Vers "tueurs en série"
Francis Heaulme, un tueur "inclassable" (?)
(Jean-François Abgrall, Dans la tête du tueur, Comment j'ai démasqué Francis Heaulme, Albin Michel, Paris, 2002)

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04 décembre 2001.
Durant la première journée du nouveau procès du tueur en série devant la cour d'assises de la Moselle, les experts psychiatres se sont penchés sur la personnalité de l'accusé et donc sur sa responsabilité dans le meurtre d'Annick Maurice en 1986.

La question de l'altération ou non du discernement, et par conséquent de la responsabilité de Francis Heaulme dans le meurtre d'Annick Maurice en 1986 dans la banlieue de Metz a été lundi au centre des débats d'experts psychiatres.

Pour le Dr Jean-Claude Dubouis-Bonnefond, la personnalité de Francis Heaulme est "composite" : "on y trouve des éléments obsessionnels comme le goût du rangement, de la propreté, des éléments psychotiques, et des traits de caractères (instabilité, immaturité)", précise le praticien qui estime qu'il n'existe chez lui "ni altération, ni abolition du discernement". Même analyse pour le Dr Jacques Henry qui assure que "le discernement n'est pas aboli et le contrôle des actes n'est pas entravé non plus". "

Un "tueur inclassable" plus qu'un tueur en série
"On a écrit que c'était un tueur en série. Je crois qu'il ne correspond pas du tout à cette catégorie", déclare le docteur Michel Dubec, expert psychiatre auprès de la Cour de cassation. Il qualifie Heaulme de criminel "inclassable" et de "débile vaniteux" : "une classification qui remonte au 18e siècle" et qui l'amène à se vanter de ses passages à l'acte. Parallèlement, les experts s'accordent à décrire "le routard du crime" comme possédant une "intelligence limitée". Tous soulignent aussi sa tendance mythomaniaque. "Je serai bien incapable de démêler le vrai du faux. Il lui arrive de dire n'importe quoi, mais il peut aussi dire la vérité", reconnaît par exemple le Dr Dubec.

Quant au co-accusé de Heaulme, Philippe Elivon, les experts s'accordent pour lui reconnaître des "troubles psychologiques graves" et non des "troubles psychiatriques". "Il s'agit d'une personnalité inconsistante qui se définit comme faible de caractère et influençable" résume le Dr Henry.

Dans ce dossier, Francis Heaulme est soupçonné d’avoir tué Annick Maurice en 1986 en compagnie de Philippe Elivon – ce dernier comparaît libre. La jeune femme, 26 ans à l’époque des faits, disparaît le 30 décembre 1986 en effectuant à pied le trajet entre son domicile et son lieu de travail, situé dans la banlieue de Metz. Son corps, décomposé, n’est retrouvé que le 29 avril 1987, caché dans un taillis.
Tf1.news, 4 décembre 2001.

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