Décembre 2010 : Un pédophile multi-récidiviste demande sa castration physique
Mai 2009 : Condamnation d'un ancien socialiste de la Ligue de l'Enseignement, adjoint aux questions scolaires à la mairie du Xe arrondissement de Paris
Mai 2008 : Extradition de Leonid Kameneff
Mars 2008 : Disciple de Wilhelm Reich (?) Leonid Kameneff, créateur de "l'Ecole en bateau", accusé de pédophilie
Juin 2005 : Un procès public peut-il être pédagogique ? 8 ans de prison pour le médecin-prêtre François Lefort des Ylouses ; Jackson innocent
Octobre 2004 : Encore une bavure
Novembre 2003 : Michael Jackson accusé
1er décembre 2002 : Des humanitaires en cause
12 octobre 2002 : Sous pressions le gouvernement Raffarin renonce à interdire les ouvrages pédophiles
04 octobre 2002 : Les pédophiles défendus par certains "socialistes" et intellectuels "parisiens"

Février 2002 : Alors que s'ouvre à Nice le procès de 81 diffuseurs et acheteurs de cassettes pédophiles, la loi de 1998 sur le suivi des criminels sexuels peine à être appliquée
Instituteur, gardien de la paix, plombier, chômeur ou ingénieur sont impliquées dans un réseau d'achats et d'échanges de cassettes pédophiles. Ils comparaissent jusqu'au 1er mars devant le tribunal correctionnel de Nice.

Le difficile suivi médical des délinquants sexuels
Le procès de quelque 81 personnes, diffuseurs et acheteurs de cassettes à caractère pédophile, a commencé hier après-midi au palais de justice de Nice. Alors que les affaires de pédophilie font les gros titres des journaux, Le Figaro a enquêté sur le problème ardu du suivi de la délinquance sexuelle.

Sur une affiche, une toute petite fille est barrée par la phrase « en sortant de prison, un pédophile ne rencontre pas toujours un médecin ». Depuis le 28 janvier, l'association l'Enfant bleu-Enfance maltraitée a lancé cette campagne d'affichage pour demander un suivi obligatoire des pédophiles condamnés alors même que la loi de 1998 instituant le suivi des délinquants sexuels peine à se mettre en place.
En 1975, environ 5 % de la population des détenus exécutant leur peine avaient été condamnés pour viol ou autres agressions sexuelles. En 2001, ils étaient plus de 20 %. Cette explosion d'une population carcérale bien spécifique a provoqué un débat au milieu des années 90 sur la nécessité d'améliorer le suivi médical des délinquants sexuels. Car longtemps, la psychiatrie a considéré les pédophiles comme des individus incurables. Surtout, les médecins, peu ou mal formés sur le sujet pendant leurs études, n'avaient ni le goût ni l'envie de s'intéresser à cette question épineuse.

La plupart des délinquants sexuels se retrouvaient donc à leur sortie de prison en proie à leurs démons, les obligations de soins ne concernant paradoxalement que les délinquants sexuels condamnés aux peines les plus légères avec sursis et mises à l'épreuve.

Afin de prévenir la récidive, la loi du 17 juin 1998 a instauré un suivi « socio-judiciaire » des délinquants sexuels. En théorie, tous se voient désormais proposer un traitement psychiatrique en prison doublé éventuellement d'un suivi post-carcéral obligatoire.

Mais cette loi à l'organisation très complexe se met en place avec retard. Selon le ministère de la Justice, seules 253 personnes ont bénéficié du suivi en 2000, contre 72 en 99 et 4 en 1998. Pierre Lamothe, psychiatre et membre du groupe santé-justice, estime que 400 auraient été prononcées en 2001 alors que le ministère table sur une projection de 2 000 injonctions de soins.

« On est encore bien loin du compte... », remarque un juge d'application des peines (JAP) de la région bordelaise qui dénonce pêle-mêle le manque de moyens, de praticiens, de formation et de volonté politique. Certains établissements pénitentiaires comptent seulement un psychiatre pour 600 détenus. L'offre de soins est largement insuffisante : « Beaucoup de détenus souhaitent se faire soigner mais ne le peuvent pas faute de moyens », observe Luc Massardier, psychiatre à la prison de la Santé à Paris.

Marie-Suzanne Pierrard, présidente de l'association nationale des juges d'application des peines (Anjap), estime la loi positive car elle « comble un manque » tout en critiquant ses retards d'application. Les derniers décrets d'application n'ont été pris qu'au début de l'an dernier...

Cette peine complémentaire instituée par la loi de 1998 et ordonnée par le tribunal après l'avis d'un psychiatre comporte pour le condamné l'obligation de se soumettre à une injonction de soins, sous le contrôle du JAP. Le soin, dont la durée maximale est de vingt ans pour les crimes, entre en vigueur dès la libération du condamné : ce dernier doit s'y soumettre, sinon il retournera en prison. Les mesures peuvent aussi comporter l'interdiction de fréquenter des mineurs ou de vivre près d'une école. A sa sortie de prison, le délinquant est suivi par un médecin psychiatre. C'est un deuxième médecin, le médecin psychiatre « coordonnateur » qui relaie les informations concernant le patient auprès du juge d'application des peines.

La nomination tardive voire inexistante de ces médecins coordonnateurs par certains tribunaux, faute d'être répertoriés, freine la mise en place du processus.

Surtout, des réticences persistent du côté des psychiatres qui critiquent l'aspect coercitif de la loi. Autre difficulté, les experts dénoncent le risque de l'opportunisme du détenu qui accepte de se faire soigner en espérant obtenir en contrepartie des remises de peine.

Le traitement reste cependant d'une importance cruciale pour qu'un agresseur sexuel puisse reconnaître la gravité de ses agissements. « Eux-mêmes se vivent comme des victimes, ils sont dans la plainte permanente, observe Luc Massardier, une enfance malheureuse, une carence affective revient souvent dans leur bouche. »

Le procès peut être un premier électrochoc pour reconnaître sa responsabilité. Le soin doit ensuite se faire au cas par cas, selon Roland Coutanceau, psychiatre criminologue et responsable de l'antenne psycho-légale de La Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine). Les délinquants qui ont une réelle envie de se soigner et qui reconnaissent leurs actes sont relativement simples à traiter. D'autres se laissent prendre dans le rail de l'obligation de soins. Pour ces deux catégories la diminution du taux de récidive est possible. Le troisième groupe concerne les délinquants cyniques, qui se critiquent peu et qui défient la loi : « Il faut les amener à quitter cette position de déni. C'est parmi eux que la récidive risque d'être importante », note le docteur Coutanceau.

La question de l'efficacité du traitement et des possibles rechutes qui sous-tend cette loi est encore difficile à apprécier. Mais lors d'une conférence psychiatrique consacrée pour la première fois aux traitements des auteurs d'agressions sexuelles en novembre dernier, certaines études, tout en émettant des doutes, font état d'une réelle diminution de la récidive.
lefigaro.fr, Marie-Estelle Pech [19 février 2002]
A lire également, Pierre Lamothe, psychiatre : «Longtemps les pédophiles ont été considérés comme incurables»

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Début de mobilisation contre les tentatives de censure
La droite ressort ses vieux ciseaux
Les menaces du ministère de l'Intérieur contre deux ouvrages jugés pédophiles font craindre un retour de l'ordre moral.

La Ligue des droits de l'homme (LDH) continue de monter au créneau dans l'affaire qui associe actuellement littérature et procédure. Elle a d'abord apporté son soutien au roman Rose bonbon de Nicolas Jones-Gorlin, quand les associations L'Enfant bleu et la Fondation pour l'enfance l'ont attaqué pour mise en scène pédophile. Hier, elle a rendu publique la lettre adressée par son président, Michel Tubiana, aux ministres de l'Intérieur et de la Culture pour protester contre le «projet de censure» mitonné par les services de Nicolas Sarkozy. La Direction des libertés publiques et de la police administrative a en effet notifié à Gallimard, l'éditeur de Rose bonbon, que la place faite «à la pornographie et la violence» dans ce récit relève de la loi du 16 juillet 1949 sur «les publications présentant un danger pour la jeunesse» (lire Libération d'hier). Gallimard a huit jours pour argumenter.

Tout interdire.
La LDH, qui plaide pour un remaniement de l'arsenal législatif, rappelle cet argument de bon sens : «Aborder la pédophilie dans une fiction ne peut être, ipso facto, considéré ni comme une apologie ni comme une légitimation de ce crime. Et ce, quelle que soit l'attitude du narrateur ou du personnage en cause. Ou bien, si l'on suit le raisonnement de la Direction des libertés publiques du ministère de l'Intérieur, il faudra interdire toute oeuvre évoquant la drogue, le racisme, la violence, le crime, motifs qui sont tous, s'ils sont abordés dans une publication, un motif de sanction selon la loi de 1949, sans qu'il soit nécessaire d'ailleurs qu'ils soient présentés de façon apologétique.»

Si le ministère suit l'avis de la Commission de surveillance et de contrôle des publications destinées à l'enfance et à l'adolescence, qui serait favorable à interdire Rose bonbon à la vente aux mineurs, la carrière du livre n'est pas trop compromise. Mais si les deux autres mesures prévues par la loi de 1949 sont prises, alors le livre est mort : il sera interdit de publicité, mais surtout il sera interdit d'exposition. On ne le trouvera pas dans les rayonnages des librairies. Cela concerne aussi bien Rose bonbon que le livre de notre collaborateur Louis Skorecki, Il entrerait dans la légende (éditions Léo Scheer). Par une sorte d'aberration administrative, sans doute, la lettre recommandée du ministère de l'Intérieur n'est pas encore parvenue chez Léo Scheer, mais l'ouvrage est pareillement menacé.

La loi de 1949 a souvent été utilisée par le passé. Ont été interdits, dans les années 70, des livres de Pierre Guyotat, Marc Cholodenko, Bernard Noël.

«Confronté à la bêtise».
En 1987, le directeur des libertés publiques de Charles Pasqua s'appelait Dominique Latournerie, et il a usé de cette loi à tour de bras. Paul Otchakovsky-Laurens, des éditions POL, qui, à de nombreuses reprises, a défendu Jones-Gorlin et Skorecki dans les médias, se souvient avoir reçu en mars 1987 la même lettre qu'Antoine Gallimard ces jours-ci. La Direction des libertés publiques s'en prenait alors au roman de notre collaborateur Mathieu Lindon, Prince et Leonardours. Finalement, le ministère de l'Intérieur a battu en retraite. «Je me suis replongé dans le dossier, dit Paul Otchakovsky-Laurens, c'est un bon souvenir, c'était drôle d'être confronté à la bêtise. Ils avaient fait ça au moment du Salon du livre !» En revanche, le directeur de POL se dit aujourd'hui inquiet, l'opinion publique n'étant plus ce qu'elle était dans les années 80.

Et l'auteur de Rose bonbon ? Lui qui s'était peu manifesté, impressionné par les attaques dont il était l'objet, sort de sa réserve. Il est furieux. «J'ai été très surpris par la réaction du ministère de l'Intérieur. Là, c'est trop. Est-ce un nouveau concept d'insécurité morale ? Que la justice se prononce, c'est une chose. Mais que la politique intervienne, c'est intolérable. Je ne pensais pas que ce gouvernement réagirait comme ça.».
Libération, Par Claire DEVARRIEUX, vendredi 04 octobre 2002, page 2

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«rose bonbon» pour tout le monde
Nicolas Sarkozy renonce à interdire aux mineurs le roman de Nicolas Jones-Gorlin.

Nicolas Sarkozy, «après mûre réflexion», a finalement décidé de ne prendre aucune mesure d'interdiction à l'endroit de Rose bonbon, le roman de Nicolas Jones-Gorlin dont nul n'est censé ignorer désormais qu'il met en scène un pédophile. Une longue lettre du ministre de l'Intérieur, datée du 11 octobre et parvenue rue Sébastien-Bottin le jour même, a été adressée en ce sens à Antoine Gallimard. La veille, au siège des éditions Gallimard, et dans les instances qui suivent l'affaire de près, on croyait détenir l'information contraire : l'interdiction du livre aux mineurs paraissait probable (Libération du 11 octobre).

En fait, et c'est heureux, Nicolas Sarkozy a été plus libéral que la Commission chargée de la surveillance et du contrôle des publications destinées à l'enfance et à l'adolescence. Cette dernière avait déjà préconisé la mesure la moins lourde parmi les trois prévues par la loi du 16 juillet 1949, qui permet au ministre de l'Intérieur d'intervenir en cas de journal ou de livre présentant un «danger pour la jeunesse» (interdiction aux mineurs, d'exposition et de publicité).

«Responsabilité».
Le ministre de l'Intérieur, dans sa lettre, évoque les «quatre raisons» qui l'ont amené à prendre sa décision. «En premier lieu, il me semble clair que le livre de M. Jones-Gorlin, eu égard tant à son contenu qu'à sa nature, n'est pas destiné à un public mineur. Le risque qu'il soit lu par des jeunes enfants est faible, et en tout cas bien moindre que s'il s'agissait d'un film télévisuel ou d'un magazine.» Deuxièmement, Nicolas Sarkozy approuve «les mesures de précaution» prises par les éditions Gallimard, qui ont masqué la couverture de Rose bonbon d'un papier gris portant un avertissement, et emballé le tout de cellophane : ces mesures «sont de nature à parvenir très largement au seul objectif que je recherche, à savoir la protection des jeunes mineurs. Je doute que les mesures d'interdiction prévues par la loi 1949 s'avèrent significativement plus efficaces». Les décisions prises rue Sébastien-Bottin lui conviennent : «Elles témoignent du sens des responsabilités qui est le vôtre et sont à mettre au crédit de votre maison.»

«Il y aurait quelque incohérence, poursuit Nicolas Sarkozy, à interdire de vente aux mineurs le livre de M. Jones-Gorlin, alors que de nombreux ouvrages comportant des scènes aussi condamnables sont en vente libre en librairie. Je note enfin que la justice a été saisie par des associations et prendra elle-même une décision.»

«Cohérence».
La lettre se termine sur «la nécessité d'une réflexion sur une éventuelle modification de la législation de 1949. Il existe plusieurs dispositifs normatifs en matière de protection de la jeunesse au regard de la production littéraire ou audiovisuelle. Une réflexion générale sur l'ensemble de ces dispositifs me paraît s'imposer pour les rendre à la fois plus cohérents et plus efficaces tout en gardant l'esprit de liberté qui préside à la création artistique dans notre pays.»

Il ne faudrait pas croire cependant que le ministre de l'Intérieur se désolidarise des associations de protection de l'enfance. Ainsi, juste avant de déclarer que Rose bonbon «ne ferait l'objet d'aucune des mesures d'interdiction prévues par la loi du 16 juillet 1949», Nicolas Sarkozy précise : «Je reconnais que le livre de M. Jones-Gorlin ne constitue ni une incitation explicite à la pédophilie, ni même une apologie de ces pratiques. Il n'en comporte pas moins des scènes pédophiles dont la lecture paraît de nature à perturber l'épanouissement d'un public mineur.»

Habileté.
Ayant pris connaissance de la lettre, la Ligue des droits de l'homme (LDH) l'a jugée habile mais relevé le passage ci-dessus, ainsi que l'avant-dernier paragraphe, où Nicolas Sarkozy adresse une ultime requête à Antoine Gallimard : «Je vous serais toutefois reconnaissant de bien vouloir compléter les mesures de précaution que vous avez déjà prises par une invitation qui serait faite aux distributeurs de l'ouvrage de n'exposer et de ne vendre celui-ci qu'avec la plus grande circonspection.» Agnès Tricoire, responsable du groupe culture à la LDH, estime que le ministre de l'Intérieur «ouvre un boulevard» à la répression demandée à la justice par les associations de protection de l'enfance, lesquelles s'appuient notamment sur l'article 227-23 du code pénal (1).

Le feuilleton Rose bonbon se jouait en deux épisodes. Celui concernant l'intervention du ministère finit bien.
(1) L'article 227-23 réprime «la diffusion d'une image ou d'une représentation de mineur lorsque cette image ou cette représentation présente un caractère pornographique».
Libération, Par Claire DEVARRIEUX, samedi 12 octobre 2002, page 30 et 31.

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Pédophilie : soupçons de scandale dans l'humanitaire

TROIS PROCEDURES judiciaires en cours à Paris et à Nanterre mettent en cause trois Français dans des dossiers d'agressions sexuelles sur des enfants à l'étranger par le biais d'associations humanitaires financées par de généreux donateurs. A chaque fois, le scénario est le même : les mis en examen, qui nient les faits reprochés, ont créé des associations de parrainage ou des centres d'accueil pour enfants des rues.

Outre deux dossiers au Cambodge et au Sénégal, la troisième instruction concerne des faits commis au Népal. Jean-Jacques H., 50 ans, fondateur des Enfants de Chauni, avait ouvert deux homes d'enfants à Katmandou. Il est mis en examen depuis septembre dernier pour des viols ou agressions sexuelles sur une dizaine d'enfants, commis entre 1985 et 2001, et est actuellement incarcéré à Fresnes. Ces affaires sont la conséquence directe des nouvelles lois, votées en 1994 puis en 1998, qui permettent de poursuivre en France des Français pour des crimes ou délits commis à l'étranger.
N.T., Le Parisien, lundi 02 décembre 2002, p. 21

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Un prêtre français suspecté de viols au Sénégal

LE PARQUET DE NANTERRE a requis le 29 octobre dernier la mise en accusation devant la cour d'assises de Nanterre contre François Lefort des Ylouses, prêtre et médecin. Cet ancien créateur de centres pour les enfants des rues en Mauritanie puis au Sénégal, ex-lauréat du prix des droits de l'homme de « la Croix » , a été longtemps militant pour sauver les enfants du tiers-monde de la prostitution. Il est aujourd'hui en liberté sous contrôle judiciaire.
Cette décision fait suite à une instruction ouverte depuis 1995, dans laquelle le prêtre a été mis en examen pour une série de viols et d'agressions sexuelles sur de jeunes Sénégalais, chefs aggravés par le fait qu'il exerçait une réelle autorité sur des enfants vulnérables. Le parquet a retenu des poursuites concernant six victimes, âgées de 12 à 18 ans au moment des faits. Trois viols, une tentative de viol et deux tentatives de corruption de mineurs. Selon l'enquête, ces faits se seraient déroulés au Sénégal, mais également en France lors de tournées pour des conférences et des collectes de fonds.

Confidences de jeunes Sénégalais

L'affaire démarre en 1995 lors d'un voyage d'une douzaine d'enfants français en Afrique. Ces derniers recueillent des confidences de jeunes Sénégalais au sujet du père Lefort. Une éducatrice, choquée par ces témoignages qu'elle perçoit spontanés et sincères, enregistre ces récits et, rentrée à Paris, entre en contact avec une association de défense des droits de l'enfant qui porte plainte. L'enquête commence. Certains mineurs viennent à Paris et sont entendus par la brigade des mineurs, puis trois commissions rogatoires internationales complètent les investigations, en 1996 et 1998. Lors de son arrestation à son domicile de Neuilly, les policiers trouvent chez François Lefort des revues et cassette à caractère pornographique. Le prêtre expliquera que ces documents lui servaient dans sa lutte contre les pédophiles.
Depuis le début, François Lefort, laissé libre mais placé sous contrôle judiciaire, nie les faits qui lui sont reprochés. Selon lui, des jalousies pour la réussite de son engagement expliqueraient sa situation actuelle et les témoignages des enfants ne seraient pas crédibles. « François Lefort est innocent de cette affaire. Il est la victime d'une véritable cabale montée contre lui, alors qu'il a passé sa vie entière à s'occuper d'enfants victimes », insiste Me Henri Leclerc, son avocat.
Le dossier est désormais sur le bureau du juge d'instruction de Nanterre qui devra décider s'il suit, ou non, les réquisitions du parquet.
N.T., Le Parisien, lundi 02 décembre 2002, p. 21

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(Novembre 2003) Abus sexuels : Michael Jackson traqué par la police
Un mandat d'arrêt a été lancé hier (19 novembre 2003) contre la star mondiale de la pop, mis en accusation par un garçon de 12 ans. Dans la soirée, ses avocats négociaient une arrestation du chanteur, en tournage à Las Vegas, qui ne devrait pas échapper à la justice.

SANTA-YNEZ, LE 18 NOVEMBRE 2003. Des perquisitions ont été menées au ranch de Neverland mais aussi dans deux autres propriétés que la star possède en Californie du Sud .

RATTRAPÉE par un nouveau scandale de pédophilie, la superstar mondiale de la pop est recherchée par la police. Après la perquisition de son ranch à Neverland, la traque du chanteur s'est intensifiée hier lorsqu'un mandat d'arrêt a été lancé contre lui.
Le shérif et le procureur général du comté de Santa Barbara ont confirmé, en début de soirée, que Michael Jackson est bien accusé d'abus sexuels sur un mineur, un garçon de 12 ans, et est sous le coup de plusieurs chefs d'inculpation qui pourraient lui valoir chacun de trois à huit ans de prison. Hier, il a nié ces accusations, les qualifiant « d'injurieuses ».
Il a pris un nouvel avocat - très connu à Beverly Hills pour avoir défendu l'actrice Winona Ryder dans une affaire de vol à l'étalage -, Mark Geragos, qui lui aurait conseillé de se rendre. En tournage à Las Vegas, Jackson a indiqué qu'il retournait en Californie sans délai. Hier, vers minuit, certains précisaient que Michael Jackson était probablement en route pour Santa Barbara. Il a reçu l'ordre de se rendre à la police et de remettre son passeport aux autorités afin de prévenir toute fuite vers l'étranger.
Une fois qu'il aura été appréhendé, Michael Jackson pourra néanmoins être placé en liberté surveillée, moyennant une caution de 3 millions de dollars. Hier soir, la police de Santa Barbara négociait encore avec ses avocats les conditions de son arrestation.

Le garçon avait eu un cancer

Le procureur général a spécifié que la loi sur les abus sexuels sur mineurs a changé en Californie, justement à la lumière du scandale dans lequel Michael Jackson s'était trouvé mêlé, il y a dix ans, et qui s'était soldé par un arrangement financier avec les parents de Jordan, un adolescent alors âgé de 13 ans. En clair, cela signifie que, cette fois-ci, la star va devoir comparaître devant un tribunal.
Si la foudre s'est abattue sur « Jacko » cette semaine, l'orage, en fait, couvait depuis longtemps. L'affaire remonte à plusieurs mois. Cet été, un garçon de 12 ans est allé faire une déposition à la police sur les conseils du psychologue qui le traitait pour un traumatisme lié à des abus sexuels. D'après des enquêteurs, ce garçon avait eu un cancer, et la star l'aurait alors pris en pitié, l'accueillant à Neverland. Par la suite, ce garçon a guéri, est revenu dans sa famille puis à l'école, où les autres élèves se seraient moqués de lui au sujet de son séjour dans le ranch de « Bambi ».
C'est à ce moment-là que l'affaire a éclaté, après la consultation du psychologue. Le garçon aurait même précisé que le chanteur lui donnait du vin avant de procéder à des attouchements. C'est donc en parfaite connaissance du dossier que les autorités ont agi mardi matin en demandant à ce que des perquisitions soient menées au ranch de Neverland mais aussi dans deux autres propriétés que la star possède en Californie du Sud.
Le shérif a également appelé d'autres victimes éventuelles du chanteur à se faire connaître. De Las Vegas, où il séjournait depuis trois semaines, afin de préparer une émission spéciale programmée la semaine prochaine sur la chaîne CBS, le chanteur a d'abord fait mardi un communiqué disant qu'il ne pouvait répondre car il « ne savait pas de quoi on l'accusait » mais qu'il « collaborerait avec la police ». Hier matin, la police de Las Vegas s'est postée à l'entrée des studios où l'interprète de « Thriller » devait poursuivre son tournage.
Divers amis et hommes de loi de la star se sont succédé devant les caméras des télévisions américaines pour le défendre. « Il s'agit d'une véritable hystérie car nous avons déjà fait face aux mêmes accusations il y a dix ans » a déclaré Brian Oxman, l'un des avocats de la famille Jackson, ajoutant : « Tout le monde est choqué dans la famille. Je demande à ce qu'il soit traité comme tout le monde. Michael n'a jamais cherché à se soustraire à la justice. Il est connu aux quatre coins de la terre. Il ne pourrait se cacher nulle part et il ne se cachera pas. »
Hier, le procureur a précisé que la perquisition à Neverland aurait dû être conduite plus tôt mais qu'elle avait été différée en raison d'une fête publique donnée dans le ranch à l'occasion d'Halloween. Le 3 février, Michael Jackson avait admis, dans un documentaire diffusé par une chaîne britannique, avoir dormi avec Gavin, un garçon de 12 ans, avec lequel on le voyait main dans la main assis dans un canapé dans son ranch.
Se défendant, la star expliquait alors : « Il est normal de partager son lit. Ce sont eux qui me le demandent. Oui, j'ai déjà dormi avec des enfants mais il n'y a rien de sexuel (...) C'est très doux, c'est de l'amour. »
Après le scandale provoqué par ces propos, il avait accusé le journaliste de l'avoir trahi. Quoi qu'il arrive désormais, c'est un coup probablement fatal qui vient d'être porté à la carrière d'un artiste en chute libre sur le plan commercial depuis plus d'une décennie et déconnecté depuis longtemps du monde qui l'entoure.
Valéry Floch, Le Parisien, jeudi 20 novembre 2003, p. 14-15

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Accusé à tord pour des photos de famille

COMMENT de simples photos de famille peuvent-elles faire passer un père pour un pédophile ? C'est la question à laquelle tente de répondre Robert Fournel, 54 ans, habitant à Aubière (Puy-de-Dôme), dans la banlieue clermontoise.

L'histoire remonte au 16 septembre dernier, lorsque ce père de famille nombreuse, qui élève seul ses cinq filles de 5, 8, 9, 12 et 14 ans, va chercher chez le marchand de journaux voisin les photos de vacances qu'il lui a données à développer. « Tout à coup, j'ai entendu le commerçant chuchoter : C'est lui en me montrant du doigt à deux femmes policiers qui arrivaient par-derrière.

Celles-ci m'ont demandé de les suivre jusqu'au commissariat de Clermont-Ferrand. Je me suis exécuté, pensant qu'il s'agissait d'une blague ou d'une erreur. Quelques minutes plus tard, j'étais placé en garde à vue et des policiers de la brigade des moeurs me demandaient de signer un papier m'accusant de prise de photos pédophiles !

On se serait cru chez Kafka ! Je ne comprenais toujours rien jusqu'à ce qu'il me montre un paquet de vingt-sept photos parmi lesquelles figuraient, sans que je le sache, trois photos de ma fille de 8 ans, prise nue sur le canapé du salon par sa soeur de 9 ans avec un appareil jetable, alors qu'elles s'apprêtaient à prendre leur bain ! »

Sur la même pellicule, on découvre également des photos floues ou mal cadrées, très vraisemblablement prises par des enfants, où l'on retrouve pêle-mêle la peluche de Pif le chien, le chat de la famille, des confettis jetés en l'air...

Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Alors que Robert Fournel tente de s'expliquer au poste, il voit arriver au commissariat ses trois plus jeunes filles, que des policiers zélés étaient allés cueillir à la sortie de l'école primaire avec l'accord du directeur.

Il attaque l'Etat

« Vous imaginez un peu le traumatisme pour mes gamines », s'insurge le père, qui a tout de suite pris rendez-vous chez le psy pour lui et ses filles. « On n'a pas le droit de couler des familles comme ça. Je pensais que l'affaire d'Outreau aurait pu servir de leçon. »
Depuis, son affaire, révélée par France 3 Auvergne, n'a pas encore été classée sans suite, mais les policiers ont admis que le père n'était pas un dangereux pédophile.
Pourtant, Robert Fournel a décidé de ne pas en rester là. « J'ai besoin d'en parler, assure-t-il. Cela me permet de crever l'abcès. J'ai déjà envoyé trois cent cinquante lettres à l'Education nationale, aux députés, au médiateur scolaire et même au Parlement européen pour raconter ma mésaventure ! Je compte bien attaquer l'Education nationale, qui a livré mes petites filles sans vérification, la police qui les a interpellées alors qu'elle n'avait pas le droit, et la justice qui couvre la police. »
Geneviève Colonna d'Istria, Le Parisien, dimanche 24 octobre 2004

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(Juin 2005) Un procès public gagne-t-il à visionner les actes pédophiles?
A Poitiers, les magistrats ont répondu par l'affirmative à une question qui divise.

Faut-il diffuser des images d'enfants victimes d'actes pédophiles en plein procès correctionnel ? A cette question, des magistrats de Poitiers ont répondu par l'affirmative, jeudi 26 mai. A la consternation des avocats des prévenus, mais aussi de leurs confrères spécialisés dans la défense des mineurs, et de Claire Brisset, la défenseure des enfants.

Ce jour-là, cinq hommes âgés de 40 à 60 ans ­ un ancien militaire, deux enseignants et un prêtre ­ comparaissaient pour avoir téléchargé des sites pédo-pornographiques. «Le matin, j'ai appris par des bruits de couloir au palais que le visionnage de photos était prévu à l'audience», raconte Me Sylvie Martin, qui défendait l'un des prévenus. «J'ai rédigé des conclusions pour demander le huis clos par égard pour les mineurs concernés», poursuit-elle. Mais le tribunal a rejeté la demande. «La procureure s'est étonnée que l'avocate d'un prévenu se préoccupe des mineurs victimes, et m'a signifié que je n'étais pas à ma place. Quant à la présidente, elle a estimé que ces photos avaient un intérêt pédagogique pour la salle», résume Me Martin.

Arguments. «La loi le permet, et je l'ai fait dans l'intérêt du dossier», explique Claire Jury-Quintallet, la présidente. Elle avance trois types d'arguments. «Il n'y avait personne pour parler au nom des victimes», dit-elle, puisque les enfants n'étaient ni présents ni représentés, comme toujours dans ce genre de dossier où les victimes sont difficiles à retrouver. Les images ont apparemment été tournées en Europe de l'Est, et les policiers français alertés par leurs homologues russes. La présidente trouve d'ailleurs «hypocrite» d'évoquer la défense des enfants pour s'opposer à la projection de «quelques photos dans une salle de tribunal de province, alors qu'elles ont fait le tour du monde sur Internet».

Claire Jury-Quintallet estime que la projection permettait d'éclairer les assesseurs «qui n'étaient pas au courant, car ils n'avaient pas vu le dossier». Certaines images étaient jointes au dossier, sur un support CD-Rom, précise-t-elle. Enfin, elle considère que cela fait partie «d'un nécessaire travail de prévention [...] pour que tout le monde sache de quoi on parle et pour rappeler aux prévenus qu'il ne s'agit pas de photos gentillettes». Christine Campan, qui représentait le ministère public ce jour-là, n'a pas souhaité nous répondre.

Nathalie Manceau, présidente de l'association Avoc'enfants, spécialisée dans la défense des mineurs, s'est rendue à l'audience quand elle a eu vent de cette projection. «Le procédé me révulse, dit-elle. Si les enfants avaient été là, personne n'aurait eu l'indécence de proposer ce visionnage. Sous le prétexte que ces gosses ne sont même pas défendus, on en remet une couche et on diffuse leur image dans les positions qu'on imagine, en pleine salle de tribunal, sans même le moindre floutage», s'insurge-t-elle. Selon l'avocate, décrire les images suffit amplement. «Quand on explique qu'un bébé de six mois se fait sodomiser, ou qu'une fillette de 4 ans pratique une fellation, tout le monde peut se rendre compte de quoi il retourne», dit-elle.

«Quel intérêt de diffuser ces images en public au risque d'attirer des voyeurs ?» demande Me Brunet, autre membre d'Avoc'enfants. «Certains iront aux audiences où des internautes sont poursuivis dans le but de se rincer l'oeil», s'inquiète-t-elle. S'il s'agit de mettre les prévenus face à leurs actes, dans l'intérêt de la manifestation de la vérité, pourquoi ne pas le faire à huis clos , interrogent les avocats. «On cherche l'humiliation publique des prévenus, à montrer comme ils sont dégueulasses, et en même temps on rediffuse les images», constate Nathalie Manceau.

Contradictions. Au nom de Claire Brisset, la défenseure des enfants, Muriel Eglin, magistrate, soulève le même genre d'arguments. «En correctionnelle, ce sont des procédures écrites. Les magistrats qui vont juger ont accès à tout le dossier et peuvent même demander à visionner des photos en chambre du conseil et en présence des prévenus, si besoin est», explique Muriel Eglin. Selon elle, il existe d'autres moyens de mettre un prévenu face à ses contradictions.

Si elle comprend ce que le tribunal de Poitiers a voulu faire, elle trouve le procédé dangereux. «On veut obtenir un effet de sidération pour le public, mais ce n'est pas le public qui juge». Cet aspect pédagogique de l'affaire ne la convainc pas du tout. «Si on veut pousser cette logique jusqu'à l'absurde, on peut aussi diffuser ce genre de photos au journal de 20 heures», commente Muriel Eglin. Et pour en revenir aux principes, elle martèle : «Le souci pédagogique ne dispense pas de la protection des enfants, même s'ils ne sont pas présents à l'audience. Le code de procédure a prévu le huis clos pour ça.» Même aux procès d'assises, qui reposent sur l'oralité des débats, et quand les victimes sont adultes, on ne montre pas tout à tout le monde, rappelle-t-elle. Pour préserver la dignité des victimes, seuls les jurés ont accès à certains documents.
Par Jacqueline COIGNARD, mercredi 08 juin 2005 (Liberation - 06:00)

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Verdict : Michael Jackson innocent ! Source : LeMonde.fr le 14.06.05 Avec AFP

Michael Jackson a quitté libre le tribunal de Santa Maria (Californie), lundi 13 juin, après avoir été acquitté par le jury de l'ensemble des dix chefs d'inculpation, notamment ceux d'attouchements sexuels sur mineur, pour lesquels il était jugé.

Au terme d'un procès de plus de quatre mois, le jury l'a également acquitté de tentative de séquestration et d'avoir servi de l'alcool à un mineur pour abuser de lui.

La nouvelle a été accueillie par des acclamations de joie et des lancers de confettis devant le tribunal, où étaient massés de très nombreux fans.La star, 46 ans, père de trois enfants, risquait plus de 18 ans de prison.

LE VISAGE FERMÉ DE LA STAR

Dans la salle d'audience, le chanteur n'a pas regardé les membres du jury lors de la lecture du verdict, ne réagissant pas. Apparemment abasourdi, il s'est ensuite levé pour embrasser ses avocats.Il a ensuite pris place dans un gros 4X4 noir, repartant vraisemblablement vers son ranch Neverland.

Vêtu d'un costume noir, d'une chemise blanche et d'une cravate noire, il était arrivé au tribunal, accompagné de sa mère et de son père, ainsi que de plusieurs de ses frères et soeurs, peu avant 13 h50 (22 h 50 à Paris). Il en est ressorti peu avant 23 h 30 (heure de Paris), le visage fermé et la démarche mécanique, saluant sobrement ses fans d'un discret signe de main avant de repartir.

Michael Jackson et sa famille sont "soulagés" par le verdict, a déclaré la porte-parole de la famille, Angel Howansky, en quittant le tribunal.

NERVOSITÉ ET IMPATIENCE

Les douze jurés, huit femmes et quatre hommes, délibéraient pour parvenir à un verdict depuis le vendredi 3 juin. L'unanimité des votes était nécessaire pour un acquittement ou une condamnation, sur chacun des dix chefs d'inculpation.

Des centaines de journalistes et de fans assiégeaient depuis une dizaine de jours le petit tribunal, dont l'architecture tient plus de l'école primaire que de l'imposant palais de justice, attendant l'issue du procès avec une impatience et une nervosité croissantes.

Michael Jackson, qui a toujours clamé son innocence, avait attendu le verdict à Neverland, située à une cinquantaine de kilomètres de Santa Maria, comme le juge Rodney Melville l'y avait autorisé.

C'est dans ce ranch transformé en parc d'attractions que la star était accusée d'avoir abusé sexuellement d'un garçon de 13 ans en 2003, de lui avoir fait boire de l'alcool afin de l'amadouer et d'avoir tenté de séquestrer sa famille.

CINQ MOIS D'UN PROCÈS INCERTAIN

Le procès avait débuté fin janvier avec la sélection des jurés. La défense de Michael Jackson, qui n'a jamais témoigné en personne lors de son procès, s'était attachée à démontrer que le chanteur était la victime d'une famille de professionnels de l'escroquerie et de l'acharnement du procureur Tom Sneddon.

Le principal avocat du chanteur, le flamboyant Tom Mesereau, avait notamment insisté sur la personnalité trouble de la mère de l'accusateur, un adolescent aujourd'hui âgé de 15 ans. Dans ses plaidoiries, il avait avancé que cette femme, motivée par l'appât du gain, avait inventé de toutes pièces les accusations de son fils.

L'accusation, à l'inverse, avait tenté de présenter Jackson comme un prédateur pédophile compulsif, se servant de sa célébrité, son aura et sa propriété de Neverland pour attirer et dévoyer de jeunes garçons, en les désinhibant avec de l'alcool et des magazines porno.

Elle avait été avantagée par une disposition particulière du droit californien, permettant de présenter des accusations anciennes n'ayant pas forcément donné lieu à des poursuites, afin de mettre en lumière l'éventuel comportement récidiviste d'un accusé. Une dizaine de témoins avaient ainsi raconté aux jurés avoir vu Jackson dans des situations compromettantes avec plusieurs autres garçons pré-adolescents au cours des années antérieures.

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25 juin 2005, Liberation - 06:00. Le procès du prêtre François Lefort poursuivi pour pédophilie
Condamné à 8 ans d'emprisonnement
L'avocat général, qui avait requis de treize à quinze ans de réclusion, n'a pas été suivi.

Un réquisitoire solide, bien balisé, sans fioritures... Après plus de trois heures, l'avocat général Olivier Auféril avait demandé treize à quinze ans de réclusion contre François Lefort, vendredi matin, à la cour d'assises de Nanterre (Hauts-de-Seine).
Il aura fallu cinq heures de délibérations pour que la cour le condamne, vers 23 heures, à la majorité absolue, à huit ans d'emprisonnement.

Le magistrat était convaincu, à l'issue de trois semaines de procès, de la culpabilité de Lefort, le prêtre médecin accusé de viols et d'agressions sexuelles sur mineurs. En l'écoutant, Lefort faisait non de la tête. Sur ses lèvres, on lisait souvent : «C'est pas vrai.»

Pour l'avocat général, l'affaire Lefort est une «aventure judiciaire», une «odyssée» de plus de dix ans. Les déclarations des plaignants sont «accablantes et cohérentes», les stratégies de défense «inopérantes». Il s'est efforcé de pratiquer le déminage à l'encontre des plaidoiries de la défense. Les variations d'auditions des témoins sur la nature des agressions ? «Il y a des gages d'authenticité des victimes très sincères», a t-il expliqué. Quant à celui qu'il a appelé «Monsieur l'abbé Lefort» pendant toute la durée du procès, il présente le «profil type de l'humanitaire pédophile».

Théorie du complot.
Olivier Auféril a insisté sur l'image «fissurée» du héros. Pour lui, la stratégie de «Monsieur l'abbé» repose sur trois piliers : la théorie du complot, la tactique du leurre ­ «mettre le projecteur sur l'accessoire» ­, et la volonté de tout faire pour éviter un procès public. L'avocat général s'est moqué du complot. Celui de la Stasi, ou celui de Moussa Sow, le directeur du foyer où ont eu lieu les faits : «Ne manquaient plus que la CIA et les francs-maçons. Eh bien, on les a eus, les francs-maçons.» Il a reparlé des pressions exercées du côté de la défense : «On a été confronté au zèle de Lefort et à des faux témoins providentiels», relevant ce «comité de soutien» prêt à tout pour sauver son héros.

Pour l'avocat général, le prêtre est «gonflé», «prêt au cynisme», c'est quelqu'un qui a choisi de s'abriter derrière la vitrine de la respectabilité médiatique. Citant une phrase de Lefort, «je suis le portrait robot du pédophile», il ironise : «On ne peut pas lui donner tort.» Aujourd'hui, «le saint est tombé dans la fange». Il a «trahi». Il a mis ses «engagements religieux en bouclier». Il s'est servi de sa qualité de médecin «pour approcher ses victimes».

Jean-Yves Liénard, pour la défense, a alterné l'ironie mordante ­ en comparant le QI de certains des membres du comité de soutien de Lefort à celui d'une «sole meunière» ­ et la gravité, en mettant les jurés sur la sellette. «Si vous dites qu'il est coupable alors qu'il est innocent, alors c'est une crucifixion encore plus grave. Imaginons qu'il soit totalement innocent, comment pourrait-il le démontrer ? C'est impossible parce que c'est une preuve négative», a commencé Liénard. L'avocat en convient : il y a eu durant le procès une «émotion authentique» du côté des jeunes hommes des parties civiles et une «peur panique» dans le camp de la défense.

Son client ? Finalement, c'était son pire ennemi. Il faut, selon lui, passer «derrière ce miroir de l'apparence défavorable» : «Il en fait trop, pas assez, quoiqu'il fasse, il le fait mal.» Lefort, capable des pires «Tartarinades», mais qui a «quand même risqué sa vie en essayant d'en sauver d'autres, dans l'humanitaire».

«Parasitage».
Jean-Yves Liénard a tonné. S'est employé à descendre le réquisitoire. «25 minutes sur les faits, sur un réquisitoire de trois heures, vous ne pouvez pas aller au bout de la démonstration de la culpabilité, et vous avez nagé en périphérie du dossier», a-t-il lancé à l'avocat général. Il a, lui aussi, tenté de plonger au coeur du dossier, reprenant les éléments sur lesquels il avait déjà ferraillé. Il a reproché à Moussa Sow d'avoir mené une enquête parallèle, interrogeant les enfants, «parasitant la vraie». Il est revenu sur les variations des déclarations des adolescents, parlant de «reconstruction du récit» et a commis un long développement sur la rumeur qui, une fois partie, n'est plus «arrêtable». De son siège, François Lefort a suivi des yeux les moindres mouvements de son avocat ; un temps, il a retrouvé son sourire. «Le doute, encore le doute, doit profiter à celui qui ne peut prouver son innocence», a conclu l'avocat.

Jeudi, il a plu dans la cour d'assises de Nanterre en chantier. On a apporté des seaux. La présidente a évacué l'assistance pendant 45 minutes. Selon un avocat des parties civiles, Lefort aurait parlé «d'eau bénite». Vendredi, quand la cour lui a donné la parole à la fin des débats, il a dit : «C'est très dur d'être accusé quand on est innocent. Je voudrais exprimer ma souffrance.»
Par Didier ARNAUD, samedi 25 juin 2005 (Liberation - 06:00)

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PEDOPHILIE. Le créateur de « l'Ecole en bateau » arrêté Stéphane Albouy et Geoffroy Tomasovitch
mercredi 26 mars 2008 | Le Parisien p. 14

HIER AU VENEZUELA, le tribunal suprême de justice a commencé à examiner le sort d'un ressortissant français : Léonid Kameneff. Cette audience du bout du monde pourrait faire rebondir une très sensible affaire de pédophilie présumée instruite à Paris par la juge Nathalie Dutartre. Ancien capitaine du bateau école « Karrek Ven », Léonid Kameneff est accusé de viols et d'agressions sexuelles par plusieurs de ses anciens élèves mineurs.

Après des années de surplace, la procédure a été relancée avec la nomination de la nouvelle magistrate.

Le dossier a connu un coup d'accélérateur au début de cette année. Selon nos informations, Léonid Kameneff, visé par un mandat d'arrêt international, a été interpellé courant janvier au Venezuela dans le port de Cumana. Réclamé par la justice française, ce septuagénaire s'est retrouvé assigné à résidence dans l'attente de l'examen de la demande d'extradition, qui a donc débuté hier. En France, un proche du capitaine du « Karrek Ven », Bernard P., également désigné par les plaignants, a été interpellé dans l'Aisne puis placé en détention provisoire. Il régnait un climat très libertin à bord du voilier

En 2002, un homme de 26 ans se présente à la brigade de protection des mineurs (BPM) de la police judiciaire de Paris. Il déclare avoir subi des sévices sexuels sur le « Karrek Ven », un ancien thonier transformé en voilier école par l'association « l'Ecole en bateau - l'Ecole en voyage ». Selon le plaignant, les faits ont eu lieu entre 1986 et 1991 au cours de séjours en mer. Il indique avoir été victime de viols et d'agressions sexuelles de la part d'adultes.

Le jeune homme donne quelques précisions sur la troublante philosophie de l'association fondée par Léonid Kameneff pour « l'épanouissement intellectuel, psychologique et social de l'enfant ». Or, certains membres de « l'Ecole en bateau » auraient encouragé les mineurs à satisfaire leurs pulsions entre eux et avec les adultes. Toujours d'après ce plaignant, il régnait un climat très libertin à bord du voilier pendant des séjours de plusieurs mois. Ce n'est pas la première fois qu'un tel récit arrive aux oreilles des policiers.

Des plaintes bien plus anciennes ont même envoyé Léonid Kameneff en détention pendant deux mois fin 1994 en Martinique. Le dossier a été annulé suite à une erreur de procédure. Quant à l'entourage de Kameneff, il dénonce un complot.

En poussant la porte de la BPM, le jeune homme espère relancer l'enquête pour de bon. D'autant que les policiers parisiens retrouvent d'autres anciens élèves du « Karrek Ven » qui confirment les déclarations du plaignant. Les faits présumés s'étant déroulés dans les Caraïbes, l'affaire est transmise à un magistrat de Martinique. Le dossier va s'enliser doucement mais sûrement. En 2006, les victimes présumées découvrent avec stupeur que rien n'a bougé. Le dossier est rapatrié en métropole et confié à la juge Nathalie Dutartre qui charge la BPM des investigations.

Au prix de minutieuses recherches, les policiers identifient une trentaine de victimes - de jeunes garçons dans la grande majorité des cas - pour lesquels les faits ne seraient pas prescrits. Seule une partie d'entre eux se sont constitués partie civile. Aujourd'hui, ils guettent avec la plus grande attention l'avancée de l'enquête liée pour l'heure à la décision de la justice vénézuélienne.

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L'éducateur pédophile présumé va être extradé du Venezuela J.-M.D. samedi 10 mai 2008 | Le Parisien

Soupçonné d'avoir violé plusieurs adolescents, Léonid Kameneff avait trouvé refuge au Venezuela, où il a été arrêté en janvier. Ce Français, fondateur de l'Ecole en bateau, avait effectué des séjours éducatifs en mer avec des jeunes de 1979 à 1992.

PENDANT des années, les croisières éducatives organisées par Léonid Kameneff, 72 ans, sont soupçonnées d'avoir été un prétexte pour assouvir les fantasmes pédophiles de ce pédagogue très particulier. Le tribunal suprême de justice du Venezuela a autorisé hier son extradition. Arrêté fin janvier à bord de son bateau, le « Karrek Ven », dans le port de Cumana (Venezuela) où il avait fait escale depuis trois ans, Léonid Kameneff, fondateur de l'association l'Ecole en bateau, est soupçonné d'agressions sexuelles et de viols avec abus d'autorité sur des jeunes gens, entre 1979 et 1992.

Ces adolescents embarquaient pour vivre un « an d'aventures » sur un ancien thonier. Déjà plus de cent cinquante personnes ont été entendues par la brigade de mineurs de Paris et quatorze victimes se sont constituées parties civiles.

« C'est le résultat d'une longue bataille judiciaire. Un dossier sorti de l'ornière et emblématique d'une époque où l'on n'enquêtait pas sur ce type d'affaires », lâche Me Eric Morain, l'avocat de nombreuses victimes. Début 2006, la Cour de cassation désigne la juge d'instruction Nathalie Dutartre, à Paris, après que le dossier a longtemps sommeillé en Martinique. Dans la foulée, le 7 novembre 2006, la magistrate délivre un mandat d'arrêt international après des témoignages accablants et crédibles à l'encontre de Kameneff.

Double discours

« Il se comportait comme un gourou exerçant une forte emprise psychologique sur les enfants, les invitant à vivre dans la nudité et prônant l'absence de barrière sociale et morale entre adultes et enfants. Il instaurait aussi une stratégie du dénigrement de la cellule familiale », explique Me Morain, étonné du double discours du fondateur de l'Ecole en bateau. Ce dernier « prétend n'avoir jamais fui la justice française », mais a fait plaider fin mars pour « refuser son extradition ».

Le procureur de la plus haute instance pénale du Venezuela a alors estimé que les demandes de la justice française étaient « fondées et légitimes ». Les avocats de Kameneff ont, eux, invoqué son grand âge, la prescription des faits selon la loi du pays et un vice de procédure. En vain. Léonid Kameneff dispose encore d'un recours constitutionnel, mais il n'est pas sûr qu'il utilise ce droit pour s'opposer à son extradition. Son avocat en France, Me Yann Choucq, a toujours expliqué que son client était « la victime d'une vengeance ».

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Images pédophiles : un ex-élu PS condamné leparisien.fr 26.05.2009, 18h09 | Mise à jour : 18h09

Un ex-adjoint PS à la mairie du Xe arrondissement de Paris a été condamné mardi à six mois d'emprisonnement avec sursis pour détention d'images pédophiles par le tribunal correctionnel de Paris.
Julien B...., 34 ans, a été condamné pour avoir téléchargé et consulté sur internet des images pornographiques mettant en scène des mineurs âgés de 2 à 15 ans sur son ordinateur personnel et sur son lieu de travail, de juin 2007 à la mi-mai 2009.

Dénoncé par une collègue de travail, ce chargé de mission au sein de la Ligue de l'enseignement a été interpellé il y a deux semaines par la Brigade de protection des mineurs. Egalement adjoint aux questions scolaires à la mairie du Xe, mandat dont il a démissionné depuis son arrestation, Julien B.... a reconnu les faits en garde à vue et lors de l'audience de mardi devant la 15e chambre correctionnelle.

«Depuis deux semaines, je me pose la question de savoir pourquoi j'ai fait cela alors que je n'ai pas à me plaindre de ma vie», a expliqué d'un ton posé ce père de deux enfants de 1 et 3 ans.
Sans antécédent judiciaire, ni «anomalie mentale» selon un expert psychiatre, il s'est dit parfaitement conscient de transgresser la loi en visionnant, téléchargeant et archivant des images d'enfants abusés sexuellement.

«D'une certaine façon, le fait que cela s'arrête et que je me demande "pourquoi ?" est une forme de soulagement», a-t-il ajouté, en soulignant que, depuis sa garde à vue et sa convocation au tribunal, il avait pris rendez-vous avec un psychiatre et un psychanalyste.

Le tribunal n'a pas suivi le parquet qui avait requis un suivi socio-judiciaire avec une obligation de soin pendant trois ans. En prononçant six mois d'emprisonnement avec sursis, «le tribunal a souhaité vous faire confiance et considérer que vous allez effectivement suivre une psychothérapie», a expliqué au prévenu la présidente Marie-Françoise Guidolin.
Julien B.... devra, en outre, verser un euro symbolique à la Ligue de l'enseignement, partie civile. Leparisien.fr

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Un pédophile demande sa castration physique Par LEXPRESS.fr, publié le 01/12/2010 à 10:57

Ce récidiviste aurait fait 14 victimes dans la région de Carcassonne entre 1995 et 1999. Condamné à deux ans de prison en 2007, il demande une castration physique.

Un homme de 59 ans comparaît à partir de ce mercredi, devant la cour d'assises de l'Aude, à Carcassonne. Il est suspecté de viols et d'agression sexuels sur des mineurs -dont sa fille- entre 1995 et 1999.

D'après une information du Parisien, ce pédophile récidiviste "est candidat à une castration non pas chimique, mais physique", indique son avocate Me Ghislaine Bonarelli dans les colonnes du quotidien.

Cet ancien gérant d'une société de pêche, qui se décrit comme "une pourriture", a selon son avocate, "pris conscience du mal qu'il a fait à ces enfants". Déjà incarcéré, le prisonnier suit une thérapie et voulait même ouvrir un groupe de parole ouvert aux pédophiles.
Le projet a toutefois été rejeté par l'administration. "Il attend ces trois jours de procès comme une délivrance", a conclu son avocate. Le verdict est attendu ce vendredi.

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