l’issue de deux réunions qui se sont tenues aujourd’hui à l’Assemblée. Une première, ce matin, avec son « conseil politique » réunissant près de 25 personnes autour de lui. Et une deuxième, en fin d’après-midi, à laquelle assistaient une centaine de personnes : mandataires locaux, experts, etc.
Après la seconde, un de ses proches rallongeait un peu plus la liste des mesures qu’ils souhaiteraient voir reprises par Aubry ou Hollande : « Nous avons mené notre campagne autour des questions de l’éthique, du renouvellement en politique, de la réindustrialisation, nous avons dit notre refus de vouloir revenir à un déficit à 3% du PIB. Nous avons donné des armes pour faire gagner la gauche et mettre en échec Marine Le Pen. Aucun des deux autres candidats n’a été sur cette ligne ».

La balle est donc désormais dans le camp Aubry et Hollande. Mais dès dimanche soir, leurs états-majors semblaient peu disposés à infléchir leur ligne politique sous l’influence du « troisième homme ». Changer, c’est prendre le risque de perdre sa base électorale. Changer, c’est donner le signe que l’on panique… « Ce n’est pas à ceux qui se sont qualifiés au second tour de changer leur programme », clamait d’ailleurs Jean-Christophe Cambadélis, soutien d’Aubry, dans la cour de Solfé, faisant valoir au passage qu’Arnaud Montebourg « sur un certain nombre de sujets, est plus proche de Martine Aubry que de François Hollande ». Mais le « juste-échange » prôné par Aubry suffira-t-il à contenter l’apôtre du « protectionnisme européen » ? Pas sûr : « Le “juste-échange”, ça manque de clarté, explique un proche de Montebourg, Martine Aubry devrait comprendre que le “protectionnisme européen” n’est pas un gros mot ».

Arnaud Montebourg finira-t-il alors par pencher du côté de François Hollande comme le laissent penser les nombreux contacts qui ont été pris entre des membres des deux équipes avant même le premier tour ? Peut-être. Ce dernier sera sans doute plus enclin à faire des concessions sur les questions institutionnelles qu'économiques. De toute façon, les électeurs pourront juger, lettres à l’appui, le chemin parcouru par le député de Corrèze.
Et ils sauront lui rappeler le moment venu. S’il se décide, bien sûr, à emprunter ce chemin dessiné par Montebourg. Car ce dernier l’a affirmé sur le plateau du JT de France 2. Il pourrait ne donner aucune indication, s’il trouve les réponses des fameux « impétrants » peu ou pas suffisamment convaincantes. Après tout, comme le rappelle un membre de son entourage, dans la VIe République qu’il appelle de ses vœux, « les consignes de vote n’existent pas » !

Mais une chose est sûre : la campagne de Montebourg s'étant lancée sur le thème de la « nouvelle France », il ne pouvait pas faire moins que de trouver, aussi, une « nouvelle façon » de faire de la politique. En regard de cette ligne de conduite tranchée et qui se veut transparente, les appels du pied de François Hollande, dès dimanche soir, rappellent davantage, eux, « la politique à l'ancienne ». Lundi 10 Octobre 2011 Gérald Andrieu - Marianne

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PARIS - Primaire J-2 : Montebourg soutient Hollande, tension croissante 3 commentaires Créé le 14/10/2011 à 10h23 -- Mis à jour le 14/10/2011 à 14h56

PARIS - A deux jours du second tour de la primaire PS, Arnaud Montebourg a finalement apporté son soutien "à titre personnel" à François Hollande sur fond de tension croissante entre les deux finalistes, qui leur a valu un rappel à l'ordre de la Haute autorité des primaires.

Levant un faux suspense entretenu depuis dimanche, M. Montebourg votera donc dimanche pour l'élu de Corrèze. Mais le député de Saône-et-Loire, qui a réuni 17% des voix au premier tour, s'est toutefois refusé à donner une consigne de vote "car dans le mot consigne, il y a l'image de la caserne et de l'enfermement", "incompatible avec l'esprit de la primaire et de la VIe République".

Le chantre de la "démondialisation", qui juge toutefois les deux candidatures "identiques", dit n'avoir "pas d'argument qui (lui) permette de penser que Martine serait plus à gauche que François, ou l'inverse d'ailleurs!"

Son choix en faveur de M. Hollande relève "avant tout de l'éthique de responsabilité: je veux faire gagner la gauche et battre Nicolas Sarkozy", a-t-il souligné.

M. Hollande a aussitôt tenu à "remercier" M. Montebourg de son soutien. Une "alliance de la carpe et du lapin", a ironisé le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, en marge des journées parlementaires du parti présidentiel, près de Tours.

Pour l'élu corrézien, désormais soutenu par tous les recalés du premier tour (Montebourg, Royal, Valls et Baylet), "ce choix conforte la démarche de rassemblement que je porte et qui me permettra de faire gagner la gauche en 2012".

En visite sur un marché de Montreuil (Seine-Saint-Denis), Martine Aubry a elle appelé les électeurs à ne répondre "ni aux injonctions ni aux sondages". François Lamy, son directeur de campagne, disant sur BFMTV, n'avoir "pas d'inquiétude sur le choix" des électeurs de M. Montebourg au second tour.

Après avoir reproché jeudi au favori des sondages d'utiliser des "mots de droite" et le qualifiant de "candidat du système", "plus facile à battre pour Nicolas Sarkozy", la maire de Lille a quelque peu atténué vendredi ses accusations, affirmant que son adversaire était le candidat du "système des sondages" tout en soutenant qu'elle n'avait pas "fait de dérapage".

Mais pour François Hollande, qui sera à Amiens au côté des salariés de Goodyear vendredi, le mal est fait. "Il faut arrêter cette escalade, je crois que c'est un dérapage!", a-t-il déploré, soulignant ne pas vouloir "entretenir le feuilleton" tout en reprochant à sa rivale de croire qu'en "montrant de l'agressivité, on montre du caractère".

Ses partisans sont aussi montés au créneau : "attention à ne pas se tromper d'adversaire" (Pierre Moscovici), "stop aux dérapages" (Jean-Marc Ayrault), "carton rouge à Martine Aubry!", "il ne faudrait pas qu'on se gâche la fête des primaires" (Vincent Peillon).

Rappelant à l'ordre les finalistes, la Haute autorité des primaires a d'ailleurs demandé vendredi aux candidats d'"éviter les pièges du dénigrement comparatif et l'inévitable enchaînement des polémiques", soulignant que "les candidats et leurs équipes doivent constamment avoir à l'esprit que toute stigmatisation de l'un ou de l'autre revient à blesser une partie de l'électorat des primaires".

Faisant valoir que Martine Aubry et François Hollande "appartiennent à la même famille politique et se situent dans le même champ de valeurs", la HAP a estimé que "leur unité, dès le lendemain des primaires, comme la fusion de leurs équipes constituent la condition du succès en 2012".

Une unité qui devra d'ailleurs s'afficher dès la convention d'investiture du candidat le 22 octobre à Paris qui, a insisté la HAP, "doit être un jour d'unité et de fraternité contagieuse pour des millions d'autres électeurs qui feront du candidat ou de la candidate élu(e) le ou la 7e président(e) de la Ve République française". —

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Montebourg n'est pas "germanophobe" AFP Publié le 01/12/2011 à 13:11 lefigaro.fr

Arnaud Montebourg s'est défendu aujourd'hui d'être "germanophobe" après avoir subi des critiques pour avoir dénoncé le "nationalisme allemand" dans la gestion de la crise de la dette de la zone euro.
Le "troisième homme" de la primaire socialiste en vue de l'élection présidentielle de 2012 avait sonné mercredi la charge contre l'Allemagne, qui mènerait selon lui tous les pays de la zone dans une dangereuse spirale de plans d'austérité.
Interrogé lors de l'émission Questions d'Info sur Public Sénat et France Info, il s'en était surtout pris à "l'ordre allemand" que voudrait imposer la chancelière Angela Merkel.

"La question du nationalisme allemand est en train de resurgir à travers la politique à la Bismarck employée par Mme Merkel (...) Ça veut dire qu'elle construit la confrontation pour imposer sa domination", avait ajouté Arnaud Montebourg, reprenant une expression utilisée par les socialistes allemands du SPD à propos d'Otto von Bismarck, le fondateur de l'Empire allemand au XIXe siècle.
Aux yeux du président du conseil général de Saône-et-Loire, "le moment est venu d'assumer la confrontation politique face à l'Allemagne et de défendre nos valeurs".

Daniel Cohn-Bendit avait vivement critiqué cette sortie.

"Ce type de déclaration à la hussarde a des relents de nationalisme. Heureusement que Montebourg n'est pas aujourd'hui dans un gouvernement...", avait dit le dirigeant écologiste sur le site internet du Parisien. "C'est du mauvais cocorico. Il fait du Front national à gauche."
Dans un communiqué publié aujourd'hui, Arnaud Montebourg tente de se justifier et n'utilise plus le terme de "nationalisme" pour l'Allemagne, mais estime qu'elle défend ses intérêts nationaux.

"Les Allemands mènent donc, sur la question de l'euro, une politique nationale, une politique servant leurs seuls intérêts: en faisant la politique des marchés et non pas des peuples, en imposant des plans d'austérité partout en Europe, en refusant les eurobonds et l'intervention de la Banque centrale européenne pour faire racheter la dette des Etats", écrit-il.

"Que l'Allemagne, mue par la conscience de son propre vieillissement, veuille une monnaie forte, qu'elle relativise l'importance de sa relation avec notre pays et qu'elle pense exercer (...) une 'hégémonie douce' ne sont que des éléments d'analyse, éléments qui n'ont rien de 'germanophobes" ou de 'populistes'", ajoute-t-il.
Quant à la comparaison entre Angela Merkel et Otto von Bismarck, qui "fit la guerre à la France en 1870", il rappelle que c'est Sigmar Gabriel, le président du parti social-démocrate allemand, lui-même qui l'a utilisée au printemps.

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Affaire du financement du PS du Pas-de-Calais Dans un courrier à la direction, Montebourg mouille Jack Lang ÉRIC HACQUEMAND | Publié le 09.12.2011, 07h35 leparisien.fr

Lettre contre lettre. Depuis quinze jours maintenant, le cas du Pas-de-Calais agite en coulisses le sommet du PS. Il fait même l’objet de courriers salés entre Martine Aubry et Arnaud Montebourg.

Montebourg et le « système de corruption du Pas-de-Calais »

Le 21 novembre, le député de Saône-et-Loire prend la plume. Dans un courrier de deux pages adressé à Aubry et que nous avons pu consulter, il fait part d’« informations de nature et d’origine judiciaires précises, concordantes et recoupées ».
Ces éléments « permettent de penser que la fédération du Pas-de-Calais et son principal protagoniste Jean-Pierre Kucheida vont faire l’objet de mises en cause par la justice lilloise ».

Et Montebourg de mettre la pression sur Aubry : « Ces événements permettront […] à nos adversaires d’ouvrir un nouveau front contre la corruption d’élus socialistes […] dans une région qui est la tienne et dont nul ne croira que tu pouvais ignorer la gravité de tels faits ».

Outre Kucheida et Albert Facon, deux députés locaux, Montebourg « mouille » un autre élu de poids : Jack Lang, député de Boulogne. « Les attaques de Marine Le Pen devraient redoubler contre le système de la corruption des élus du Pas-de-Calais dont ces différents dossiers (NDLR : Soginorpa et Adevia) apporteront la preuve de son étendue, et des complicités dont il jouit au plan national, et dont la présence de Jack Lang dans ce département n’est qu’un des tristes symptômes », écrit Montebourg.

Pour le député, la seule solution est de ne pas reconduire les intéressés aux législatives de juin prochain. « Contrairement à ta gestion calamiteuse du dossier des Bouches-du-Rhône dans lequel tu as préféré ne rien voir et ne pas agir […], je te demande d’agir en personne […] pour ne pas réitérer les mêmes erreurs ».
« Post-scriptum : j’ai bien entendu pris le soin d’informer en toute confidentialité François Hollande de la présente initiative. » Voilà Hollande impliqué…

Le lieutenant d’Aubry réclame des preuves

Huit jours plus tard, le 29 novembre dans une lettre de deux pages que nous avons pu consulter, François Lamy, lieutenant d’Aubry, réplique. Avec fermeté. « Tu portes à l’encontre de certains élus et de la fédération du Pas-de-Calais des accusations graves », écrit-il, dont « je ne dispose pas, pas plus que Martine Aubry ».

Et le bras droit de la première secrétaire d’inviter Montebourg à produire « preuves et tout autre élément en ta possession ». En clair, pas d’accusations gratuites et respect strict de la présomption d’innocence.

Lamy poursuit : « Je te propose de saisir le procureur de la République comme t’y oblige l’article 40 du code de procédure pénale et de lui transmettre toutes les informations que tu jugeras utiles. »
Sous-entendu et une bonne fois pour toutes, que Montebourg arrête de jeter la suspicion sur ses camarades et joue cartes sur table.

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COMPRENDRE. Les soupçons autour de la fédération PS du Pas-de-Calais Publié le 09-12-11 à 12:03 Modifié à 17:07 par Estelle Gross nouvelobs.com

Comment l'affaire a-t-elle débuté ? Tout a commencé par les lettres de Gérard Dalongeville, ex-maire socialiste d'Hénin-Beaumont, rendues publique par le site du "Point". Dans de nombreuses missives envoyées à une juge, l'ex-élu dénonce un "système" de financement occulte du PS dans la fédération socialiste la plus importante de France (14.000 adhérents), celle du Pas-de-Calais.

Incarcéré en 2009 après que les policiers ont trouvé 13.000 euros dans un coffre de son bureau et que par deux fois sa gestion calamiteuse a été mise en cause par la chambre régionale des comptes, Dalongeville écrit au juge que "l'argent du coffre c'est celui du parti". Le scandale, jusqu'alors local, prend un autre tournant.

Un système de surfacturation. Des élus locaux et deux entreprises, Adévia (dirigé par le maire de Liévin) et la Soginorpa (qui gère 62.000 logements sociaux), auraient mis en place un système de surfacturation pour des encarts publicitaires ou encore des travaux, entraînant ensuite des rétrocommissions.

Trois enquêtes en cours. En se basant sur les lettes de Gérard Dalongeville, le parquet de Lille a décidé d'ouvrir au printemps une enquête préliminaire portant sur un "financement occulte de parti", révèle "Le Parisien". Deux autres enquêtes sont déjà en cours, l'une pour "détournement de fonds publics" et l'autre pour "extorsion de fond".

Une commission d'enquête du PS. Le Parti socialiste mène aussi l'enquête. Dans un courrier daté du 21 novembre, Arnaud Montebourg évoque de son côté "un système de corruption" d'élus socialistes du Pas-de-Calais. La première secrétaire du PS Martine Aubry annonce jeudi 8 décembre la création d'une commission d'enquête interne sur cette fédération.

Les acteurs clés :
Gérard Dallongeville : ex-maire PS d'Hénin-Beaumont, élu en 2001 et révoqué par décret présidentiel le 27 mai 2009 après son incarcération.

Jean-Pierre Kucheida, député-maire PS de Liévin, est à la tête de l'une des deux entreprises visées. Dans une interview au "Parisien" du vendredi 9 décembre, il affirme que Jean-Marc Ayrault et François Hollande lui ont "apporté leur soutien". Il annonce également qu'il va porter plainte pour diffamation contre Gérard Dallongeville. "Il est vrai que j'ai pu utiliser la carte [de son entreprise la Soginorpa ndlr] pour mes frais mais j'ai tout remboursé", se défend-il.

Arnaud Montebourg : Comme pour l'affaire Guérini, le député de Saône-et-Loire s'est emparé de l'affaire

Jack Lang ? Dans ses lettres, Arnaud Montebourg mouille aussi le député de Boulogne-sur-Mer, dont la présence dans le département est selon lui l'un des "tristes symptomes" du système de corruption et de ses "complicités" au niveau national.

Que va-t-il se passer dans le volet judiciaire? Une information judiciaire devrait être ouverte d'ici peu et confiée à un juge indépendant.

Quelles répercutions sur le plan politique ? Marine Le Pen, ex-élue d'Hénin Beaumont, a fait de l'affaire Dallongeville une arme politique, comme le souligne Arnaud Montebourg dans ses lettres à Martine Aubry. La présidente du Front national pourrait à nouveau de servir de l'affaire, mais sur le plan national cette fois, et contre son adversaire socialiste dans la campagne présidentielle.

Dans son interview, Jean-Pierre Kucheida affirme qu'à travers lui " c'est François Hollande qu'on veut abattre" et conseille à Arnaud Montebourg de "réserver ses critiques à la droite". Estelle Gross - Le Nouvel Observateur.

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Lang étrille Montebourg après ses propos sur le Pas-de-Calais le 09 décembre 2011 à 14h18 , mis à jour le 09 décembre 2011 à 22h02 lcitf1.fr

Arnaud Montebourg a mis en cause Jack Lang, évoquant un "système de corruption" d'élus socialistes dans le Pas-de-Calais. Jack Lang a annoncé son intention de porter plainte pour diffamation, et déclaré que s'il le rencontrait, "il recevrait une bonne paire de gifles".

Le ton monte, les menaces aussi. Jack Lang, député du Pas-de-Calais, a demandé vendredi à son avocat d'engager des poursuites judiciaires contre Arnaud Montebourg. En cause : une lettre adressée fin novembre par le député de Saône-et-Loire à Martine Aubry.

Comme le montre un extrait publié vendredi dans Le Parisien, Arnaud Montebourg y évoque un système de corruption bénéficiant de "complicités" au plan national, ajoutant : "(...)et dont la présence de Jack Lang dans ce département n'est qu'un des tristes symptômes".

L'ancien ministre de l'Education nationale et de la Culture a vivement réagi. "Je découvre avec dégoût les extraits d'une lettre d'Arnaud Montebourg reproduite par Le Parisien. Je ne suis évidemment ni de près ni de loin lié au fait rapporté sur le Pas-de-Calais par le député de Saône-et-Loire", écrit-il. "Je ne suis en rien concerné par les diatribes et les appréciations à l'emporte-pièce proférées par Arnaud Montebourg", ajoute Jack Lang. Il qualifie les attaques d'"ignominieuses".

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Audrey Pulvar dans le collimateur des proches de Laurent Wauquiez 21 déc 2011 à 9:37 pipole.net

Audrey Pulvar s’en était prise samedi soir à Laurent Wauquiez dans le cadre de l’émission de Laurent Ruquier, « On n’est pas couché », sur France 2. Le ministre venait y présenter son livre « La Lutte des classes moyennes », très mal accueillie par la journaliste.

Celle-ci s’est trouvée dans le collimateur des proches de Laurent Wauquiez, plus particulièrement, de la députée UMP Anne Grommerch, qui lui reproche sa partialité. « Si les critiques sont utiles et légitimes dans le cadre » de l’émission « On n’est pas couché » de Laurent Ruquier, diffusée sur France 2 samedi, « puisqu’elles permettent d’éclairer les propos de l’auteur, on peut s’interroger sur celles qui relèvent de la caricature voire de la simplification démagogique », écrit l’élue de la Moselle, membre du club « La Droite sociale » de Laurent Wauquiez.

« Expliquer soi-disant que Laurent Wauquiez qualifie les pauvres d’alcooliques et de drogués dans son livre est tout simplement faux », ajoute Mme Grommerch qui « s’interroge sur l’objectivité d’Audrey Pulvar dans le cadre de cette émission de service public ».

« Cette journaliste compétente ne peut se permettre de se laisser aller à de tels raccourcis (…). Ce type de dérapage pose une question de déontologie », poursuit la députée UMP.

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Lundi 19 décembre 2011 - 17h00 Stéphane Guillon, Audrey Pulvar… et son "humour à deux balles" closermag.fr

Samedi soir, Stéphane Guillon était invité par Laurent Ruquier sur le plateau d'"On n'est pas couché. Alors qu'il passait par l'épreuve des critiques d'Audrey Pulvar, l'humoriste a répondu à la journaliste en imitant son compagnon, Arnaud Montebourg.
Un trait d'humour qui n'a pas beaucoup fait rire la chroniqueuse de Laurent Ruquier, même si elle a tout de même esquissé quelques sourires (pincés).

"A la base, il est celui que vous venez d'évoquer, qui est le problème d'un cordon direct entre le pouvoir exécutif et la nomination des présidents de chaînes et de radios publiques, mais c'est pas la question des personnes, c'est pas la question de Philippe Val et Jean-Luc Hees, d'ailleurs France Inter, je suis pas là pour prendre la défense de France Inter, mais enfin France Inter n'est pas devenue, du jour au lendemain, une radio sarkozyste, je ne crois pas.

"Ce n'est pas une question de personne, c'est une question de principe. Et je trouve que là, ça pollue un peu. Vous dites tout à l'heure à Natacha 'Mais arrêtez de me réduire à France Inter' mais vous, arrêtez de nous en parler, ne sortez pas dans trois mois un livre, encore, sur France Inter", déclarait Audrey Pulvar, avant que Stéphane Guillon ne lui réponde en imitant la voix d'Arnaud Montebourg :

"Je ne suis pas sûr, Audrey Pulvar, que j'aie envie de vous répondre. Je n'en suis pas sûr. Je vais demander à tous les impétrants qui nous écoutent de donner leur avis. Et à ce moment-là, chère Audrey, je vous répondrai. Je n'en suis pas sûr."

Une imitation qui n'a pas été du goût de la journaliste, qui ne s'est d'ailleurs pas privée de le dire : "C'est une réponse qui ne vous honore pas, Stéphane, franchement".

Stéphane Guillon a alors répliqué : "Contrairement à vous, chère Audrey, je ris et je fais rire les gens, et c'est un très beau métier, que je continuerai à faire, malgré les quelques critiques …"

"Mais je n'ai pas la prétention de faire rire les gens, je suis connue pour avoir un humour à deux balles", a lancé la journaliste, avant de continuer, en parlant en même temps que son interlocuteur : "J'espère, Stéphane, que vous êtes assez progressiste pour me voir autrement qu'en étant la femme de quelqu'un. Parce que la réponse que vous venez de me faire, elle était un petit peu limite."

"Mais c'est vrai que vous n'avez pas aimé ce spectacle, vous n'aimez pas rire, c'est incroyable", a alors répondu Stéphane Guillon, avant d'ajouter que "c'était juste pour faire rire". "Bah ça ne m'a pas fait rire", a conclu Audrey Pulvar. Non, mais elle a quand même souri.

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Le Point.fr - Publié le 04/02/2012 à 18:01 - Modifié le 04/02/2012 à 18:02 Charlotte Chaffanjon L'ex-candidat à la primaire PS a lancé, samedi à Paris, le Mouvement Rose Réséda, inspiré du célèbre poème d'Aragon.

Arnaud Montebourg à la tribune, fin de discours, salle debout, qui l'acclame. "Il ne s'agit pas d'un énième parti politique, pas d'un énième courant, pas d'une énième chapelle, nous les connaissons trop." La voix de l'orateur, pourtant tellement rompu aux manoeuvres de l'appareil socialiste qu'il habite depuis une trentaine d'années, s'envole : "Nous ne créons pas de religion nouvelle, ce que nous voulons faire, c'est changer notre pays, c'est tout."

C'est pour cela, changer le monde, qu'il lance donc "un mouvement" (une association loi 1901), samedi après-midi, à La Bellevilloise. À partir de 14 h 30, 700 personnes s'installent au premier étage de cette salle branchée du 20e arrondissement de Paris, que les politiques de gauche aiment réquisitionner pour y organiser des évènements.

Le troisième homme de la primaire - 455 000 voix au premier tour - écoute, assis au premier rang, les interventions de l'ancien président de SOS Racisme Malek Boutih et de la députée (PRG) de Guyane Christiane Taubira. Décontracté, en chemise bleu ciel et pull gris col V, mais martyrisant dans ses mains ses lunettes rondes, il monte sur scène à 16 heures.

Le poème de l'unité

Montebourg se lance dans une explication de texte, façon prof de terminale littéraire. Pourquoi La rose et le réséda ? "C'est un merveilleux, un magnifique poème d'Aragon, écrit dans un contexte de résistance." C'est d'ailleurs en raison des droits d'auteur qu'officiellement son mouvement s'appelle "Mouvement Rose Réséda". Le logo s'affiche sur le fond de scène, c'est une fleur imagée, rouge et orange.

Le président du conseil général de Saône-et-Loire poursuit : "La rose et le réséda, c'est le poème de l'unité et du courage, c'est le poème de 1943, lorsque la France était à terre, l'horizon était noir. Les résistants se faisaient fusiller, ils étaient catholiques, ils étaient communistes, mais ils étaient ensemble."

Autant dire que Montebourg affiche son ambition. Certes, il veut la mettre au service de François Hollande. Sans problème, puisque le discours du Bourget lui a plu. Cette partie sur le monde de la finance, adversaire sans visage qu'il faut combattre... Que peut trouver à y redire le héraut de la démondialisation ? Mais Montebourg, avocat de profession, qui aura 50 ans en octobre, trace aussi sa route. Lui qui estime qu'il y a "trois crises à combattre" - "la crise financière", "la crise de la mondialisation" et "la crise écologique" - a de l'ambition. D'ailleurs, il y a trois mois, il se voyait candidat à la présidentielle.

"S'ils veulent changer le monde"

Depuis, il avance un peu en marge, ni dans l'organigramme de campagne de François Hollande, ni au premier plan des photos de campagne. Il préfère se rendre à l'usine Lejaby qu'à un meeting avec François Hollande.

Il martèle son message, résumé ainsi : il faut "nous délivrer de l'emprise de la finance." Dans la salle surchauffée de La Bellevilloise, il assure que le Mouvement Rose Réséda doit être "une force de mutation des consciences", "incarner la fin de l'impuissance", la "fin de la naïveté", la "fin du fatalisme", la "fin du cynisme". Pour l'instant, c'est la fin du discours. La salle est toujours debout, qui l'acclame. Montebourg lance : "Il faut dire aux gens que, sans la victoire de François Hollande, le monde ne changera pas..." Mais il s'empresse d'ajouter : "Et s'ils veulent changer le monde, qu'ils apprennent La rose et le réséda." Pour un bon début, les deux premiers vers : "Celui qui croyait au ciel/ Celui qui n'y croyait pas".

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Condamné pour injures, Montebourg ne sera pas exclu du gouvernement M.S. | Publié le 23.05.2012, 14h48 | Mise à jour : 21h15 leparisien.fr

Le tribunal de grande instance (TGI) de Paris a condamné mercredi Arnaud Montebourg à un euro de dommages et intérêts pour avoir publiquement injurié les anciens membres de la direction de SeaFrance. Alors que le ministre du Redressement productif doit faire appel de cette décision, selon BFM-TV, l'ancienne ministre Nadine Morano est aussitôt montée au créneau, réclamant sa démission du gouvernement. Le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé s'est lui demandé si François Hollande allait appliquer ses «engagements électoraux».

C'est finalement Jean-Marc Ayrault qui a répondu en fin d'après-midi, estimant que la condamnation du ministre n'était pas de nature à l'exclure du gouvernement. «Le principe affirmé par le président de la République est clair : il faut des responsables politiques exemplaires. Toute condamnation qui disqualifierait un responsable politique pour des actes contraires aux valeurs de la République conduirait à l'exclure du gouvernement», écrit-t-il dans un communiqué ajoutant : «Aucun membre du gouvernement n'est aujourd'hui dans ce cas de figure».

«C'est contraire aux valeurs de la République: la République n'accepte pas qu'on puisse injurier l'autre», a rétorqué mercredi soir Rachida Dati sur BFM-TV.

Montebourg condamné à payer 1 euro de dommages et intérêts

En visite à Calais en septembre 2011, durant la campagne de la primaire socialiste, Arnaud Montebourg avait rencontré les salariés CFDT de la compagnie de ferries en grande difficulté. A l'issue de cette rencontre, il avait déclaré : «On parle souvent de patrons voyous, là il s'agit d'une entreprise publique, c'est curieux... On ne fera pas de miracle, mais on peut dire à la SNCF que s'ils sont des incapables et qu'ils ont mis des escrocs à la tête de SeaFrance, ils vont l'aider à se relever».

Arnaud Montebourg devra verser un euro de dommages et intérêts à Pierre Fa, Katherine Burro-Fleta, Jean-Claude Dechappe, Jean-Luc Drugeon et Vincent Launay. Il devra également leur payer 3 000 euros au titre des frais de justice et faire publier sa condamnation dans «La Voix du Nord», journal dans lequel ses propos avaient été repris. Si elle a jugé le terme «escrocs» «incontestablement outrageant», la 17e chambre civile a en revanche déclaré irrecevable l'action engagée par SeaFrance qui visait les termes d'«incapables» et de «patrons voyous».

Morano demande la démission de Montebourg

Quelques minutes après l'annonce de sa condamnation, Nadine Morano a demandé la démission immédiate du ministre du Redressement productif «au regard de la charte déontologique d'exemplarité qui a été signée». Si aucune mention n'est faite dans cette charte sur une éventuelle condamnation des ministres, il n'en reste pas moins que le candidat Hollande avait assuré vouloir conduire une république «irréprochable» s'il était élu. «Je n'aurai pas autour de moi à l'Elysée des personnes jugées et condamnées (…). Je dis la règle que je ferai respecter. Vous pourrez me rappeler cette déclaration si je venais à y manquer», déclarait-il le 14 avril dernier, dans un entretien au JDD.

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BPI : Montebourg rejette la faute sur Moscovici Le Point.fr - Publié le 31/08/2012 à 16:27 - Modifié le 31/08/2012 à 17:56

Suspecté de conflit d'intérêts sur le dossier de la banque publique d'investissement, le ministre du Redressement productif dément.

Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a critiqué vendredi le mandat de conseil confié par le ministère de l'Économie et des Finances à la banque Lazard pour l'aider à la mise en place de la future banque publique d'investissement. "Je pense que c'est une très mauvaise idée", a-t-il dit à l'issue de son intervention devant l'université du Medef.

"Je n'ai pas été informé de ce choix, je le regrette. Je ne suis pas très pour, pourquoi ? Parce que "la Banque publique d'investissement, je trouve qu'elle ne peut pas être réalisée par des banquiers, parce que faire une banque qui ressemblerait à d'autres banques, c'est vraiment pas ce que l'on cherche à faire".

Le ministre de l'Économie et des Finances, Pierre Moscovici, a assuré jeudi qu'il avait pris seul la décision de confier ce mandat à Lazard après que le Nouvel Observateur avait indiqué qu'Arnaud Montebourg y avait été associé.

L'information avait suscité des interrogations de l'opposition sur un conflit d'intérêts éventuel, Lazard étant dirigé en France par Matthieu Pigasse, par ailleurs propriétaire du magazine Les Inrockuptibles. Ce dernier a nommé cet été Audrey Pulvar, la compagne du ministre du Redressement productif, à la tête de ce journal. "Ce n'est pas moi qui l'ai prise (la décision, NDLR). Par ailleurs, je ne la connaissais pas et je l'ai découverte. Vous comprenez que je ne suis pas très content", a encore dit Arnaud Montebourg de la décision de Pierre Moscovici.

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Audrey Pulvar « libérée » de Arnaud Montebourg Publié le : 7 12 2012 Dans Actualités http://www.pipole.net/audrey-pulvar-liberee-de-arnaud-montebourg/162405/

Audrey Pulvar est libérée depuis sa séparation avec Arnaud Montebourg, le ministre du redressement productif, dont elle avait confirmé la rupture en novembre dernier.

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MITTAL. Montebourg, Florange et la nationalisation : le PS a-t-il honte de Marx ? Modifié le 08-12-2012 à 10h05 Par Francis Métivier Philosophe Édité par Aude Baron Auteur parrainé par Amandine Schmitt http://leplus.nouvelobs.com/contribution/731000-mittal-montebourg-florange-et-la-nationalisation-le-ps-a-t-il-honte-de-marx.html

LE PLUS. Jean-Marc Ayrault a voulu gérer le dossier Mittal lui-même : il s'y est lui à son tour cassé les dents, après avoir humilié Arnaud Montebourg qui proposait la nationalisation du site. Et si le ministre, au nom du socialisme, avait eu raison ? La philosophie peut nous permettre d'y voir plus clair... Explications avec Francis Métivier, philosophe.

MITTAL. L’on aura beau observer l’existence de différentes formes de nationalisations, affirmer que la nationalisation constitue avant tout un outil de gestion, l’on aura beau dire que, désormais, le processus de nationalisation se situe bien au-delà des partis et des idéologies politiques, l’on aura beau citer quelques exemples historiques de régimes libéraux ayant pratiqué la nationalisation d’entreprise, quelques exemples historiques de régimes socialistes ayant cautionné la privatisation d’entreprise, rien n’y fera : la dualité nationalisation/privatisation reste ancrée dans son expression d’origine, à savoir le clivage socialisme/libéralisme.

La nationalisation n'est pas un "outil" mais un principe

Ce clivage gauche/droite est d’ailleurs ce qui constitue l’offre électorale dominante. Il s’accorde, de toute façon, avec ce que les électeurs réclament. Donc, puisque c’est dans cette division logique, purement binaire, que le choix politique nous est présenté, les électeurs sont en droit d’attendre d’un libéral qu’il soit libéral et d’un socialiste qu’il soit socialiste.

Dans les fondamentaux de la science politique, le socialisme est un stade du marxisme. Il prône, en vue de l’avènement d’une société plus juste et plus équitable, un certain nombre de mesures, comme la nationalisation. Chez Marx, la nationalisation, qu’elle porte sur les propriétés foncières ou les moyens de productions industriels, est une étape cruciale vers la fin du capitalisme, c’est-à-dire de "l’exploitation de l’homme par l’homme".

Dès lors, dire que la nationalisation est maintenant un instrument de circonstance au service de tout pouvoir politique, dans le but de régler une crise, c’est au fond la couper de son fondement et de sa raison d’être : l’amélioration des conditions de travail et de vie des ouvriers.

Être socialiste, c’est – quand même ! – ne pas céder au principe de réalité économique afin d’imposer au monde un modèle de justice sociale. Et reléguer le processus de nationalisation au rang d’outil de gestion alors qu’il s’agit fondamentalement d’un principe phare du socialisme, c’est au fond en faire un élément accessoire, secondaire et se donner une raison de ne pas l’utiliser.

La nationalisation est-elle trop marxiste ?

Dans l’affaire Mittal, paradoxalement, la nationalisation – du moins son hypothèse – a été présentée ainsi, comme un moyen de gestion au-delà des partis. Et c’est pour cette raison que la nationalisation n’a pas été adoptée. Être pragmatique et être réaliste sont les mots d’ordre. Or, justement, ce sont là des tendances qui, comme chacun sait, sont des tendances de droite, à l’inverse d’une orientation plus progressiste, de gauche, qui ne vendrait pas son idéal de justice ni à Mittal ni aux grands patrons.

Normalement un socialiste tient bon dans sa conviction que l’État devrait assumer son rôle, à savoir défendre les travailleurs, et ainsi prendre en main l’administration d’une entreprise plus que problématique quant à la fiabilité de son responsable, de sa parole et de son action.

Mais aujourd’hui, la nationalisation serait-elle… trop marxiste ? Les socialistes auraient-ils honte de leur théorie fondatrice, axée sur l’administration d’État, le service public, la nationalisation et, à échelle locale, la municipalisation des services répondant à certains besoins primordiaux (comme l’eau par exemple) ?

Les socialistes auraient-ils honte du socialisme ? Les socialistes auraient-ils honte d’Arnaud Montebourg ?

Montebourg, figure de la gauche décomplexée

La scission entre la gauche et le syndicalisme de gauche, à l’instar de la scission entre la gauche et l’extrême gauche, est due au complexe que la gauche a à l’égard de ses racines, de ses origines, desquelles, même au nom du progrès des idées, elle ne pourrait se démarquer. Preuve en est, encore une fois, la différence gauche/droite qui est mise en avant dans les périodes d’élection et que le socialisme creuse au nom du principe à peine caché (car il plaît aux syndicats de gauche et à l’extrême gauche) de la lutte des classes, élément princeps du marxisme.

Arnaud Montebourg n’est-il pas la figure même de la gauche décomplexée, c’est-à-dire de la gauche qui se revendique en tant que telle et n’a aucun complexe à mettre en avant les principes fondateurs et fonctionnels de tout socialisme, comme la nationalisation ? Mais l’exercice du pouvoir politique de gauche n’aurait-il pas pour effet de déporter vers la droite ? Arnaud Montebourg est celui qui tient sa place.

Et si le PS essayait d'être vraiment socialiste ?

Quand François Mitterrand avait fini par céder, dans le cycle de la dialectique "tu privatises, je nationalise, tu re-privatises, je re-nationalise… ", à la privatisation, et figé le mouvement de l’histoire à ce stade de l’économie, peut-être avait-il sonné la fin du socialisme en France.

Mais le premier critère de la normalité – et donc d’un président normal – est la logique. Être logique avec soi-même, avec sa propre doctrine. On ne peut pas en vouloir à Arnaud Montebourg d’être socialiste.

Et je dis même : dans la situation actuelle, essayons. Mais essayons vraiment, car s’il s’agit, pour un gouvernement de gauche, de faire une politique de droite, c’est-à-dire plus favorable aux grands patrons qu’aux ouvriers, alors il faut redonner le pouvoir à ceux qui sont le mieux placé pour réaliser cette idée.

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Montebourg : "Un honneur d'être condamné" face à Guérini Créé le 17-12-2012 à 15h01 - Mis à jour à 18h10 http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20121217.OBS2723/arnaud-montebourg-condamne-face-a-jean-noel-guerini.html Par Le Nouvel Observateur avec AFP

Le ministre doit verser 2.000 euros de dommages et intérêts au sénateur socialiste, pour atteinte à la présomption d'innocence.

"C'est un honneur d'être condamné à la demande de M. Guérini, qui est poursuivi pour association de malfaiteurs, trafic d'influence et beaucoup d'autres choses pas très honorables". Voilà comment Arnaud Montebourg a réagi, ce lundi 17 décembre, à sa condamnation un peu plus tôt pour atteinte à la présomption d'innocence du sénateur socialiste.

Le ministre du Redressement productif a été condamné à verser 2.000 euros de dommages et intérêts par le tribunal de grande instance de Paris et il a également estimé, en marge d'un déplacement de François Hollande, qu'il s'agissait d'une "condamnation au civil", qui relève de "la vie normale d'une démocratie".

Cette décision "renforce ma volonté de poursuivre le combat que je mène pour prouver mon innocence et pour faire sanctionner les violations répétées du secret de l'instruction", affirme pour sa part Jean-Noël Guérini, qui a réagi sur son blog en fin d'après-midi.

Le président du conseil général des Bouches-du-Rhône se félicité que le TGI de Paris "rappelle fermement les principes qui fondent notre droit à un ministre en exercice, qui est supposé donner l'exemple" et il dénonce également le fait que la présomption d'innocence soit piétinée "en violant systématiquement le secret de l'instruction ou en colportant les pires rumeurs".

"Complicité"

Dans une interview publiée sur le site du quotidien régional "La Provence" le 29 mars 2011, Arnaud Montebourg estimait que les faits reprochés à Alexandre Guérini, mis en examen dans une vaste affaire de marchés publics, ne pouvaient prospérer sans la "complicité" de son frère Jean-Noël, président du département des Bouches-du-Rhône et patron de la fédération départementale du PS.

"Aucune de ces activités ne pouvait aboutir sans la complicité de son frère, Jean-Noël, et sans l'appui de ce dernier. Complicité que relèvent de nombreuses pièces versées à la justice et à Martine Aubry", alors première secrétaire du PS, déclarait Arnaud Montebourg dans cette interview.

Montebourg garde la "confiance" d'Ayrault

Contrairement à ce qu'avait soulevé la défense de M. Montebourg, la 17e chambre civile du Tribunal de grande instance (TGI) de Paris a estimé que le terme de complicité devait en l'occurrence être compris au "sens pénal du terme".

Outre les 2.000 euros de dommages et intérêts en réparation du préjudice moral, le tribunal a condamné Arnaud Montebourg à verser à Jean-Noël Guérini 3.000 euros au titre des frais de justice.

Par ailleurs, Jean-Noël Guérini poursuit Arnaud Montebourg dans deux autres dossiers, l'un pour diffamation non publique devant le tribunal de police, l'autre pour diffamation publique devant le tribunal correctionnel de Paris.

Jean-Marc Ayrault a réaffirmé toute sa "confiance" à son ministre, dans la foulée de l'annonce de cette décision. "Je ne crois pas que ce soit un motif de démission", a dit le Premier ministre devant des journalistes, en marge d'un déplacement à Clermont-Ferrand. "C'est une simple étape judiciaire. J'ai toute confiance pour qu'Arnaud Montebourg continue d'exercer sa mission au sein du gouvernement", a-t-il ajouté.

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Montebourg ne veut pas que Yahoo dévore Dailymotion Julien L. - publié le Jeudi 02 Mai 2013 à 09h12 - posté dans High-Tech http://www.numerama.com/magazine/25853-montebourg-ne-veut-pas-que-yahoo-devore-dailymotion.html

Entre Yahoo et Dailymotion, la communication est-elle rompue ? L'intervention du ministre du redressement productif dans les discussions entre les deux groupes a empêché le portail américain d'obtenir ce qu'il voulait.
Le gouvernement français n'est pas opposé à une participation du groupe, mais il veut que le partage soit équitable, mettant en avant le statut de "pépite française" de Dailymotion.

Le dossier Yahoo / Dailymotion continue de faire des vagues. Après un communiqué publié mardi soir, Arnaud Montebourg est intervenu à la radio pour justifier la position du gouvernement dans les négociations entre le portail américain et France Télécom, qui détient 100 % du capital de la plateforme. Au Micro d'Europe 1, le ministre a plaidé pour la préservation de l'identité de cette "pépite française".

"Yahoo veut dévorer Dailymotion. Nous leur avons dit non. Ça sera 50 / 50. C'est à dire que nous nous souhaitons un développement équilibré. Nous sommes pour une autre solution, qui est une solution 50 / 50 du type de celle qui a existé entre Renault et Nissan par exemple, qui est un très bel exemple, où l'identité des deux entreprises est préservée et où le tout fait un développement mondial".

"C'est l'intérêt de la France et c'est l'intérêt de Dailymotion, qui est une pépite française qu'il faut préserver", a conclu Arnaud Montebourg. Une position qui est cependant contestée par des économistes comme Thomas Philippon. Celui-ci considère au contraire qu'ouvrir la porte au rachat d'entreprises françaises non stratégiques par des firmes étrangères serait une très bonne nouvelle pour l'économie française.

Si cela se confirme, ce serait un comble pour le ministre du redressement productif. En voulant défendre les intérêts de la France, il aurait en réalité pris la moins bonne des solutions. Du moins, si l'on suit la thèse de Thomas Philippon. Reste à savoir si de nouveaux développements se produiront : officiellement, le gouvernement est toujours disposé à discuter avec Yahoo, via Orange. Mais le portail en a-t-il encore envie ?

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Dailymotion : soutiens et critiques pour Montebourg Le Monde.fr avec AFP et Reuters | 03.05.2013 à 10h10 http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/05/03/dailymotion-soutiens-et-critiques-pour-montebourg_3170361_3234.html

Après le rififi à Bercy entre Arnaud Montebourg et Pierre Moscovici qui se sont opposés jeudi, par médias interposés, sur le dossier de la reprise de Dailymotion par Yahoo!, le ministre du redressement productif peut compter sur de nouveaux soutiens.

Ainsi, le député UMP Henri Guaino soutient la "démarche" d'Arnaud Montebourg. Sur RTL, l'ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy à l'Elysée a jugé "légitime que l'Etat se pose ce genre de questions". L'élu des Yvelines "ne connaît pas les tenants et aboutissants" de cette affaire et considère qu'il faut "évidemment donner à l'entreprise les moyens de se développer", mais "on n'est pas obligé de tout brader", dit-il. Quant à cette entreprise, qui est une réussite, "si on la laisse partir, on sait bien que c'est du savoir-faire français qui va disparaître parce que les Américains vont la dissoudre", insiste le député d'opposition.

Jean-Luc Mélenchon y va aussi de son coup de chapeau. "Evidemment, je soutiens Arnaud Montebourg", a déclaré le coprésident du Parti de gauche sur BFMTV/RMC."Il s'agit de notre indépendance. Brader Dailymotion à Yahoo! c'est le fait d'un esprit qui ne sait plus très bien quelles sont ses responsabilités." "Arnaud Montebourg aurait sa place naturelle le 5 mai avec nous dans la rue", affirme-t-il, ajoutant : "Si François Hollande vire [Arnaud Montebourg] du gouvernement, il sera le bienvenu dans le Front de gauche à la place éminente à laquelle il peut aspirer", affirme l'ex-candidat à l'élection présidentielle de 2012.

"PAS DE RÉFLEXION INDUSTRIELLE"

Jean-François Copé, le président de l'UMP, estime pour sa part que "la politique industrielle de ce gouvernement est incompréhensible". "On fait rire les autres pays par notre inconstance", accuse le député-maire de Meaux sur Europe 1. "Personne ne reprochera à un gouvernement de vouloir évidemment servir en premier les intérêts de son économie. Ce qui est problématique aujourd'hui, c'est qu'il n'y a pas de réflexion industrielle, il y a un coup de communication de Montebourg".

Dailymotion, analyse l'ancien ministre du budget, "doit se développer à l'étranger. Il ne peut pas le faire sans partenaires extérieurs. Yahoo! était un de ces partenaires. Comment aller sur le marché américain si on n'est pas en partenariat avec une grande entreprise américaine ?" Arnaud Montebourg "est désavoué par le ministre de l'économie et François Hollande, sur ce sujet comme sur d'autres, est silencieux", poursuit M. Copé.

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"Grand Journal" : Audrey Pulvar vire Arnaud Montebourg, un vrai manque de déontologie ! Modifié le 04-05-2013 à 14h08 Par David Réguer Communicant Édité par Louise Auvitu Auteur parrainé par Aude Baron http://leplus.nouvelobs.com/contribution/852026-grand-journal-audrey-pulvar-vire-arnaud-montebourg-un-vrai-manque-de-deontologie.html

LE PLUS. Vendredi 3 mai, Audrey Pulvar était l'invitée du "Grand Journal" sur Canal Plus. Interrogée sur l'action de François Hollande depuis son élection, la journaliste n'y a pas été de main morte avec son ex-compagnon, Arnaud Montebourg, qui "gêne l'action du gouvernement". Notre contributeur constate que tous les moyens sont permis pour faire le buzz.

Invitée du Grand Journal de Canal Plus, Audrey Pulvar a donc fusillé son ancien compagnon en direct en déclarant qu’il entravait l’action du Président de la République. "Je pense qu'il fait partie de ceux qui gênent l'action de François Hollande, en tous cas celle de Jean-Marc Ayrault" s’est-elle exprimée, louant l’efficacité d’une équipe resserrée au gouvernement.

Une voix peu crédible, une vengeance à peine feinte

Audrey Pulvar n’en est pas à sa première sortie, dans un mélange des genres, publique-privée, difficilement compatible. L’ex "femme d’Arnaud Montebourg" qui avait annoncé sa rupture par un simple SMS à l’AFP, avait déjà manifesté sa déception du socialisme comme on peut évoquer une déception amoureuse.

Réagissant à l’affaire Cahuzac, elle utilisa l’analogie de l’adultère, un sentiment étonnant : "Quelqu’un comme moi, qui a 41 ans, et tous les gens de ma génération, on a l’impression d’avoir été cocufiés par la gauche depuis trente ans".

Comment ne pas voir derrière ses mots l’ombre d’Arnaud Montebourg ? Aurait-elle laissé paraître le même sentiment si elle était restée sa femme ? Peu probable.

Sur les affaires socialistes, comme sur les critiques de l’action gouvernementale, la déconvenue sentimentale d’Audrey Pulvar semble toujours prégnante. Elle décrédibilise manifestement ses analyses, surtout quand la véhémence de ses propos prend le dessus sur le fond.

Dans cette nouvelle séquence, les mots sont durs, tranchés. Audrey Pulvar condamne fermement et demande purement et simplement la tête du ministre du Redressement productif : "C'est clair qu'il va falloir faire un exemple".

Une expression qui résonne comme une vengeance toute chaude, à peine feinte, une aigreur viscérale. Nul doute que pendant les années noires de la Révolution française, Audrey Pulvar aurait envoyé son ex-compagnon sur l’échafaud, par dépit affectif.

Respecter les règles déontologiques du journaliste

Audrey Pulvar devrait s’inspirer de la charte d’éthique professionnelle des journalistes révisée en 2011. Certes, la déception amoureuse, comme conflit d’intérêt, n’y est pas mentionnée.

On y apprend cependant que la profession tient "l’esprit critique, la véracité, l’exactitude, l’intégrité, l’équité, l’impartialité, pour les piliers de l’action journalistique". Ou encore que le journaliste "refuse et combat, comme contraire à son éthique professionnelle, toute confusion entre journalisme et communication".

Déjà à l’époque de sa relation avec Arnaud Montebourg, elle aurait pu s’arrêter sur ce passage qui interdit au journaliste "d'être payé par un service public ou par une entreprise privée qui pourrait profiter de sa qualité de journaliste, de ses influences, et de ses relations".

D’ailleurs, Audrey en était parfaitement consciente lorsqu’elle affirmait "suivre une ligne de conduite continue : décliner toute invitation où serait présentes des personnalités politiques".

Une blessure sentimentale qui fait le buzz

Bien entendu, Audrey Pulvar est libre d’exercer son métier comme elle l’entend. Après tout, ses attitudes vengeresses à répétition, ont l’avantage de faire parler d’elle. C'est une prime non négligeable aujourd'hui. En matière de communication, il n’y a rien à dire, elle excelle.

Elle pourrait certes mesurer ses propos, rappeler avant toute critique, que l’éthique de sa profession la contraint de ne pas aborder certains sujets…

Ou encore que son passé implique de relativiser ses déclarations comme par exemple celle où elle prend à témoin le premier ministre pour valider sa thèse : "Le fait que Jean-Marc Ayrault reconnaisse qu'Arnaud Montebourg l'a insulté au téléphone, ça ne vous semble pas être le meilleur argument pour le virer au prochain remaniement ?"

Mais non… Le bouillonnement intérieur d’Audrey Pulvar est tel que la quête du buzz est toujours plus forte que la déontologie.

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Arnaud Montebourg porte plainte contre Paris Match Par LEXPRESS.fr, publié le 16/02/2014 à 18:01 Arnaud Montebourg a indiqué ce dimanche avoir porté plainte contre l'hebdomadaire Paris Match après la publication de photos le montrant en compagnie de l'actrice Elsa Zylberstein. En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/actualite/politique/vie-privee-arnaud-montebourg-porte-plainte-contre-paris-match_1324701.html#2FD3dqqCtDR785Ac.99

Arnaud Montebourg poursuit en justice Paris Match. Le ministre du Redressement productif a indiqué, ce dimanche, avoir porté plainte contre l'hebdomadaire qui le montre en compagnie de l'actrice Elsa Zylberstein dans son édition parue jeudi.

"On a, dans la loi française, droit au respect de l'intimité de sa vie privée. Donc ce sont des photos volées, donc ce journal sera poursuivi en justice et, comme tous les autres, condamné", a déclaré le ministre, dans l'émission politique de France 3, le 12-13 Dimanche. Interrogé sur le fait de savoir s'il allait porter plainte, Arnaud Montebourg a ainsi répondu: "C'est fait."

Sollicitée ce dimanche, l'avocate de Paris Match, Me Marie-Christine Percin, a déclaré ne pas être au courant de cette plainte.

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Montebourg : "J'ai décidé de reprendre ma liberté" Le Point.fr - Publié le 25/08/2014 à 15:45 - Modifié le 25/08/2014 à 17:23

Le ministre de l'Économie, annoncé sortant du prochain gouvernement Valls II, a rappelé "ses convictions d'homme engagé" et remercié ses amis.

Tandis qu'Arnaud Montebourg, ministre de l'Économie démissionnaire, sera l'invité du JT de TF1 lundi soir - en même temps que son camarade Benoît Hamon, ministre de l'Éducation du gouvernement sortant, invité du JT de 20 heures de France 2 -, Arnaud Montebourg a tenu une conférence de presse en direct de Bercy, lundi après-midi.

"Aujourd'hui, le monde entier nous presse, nous supplie même de faire cesser ces politiques d'austérité absurdes qui continuent d'enfoncer la zone euro (...), bientôt dans la déflation", a commencé l'ancien ministre de l'Économie. "Erreurs et entêtements absurdes ont ouvert des questionnements, des débats et des désaccords", a poursuivi Arnaud Montebourg, ajoutant que "les politiques d'austérité ne marchent pas et, en plus d'être inefficaces, sont injustes".

"Il existe un autre chemin pour l'Europe", estime l'ancien ministre. "J'ai adressé au chef de l'exécutif des notes et des lettres pour tenter d'adjurer le président de la République de faire cesser des politiques qui portent des risques pour notre économie." "La France est à l'arrêt et le chômage poursuit sa progression pendant que partout ailleurs, il baisse", a fustigé Montebourg, et "nous avons la "responsabilité imminente d'interrompre le coulage de l'économie par l'austérité". À Filippetti et Hamon : "Je vous embrasse tous deux"

"C'est donc avec la fierté du devoir accompli (...) que j'ai indiqué cet après-midi à monsieur le Premier ministre que s'il jugeait que je me trompais, je croyais nécessaire de reprendre ma liberté comme il a accepté de me la rendre", a poursuivi Arnaud Montebourg, avant de remercier Aurélie Filippetti et Benoît Hamon, qui ont "eux aussi fait le choix de leurs idéaux et de leurs convictions. Je vous embrasse tous deux", laissant ainsi entendre que ses deux collègues ne feraient pas partie du futur gouvernement de Manuel Valls, dévoilé mardi.

"Je n'ai jamais ressenti la moindre crainte à défendre mes convictions d'homme engagé." "Que vais-je faire de cette liberté retrouvée ? Je vais prendre exemple sur Cincinnatus et retourner à mes champs et charrues", a conclu Arnaud Montebourg, qui a annoncé vouloir continuer à se battre pour sa "grande cause nationale" : "le made in France". "Vive le redressement productif, vive la République, et vive la France !"

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Cambadélis sur le retour de Montebourg : "Il y a un temps de décence" Europe 1 5 octobre 2014 http://lelab.europe1.fr/Jean-Christophe-Cambadelis-recommande-a-Arnaud-Montebourg-de-prendre-son-temps-et-l-accuse-d-etre-tout-le-temps-en-campagne-17326

VAS-Y MOLLO - Arnaud Montebourg ne s'en cache pas : la présidentielle est "la seule élection qui [l']'intéresse". Le "citoyen ordinaire" Montebourg a posé les jalons d'une campagne électorale pour une éventuelle primaire à gauche en 2016, en effectuant sa rentrée politique ce week-end à Laudun-l'ardoise. Un "retour" dont la précocité irrite visiblement Jean-Christophe Cambadélis.

Invité d'I>Télé lundi 6 octobre, le premier secrétaire du PS a gentiment brocardé l'ancien ministre de l'Économie, lui recommandant de "prendre son temps" et raillant son départ tardif du gouvernement, au regard de sa critique quasi permanente de la politique de l'exécutif :

Je trouve que quand même il devrait prendre son temps, ça ne fait pas un mois qu'il a quitté le gouvernement. Quand on est au gouvernement, on est solidaire, mais ça ne lui a pas traversé l'esprit de démissionner il y a 6 mois, un an. Je sais pas moi, par exemple le 14 janvier quand le président de la République a fait son inflexion. Il aurait pu sortir, ça aurait eu de la gueule ! Il est resté, il est devenu ministre de l'Économie.

Donc il y a quand même un temps pour tout. Il faut laisser un peu de temps.

[...] Je crois qu'il apprécie les vacances, mais il y a un temps de réflexion, de décence.

Pour Jean-Christophe Cambadélis, il "n'a échappé à personne" que l'ex-ministre est déjà en campagne. Et là encore, le patron des socialistes en place une à son petit camarade :

Je trouve ça paradoxal d'être le chantre de la VIe République, d'être contre le régime présidentialiste, et d'être sans arrêt en campagne.

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Montebourg découvre (enfin) la gestion http://www.lepoint.fr/editos-du-point/sophie-coignard/montebourg-decouvre-enfin-la-gestion-04-11-2014-1878495_2134.php Le Point - Publié le 04/11/2014 à 07:43 Étudier à l'Insead, c'est, pour Arnaud Montebourg, trois fois incohérent. Certains enseignements peuvent lui être utiles, d'autres risquent d'aggraver son cas...

Par Sophie Coignard

Mardi 3 novembre, Arnaud Montebourg a fait sa rentrée universitaire. La France entière a pu le voir, studieux, franchir les portes de l'Insead, la grande école internationale de management installée à Fontainebleau. Il y suit pendant quatre semaines une session intensive intitulée "Advanced Management Program", qui apprend, en gros, à diriger efficacement une entreprise.

Ce qui se veut une marque d'humilité (un ancien ministre qui s'investit dans la formation permanente) est au contraire profondément choquant. "J'ai décidé de reprendre des cours parce que diriger une boîte est un vrai métier, je m'en suis rendu compte ces deux dernières années", déclare-t-il dans Le Monde. Arnaud Montebourg était, jusqu'au 25 août 2014, ministre de l'Économie, du Redressement productif et du Numérique. À ce titre, il était en charge de toutes les entreprises installées sur le territoire français. Aujourd'hui, il veut en créer une. Et ses deux années à Bercy, durant lesquelles on pouvait espérer qu'il connaissait son sujet, ou du moins qu'il avait appris à la connaître, n'étaient en vérité qu'un long stage de sensibilisation ! On aurait préféré qu'il découvre le management avant d'entrer au gouvernement !

Pas d'argent public ? Encore heureux !

Cet ennemi de la mondialisation, toujours prêt à clouer au pilori les patrons qui ne manifestaient pas d'élans assez cocardiers à son goût, a de plus choisi l'école de commerce la moins française qui soit. L'Insead, où l'ensemble de l'enseignement est assuré en anglais, a été créée en 1957 par des anciens de Harvard qui voulaient importer ce modèle dans l'Hexagone. La moins française... et la plus chère : 34 500 euros hors taxe, contre 20 000 à 25 000 dans les autres pour une prestation équivalente. Pour couper court à la polémique, Arnaud Montebourg, enfin, a expliqué qu'il avait demandé une bourse, mais financée par les entreprises à travers l'Insead. "Il n'y a pas d'argent public en cause", précise-t-il. Encore heureux !

Mais que va-t-il apprendre lors de ses brèves mais coûteuses études ? Un art qui semble lui avoir fait parfois défaut : "Gagner en perspicacité dans la construction de son propre jugement", ainsi que l'expose la plaquette de l'école. Un autre élément du programme, en revanche, ne peut rien lui apporter : "Le développement d'une plus grande confiance en soi et en son savoir". Apprendre à Arnaud Montebourg à développer sa confiance en soi, c'est un peu comme donner une grosse rasade de potion magique à Obélix : non seulement c'est inutile, mais cela peut se révéler contre-productif.

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Arnaud Montebourg rejoint Habitat comme «M.Innovation» Home ECONOMIE Entreprises Par Carole Bellemare Publié le 19/03/2015 à 13:27 http://www.lefigaro.fr/societes/2015/03/19/20005-20150319ARTFIG00187-arnaud-montebourg-rejoint-habitat-comme-minnovation.php

L'ex-ministre du redressement productif est recruté comme vice président en charge de l'innovation par le nouvel actionnaire Hervé Giaoui, l'homme qui veut faire d'Habitat une marque mondiale et un porte-drapeau de l'excellence française.
Arnaud Montebourg tire-t-il définitivement un trait sur la politique? Ses rivaux socialistes en lice pour la présidentielle de 2017 peuvent peut-être se réjouir du nouveau rôle que va jouer l'ancien ministre du redressement productif chez Habitat ....

Les affaires plutôt que la politique ?

Pour l'heure, il a en tout cas préféré Habitat aux frondeurs. Montebourg s'apprête à rejoindre le fabricant de design et spécialiste de la maison comme vice-président en charge de l'Innovation. Pas un hasard, Hervé Giaoui, le président de Cafom, la holding qui a repris Habitat, avait rencontré Arnaud Montebourg au moment où il avait décidé de rapatrier en France la production d'une partie des collections de l'enseigne. «Nous partageons un certain nombre de valeurs et souhaitons tous les deux faire rayonner la marque France à l'international», explique le PDG d'Habitat, qui ces derniers mois ne cessait de faire l'apologie de l'action de l'ancien ministre...

Avec Habitat, ce dernier trouve là l'occasion de porter haut les couleurs du Made in France, alors que l'enseigne, restructurée, est en train de retrouver des couleurs et d'avancer ses pions à l'international. «J'ai indiqué à l'été 2014 mon intention d'investir mon énergie et ma force de travail dans l'entreprise, dans la création de richesses et d'emplois», souligne-t-il, «enthousiaste à l'idée de contribuer à accélérer la politique d'innovation de cette marque emblématique». L'enseigne Habitat compte aujourd'hui 72 magasins dans 18 pays, essentiellement en Europe, mais compte investir aussi prochainement l'Asie.

Hautement symbolique, le nouveau job d'Arnaud Montebourg ne sera pas toutefois pas un job à plein temps. Après ses cours à l'Insead, l'ancien ministre a aussi créé sa propre société de capital investissement «Les équipes du Made in France» pour essayer de recapitaliser des pépites françaises.

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La charge de Montebourg et Pigasse contre Hollande R.T | 07 Juin 2015, 00h42 | MAJ : 07 Juin 2015, 09h16 leparisien.fr

Arnaud Montebourg a fini de jouer les mannequins. Le voilà de retour dans l'arène... politique. L'ancien ministre (PS) Arnaud Montebourg, et nouveau dirigeant d'Habitat et l'homme d'affaires Mathieu Pigasse attaquent très durement, dans une tribune au Journal du dimanche, intitulé «Est-il encore possible de sauver le quinquennat?».

Il s'attaquent au bilan de François Hollande et souhaitent une «coalition des pays européens» pour une stratégie de «baisse d'impôts en faveur des ménages» et de résorption du déficit «par la croissance mais non par l'austérité».

«Hébétés, nous marchons droit vers le désastre. C'est la démocratie qui est cette fois menacée». «L'absurde conformisme bruxellois» de la politique de l'exécutif «est devenu une gigantesque fabrique à suffrages du Front national», accusent Montebourg et Pigasse dans ce texte très incisif publié par le JDD, alors même que le PS tient son congrès à Poitiers.

L'ancien ministre de l'Economie, figure de l'aile gauche du parti qui a quitté le gouvernement en août 2014, et Mathieu Pigasse, banquier et patron de presse, accusent François Hollande et Manuel Valls, jamais nommés, de «faire semblant de combattre le FN pour se donner bonne conscience». Les concernés apprécieront.

«Au fil des alternances, les Français votent en conscience pour la "rupture" ou le "changement" mais s'aperçoivent que la politique économique - donc européenne - qui s'ensuit est toujours la même. Tout président élu commence par aller faire ses génuflexions à Berlin puis à Bruxelles, enterrant en 72 heures ses engagements de campagne», accusent-ils.

Pour les deux auteurs de cette tribune au vitriol, «ceux qui nient l'existence de l'austérité en prétendant que les salaires n'ont pas baissé (heureusement !) doivent ouvrir les yeux sur les pertes réelles et sérieuses de revenus pour les Français moyens : cette politique répand la colère, le dépit, la violence chez des millions de nos concitoyens qui s'estiment bernés, trahis et abandonnés». peut-on lire dans cette tribune.

«Est-il encore possible de sauver le quinquennat ?»

«Cette situation explique aussi pourquoi l'économie française ne repart pas, plus de sept ans après la faillite de Lehman Brothers, alors que les économies du monde entier ont redémarré fortement depuis déjà deux ans», poursuivent-ils.

Les auteurs prônent de «construire, dans le peu de temps qui reste, une coalition des pays européens favorables à une stratégie européenne de baisse d'impôts en faveur des ménages dans tous les pays, acceptant que les déficits soient résorbés par la croissance mais non pas par l'austérité, laquelle empêche précisément de réduire les déficits».

«Est-il encore possible de sauver ce quinquennat et de le rendre enfin utile à notre pays ? Est-il encore possible d'éviter le désastre politique et moral pour cette gauche de gouvernement qui semble avoir abandonné la France ? Oui, nous croyons qu'il n'est pas trop tard pour encore agir et engager enfin une politique différente et innovante. Il suffirait que nos dirigeants ouvrent leurs yeux sur le précipice qu'ils ont ouvert sous nos pieds (et les leurs)».

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On monte au Beuvray avec Aurélie, et les suiveurs :

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http://www.rtl.fr/actu/politique/presidentielle-2017-le-quinquennat-hollande-a-echoue-estime-arnaud-montebourg-7785619676 Présidentielle 2017 : le quinquennat Hollande "a échoué", estime Arnaud Montebourg REPLAY - LE GRAND JURY - Le candidat à la primaire de la gauche n'hésite pas à tacler le quinquennat Hollande, qu'il a, pendant un temps, représenté au plus près du pouvoir. par Clémence Bauduin publié le 06/11/2016 à 13:39

"Je pense que les dix années qui viennent de s’écouler n’ont produit aucun résultat." François Hollande, Nicolas Sarkozy, même combat ? C'est en tout cas ce que semble sous-entendre Arnaud Montebourg, candidat à la primaire de la gauche, invité du Grand Jury de RTL, LCI et Le Figaro de ce 6 novembre. L'ancien ministre n'hésite pas à tacler le président sortant, qu'il a soutenu un temps lorsqu'il appartenait au gouvernement. Il propose ainsi de "faire muter la gauche, tourner la page de ce quinquennat qui a échoué".

"Les orientations politiques de ce quinquennat étaient des orientations excessivement libérales. Je me suis battu de l’intérieur pour faire en sorte de les infléchir, faire en sorte qu’il n’y ait pas de fatalité à commettre les mêmes erreurs que celles qui avaient été commises dans le passé. C’est un échec”. D'après Arnaud Montebourg, le quinquennat Hollande, qu'il a représenté comme ministre du Redressement productif puis comme ministre de l'Économie, ne vaut pas mieux que celui de son prédécesseur.

Montebourg encourage Valls à claquer la porte

L'ancien ministre se place comme le rassembleur des gauches et en profite là encore pour tacler le président de la République. "Il y a des désaccords, des fractures ouvertes, laissées par le quinquennat de François Hollande - la déchéance de nationalité, la loi Travail, l’abandon des ouvriers de Florange, la politique d’austérité… Tous ces éléments sont finalement des éléments de division du camp de la gauche", affirme Arnaud Montebourg, qui dit vouloir "rassembler sur des propositions innovantes et nouvelles".

Le président Hollande est taclé sur tous les fronts. "Si j’étais le président de la République, je n’appuierais pas sur le haut-parleur du téléphone pour faire assister deux journalistes, tout aussi sérieux soient-ils, à une conversation diplomatique qui engage la France. (...) Ce type d’attitude serait proscrit de mon propre comportement", tance l'ancien ministre, revenant sur la proximité de François Hollande avec les journalistes et la polémique suscitée par le livre Un Président ne devrait pas dire ça.

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Cinq choses à savoir sur Arnaud Montebourg LE MONDE | 01.12.2016 à 10h30 • Mis à jour le 01.12.2016 à 16h56.
L’ancien ministre a officiellement déposé jeudi sa candidature à la primaire de la gauche organisée par le Parti socialiste.

Arnaud Montebourg a présenté sa candidature à la primaire de la gauche jeudi 1er décembre. L’ancien ministre de l’économie entame ainsi sa deuxième campagne, espérant réaliser un meilleur score que lors de la précédente élection interne : en 2011, il avait terminé troisième du scrutin qui avait désigné François Hollande candidat.

Avocat, élu, entrepreneur : les différentes vies d’Arnaud Montebourg

Adhérent du Parti socialiste (PS) depuis 1981, Arnaud Montebourg commence son parcours d’élu en 1997, quand il devient député. Mais le jeune homme – 35 ans à l’époque – a déjà une carrière derrière lui.
Dans les années 1990, il est avocat, défend Christian Didier, l’assassin de René Bousquet, puis Christine Villemin, la mère du petit Grégory. Il est aussi l’avocat de l’Association des contribuables parisiens, qui a obtenu le déménagement d’Alain Juppé, locataire d’un appartement dont la Ville de Paris était propriétaire au loyer très bas.

En 1992, il devient premier secrétaire de la Conférence des avocats du barreau de Paris. Mais il se lasse. « J’avais fait le tour, je m’ennuyais. J’avais plaidé de belles affaires, j’avais fait déménager Alain Juppé qui occupait un logement de la Mairie de Paris », confiait-il au Monde en 2013. Ce sera donc un retour dans sa Bourgogne natale, qui devient son fief politique : Arnaud Montebourg est élu député de Saône-et-Loire en 1997 puis président du conseil général du même département en 2008.

Après son départ de Bercy, en août 2014, il se lance dans le monde de l’entreprise, suit une formation dans une école de commerce réputée, crée une société, puis est nommé vice-président du conseil de surveillance de la chaîne d’ameublement Habitat.

L’espoir d’être le recours à gauche

Lors de la primaire socialiste de 2011, Arnaud Montebourg s’est offert une belle troisième place avec 17,2 % des suffrages, loin devant Ségolène Royal (6,9 %) ou Manuel Valls (5,6 %). Cinq ans plus tard, l’ancien avocat nourrit davantage d’ambitions et se rêve cette fois vainqueur de la compétition interne… voire de la présidentielle.

Lui qui a quitté le gouvernement en 2014 sur fond de désaccords politiques espère pouvoir rassembler la gauche déçue du hollandisme sur son nom et éviter la dispersion des voix au premier tour de la présidentielle en 2017. La primaire « peut avoir des effets collatéraux positifs », estime-t-il ainsi dans une interview au Monde, « en amenant les candidats hors primaire à s’interroger sur une candidature qui ferait échouer ce premier rassemblement ». Il espère ainsi un ralliement des écologistes, des radicaux et pourquoi pas des communistes, malgré leur soutien à Jean-Luc Mélenchon.

Le « made in France » comme une ligne politique

Marinière Armor Lux sur le dos et blender Moulinex dans les mains, Arnaud Montebourg a réussi à incarner en une photo la promotion du « made in France ». C’était en couverture du Parisien magazine, en octobre 2012. Depuis, l’ancien ministre continue de faire de cet anglicisme une ligne politique, avec pour objectif de relancer la production française.

C’est par exemple dans cet esprit qu’à l’hiver 2012, le ministre s’était battu pour la sauvegarde du site sidérurgique de Florange, en Moselle, allant jusqu’à proposer sa nationalisation temporaire. L’épisode s’était transformé en affrontement avec Jean-Marc Ayrault, le premier ministre de l’époque, qui avait finalement favorisé un accord avec ArcelorMittal, propriétaire de l’usine.

En se lançant dans la primaire de la gauche de 2017, M. Montebourg poursuit cette ambition : il prône par exemple le soutien aux petites et moyennes entreprises (PME), qui passerait par l’attribution de 80 % des marchés publics à ces PME pendant une période de huit ans, « le temps que la France se réindustrialise ».

Pour une VIe République

Arnaud Montebourg prône d’importantes réformes institutionnelles. Il suggère de réduire le nombre de députés de 577 à 350, dont 50 élus à la proportionnelle afin que les partis politiques « exclus de la représentation parlementaire » soient représentés. Les sénateurs, eux, ne seraient plus que 200, contre 348 actuellement : 100 tirés au sort parmi les électeurs, « un par département, afin d’assurer l’entrée de citoyens dans le système politique », et 100 membres du Conseil économique, social et environnemental.

Il propose aussi l’élection au suffrage universel dans chaque région d’un « commissaire chargé de la réduction du chômage » et de la formation professionnelle.

L’idée d’un changement de République est ancienne chez Montebourg, qui militait déjà pour une modernisation des institutions au sein du Nouveau Parti socialiste, un courant fondé en 2003 avec Vincent Peillon et Julien Dray.

Le verbe haut

Arnaud Montebourg est connu pour sa truculence. Elle lui a d’ailleurs valu quelques ennuis quand, en 2007, il avait déclaré sur Canal+ : « Ségolène Royal n’a qu’un seul défaut, c’est son compagnon. » Le bon mot, qui visait François Hollande, alors premier secrétaire du PS, lui avait valu une suspension d’un mois de sa charge de porte-parole de la candidate.

On se souvient aussi de cette scène pittoresque de la Fête de la rose de Frangy-en-Bresse en août 2014, qui avait précipité son départ du gouvernement. « Je vais lui envoyer une bonne bouteille de la cuvée du redressement, au président ! », avait lancé devant les journalistes celui qui était encore ministre de l’économie, avant de prononcer un discours très critique de la politique gouvernementale.

Plus récemment, M. Montebourg a mis en émoi son camp en invitant les électeurs de droite à participer à la primaire de la gauche. « Il y en a, j’en rencontre, je les invite à venir à la primaire – ceux qui le souhaitent – participer aux choix politiques de l’avenir du pays (…). Et je leur propose de battre le président de la République avec ma candidature », a-t-il lancé sur RTL le 24 novembre. Avant de rétropédaler quelques minutes plus tard, assurant qu’il s’adressait aux « électeurs de gauche et tous ceux qui veulent bien se joindre ».

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Cotisations non-payées : Montebourg refuse de verser "la moindre somme" au PS http://www.lejdd.fr/Politique/Cotisations-non-payees-Montebourg-refuse-de-verser-la-moindre-somme-au-PS-832315

S'il veut être candidat à la primaire de la gauche, Arnaud Montebourg devrait s'acquitter d'ici à jeudi de 80.000 euros de cotisations impayées au Parti socialiste. Mais dans un communiqué publié mercredi, l'ancien ministre "conteste formellement" devoir une telle somme.

Le cas Peillon révélé par Le Canard enchaîné cachait en fait un sujet plus important encore : celui d'Arnaud Montebourg. Ce dernier le "conteste formellement" mercredi, mais il aurait accumulé près de 80.000 euros de cotisations impayées au PS, écrit L'Opinion. Le Huffington Post évoquait précédemment la somme de 30.000 euros, qui concerne des arriérés du député auprès de sa fédération PS de Saône-et-Loire pour la période 2007-2012. A cela s'ajoute 49.322 euros de cotisations auprès du groupe PS de l'Assemblée nationale, également pour la période 2007-2012. Une somme confirmée par le trésorier du groupe PS, Christian Bataille.

Le problème pour Arnaud Montebourg, c'est qu'il doit en théorie régler cette ardoise... avant le jeudi 15 décembre à 18h, date du dépôt limite des candidatures à la primaire. "Pour que sa candidature soit validée, un postulant issu du Parti socialiste doit être à jour de sa cotisation de militant et de sa cotisation d'élu. Il en va de même pour tous les parrains", avait en effet rappelé mardi Thomas Clay, président de la haute autorité de la primaire.

"Arnaud Montebourg n'a plus de mandat depuis plusieurs années et aucune réclamation n'a été renouvelée depuis"

Mais à l'inverse de Vincent Peillon, qui s'est acquitté mercredi de 19.500 euros d'impayés selon BFMTV, Arnaud Montebourg ne reconnaît pas cette ardoise.
Il "conteste formellement devoir la moindre somme au Parti socialiste", écrit son équipe dans un communiqué envoyé à la presse et publié sur les réseaux sociaux. Pour se justifier, l'ancien ministre "rappelle qu'il a été candidat à la primaire en 2011, cette précédente candidature ayant été dûment validée sans la moindre réclamation ni contestation sur ces prétendues dettes de cotisation".
"Arnaud Montebourg n'a plus de mandat depuis plusieurs années et aucune réclamation n'a été renouvelée depuis, pour la bonne et simple raison que ces sommes avaient été contestées à bon droit par le candidat bien avant 2011 et que leur réclamation avait depuis longtemps été abandonnée", peut-on encore lire, alors que le candidat évoque en conclusion "la malveillance" et la "suspicion" provoquées par ces informations.

Le trésorier du PS, Christian Bataille, dit pourtant à L'Opinion avoir relancé Arnaud Montebourg chaque année depuis 2012 mais assure qu'il n'a aucune possibilité de le contraindre à verser ces retards de paiements. "Je peux seulement tempêter, mais pas lui envoyer d’huissier", explique celui qui est également un soutien de Manuel Valls au sein du Parti socialiste.

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