La Mémoire du plomb, Karl Laske, Stock, Paris, 2012
Lien vers "extradition"
Cesare Battisti
Marina Petrella

Mars 2015 : Une expulsion vers la France ?

Novembre 2012 : Le vrai visage d'un terroriste selon Karl Laske

Juin 2011 : Les italiens choqués par la totale libération de Battisti

Décembre 2010 : Juste avant son départ, Lula refuse officiellement l'extradition.

Janvier 2009 : Le Brésil refuse d'extrader le terroriste gauchiste assassin Battisti

Octobre 2008 : A la demande des Bruni-Tedeshi la terroriste italienne Marina Petrella ne sera pas extradée, par décision de Nicolas Sarkozy
Août 2008 : A la demande "du parquet" (?) libération sous contrôle de la meurtrière d'un commissaire de police par la cour d'appel de Versailles, Valeria Bruni-Tedeschi, la demi-soeur de Carla Bruni-Sarkozy, lui avait rendu visite en juillet
Juillet 2008 : Extradition et demande de gràce de Nicolas Sarkozy pour Marina Petrella, condamnée en Italie en 1992, en son absence, à la réclusion criminelle à perpétuité, notamment pour le meurtre d'un commissaire de police en 1981 ; protestations des trotskistes, de la LDH et des magistrats socialistes ; visite de la soeur de la Première Dame de France
Juin 2008 : Affaire Petrella, le point de vue d'une riche italienne "de gauche": Carla Bruni épouse Sarkozy

Août 2007 : Affaire Petrella
Mars 2007 : Cesare Battisti arrêté au Brésil : protestation de la gauche radicale ; la défense d'Yves Cochet ; poursuites pénales possibles ;

Octobre 2006 : La victime du terroriste accuse

Novembre 2004 : La procédure italienne de la contumace condamnée par la CEDH (Strasbourg)
Août 2004 : Laissé en liberté par la justice française Cesare Battisti tente d'échapper à la justice italienne
Juin 2004 : La cour d'appel de Paris autorise l'extradition, confirmée par la cour de cassation
Avril 2004 : Extradable ou pas? Battisti fait l'unanimité contre lui en Italie
Mars 2004 : La mairie de Paris derrière Battisti

Droite berlusconienne et opposition de gauche accablent l'ex-membre des Prolétaires armés pour le communisme.

Divisées pratiquement sur toutes les questions politiques, la droite berlusconienne et l'opposition de gauche sont en revanche à l'unisson sur le dossier Cesare Battisti. Des deux côtés de l'échiquier transalpin, on soutient ainsi la demande d'extradition de l'ancien membre des Prolétaires armés pour le communisme (PAC). «Celle-ci est sacro-sainte», a par exemple indiqué Enzo Bianco, ancien ministre de l'Intérieur (centre gauche). «Battisti est un assassin, il faut qu'il paie. Le garde des Sceaux, Roberto Castelli, a raison», a martelé Luciano Violante, ancien président (démocrate de gauche) de la Chambre des députés. De l'autre côté des Alpes, on réfute largement l'idée d'une Italie où, pour combattre le terrorisme, le système démocratique aurait été suspendu.

Hold-up.
Quant à la mobilisation française autour de l'écrivain italien, elle provoque l'incompréhension dans l'opinion publique transalpine. D'autant que, dans le panorama du terrorisme des années 70, les PAC représentent une réalité très particulière. Le sigle des Prolétaires armés pour le communisme apparaît pour la première fois en mai 1978 dans un tract de revendication «contre les médecins flics d'Etat». Giorgio Rossanigo, médecin au pénitencier de Novara, et Diego Fava, docteur milanais accusé d'une trop grande sévérité dans l'appréciation des conditions de santé des travailleurs en congés maladie, ont été blessés par balles. Les deux actions ont été planifiées et organisées, selon la justice italienne, par un petit groupe de militants d'extrême gauche, parmi lesquels Cesare Battisti. Nés au cours de l'année 1976, les PAC accomplissent ainsi leur première opération d'envergure. Les membres de ce groupuscule ­ qui comptera au total une trentaine d'activistes ­ n'avaient jusqu'alors réalisé que quelques hold-up pour s'autofinancer et se procurer des armes. Après ces attentats, le groupe change de nature.

Réunis autour de la revue Sans prison et inspirés par Arrigo Cavallina, l'idéologue de la bande, les PAC décident de concentrer leurs activités contre le système carcéral où, dans une Italie en pleine effervescence terroriste, de nombreux militants d'extrême gauche sont emprisonnés et parfois maltraités. Détenu à Udine en 1977 pour vol, Cavallina dénonce les conditions des prisonniers, la violence des gardiens, parle de «lager d'Etat». C'est en prison qu'il rencontre Cesare Battisti : «Il y était pour vol. C'est là que j'ai commencé à lui parler de politique», a-t-il raconté récemment. Condamné une première fois à trois mois de prison pour un vol commis en 1973, puis à quatre ans de réclusion pour un braquage en 1974, Cesare Battisti, à sa sortie de prison, est une nouvelle fois poursuivi pour un autre vol en février 1978. Il s'enfuit à Vérone chez Cavallina et fournit au groupe «la capacité opérationnelle» qui lui manquait, selon la formule du juge d'instruction Pietro Forno.

«Beaucoup d'armes».
«Actifs surtout à Milan et en Vénétie, les PAC étaient une organisation très hétérogène. Battisti venait de la délinquance commune, Adriano Carnelutti avait été proche des Brigades rouges, Pietro Mutti provenait de Prima Linea, Maurizio Folini avait, lui, des contacts avec le Front de libération de la Palestine de George Habbache et c'est le premier à avoir rapporté des armes du Moyen-Orient», retrace Armando Spataro, procureur adjoint à Milan, qui s'occupait alors de terrorisme et qui ajoute : «Ils disposaient de beaucoup d'armes mais d'un bagage culturel assez faible ; leur puissance de feu et leur capacité opérationnelle dépassaient largement leur épaisseur idéologique.»

«Nous étions un groupe anormal, notre vie n'était pas, comme pour les autres formations, consacrée à la lutte. Nous, nous mélangions nos activités quotidiennes à la violence, a raconté Arrigo Cavallina. Pour nos "actions", deux jours suffisaient.» Le 6 juin 1978, le surveillant de la prison d'Udine Antonio Santoro est abattu. «Nés d'une rage contre la prison», selon Arrigo Cavallina, les PAC modifient leur stratégie fin 1978 et décident de frapper les commerçants qui prônent l'autodéfense. Sur fond de hold-up, de tentative d'enlèvement et d'attentats, le groupe prépare un double homicide contre Lino Sabbadin, un boucher vénitien militant d'extrême droite, et contre un bijoutier milanais, Pier Luigi Torregiani. Victimes de vol, tous deux ont réagi en tirant sur leurs agresseurs, des délinquants de droit commun. Cavallina et quelques autres membres des PAC s'opposent aux représailles contre Torregiani et Sabbadin. Mais Battisti ­ «une véritable machine de guerre», commentent les juges ­ et d'autres auraient insisté pour passer à l'action, qui plus est le même jour, pour rendre l'action plus spectaculaire. Le 16 février 1979, les deux commerçants sont abattus.

«Ce fut le début de la dissolution du groupe», soutient Cavallina. Le groupe commet néanmoins d'autres braquages et un dernier meurtre. L'un des policiers chargés de l'enquête Torregiani, Andrea Campagna, est tué le 19 avril 1979. Selon Mutti, un repenti du groupe, c'est Battisti qui aurait tiré avec un 357 Magnum. En juin de la même année, ce dernier est arrêté avec d'autres membres du groupe dans un appartement milanais. C'est l'épilogue des PAC. Battisti est condamné en mai 1981 à près de treize ans de prison pour «participation à bande armée» et «recel d'armes». En octobre suivant, il s'évade et fuit au Mexique puis en France. Sur la base de divers témoignages et surtout des déclarations du repenti Pietro Mutti, il est condamné en 1993 à la réclusion à perpétuité pour quatre «homicides aggravés». Cesare Battisti a toujours nié les faits, réfuté la parole de Mutti et parlé de déni de justice.
Libération, Par Eric JOZSEF, samedi 10 avril 2004, p. 9

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Extradable ou pas?
Les juges de la chambre d'instruction de Paris se pencheront sur le cas de l'écrivain en audience extraordinaire, le 12 mai.

Au milieu d'un débat enragé, les juges de la chambre de l'instruction de Paris se pencheront, le 12 mai, sur le cas Battisti. Extradable ou non ? Quels que soient les crimes pour lesquels il a été condamné en Italie ( lire ci-dessus), ceux-ci n'entreront pas en ligne de compte : en matière d'extradition, on ne juge pas les faits, mais la procédure.

Premier point, la demande italienne de 2004 porte-t-elle sur les mêmes faits que celle de 1991, où la justice française ­ dans une indifférence générale, y compris en Italie, qui paraît étrange aujourd'hui ­ donna un «avis défavorable» à son extradition ? Si oui, les magistrats français ne pourront pas revenir sur la décision de 1991. Sauf à violer le principe du non bis in idem (nul ne peut être jugé deux fois pour la même chose). Second problème : condamné par contumace ­ il était en fuite ­, Battisti n'aurait pas droit à un nouveau procès en Italie s'il y était renvoyé. Or cette spécialité italienne viole un principe du droit français, selon lequel chacun a droit à un procès où il puisse être entendu. De plus, contrairement à ce qu'affirment les partisans de l'extradition de Battisti, la contumace à l'italienne n'a jamais été validée par la Cour européenne de justice.

Enfin, l'asile octroyé par François Mitterrand, dès 1981, à quelque 150 réfugiés des «années de plomb» italiennes a bénéficié à Cesare Battisti. Comme le chef de l'Etat l'avait exigé, il a «rompu avec la machine infernale» et s'est soumis au contrôle de la police française. Cette «parole donnée» par la France trouvera-t-elle une traduction juridique, lors de l'audience d'extradition ?

En tout cas, le 30 mars, dans une lettre publique, Cesare Battisti revenait sur sa vie passée : «La "révolution" me saisit par hasard dans une rue en effervescence, venant croiser le "rêve communiste" que j'entendais conter chez moi, à la ferme, depuis ma toute petite enfance. L'engagement politique qui en découla (...) fait partie de mon passé, de cet engouement disparu, (...) sanctionné par l'exil. Il fait aussi partie de l'histoire de mon pays. Cette histoire tragique qui fit des morts et des deuils, ces morts qu'on ne peut ni ne doit oublier, ces victimes qui hantent notre mémoire collective.»
Libération, Par Dominique SIMONNOT, samedi 10 avril 2004, p. 9

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(Mars 2004) La mairie de Paris derrière Battisti
Une manifestation de soutien prévue pour demain (3 mars 2004).

Cesare Battisti est «placé sous la protection de la Ville de Paris». Ainsi en a décidé, hier, le conseil municipal pour soutenir l'écrivain italien, ancien activiste des «années de plomb», réfugié en France en 1990 et incarcéré le 10 février dans l'attente d'une éventuelle extradition. «Nous demandons que la France respecte ses engagements passés ; que tous les autres réfugiés politiques italiens bénéficiant des mêmes engagements ne soient pas extradés ; que Cesare Battisti puisse bénéficier de la protection de la Ville», a exposé Christophe Caresche (PS). Sous les sarcasmes de l'opposition : «Vous voulez le faire coucher ici ?»

Jacques Bravo, maire socialiste du IXe, où Battisti vivait, réplique : «les élus de Paris vont être vigilants. Nous allons nous mobiliser pour analyser et défendre ce dossier». Un appel à manifester, de la mairie au palais de justice de Paris, a d'ailleurs été lancé pour mercredi, au moment où les juges examineront la demande de mise en liberté de Battisti. Au passage, Pierre Mansat (PCF), rafraîchit la mémoire de certains élus : «En 1996, Cesare Battisti était l'invité d'honneur de Jean Tiberi et de Jean-Jacques Aillagon, alors directeur des Affaires culturelles de la ville, pour une rencontre autour de la littérature italienne.» La gauche parisienne se veut à la pointe d'un mouvement visant à faire revenir l'Italie sur «ses lois de vengeance» et à envisager l'amnistie pour des actions politiques qui remontent à trente ans.

A Toujouse, hier, une manifestation pour Battisti a rassemblé 300 personnes.
Libération, Par Jacqueline COIGNARD, mardi 02 mars 2004 (Liberation - 00:00)

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(Août 2004) Arrivederci Battisti !
Le réfugié italien a quitté la France pour éviter son extradition vers l'Italie.

Cesare Battisti a, selon nos informations, quitté la France. Au moins depuis le samedi 14 août, date de son dernier pointage au service du contrôle judiciaire à Paris. Plus sûrement depuis le début de la semaine dernière, lorsque ses amis français l'ont eu au téléphone pour la dernière fois. Depuis, d'ailleurs, son répondeur téléphonique est saturé et son message a changé. Une sorte d'adieu : «Cesare n'est pas disponible, mais il consulte le répondeur.» Où est-il ?

«Légitime défense».
S'il a réussi sa cavale, il est loin. Il a, en tout cas, échappé à la surveillance des policiers qui le suivaient en permanence. Cela faisait un moment aussi que la rumeur courait d'une possible fuite. Certains de ses amis l'y poussaient carrément. Tous ceux qui l'ont soutenu ­ depuis son arrestation en février dernier, jusqu'à l'arrêt de la chambre de l'instruction le 30 juin qui a autorisé son extradition vers l'Italie pour quatre meurtres commis en 1979 ­ comprennent sa décision.

L'écrivain Fred Vargas qui a pris fait et cause pour lui dans son livre la Vérité sur Cesare Battisti assure : «S'il a fui, et je ne peux que le supposer, il s'agit de légitime défense, j'ai été témoin de la dégradation de son état psychologique devant la violence de la campagne médiatique à son encontre.»
Elle reprend les étapes. L'arrêt du 30 juin : «Il s'est senti massacré car la loi française ne fut pas appliquée, les juges ayant reconnu la légalité de la contumace italienne, jusqu'ici refusée.» L'espoir du pourvoi en cassation ? «Il n'en avait aucun. Il a compris que la séparation des pouvoirs n'existait plus, que Chirac et Berlusconi avaient décidé. Il devenait de plus en plus fragile. Il se disait qu'on allait l'envoyer en prison à perpétuité. Il clamait son innocence, on le décrivait comme un monstre, c'était autant de coups d'épée. L'illégalité est du côté du pouvoir et de la justice, alors il a le droit de défendre sa vie !»

La chambre de l'instruction de Paris qui doit examiner le 30 août la révocation de son contrôle judiciaire le fera sans lui, et lancera sans doute à son encontre un mandat d'arrêt.

Si, hier, la droite restait silencieuse, la gauche continue de soutenir le fugitif.
«De toute manière, dit Julien Dray, porte-parole du PS, on l'a mis dans une situation impossible. On est en train de réécrire un drame, de jouer avec la vie des gens et de leur famille alors qu'une page avait été tournée. D'autre part, il est insupportable d'entendre Berlusconi donner des leçons sur la loi !»
Les socialistes assument, encore aujourd'hui, la parole donnée par François Mitterrand, en 1985, aux Italiens poursuivis dans leur pays pour faits de terrorisme. Le chef de l'Etat leur avait alors promis la tranquillité en France, à condition qu'ils aient rompu avec toute forme de violence. Un pacte respecté par les gouvernements successifs, de droite comme de gauche, jusqu'au revirement de Raffarin. Un pacte respecté aussi par les réfugiés italiens, dont un peu plus d'une centaine avaient trouvé refuge en France.
Battisti, lui, vivait à Paris depuis 1990, et y avait comme les autres fondé une famille. En 1991, la cour d'appel de Paris avait refusé son extradition. Entre autres motifs, parce qu'il ne serait pas rejugé en Italie, où les condamnés par contumace n'ont pas droit à un nouveau procès, contrairement au droit français.

«Gâchis».
Nicole Borvo, sénatrice communiste, condamne elle aussi l'attitude du gouvernement : «C'est un énorme gâchis, il était dans un piège, puisqu'aucun nouveau procès n'était possible en Italie. On n'en serait pas là, si les autorités avaient eu une attitude correcte, en respectant la parole de l'Etat.»

Pénélope Komitès, maire adjointe verte de Paris, espère que «le gouvernement ne profitera pas de cette disparition, quelles qu'en soient les raisons, pour lancer la traque contre d'autres réfugiés».
Et Oreste Scalzone, l'un des plus anciens «réfugiés», raconte : «Il allait très mal, était très déprimé, mais cela n'est pas incompatible avec un réflexe vital. S'il a fui, il a choisi la vie et j'en suis content, soulagé même !»
Par Dominique SIMONNOT, mardi 24 août 2004 (Liberation - 06:00)

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(10 novembre 2004) 559 10.11.2004 Communiqué du Greffier ARRÊT DE CHAMBRE SEJDOVIC c. ITALIE

La Cour européenne des Droits de l’Homme a communiqué aujourd’hui par écrit son arrêt[1] dans l’affaire Sejdovic c. Italie (requête no 56581/00).

La Cour conclut, à l’unanimité :
à la violation de l’article 6 (droit à un procès équitable) de la Convention européenne des Droits de l’Homme ;
· que la violation constatée résulte d’un problème structurel lié au dysfonctionnement de la législation et de la pratique italienne occasionné par l’absence d’un mécanisme effectif visant à mettre en œuvre le droit des personnes condamnées par contumace à obtenir qu’une juridiction statue à nouveau sur le bien-fondé de l’accusation, après les avoir entendues dans le respect des exigences de l’article 6 de la Convention, lorsque ces personnes, n’ayant pas été informées de manière effective des poursuites n’ont pas renoncé de manière non équivoque à leur droit à comparaître.
· que l’Italie doit garantir, par des mesures appropriées, la mise en œuvre du droit en question pour le requérant et les personnes se trouvant dans une situation similaire à la sienne.

En application de l’article 41 (satisfaction équitable) de la Convention, la Cour alloue au requérant 6 000,16 euros pour frais et dépens. (L’arrêt n’existe qu’en français.)

1. Principaux faits

Le requérant, Ismet Sejdovic, est un ressortissant de l’ex Yougoslavie né en 1972 et résidant à Hambourg (Allemagne).
En octobre 1992, le juge des investigations préliminaires ordonna le placement du requérant en détention provisoire, en raison de son implication présumée dans le meurtre d’une personne dans un camp de tziganes de Rome. Le requérant étant introuvable, les autorités estimèrent qu’il s’était volontairement soustrait à la justice et le déclarèrent « en fuite » (latitante). L’avocat d’office nommé pour le représenter participa aux débats tandis que le requérant était absent. Le 2 juillet 1996, la cour d’assises de Rome condamna l’intéressé à 21 ans et huit mois d’emprisonnement pour meurtre et port abusif d’arme.
En septembre 1999, le requérant fut arrêté par la police allemande à Hambourg et le ministre de la Justice italien demanda son extradition. Cette demande fut rejetée par les autorités allemandes au motif que le droit italien ne garantissait pas au requérant, à un degré suffisant de certitude, la possibilité d’obtenir la réouverture de son procès.
M. Sejdovic fut remis en liberté le 22 novembre 1999.

2. Procédure et composition de la Cour

La requête a été introduite le 22 mars 2000 et déclarée partiellement recevable le 11 septembre 2003.

L’arrêt a été rendu par une chambre de 7 juges composée de : Christos Rozakis (Grec), président, Peer Lorenzen (Danois), Giovanni Bonello (Maltais), Anatoli Kovler (Russe), Vladimiro Zagrebelsky (Italien), Elisabeth Steiner (Autrichienne), Khanlar Hajiyev (Azerbaïdjanais), juges, ainsi que de Søren Nielsen, greffier de section.

3. Résumé de l’arrêt[2]

Grief

Invoquant l’article 6 de la Convention, le requérant se plaignait d’avoir été condamné par défaut sans avoir eu l’opportunité de présenter ses moyens de défense devant les juridictions italiennes.

Décision de la Cour

Article 6 de la Convention

Les autorités italiennes ont estimé que le requérant avait renoncé à son droit à comparaître à l’audience car il était devenu introuvable tout de suite après l’homicide, commis à la présence de plusieurs témoins oculaires. Or, rien ne prouve que le requérant avait connaissance des poursuites engagées contre lui, et à supposer même qu’il était indirectement au courant de l’ouverture d’un procès pénal, on ne saurait pour autant en conclure qu’il a renoncé de manière non équivoque à son droit à comparaître à l’audience.
Quant à l’argument du gouvernement italien selon lequel le condamné absent peut, en vertu de l’article 175 du code de procédure pénale (CPP), faire une demande en relèvement de forclusion en prouvant qu’il n’a pas eu connaissance des actes de la procédure, la Cour rappelle avoir estimé que cette action avait peu de chances d’aboutir. Par ailleurs, à supposer même qu’il prouve n’avoir pas eu l’intention de se soustraire à la justice, la Cour estime que l’action de l’article 175 du CPP ne confère pas à l’accusé un droit inconditionné à obtenir la réouverture du délai pour interjeter appel.
La Cour rappelle qu’un condamné qui ne saurait être considéré avoir renoncé de manière non équivoque à comparaître doit en toute circonstance pouvoir obtenir qu’une juridiction statue à nouveau sur le bien-fondé de l’accusation portée contre lui. Une simple possibilité de renoncement, dépendant des preuves pouvant être fournies par le parquet ou par le condamné quant aux circonstances entourant la déclaration de fuite, ne saurait satisfaire aux exigences de l’article 6 de la Convention. Il en découle que l’action prévue à l’article 175 du CPP ne garantissait pas au requérant, à un degré suffisant de certitude, la possibilité d’être présent et de se défendre au cours d’un nouveau procès.
En conséquence, les moyens mis en place par les autorités italiennes n’ont pas permis d’atteindre le résultat voulu par l’article 6 de la Convention, et de ce fait, la Cour conclut à l’unanimité à la violation de cette disposition.

Article 46 (force obligatoire et exécution des arrêts) de la Convention

La violation du droit du requérant à un procès équitable tire son origine d’un problème résultant de la législation italienne en matière de procès par contumace et résulte du libellé des dispositions du CPP relatives aux conditions d’introduction d’une demande en relèvement de forclusion. Il existe dans l’ordre juridique italien une défaillance en conséquence de laquelle tout condamné par contumace n’ayant pas été informé de manière effective des poursuites dirigées contre lui pourrait se voir privé d’un nouveau procès. Selon la Cour, les lacunes du droit et de la pratique internes décelées en l’espèce peuvent donner lieu à l’avenir à de nombreuses requêtes bien fondées.

La Cour estime que l’Italie doit supprimer tout obstacle légal qui pourrait empêcher la réouverture du délai pour faire appel ou la tenue d’un nouveau procès concernant toute personne condamnée par défaut qui, n’ayant pas été informée de manière effective des poursuites engagées, n’a pas renoncé de manière non équivoque à son droit de comparaître à l’audience. Ces personnes se verraient ainsi garantir le droit d’obtenir qu’une juridiction statue à nouveau sur le bien-fondé de l’accusation portée contre eux, après avoir été entendues dans le respect des exigences de l’article 6 de la Convention.
En conséquence, l’Italie doit donc prévoir et réglementer par des mesures appropriées une procédure ultérieure qui puisse assurer la réalisation effective du droit à la réouverture de la procédure, conformément aux principes de la protection des droits énoncés à l’article 6 de la Convention.

Article 41 de la Convention

La Cour rappelle que lorsqu’elle conclut que la condamnation d’un requérant a été prononcée malgré l’existence d’une atteinte potentielle au droit de l’intéressé à participer à son procès, elle estime qu’en principe le redressement le plus approprié serait de le faire rejuger ou de rouvrir la procédure en temps utile et dans le respect des exigences de l’article 6 de la Convention. Elle estime que le constat d’une violation fournit en soi une satisfaction équitable suffisante pour le dommage moral subi par le requérant.

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Les arrêts de la Cour sont disponibles sur son site Internet (http://www.echr.coe.int).

Greffe de la Cour européenne des Droits de l’Homme F – 67075 Strasbourg Cedex
Contacts pour la presse : Roderick Liddell (téléphone : +00 33 (0)3 88 41 24 92) Emma Hellyer (téléphone : +00 33 (0)3 90 21 42 15) Stéphanie Klein (téléphone : +00 33 (0)3 88 41 21 54) Télécopieur : +00 33 (0)3 88 41 27 91

La Cour européenne des Droits de l’Homme a été créée à Strasbourg par les Etats membres du Conseil de l’Europe en 1959 pour connaître des allégations de violation de la Convention européenne des Droits de l’Homme de 1950. Elle se compose d’un nombre de juges égal à celui des Etats parties à la Convention. Siégeant à temps plein depuis le 1er novembre 1998, elle examine en chambres de 7 juges ou, exceptionnellement, en une Grande Chambre de 17 juges, la recevabilité et le fond des requêtes qui lui sont soumises. L’exécution de ses arrêts est surveillée par le Comité des Ministres du Conseil de l’Europe. La Cour fournit sur son site Internet des informations plus détaillées concernant son organisation et son activité.

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[1] L’article 43 de la Convention européenne des Droits de l’Homme prévoit que, dans un délai de trois mois à compter de la date de l’arrêt d’une chambre, toute partie à l’affaire peut, dans des cas exceptionnels, demander le renvoi de l’affaire devant la Grande Chambre (17 membres) de la Cour. En pareille hypothèse, un collège de cinq juges examine si l’affaire soulève une question grave relative à l’interprétation ou à l’application de la Convention ou de ses protocoles ou encore une question grave de caractère général. Si tel est le cas, la Grande Chambre statue par un arrêt définitif. Si tel n’est pas le cas, le collège rejette la demande et l’arrêt devient définitif. Autrement, les arrêts de chambre deviennent définitifs à l’expiration dudit délai de trois mois ou si les parties déclarent qu’elles ne demanderont pas le renvoi de l’affaire devant la Grande Chambre.
[2] Rédigé par le greffe, ce résumé ne lie pas la Cour.

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Lundi 23 octobre 2006 - 06:00 Livre à charge contre Cesare Battisti en Italie

Victime d'un attentat, Torregiani fustige le soutien à l'ex-activiste d'extrême gauche.

«Non, mon cher Cesare Battisti, il n'y a pas d'échappatoire à la vérité et à la justice. C'est ce que mes blessures me poussent à dire. Parce que celui qui subit la condamnation à perpétuité, ce n'est pas toi.»

Sur une chaise roulante depuis 1979, Alberto Torregiani avait jusqu'à présent choisi l'anonymat, l'effacement et presque l'amnésie. Blessé au cours de la fusillade qui coûta la vie, il y a vingt-sept ans, à son père adoptif, un bijoutier milanais devenu la cible du groupuscule terroriste des Prolétaires armés pour le communisme (PAC), il avait ainsi préféré oublier, changer de nom et évoquer les suites d'un «accident de voiture» pour parler de son handicap. «La mémoire survit et se perpétue», revendique-t-il aujourd'hui dans un ouvrage paru il y a quelques semaines en Italie et intitulé : J'étais en guerre et je ne le savais pas.

Extradition.

En février 2004, l'affaire Cesare Battisti, l'ancien membre des PAC réfugié depuis 1990 à Paris, a réveillé ses souffrances, provoqué son indignation, aussi. Les autorités italiennes venaient de réclamer l'extradition de l'activiste d'extrême gauche devenu écrivain et condamné par contumace, en 1988, à la prison à vie par la cour d'assises de Milan pour avoir été l'un des chefs des PAC, jugés responsables de quatre homicides et de multiples violences.
Soutenu par de nombreux intellectuels et hommes politiques français qui appelaient au respect de la doctrine Mitterrand permettant aux anciens terroristes italiens de trouver asile en France, Cesare Battisti avait provisoirement échappé au mandat d'extradition.

C'est à cette période qu'Alberto Torregiani décide de sortir de son silence, de faire entendre la voix d'une victime du terrorisme, de se mettre à son tour à écrire, révolté par l'image bienveillante qu'il perçoit autour de Battisti. «Les politiciens, les hommes de culture, les associations humanitaires et les médias se sont toujours occupés des "pauvres terroristes", mais jamais personne ne s'est posé la question de venir voir comment vivaient les enfants de leurs victimes», dénonce-t-il.

Alberto Torregiani avait 15 ans, le 19 février 1979, lorsqu'un commando de trois hommes tue en plein jour son père, Pierluigi Torregiani. Un mois plus tôt, le bijoutier, qui circulait toujours avec un pistolet dans son sac, s'oppose à une attaque à main armée dans un restaurant de la ville. L'un des agresseurs est tué. Pour les PAC, il faut «donner une leçon» aux commerçants qui s'arment et qui s'opposent à la «réappropriation de la richesse par le prolétariat».

Paraplégique.

Le même jour, à quelques heures d'intervalle, deux commandos du groupuscule terroriste exécutent un boucher à Venise et le «porc» Torregiani à Milan, alors qu'il se trouve dans la rue en compagnie de sa fille et de son fils. Avant d'être achevé d'une balle dans la tête, le bijoutier tire. Dans l'échange de coups de feu, Alberto est grièvement touché. Il restera paraplégique.

Devenu informaticien, célibataire, il est désormais employé de mairie à Novara, dans le Piémont. S'il balaie bien trop vite l'intérêt politique et humain de la doctrine Mitterrand ( «une loi absurde», selon lui), de même que les lois spéciales adoptées par l'Italie pour contrer le terrorisme, Alberto Torregiani tient avant tout aujourd'hui à rappeler la violence inouïe autant que l'inconsistance idéologique des PAC et, simplement, la douleur des victimes.
Libération, 23 octobre 2006, p. 11, Par Eric JOZSEF QUOTIDIEN : Lundi 23 octobre 2006 - 06:00 Rome de notre correspondant

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Cesare Battisti a été arrêté au Brésil LEMONDE.FR avec AFP | 18.03.07 | 14h20 • Mis à jour le 18.03.07 | 15h29

Cesare Battisti, ex-activiste italien d'extrême gauche, en fuite depuis 2004, a été arrêté, dimanche 18 mars, au Brésil, a-t-on appris de source judiciaire."Nous confirmons l'arrestation aujourd'hui (dimanche, ndlr) au Brésil de Cesare Battisti", a-t-on déclaré de source judiciaire, corroborant une information parue sur le site Internet du Figaro. La police brésilienne a ensuite confirmé l'arrestation de l'ancien activiste italien d'extrême gauche.

Satisfaction du ministre de la justice italien
Clemente Mastella s'est félicité de "la brillante opération conduite par la police italienne en coopération avec les policiers brésiliens et français" qui a abouti à la capture au Brésil de Cesare Battisti. M. Mastella, cité par l'agence Ansa, a exprimé son espoir "que les procédures d'extradition puissent conduire rapidement au retour en Italie de Battisti condamné définitivement pour quatre homicides et d'autres délits graves."

Le chef des opérations et de la coopération internationale de la police fédérale brésilienne a precisé que l'opération a été menée sur injonction d'Interpol avec la participation de membres français de l'organisation internationale de la police.

Selon lefigaro.fr, Cesare Battisti a été interpellé, ce midi (heure française), au Brésil par la police brésilienne sur des informations et en présence de la police judicaire française. Cesare Battisti a été condamné à perpétuité en 1993 en Italie pour quatre "homicides aggravés" commis en 1978-1979. L'écrivain aurait été retrouvé grâce à la surveillance de certains de ses soutiens, soupçonnés d'être restés en contact avec lui. La police judicaire aurait appris que Cesare Battisti allait être contactée par une femme, qui devait lui faire passer de l'argent.

COOPÉRATION POLICIÈRE

Sur information de la police française, et par recoupement des fichiers, les polices brésiliennes et italiennesont pu retrouver l'identité de l'intérmédiaire, dont seul le prénom était connu. Elle a été arrêtée avec Battisti à 8 heures, dans un hôtel de Copacabana.

Interrogée par l'AFP, l'un des avocats français qui l'a défendu, Me Irène Terrel, s'est dit "catastrophée" en apprenant la nouvelle de l'arrestation de Cesare Battisti. L'avocate parisienne n'a pas souhaité faire d'autres commentaires "pour l'instant, en attendant d'en savoir plus".

Réfugié en France pendant une quinzaine d'années, il a entamé une carrière d'auteur de romans policiers et travaillait comme gardien d'immeuble dans le IXè arrondissement de Paris. Arrêté en février 2004 en France à la demande de la justice italienne, Cesare Battisti a été écroué plusieurs semaines avant d'être remis en liberté. Il avait alors reçu le soutien d'écrivains français et de militants de gauche. Menacé d'expulsion vers l'Italie, il est passé dans la clandestinité en août 2004.

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Le député Yves Cochet revient sur son soutien à Cesare Battisti, arrêté au Brésil : «Nous essayons d'obtenir que Battisti ne soit pas extradé»
REUTERS, Par Fabrice TASSEL, QUOTIDIEN : mercredi 21 mars 2007, p. 16

Député (Verts) de Paris et ancien ministre de l'Environnement, Yves Cochet, revient pour Libération sur l'arrestation de Cesare Battisti, dont il a été un actif soutien, notamment en 2004.

Craignez-vous des conséquences judiciaires pour avoir soutenu Cesare Battisti? Hier Il Corriere della Serra affirmait que vous aviez sollicité une aide politique auprès de parlementaires brésiliens et que vous seriez allé au Brésil?

Sur ce point, à savoir les informations parues dans la presse étrangère, nous apporterons d'autres informations en fin de semaine. Nous ne nous exprimons pas sur ce sujet pour ne pas entraver le travail de nos avocats au Brésil.

Pensez-vous que cette arrestation soit un coup électoral monté par Nicolas Sarkozy?

Je le crois, notamment parce que quelques personnes, membres du comité de soutien à Cesare Battisti, ont été plus ou moins activement surveillées depuis plusieurs mois, voire plusieurs années. Nous avons eu des indices selon lesquels nous étions surveillés et nous avons été assez prudents. Mais le moment choisi par le ministre de l'Intérieur, président de l'UMP et candidat à la présidentielle est tout sauf fortuit, c'est un coup politique qui rappelle l'arrestation d'Yvan Colonna.

Depuis quand la surveillance a-t-elle été accentuée?

En fait, ça a commencé dès le départ de Cesare Battisti, il y a deux ans et demi. Les soutiens à Battisti n'avançaient pas masqués, à l'image de ce qu'a fait Fred Vargas, ou Lucie Abadia. Et tous ont été suivis de façon plus ou moins active. Il y a quelques semaines, une brève dans le Canard enchaîné affirmait d'ailleurs que Nicolas Sarkozy souhaitait que la recherche soit accélérée. C'est ce qui s'est passé.

Sur le plan judiciaire, pensez-vous qu'il existe des voies de recours pour Cesare Battisti?

Sur le fond, il existe trois éléments essentiels. D'abord, la doctrine Mitterrand, d'ailleurs suivie par plusieurs gouvernements de droite, selon laquelle la France offre l'asile aux réfugiés italiens qui ont rompu avec la stratégie de la violence. Puis il y a le fait que Battisti a été jugé en Italie en son absence et sans recours possible, ce qui est contraire aux règles morales. Enfin, les procès qui se sont tenus en Italie ont eu lieu en présence d'avocats que Battisti n'avait pas du tout choisis. Les lettres sur lesquelles s'est fondé le gouvernement français pour demander son extradition sont des faux. Maintenant le pouvoir brésilien a toute autonomie pour décider de son sort. Nous essayons d'obtenir que Battisti ne soit pas extradé.

Sur le plan intérieur, que vous inspirent les réactions des autres partis?

D'abord, je rends hommage à François Bayrou qui, dès dimanche, a été le premier à formuler une position proche de la nôtre. Les Verts aussi, bien sûr. En revanche, nous avons été déçus par le premier communiqué du Parti socialiste affirmant que Battisti devait être extradé. D'autant qu'en 2004, François Hollande avait rendu visite à Cesare Battisti en prison. Il existait une vraie solidarité. Mais le tir semble avoir été rectifié depuis, notamment par Dominique Strauss-Kahn.

Pensez-vous que la mobilisation peut reprendre?

Oui, cette affaire n'est pas finie. Nous allons remettre en cause la stratégie planifiée de Nicolas Sarkozy en tant que ministre. Il a volontairement tardé à agir pour organiser un coup électoral

Mais n'estimez-vous pas normal que la police ait recherché Battisti et transmis ses informations aux enquêteurs brésiliens?

Oui, c'est le boulot normal de la police, c'est le timing qui est contestable.
REUTERS, Par Fabrice TASSEL, QUOTIDIEN : mercredi 21 mars 2007, p. 16

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Battisti: la justice traque les soutiens Des poursuites pénales pourraient être lancées. Le Vert Yves Cochet sur la sellette.
Par Eric JOZSEF, Patricia TOURANCHEAU, Libération, QUOTIDIEN : vendredi 23 mars 2007, p. 15

La Brigade nationale de recherche des fugitifs (BNRF) française qui a permis de débusquer, dimanche dernier, Cesare Battisti à Rio de Janeiro peaufine sa procédure afin de la remettre au procureur général de Paris, lequel devra «examiner si des infractions ont été commises» par des membres de son comité de soutien qui l'ont aidé, puis engager ou non des poursuites pénales. Ainsi, la police judiciaire, qui avait placé des écoutes sur les téléphones de multiples supporteurs de l'Italien, à commencer par son indéfectible amie Fred Vargas, ont-ils détecté un «voyage suspect au Brésil» du député écologiste de Paris Yves Cochet «en fin d'année dernière» et une rencontre sur place avec Battisti.
L'ex-ministre de l'Environnement que nous avons questionné hier ne dément pas ce rendez-vous avec le fugitif mais «ne répond pas» : «Je n'ai rien à dire pour l'instant.» Comme le précise Me Pierre Haïk, «aller le voir, le réconforter moralement, on ne risque rien». Une simple visite ne constitue pas un délit. En revanche, ceux qui ont pu faciliter sa cavale en lui fournissant des papiers, en lui apportant de l'argent ou en lui trouvant un hébergement s'exposent à des poursuites pour «recel de malfaiteur». Le procureur attend les procès-verbaux avant de se prononcer.

De son côté, la police brésilienne a commencé à reconstituer le parcours de Cesare Battisti par la fin. Par le dernier studio qu'il a loué au mois de mars 800 reals (290 euros), au 236 rue Ronald-de-Carvalho à Copacabana. Il a décliné le nom de Michel Guitar, celui qui figure sur son faux passeport français, à sa propriétaire, Marcy Mobrici, qui l'a révélé au quotidien brésilien Estado. Il lui a indiqué qu'il était un «écrivain français». Elle lui a fait confiance. Il lui a emprunté un peu d'argent et a cassé la télé de son studio. Il prenait tous ses repas dans un petit bistrot, Le Caioti, où il a laissé une ardoise, selon la presse brésilienne. Ses coups de fil à ses amis en France captés par la PJ trahissaient en effet son état «de déprime et de dèche» : «Il n'avait pas le moral et réclamait de l'argent.» C'est ainsi que la Française Lucie Oliès a été dépêchée à Rio le 17 mars pour le réconforter et lui remettre 9 400 euros, ce qu'elle conteste avoir fait.

Selon le quotidien italien Il Corriere della Sera, Yves Cochet aurait sollicité deux responsables Verts locaux, Fernando Gabeira et Alfredo Sirkis, afin qu'ils fournissent une aide politique à l'écrivain en fuite. Battisti aurait parlé directement au téléphone avec Cochet, lequel serait donc venu le rencontrer au Brésil. Pour le quotidien La Repubblica, dans une conversation téléphonique, Cesare Battisti aurait attribué ses soucis financiers à une dispute avec une ex-fiancée : «Nous nous sommes violemment disputés, j'ai essayé de la mettre dehors de force, il y a eu une bagarre et la police est intervenue. A la fin, elle m'a extorqué de l'argent. C'est pour cela que je n'ai plus de sous.» Désormais sans liquidités, Battisti aurait cherché en urgence du soutien. «Je suis dans la merde, je n'ai plus aucun moyen», aurait-il indiqué lors d'un coup de fil. Au cours d'un autre, il aurait confié : «Il y a quelqu'un qui suit tous mes déplacements.» Avec Fred Vargas, Michel Guitar aurait convenu, comme dans un vieux polar, d'un code secret.

En évoquant le vin de Provence, les «Beaumes de Venise», l'ex-terroriste serait parvenu à communiquer un nouveau numéro de téléphone à son interlocutrice. Selon les enquêteurs, le système consistait à retirer les voyelles et les consonnes répétées et à attribuer un nombre aux lettres restantes.
Par Eric JOZSEF, Patricia TOURANCHEAU, Libération, QUOTIDIEN : vendredi 23 mars 2007, p. 15

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Brigades rouges Petrella: une ex-terroriste rattrapée par son passé
Eric Pelletier, lexpress.fr, vendredi 24 août 2007, mis à jour à 08:58

Voici comment, le 21 août dernier à Argenteuil, Marina Petrella, ancienne membre des Brigades rouges, a été arrêtée. Elle ne se cachait pas. En Italie, la plaie est toujours vive.

I l aura fallu un incroyable imbroglio administratif pour que Marina Petrella soit rattrapée par la justice et par son passé.
Cette ancienne activiste des Brigades rouges, condamnée en Italie à la réclusion criminelle à perpétuité pour meurtre, séquestration, vol à main armée et attentat, avait refait sa vie en France depuis une quinzaine d'années.
Elle exerçait comme assistante sociale dans le Val-d'Oise, sous sa véritable identité, était mariée et mère d'un enfant.

L'ex-terroriste ne se cachait donc pas.
Mais elle a récemment vendu sa voiture à un garagiste qui s'est chargé de trouver un nouvel acquéreur.
Or, selon plusieurs sources concordantes, le véhicule a été repéré par un témoin lors d'une banale affaire de "dégradation". Le numéro d'immatriculation a été relevé. Les policiers ont effectué les vérifications nécessaires pour retrouver le conducteur à partir du fichier des cartes grises. Etait-il à jour?
Le commissariat d'Argenteuil, dans le Val-d'Oise, a, en tout cas, convoqué l'ancienne propriétaire, Marina Petrella. Elle n'était, semble-t-il, concernée en rien par la dégradation et elle s'est d'ailleurs présentée sans difficulté, le 21 août dernier.

Les enquêteurs locaux auraient alors découvert qu'elle était sous le coup... d'un mandat d'arrêt international délivré par la justice italienne pour des affaires de terrorisme. L'assistante sociale a donc été interpellée, présentée au parquet de Pontoise et placée sous écrou extraditionnel.

Rompre avec la violence

La voici, comme d'autres avant elle, rattrapée par les "années de plomb" qui ensanglantèrent l'Italie.
Marina Petrella a en effet pris la fuite en France après avoir été condamnée le 6 mars 1992 par la cour d'assises d'appel de Rome à la réclusion criminelle à perpétuité.

Selon le ministère français de la justice, elle a été reconnue coupable de l'assassinat d'un commissaire de police, de la séquestration d'un magistrat, de vol à main armée et d'attentat. Elle dispose désormais de 7 jours pour accepter ou, ce qui semble plus probable, refuser son extradition. Le dossier serait alors examiné par la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Versailles.

Avec cette affaire, revient au centre de l'actualité la douloureuse question du sort des activistes italiens d'extrême gauche réfugiés en France après l'accession au pouvoir de François Mitterrand.
En 1985, le chef de l'Etat acceptait de ne pas les extrader, à condition qu'ils acceptent de rompre avec la violence. Mais au fil du temps, la donne politique a changé, en France comme en Italie. Après avoir longtemps tergiversé, hésitant entre deux principes -respect de la parole donnée, d'une part, entraide judiciaire européenne d'autre part- Paris a finalement décidé de faire suite aux demandes italiennes. Mais "au cas par cas".

En septembre 2002, le garde des Sceaux, Dominique Perben a ainsi évoqué avec son homologue italien une liste de 12 personnes, la plupart recherchées pour des crimes de sang dans leur pays et exilées en France. Leurs noms ont été inscrits dans le Fichier des personnes recherchées. Certains exilés ont été l'objet de surveillances, mais en pratique, aucune recherche judiciaire active n'a été effectuée. Aucune instruction n'a été délivrée aux services spécialisés dans la lutte antiterroriste.

Pays d'origine

Le premier à faire les frais de ce changement de politique fut Paolo Persichetti, ancien d'Unités combattantes communistes. En août 2002, cet enseignant de sciences politiques à l'université de Saint-Denis, en région parisienne, a été promptement reconduit à la frontière italienne dans une voiture de police: toutes ses voies de recours étaient épuisées.

Mais le cas le plus emblématique reste celui de Cesare Battisti, ex-membre des Prolétaires armés pour le communisme (PAC).

Selon les explications fournies par les autorités judiciaires et policières, une simple altercation avec un voisin a provoqué sa perte. En 2004, l'intervention de policiers, après un banal accrochage, a débouché sur la procédure d'extradition. Devenu père de famille, reconverti en gardien d'immeuble et en écrivain inspiré par ses années de plomb, Battisti avait, comme Marina Petrella, refait sa vie.

De recours en recours, bénéficiant d'un fort mouvement de sympathie parmi les romanciers et dans certains cercles du Parti socialiste, il a été incarcéré avant d'être remis en liberté sous contrôle judiciaire. Battisti a finalement pris la fuite avant d'être repris à Rio de Janeiro, en mars dernier. Incarcéré au Brésil, il se trouve toujours en attente d'une éventuelle extradition vers son pays d'origine.

Lors de la première interpellation de Battisti en France, Marina Petrella ne cachait pas sa "rage" et son "inquiétude". "Cette nouvelle arrestation ne fait que renforcer mes craintes, confiait-elle à L'Humanité. Comme si ma vie allait bientôt s'arrêter. Sans compter que politiquement, un Etat qui revient sur la parole donnée, c'est la négation de tout ce qui peut fonder sa légitimité". Selon elle, l'Etat italien agit "par pur vengeance".

Mais en Italie, les familles des victimes, soutenues par une large part de l'opinion publique, n'acceptent pas de tourner la page si facilement.
La plaie est loin d'être refermée.
D'autant que le retour des nouvelles Brigades rouges, responsables de plusieurs assassinats récents, ravive le spectre du terrorisme d'extrême gauche.

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Extradition de Marina Petrella : le point de vue de Carla Bruni-Sarkozy Libération, Rencontre, 21/22 juin 2008, p. 7
"Le droit d'asile doit être respecté pour les réfugiés.
Mais les terroristes sont-ils des réfugiés ?
On me dit que cette femme est malade.
Elle doit êre soignée comme toute personne humaine.
Et pour ça, la prison n'est pas l'endroit idéal"

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Sarkozy annonce l'extradition de Marina Petrella mais demande sa grâce
L'ancienne membre des Brigades rouges, condamnée en Italie en 1992 à la réclusion criminelle à perpétuité, avait été arrêtée en août 2007.
AFP LIBERATION.FR : mardi 8 juillet 2008

Nicolas Sarkozy vient d’annoncer que la France allait extrader Marina Petrella, l'ancienne membre des Brigades rouges, tout en demandant à Silvio Berlusconi de solliciter sa grâce auprès du président italien.

«La France, conformément aux accords européens que nous avons signés (…) et conformément aux décisions de justice françaises (…), extradera Madame Petrella», a indiqué Nicolas Sarkozy, lors d’un point de presse en marge du sommet des pays du G8 à Toyako (Japon).
«Mais j’ai demandé au président du Conseil italien, dans ce cas, de solliciter du président italien sa grâce, compte tenu de l’ancienneté de la condamnation et compte tenu de la situation psychologique et de santé de Madame Petrella.»

Une déclaration «paradoxale et hypocrite», juge la romancière Fred Vargas. «Marina Petrella comme Cesare Battisti sont tous les deux en danger de mort rapide. Aucun d’eux ne survivra à leur retour en Italie», a-t-elle estimé. «A moins qu’il (Sarkozy) ait eu une assurance, de demander que ce soit Berlusconi qui donne cette grâce pour raisons humanitaires», a-t-elle ajouté la romancière, très active dans le mouvement de soutien à Cesare Battisti.
«A ce moment-là, la grâce devrait s’appliquer à Battisti pour raisons humanitaires aussi. Je vois mal Berlusconi faire ça», a-t-elle ajouté en soulignant «l’acharnement politique de l’Italie sur ses anciens militants d’extrême gauche».

Concernant la grâce, Sarkozy a cependant assuré que Berlusconi lui a «fait valoir qu’il partageait [son] analyse et qu’il interviendrait auprès du président pour obtenir la grâce».

«Ça ne traite pas le problème de fond qui est que la France a donné sa parole à d'anciens activistes qui renonceraient à la lutte armée de les accueillir. Ils se voient aujourd'hui victimes d'une sorte de revanche d'Etat 25 ou 30 ans après», a réagi Hélène Franco, secrétaire générale du Syndicat de la magistrature (gauche).

Condamnée en Italie en 1992, en son absence, à la réclusion criminelle à perpétuité, notamment pour le meurtre d’un commissaire de police en 1981, Marina Petrella a été arrêtée en août 2007. Elle se trouve actuellement en chambre d’isolement à l’hôpital psychiatrique Paul-Guiraud de Villejuif (Val-de-Marne), près de Paris.

Condamnée en Italie en 1992 en son absence à la réclusion criminelle à perpétuité, notamment pour le meurtre d'un commissaire de police en 1981, Marina Petrella a été arrêtée en août 2007. Elle se trouve actuellement en chambre d'isolement à l'hôpital psychiatrique Paul-Guiraud de Villejuif, dans le Val-de-Marne, près de Paris.

Vendredi dernier, la Ligue des droits de l'Homme avait demandé à Nicolas Sarkozy de renoncer à l'extradition de l'ancienne membre des Brigades rouges. «Accueillir les ravisseurs d'Ingrid et laisser mourir Marina ? Un président de la République ne peut avoir qu'une parole.»

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Valeria Bruni Tedeschi a rendu visite à l'ex-brigadiste Marina Petrella AFP - Lundi 21 juillet, 09h53

ROME (AFP) - L'actrice et réalisatrice Valeria Bruni Tedeschi, soeur de l'épouse du président français Nicolas Sarkozy, affirme avoir rendu visite il y a quelques jours à l'ex-membre des Brigades rouges incarcérée en France Marina Petrella, dans une interview lundi au Corriere della Sera.

L'ex-brigadiste, en attente d'extradition vers l'Italie, a été placée sous perfusion à l'hôpital pénitentiaire de Fresnes, près de Paris, pour écarter "un risque vital", ont indiqué dimanche ses médecins.

"Je préfère ne pas parler de la rencontre car la situation est très délicate et ce n'est pas à moi de faire des déclarations publiques. Je peux seulement dire que cette personne va très mal, son poids est descendu à 40 kilos, elle ne mange plus depuis avril et elle a été placée sous perfusion", a déclaré l'actrice au quotidien qui ne précise pas la date exacte de sa visite.

Vivant en France depuis 1993, Marina Petrella a été arrêtée en août 2007. Son décret d'extradition a été signé le 3 juin par le gouvernement français.

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Sarkozy confirme que Petrella sera extradée mais se prononce pour sa grâce 8 juil. 2008 AFP

PARIS (AFP) — L'ancienne membre des Brigades rouges Marina Petrella sera bien extradée vers l'Italie, a confirmé mardi le président Nicolas Sarkozy, tout en faisant savoir qu'il était intervenu auprès de Silvio Berlusconi pour qu'il sollicite une grâce auprès du président italien.

Marina Petrella, 54 ans, a été condamnée en Italie en 1992 à la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre d'un commissaire de police à Rome en 1981, dont le chauffeur avait été grièvement blessée, ainsi que pour séquestration d'un magistrat, vol avec arme et attentats.

Réfugiée en France depuis 1993, Mme Petrella a été arrêtée en août 2007. En juin dernier, le Premier ministre François Fillon a signé le décret d'extradition.

Actuellement écrouée à Fleury-Mérogis, au sein du service psychiatrique de la prison, Mme Petrella a déposé un recours devant le Conseil d'Etat. Juridiquement, ce recours n'est pas suspensif mais il est d'usage que la France n'extrade pas tant que le recours n'a pas été examiné, ce qu'a confirmé mardi la ministre de la Justice Rachida Dati.

L'examen du recours peut prendre plusieurs mois.

Mardi, en marge du sommet du G8 qui se tient à Toyako, au Japon, le président Sarkozy a confirmé l'extradition de Mme Petrella et demandé, a-t-il dit, "au président du Conseil italien de solliciter du président italien sa grâce, compte tenu de l'ancienneté de la condamnation et compte tenu de la situation psychologique et de santé de Mme Petrella".

Le président a précisé que cette mesure de clémence n'avait "certainement pas" vocation à être étendue à d'autres.

L'avocate de Mme Petrella, Irène Terrel, a déploré de la part de M. Sarkozy "une pirouette de plus pour ne pas passer pour un bourreau alors que ma cliente est en train de mourir. Je suis horrifiée".

Le Syndicat de la magistrature (SM, gauche) a imploré le gouvernement français de "faire preuve d'humanité" en renonçant à l'extradition.

La Ligue des droits de l'Homme (LDH) a accusé le chef de l'Etat de pratiquer "la sous-traitance humanitaire". La LDH a également demandé à M. Sarkozy de renoncer à l'extradition, au moment où il se dit prêt à accueillir les guérilleros colombiens des Farc qui renonceraient à la violence.

La LCR s'est dite "révoltée par la déclaration de Nicolas Sarkozy" et "exige que Marina Petrella soit remise en liberté maintenant".

Mme Petrella avait trouvé asile en France au nom d'une "doctrine" énoncée par le président François Mitterrand qui s'était engagé à ne pas extrader les anciens terroristes italiens à condition qu'ils renoncent à la violence.

Le collectif de soutien à Mme Petrella a demandé "encore un effort" à Nicolas Sarkozy en soulignant qu'il avait reconnu le bien-fondé d'une grâce.

Marina Petrella "présente, selon ses médecins, un +état dépressif gravissime+" et "avec cette extradition, (elle) est poussée vers la mort dans l'indifférence glaciale de l'administration française", a fait valoir le SM.

La romancière Fred Vargas, très active dans le comité de soutien à un autre ancien militant d'extrême gauche détenu au Brésil, Cesare Battisti, a insisté sur le "danger de mort rapide" guettant aussi bien Mme Petrella que M. Battisti.

Seule note discordante, le principal syndicat de magistrats français, l'Union syndicale des magistrats a apporté son soutien à la justice italienne qui a condamné Marina Petrella "dans le strict respect des règles fondamentales de procédure pénale".

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Marina Petrella, jour de relâche REUTERS ELISE BRISSAUD, RENAUD LECADRE et MOUNIR SOUSSI Libération QUOTIDIEN : mercredi 6 août 2008

Marina Petrella est libre. La cour d’appel de Versailles a ordonné hier après-midi la levée de son «écrou extraditionnel». Elle a ainsi suivi les réquisitions du parquet, qui avait demandé sa remise en liberté sous contrôle judiciaire en raison de son état de santé alarmant. Libre, Marina Petrella demeure toutefois sous la menace d’une extradition vers l’Italie.

«Abandon de vie».
L’ex-membre des Brigades rouges, 54 ans, avait été condamnée en 1992 à la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre d’un commissaire de police à Rome. Depuis, elle avait trouvé refuge et refait sa vie en France sous la protection de la doctrine Mitterrand, accordant l’asile aux ex-brigadistes pour peu qu’ils se tiennent tranquilles. La parole présidentielle a tenu jusqu’au 9 juin 2008, date à laquelle le gouvernement français, sous la signature de François Fillon, a avalisé son décret d’extradition, onze mois après son arrestation à Argenteuil (Val-d’Oise).

Depuis, Petrella se laisse mourir. Ses médecins évoquent un «abandon de vie», des «troubles dépressifs et suicidaires». Sa fille, Elisa, affirmait hier que sa mère avait encore perdu 1 kilo - elle n’en pèse plus que 38. C’est sur ces éléments, et notamment le dernier certificat médical de son médecin, Frédéric Rouillon (lire page 4), que l’avocat général, Michel Doumenq, s’est appuyé pour demander la mise en liberté de l’ancienne activiste. Le professeur de l’hôpital Sainte-Anne à Paris note que «son état de santé n’est pas compatible avec sa condition de détenue». Lors de l’audience à la cour d’appel, hier en fin de matinée, l’avocate de Marina Petrella, Me Irène Terrel, a salué «l’initiative du ministère public, compte tenu de la dégradation profonde de la santé physique et psychologique» de sa cliente.

Paradoxalement, ce n’est pas Petrella qui réclamait sa propre remise en liberté. «Elle en serait incapable et n’aurait pas supporté un nouvel échec de procédure», souligne son avocate. Mais ce sont les pouvoirs publics, par la voix du parquet général de Versailles, sous tutelle de la chancellerie - donc de Rachida Dati, fidèle de Sarkozy. Dans un premier temps, le Président avait fièrement assumé l’extradition, puis tenté d’en tempérer les effets en demandant au président de la République italienne, via Silvio Berlusconi, d’accorder un droit de grâce à Petrella en raison de «son état de santé».

«Je veux dire à la cour que de votre décision dépend la vie de Mme Petrella», a conclu Me Terrel, hier à la barre. Tout en reconnaissant la légitimité du contrôle judiciaire (obligation d’indiquer à la justice ses lieux d’hospitalisation et de résider chez elle, à Argenteuil, une fois rétablie), l’avocate ne l’estime pas utile. Elle souligne que sa cliente «n’a pas la moindre intention de se soustraire à quoi que ce soit qui émanerait de la France», à la différence de Cesare Battisti.

L’avocate considère que cette décision est un «premier pas vers l’apaisement définitif», mais que ce n’est «qu’un premier pas». Se félicitant, en marge de l’audience, du geste politique que constitue à ses yeux la demande de remise en liberté voulue par le parquet, elle en attend un autre : l’annulation de la procédure d’extradition, pendante devant le Conseil d’Etat (lire ci-dessous). Là encore, selon elle, «la décision est politique, même si la procédure est judiciaire». Preuve s’il en est que la politique a son mot à dire, Bernard Kouchner s’est réjoui de la remise en liberté. Et le ministre des Affaires étrangères de Sarkozy d’expliquer qu’il a «toujours plaidé pour qu’une issue humanitaire puisse être trouvée», comme l’autorise la loi sur les détenus malades dont, rappelle-t-il, il a été «l’initiateur» lorsqu’il était ministre de la Santé de Jospin.

«Bataille».
La fille de Petrella, Elisa, se contente aussi de cette décision, mais reste prudente : «Nous n’avons gagné qu’une bataille. Cela donne espoir pour la suite, mais il faut que M. Sarkozy aille au bout de cette démarche.» Elle rappelle que bien d’autres réfugiés italiens sont dans une situation identique à celle de sa mère (lire page 4), et que la France se heurtera aux mêmes problématiques si le gouvernement n’accepte pas de tenir un discours plus général sur la question.

Symboliquement, les deux principaux syndicats de magistrats français tiennent un discours opposé. L’USM (majoritaire et centriste) apporte son «entier soutien aux institutions judiciaires italiennes», le Syndicat de la magistrature, marqué à gauche, dénonce des «petits arrangements entre amis», Sarkozy et Berlusconi.

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Publié le 13/10/2008 à 11:25 Reuters Elizabeth Pineau, édité par Véronique Tison La soeur de Carla Bruni a sensibilisé Sarkozy au cas Petrella

Imprimez Réagissez Classez La soeur de Carla Bruni a déclaré lundi avoir parlé à Nicolas Sarkozy du cas de l'ancienne militante d'extrême gauche Marina Petrella, que le président de la République a décidé de ne plus extrader vers l'Italie.

L'Elysée a fait savoir dimanche que le chef de l'Etat avait renoncé, pour des raisons humanitaires, à appliquer le décret d'extradition qui visait l'ancienne activiste des Brigades rouges.

Actuellement hospitalisée, Marina Petrella souffre d'une dépression profonde et se laisse mourir selon ses proches.

La soeur aînée de Carla Bruni-Sarkozy, l'actrice Valeria Bruni-Tedeschi, a raconté lundi sur Europe 1 avoir rendu visite à la captive et en avoir parlé au président de la République.

"Je lui en ai parlé un peu, surtout juste après l'avoir vue en prison", a-t-elle rapporté. "J'ai donné ces informations qui ont peut-être été un tout petit peu importantes pour qu'il prenne la décision."

"J'ai parlé surtout cette fois-là et il a absolument écouté, oui. Ensuite, il a rencontré à plusieurs reprises les médecins, l'avocate, il a lu, étudié le dossier", a poursuivi l'actrice. "Effectivement il a mis son attention sur un dossier sur lequel il ne l'avait pas complètement avant."

Selon le site internet du journal Libération, Carla et Valeria Bruni-Tedeschi sont allées annoncer dès mercredi dernier à Marina Petrella qu'elle ne serait pas extradée.

Carla et Valeria Bruni-Tedeschi sont nées en Italie dans une riche famille d'entrepreneurs. Leurs parents ont quitté l'Italie pour la France au début des années 1970, par peur notamment d'un enlèvement.

Arrêtée en août 2007, Marina Petrella avait été libérée sous contrôle judiciaire en août dernier pour raisons de santé. Dépressive et suicidaire, elle refusait de s'alimenter et ne pesait qu'une quarantaine de kilos.

LE CAS BATTISTI

L'abrogation du décret d'extradition est "un grand soulagement", a déclaré dimanche sa fille aînée, Elisa Novelli.

Dans un communiqué publié lundi, la Ligue des droits de l'homme salue elle aussi la décision présidentielle.
"Aucun réfugié ne doit plus être extradé vers l'Italie. Tous doivent pouvoir vivre en paix ici, comme la France s'y est engagée en notre nom", écrit la LDH.

Pour le premier secrétaire du PS, François Hollande, "cette femme n'aurait jamais dû être inquiétée dès lors qu'elle avait renoncé à toute activité politique, qu'elle était en France, qu'elle vivait paisiblement, qu'elle avait donné tous les actes qui convenaient".

"Il a fallu qu'elle mette sa vie en danger pour que, par commisération on vienne la sortir du cachot", a-t-il déploré sur France Inter, estimant qu'il y avait "là quelque chose d'insupportable."

La vice-présidente du Front national, Marine Le Pen, exprime pour sa part son "dégoût face à une décision en même temps injuste, immorale et politiquement scandaleuse".

Dans un communiqué, elle apporte son "soutien total aux multiples victimes des Brigades rouges" et dénonce une "spectaculaire démonstration de laxisme gauchisant".

Condamnée en 1992 à la prison à perpétuité en Italie pour le meurtre d'un commissaire de police, Marina Petrella était installée en France depuis le début des années 80.

Elle y bénéficiait de la "doctrine Mitterrand" qui offrait refuge aux activistes renonçant à la violence.

L'ex-brigadiste était sous le coup d'un décret d'extradition depuis le mois de juin. Son avocate avait déposé un recours contre la décision gouvernementale qui devait être examiné mercredi par le Conseil d'Etat.

Un autre ancien brigadiste, Cesare Battisti, est dans le même cas que Petrella. Arrêté en mars 2007 au Brésil, sa procédure d'extradition est en cours.

Interrogée à son sujet, Valeria Bruni-Tedeshi a répondu : "Quelqu'un qui de toute façon n'a plus de pensée de terrorisme destructrice dans la tête, je ne vois pas pourquoi il doit rester en prison, je ne vois pas à quoi ça servirait".

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"Personne ne peut soutenir que Battisti est innocent" lexpress.fr Par Philippe Broussard, publié le 14/01/2009 12:22 - mis à jour le 14/01/2009 15:15

Pietro Forno, procureur adjoint du parquet de Turin (Italie), fut l'un des juges chargés de travailler sur les homicides attribués à Cesare Battisti en 1978 et 1979.

Interrogé par LEXPRESS.fr, il réagit avec virulence à la décision du Brésil d'accorder l'asile politique à l'ancien activiste d'extrême-gauche.

Que pensez-vous de la décision du Brésil?

J'ai l'impression que la doctrine Mitterrand [dans les années 1980, le président français estimait que la France pouvait accueillir sur son sol - mais à certaines conditions - des activistes italiens recherchés par la justice de leur pays - NDLR] a fait des émules au Brésil. Que je sache, l'Italie n'est pas une dictature!

Battisti, qui a toujours clamé son innocence, affirme qu'il serait en danger dans les prisons de votre pays.

Mais c'est une affirmation totalement incroyable! Il ne serait pas en danger. Aucune personne détenue en Italie pour des affaires liées au terrorisme des années de plomb n'a jamais été tuée en prison. Beaucoup de ceux qui ont été libérés sont aujourd'hui parfaitement libres et en sécurité. Ils écrivent dans les journaux ou donnent des conférences dans les universités.

Vous avez longuement travaillé sur les quatre homicides imputés à Battisti et à son groupe, les Prolétaires armés pour le communisme. Trente après les faits, quelle est votre conviction concernant Battisti?

Elle reste celle que j'avais déjà exprimé dans votre journal en mars 2007, au moment de son arrestation au Brésil: personne ne peut soutenir qu'il est innocent.

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Le président du Brésil refuse l'extradition de Cesare Battisti Créé le 31.12.10 à 14h34 -- Mis à jour le 31.12.10 à 14h34 20minutes.fr

JUSTICE - Cet ex-activiste d'extrême gauche a été condamné par la justice italienne...

C’est «non». Luiz Inacio Lula da Silva a refusé ce vendredi d'extrader vers l'Italie l'ex-activiste d'extrême gauche Cesare Battisti pour son implication dans des homicides remontant aux années 1970.

Dans un communiqué, le gouvernement brésilien indique que cette décision du président a été prise «sur la base du traité d'extradition entre le Brésil et l'Italie».

Fin du second mandat de Lula le 1er janvier

Le président du Conseil italien Silvio Berlusconi avait indiqué jeudi par avance qu'il jugerait inacceptable que le Brésil décline la demande italienne.

Cet ancien membre des «Prolétaires armés pour le communisme» s'était réfugié en France dans les années 1980 et s'était enfui au Brésil en août 2004 pour échapper à une extradition vers l'Italie, où il a été condamné pour quatre meurtres dans les années 1970. Arrêté en 2007 à Rio de Janeiro, il est depuis emprisonné.

En novembre 2009, la Cour suprême du Brésil s'est prononcée pour l'extradition de Battisti. La décision finale revenait toutefois aux autorités politiques et donc à Lula, qui a accordé à Battisti le statut de réfugié politique en 2009 et dont le second mandat présidentiel prend fin le 1er janvier. —C. F. avec Reuters

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Cesare Battisti obtient un permis de résident permanent au Brésil - Publié le 22/06/2011 à 19:39 lepoint.fr

L'Italien Cesare Battisti a obtenu mercredi un permis de résidence permanent au Brésil, une décision attendue après le refus début juin de la justice d'extrader l'ex-activiste d'extrême-gauche vers l'Italie qui continue à le réclamer.

Ce permis de séjour et de travail au Brésil a été accordé par le Conseil national de l'Immigration dont les membres ont voté massivement en faveur de l'Italien. Par 14 voix pour, 2 contre et une abstention, le Conseil a "autorisé mercredi Cesare Battisti à séjourner au Brésil pour une durée indéterminée", a annoncé le ministère du Travail.

Cesare Battisti, 56 ans, est réclamé par l'Italie après avoir été condamné en 1993 par contumace à la réclusion à perpétuité pour quatre meurtres et complicité de meurtres à la fin des années 1970 -- les années de "plomb" du terrorisme -- crimes dont il se dit innocent.

Incarcéré pendant quatre ans près de Brasilia en attendant son extradition, Battisti a été libéré dans la nuit du 9 juin, quelques heures après que la Cour suprême du Brésil eût rejeté la demande de Rome. Les juges ont estimé que l'Italie ne pouvait contester la décision "souveraine" de l'ex-président Luiz Inacio Lula da Silva qui, au dernier jour de son mandat le 31 janvier 2010, avait refusé d'extrader l'Italien.

Indignée, l'Italie estime que l'accord d'extradition liant les deux pays n'a pas été respecté par le Brésil, et a rappelé son ambassadeur pour consultation.

Le gouvernement italien a promis d'aller jusqu'au bout pour obtenir satisfaction, y compris saisir la Cour internationale de La Haye, qui juge les différents entre Etats. Elle a d'ores et déjà demandé d'actionner une "Commission de conciliation" entre les deux pays.

Le gouvernement brésilien est resté ferme dans sa décision et a minimisé la mauvaise humeur italienne, affirmant que cette affaire n'affectera pas les fortes relations entre les deux pays.

Depuis sa sortie de prison, Battisti est resté à l'écart de la presse et n'a fait aucune déclaration. Il s'est réfugié, dans un premier temps, dans l'anonymat de Sao Paulo, la grande métropole brésilienne, avec l'intention de poursuivre son travail d'écrivain, selon ses avocats.

Selon un de ses avocats, Battisti souhaitait rester au Brésil où il a vécu dans la clandestinité de 2004 à 2007, date de son arrestation à Rio de Janeiro. Il avait commencé à y refaire sa vie, après trente ans de fuite au Mexique et en France où il est devenu auteur de romans policiers. "Il se consacrera à la révision de son dernier roman", avait confié à l'AFP l'avocat Luiz Eduardo Greenhalgh.

Ce roman, "Au pied du mur", est inspiré de ses quatre années de détention à Papuda. Outre un roman policier, il a déjà écrit depuis son arrivée au Brésil "Minha fuga sem fim" (Ma cavale) et "Ser bambu" (une expression brésilienne qui signifie plier mais rester solide).

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Cesare Battisti : retour sur cette interminable affaire en 5 points Home ACTUALITE International Par Caroline Piquet Mis à jour le 13/03/2015 à 15:16 Publié le 13/03/2015 à 12:35 http://www.lefigaro.fr/international/2015/03/13/01003-20150313ARTFIG00166-cesare-battisti-retour-sur-cette-interminable-affaire-en-5-points.php

Après des années de cavale, Cesare Battisti, condamné à la prison à perpétuité par la justice italienne pour des meurtres commis dans les années 1970, pourrait prochainement être expulsé du Brésil où il s'était réfugié en 2004. Retour sur cette interminable affaire, qui a divisé la France.

1 - Cesare Battisti, condamné pour meurtres

Aujourd'hui âgé de 60 ans, Cesare Battisti est un Italien qui s'est fait connaître durant les années 1970 qu'on appellera les «années de plomb». A l'époque, il commet des petits larcins, fait des allers et retours en prison et se rapproche des Prolétaires armés pour le communisme (PAC), un groupe considéré comme étant terroriste par la justice italienne. Il en devient membre et multiplie les délits avant d'être emprisonné en 1979 et condamné deux ans plus tard pour appartenance à une bande armée. Mais son séjour derrière les barreaux ne sera que de courte durée. En 1981, il parvient à s'évader, fait un passage en France et part se réfugier au Mexique, première étape d'une longue cavale. Pendant ce temps, la justice italienne poursuit son travail et le condamne par contumace en 1988 à la prison à perpétuité pour deux meurtres ainsi que pour complicité d'assassinat pour deux autres meurtres, revendiqués par les PAC. Une sentence confirmée en appel en 1990, puis en 1993.

2 - La longue fuite

Arrivé au Mexique, il va de petit boulot en petit boulot et commence à se plonger dans l'écriture. Puis, il rejoint la France en 1990 pour jouir de ce qu'on appellera «la doctrine Mitterrand». Quelques années plus tôt, en 1985, le président socialiste s'était engagé à ne pas extrader les anciens activites et terroristes d'extrême gauche ayant rompu avec la violence, à l'exception des crimes de sang. En principe, il ne devrait donc pas en bénéficier mais l'ancien militant d'extrême gauche reste libre. En 1991, l'Italie demande son extradition mais la France s'y refuse, pour des questions de droits. Protégé par la France, il s'installe à Paris et devient gardien d'immeuble, tout en continuant d'écrire. Il publie plusieurs polars qui seront bien accueillis par la presse de gauche.

3 - «L'affaire Battisti» secoue la France

Mais le vent tourne pour Battisti. En 2004, il est de nouveau arrêté à la demande de l'Italie. Une décision qui suscite la polémique dans les deux pays. Dans les milieux culturel et politique de gauche et d'extrême gauche, nombreux sont ceux qui s'opposent à son extradition. A l'époque, se forme un comité de soutien, constitué d'écrivains comme Fred Vargas, d'artistes, dont Guy Bedos et Georges Moustaki, et de personnalités politiques et publiques telles que Bertrand Delanoë ou l'Abbé Pierre. D'autres en revanche, parmi lesquels des hommes politiques de gauche comme de droite, ne comprennent pas ces marques de soutien et souhaitent qu'il soit remis entre les mains des autorités italiennes. C'est finalement la décision qui sera rendue par la chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Paris. Le décret d'extradition est finalement signé par le premier ministre. Tandis que ses avocats multiplient les recours, Battisti fuit l'Hexagone.

4 - Le Brésil protecteur...

En 2004, il rejoint le Brésil où il vit dans la clandestinité jusqu'en 2007, date de son arrestation à Rio de Janeiro. Incarcéré pendant quatre ans près de Brasilia, il est libéré le 9 juin 2011, quelques heures après le rejet par la Cour suprême d'une demande d'extradition de l'Italie, provoquant la colère de Rome. A l'époque, les juges avaient estimé que l'Italie ne pouvait contester la décision «souveraine» de l'ex-président Luiz Inacio Lula da Silva qui avait refusé de l'extrader vers l'Italie. Le 22 juin 2011, le Conseil national de l'immigration lui avait accordé un permis de résidence permanente dans le pays.

5 - ... jusqu'à aujourd'hui

L'ancien militant d'extrême gauche est aujourd'hui menacé d'expulsion. Début mars, la justice brésilienne a ordonné son expulsion, estimant que Cesare Battisti était «un étranger en situation irrégulière» et «un criminel condamné dans son pays pour meurtre». La juge qui a statué sur son cas soulignait qu'il devait être expulsé vers le Mexique ou la France, deux pays où il s'était réfugié avant d'arriver au Brésil. Arrêté jeudi par la police fédérale à Embu das Artes, une ville de l'Etat de Sao Paulo, il a été libéré ce vendredi matin et attend une décision sur son expulsion. Son avocat va présenter un recours devant le tribunal régional fédéral de Brasilia qui lui a accordé l'habeas corpus, une procédure qui énonce la liberté fondamentale de ne pas être emprisonné sans jugement. L'affaire Battisti est loin d'être terminée...

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