Valéry Giscard dit "d'Estaing"
Août 2007 : Décès de Raymond Barre, toujours accusé de judéophobie, par certains ...
Hommage à "un compagnon de route" "un de ses meilleurs serviteurs" (la France ...).
Savoureux : Frédéric Grendel (gaulliste "de gauche"). Raymond Barre, Les plumes du paon, L'envol du paon,Régine Deforges, Paris, 1978, 1987.
Mars 2004 : Echec aux régionales en Auvergne, donc membre de droit siègeant au conseil constitutionnel
Décembre 2003 : L'Espagne et la Pologne rejettent sa "Constitution européenne"
Elu à l'Acamédie Française
Juillet 2003 : Giscard d'Estaing Valéry, vu par un journaliste de "Libération"
Giscard revisité, Par Jean-Michel HELVIG, lundi 30 juin 2003 (p. 6)
Jean-Michel Helvig est journaliste à «Libération».
Rarement homme politique aura laissé autant de traces dans la société. Sa Constitution européenne en est une nouvelle illustration.
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(11 décembre 2004 Académie) VGE en toutes lettres
QUELQUE PART dans La Voie royale, André Malraux, qui mérita de la France et eût mérité l'Académie, lâche une phrase immortelle. Une phrase de ralliement pour des générations de lecteurs qui ont cru voir dans la littérature une société secrète où l'on ne pénètre qu'avec des mots de passe. Cette phrase la voici, nue dans sa mystérieuse simplicité : « Les bordels somalis sont remplis de surprises. » Loin de nous la tentation de comparer la noble institution du quai de Conti à une maison de tolérance, bien que la tolérance y soit grande pour accepter en si bonne Compagnie, c'est une première, celui qui fut son protecteur naturel, en la personne de l'ancien président de la République Valéry Giscard d'Estaing. Comme les bordels somalis sublimés par Malraux, l'Académie française est donc pleine de surprises. Qui eût prédit que VGE, homme de si peu de lettres excepté ses initiales, aurait, faute de longévité élyséenne, visé rien de moins que l'éternité. Pour le reste, ce fut une élection sans surprise, une élection dans un fauteuil, si l'on peut se permettre un mot joueur s'agissant d'un lieu qui veille avec sérieux et lenteur au bon usage de la langue. Que le nouvel élu n'ait pas d'oeuvre littéraire derrière lui, et l'on doute qu'elle fût devant, cela, a-t-on appris, n'est nullement préjudiciable. Tout au plus VGE pourrait-il, s'asseyant désormais dans le fauteuil de Senghor, qui fut le chantre de la négritude, s'assurer les services d'un nègre talentueux et discret. Il en est même de fameux parmi ses pairs, sans que l'on soit très sûr qu'ils appartiennent à son bord. Mais au nom du « un pour tous et tous pour un », une plume alerte pourrait se dévouer. Giscard ferait ainsi mieux oublier son oubliable premier et dernier roman intitulé Le Passage, qui, comme passage à l'acte littéraire, fut plutôt un acte manqué. Le nouvel académicien n'est pas au bout de ses révérences. Elu et bien élu, il y a encore loin de la Coupole à ses lèvres. Lui qui s'était juré, après sa défaite de mai 1981, de ne plus reparaître à l'Elysée, devra se fendre d'un retour sur le lieu de sa chute, pour y être « présenté », qui plus est, à son vieil ennemi intime Jacques Chirac. On voudrait être petite souris pour assister à cette formalité qui d'ordinaire, on suppose, doit émoustiller plus d'un immortel en bicorne emplumé. Mais après tout Giscard pouvait-il rêver plus romanesque prise - ou éphémère reprise - de l'Elysée, l'épée au bout de la main ? Imaginons un peu.---------
CENTRE
Raymond Barre est mort
NOUVELOBS.COM | 25.08.2007 | 10:17
Hospitalisé depuis avril à la suite d'un malaise cardiaque, l'ancien Premier ministre est décédé samedi matin à l'âge de 83 ans. "La France vient de perdre un de ses meilleurs serviteurs", déclare Valéry Giscard d'Estaing.
L'ancien Premier ministre Raymond Barre est mort dans la nuit de vendredi 24 à samedi 25 août à l'âge de 83 ans à l'hôpital du Val-de-Grâce, à Paris, où il avait été admis en avril dernier, apprend-on de source familiale.
"M. Raymond Barre est décédé cette nuit samedi 25 août 2007 à l'hôpital du Val-de-Grâce", a fait savoir sa famille. L'ex-Premier ministre et ancien maire de Lyon avait été hospitalisé le 12 avril à Paris après avoir été victime d'un malaise cardiaque sur la Côte d'Azur. Il s'était retiré de la vie politique en 2002 pour des raisons de santé. En février dernier, ses propos sur son ancien ministre Maurice Papon et le "lobby juif" avaient provoqué une vive polémique. "Meilleur économiste de France" Né le 12 avril 1924 à Saint-Denis, sur l'île de la Réunion, Raymond Barre, qualifié de "meilleur économiste de France", fut Premier ministre de Valéry Giscard d'Estaing de 1976 à 1981 et a incarné la politique de "rigueur." Maire de Lyon (1995-2001) et député du Rhône, il avait été en outre candidat malheureux à l'Elysée en 1988, battu au premier tour par François Mitterrand et Jacques Chirac. Raymond Barre, qui avait eu 83 ans le 12 avril, souffrait depuis plusieurs années de problèmes rénaux et cardiaques. En 2001, il avait renoncé à se représenter à la mairie de Lyon pour des raisons de santé. L'année suivante, il abandonnait son mandat de député dans sa circonscription du Rhône pour les mêmes raisons. Gouverner la France au centre Il avait publié au début de l'année "L'expérience du pouvoir", un livre d'entretien avec le journaliste Jean Bothorel dans lequel il revenait sur sa carrière atypique de professeur d'économie entré sur le tard dans l'arène politique. Il y réglait des comptes avec Jacques Chirac ("Le Chirac humain, chaleureux, je l'apprécie. Pour le reste, je suis incapable de lui reconnaître la moindre conviction, sauf l'obsession du pouvoir"). Il revenait aussi sur sa candidature à l'élection présidentielle de 1988 et sur la nécessité, à ses yeux, de gouverner la France au centre. "(...) Je n'aurais eu aucune objection de principe à gouverner avec des socialistes raisonnables, à l'instar de ce que l'on a vu dans d'autres pays européens", y disait-il notamment. "Je crois que notre pays a besoin de cet équilibre, sinon le débat politique se crispe jusqu'à se caricaturer", ajoutait-il. "Raymond Barre n'a jamais été, n'a jamais voulu être un homme politique comme les autres. Avant tout grand universitaire de vocation et de tempérament, (...) il a placé au-dessus du reste l'indépendance d'esprit, la compétence et le courage, fût-ce électoralement sacrificiel, fût-ce exprimé avec un brin de provocation", écrivait alors le commentateur Alain Duhamel dans une chronique sur cet ouvrage publié dans l'hebdomadaire Le Point. "Un compagnon de route" de VGE L'ancien président Valéry Giscard d'Estaing a déclaré samedi matin que "la France vient de perdre un de ses meilleurs serviteurs", en apprenant le décès de son ancien Premier ministre Raymond Barre. "Son action s'inscrivait dans la grande ligne de ceux qui depuis Colbert ont construit la prospérité de notre pays", a déclaré VGE dans un communiqué. "Raymond Barre était un homme d'Etat qui ne poursuivait aucun objectif personnel mais qui cherchait à assurer par une compétence exceptionnelle et un travail acharné le bien être de notre pays", poursuit l'ancien président. "Démarche solitaire et désintéressée" "Le milieu politique a eu du mal à comprendre sa démarche solitaire et désintéressée qui était trop éloignée de ses habitudes. Et l'opinion publique n'a réalisé que tardivement qu'il travaillait en réalité pour son bien", ajoute VGE. Valéry Giscard d'Estaing explique que Raymond Barre était pour lui "un compagnon de route", et ajoute: "Quand nous avons quitté le pouvoir ensemble en 1981, la France était malgré les deux chocs pétroliers, dans une situation qu'elle n'a jamais retrouvé depuis: une dette réduite, un déficit budgétaire de 1,1 %, un nombre de chômeurs inférieur à celui d'aujourd'hui". (avec Reuters)--------
Barre, une autorité morale ternie par la polémique
Accusé d'antisémitisme après ses propos sur l'attentat de la rue Copernic, en 1980, il avait de nouveau été confronté à la polémique en avril dernier.
nouvelobs.com
- le 25/08/2007 - 17h15
Fort de ses convictions et n'hésitant pas à les proclamer, quitte à ce qu'elles nuisent à sa popularité, Raymond Barre était autant estimé que peu apprécié pour sa capacité à dire aux Français des vérités économiques désagréables.
Son refus de la langue de bois et son aversion vis-à-vis des usages du "microcosme" pouvaient le rendre cassant. Derrière le politique venu sur le tard aux plus hautes responsabilités, pointait facilement l'universitaire mal à l'aise face à la logique des partis, aux nécessités d'une campagne électorale, et plus encore face à la polémique.
Celle, tenace, sur des soupçons d'antisémitisme, l'aura poursuivi de l'attentat de la rue Copernic jusqu'à l'antenne de France Culture.
"Nul ne peut trouver dans mes activités de professeur, dans mes responsabilités à Bruxelles, dans mon action de Premier ministre et de maire de Lyon, la moindre trace d'antisémitisme, pour une raison simple, c'est que je ne suis pas antisémite, en aucune façon", écrivait-il dans un communiqué rageur, peu avant le malaise qui devait conduire à son hospitalisation.
"En réalité, Copernic, Gollnisch et Papon, tout cela conduit à présenter mes propos de façon tendancieuse en me prêtant des sentiments qui me sont totalement étrangers".
La polémique rebondit au bout de 27 ans
La polémique avait pris naissance le 3 octobre 1980 : le Premier ministre, exprimant son indignation à la suite de l'attentat contre la synagogue de la rue Copernic à Paris, déplorait alors "cet attentat odieux qui voulait frapper des Israélites qui se rendaient à la synagogue et qui a frappé des Français innocents qui traversaient la rue Copernic".
L'expression faisait scandale. Elle ne devait pas être la seule : ainsi en décembre 1985, Simone Veil, rescapée d'Auschwitz, s'était émue de la formule "Oui au travail, oui à la famille, oui à la patrie mais dans une France libre", employée par Raymond Barre, estimant qu'elle rappelait "le drame absolu" des années 1940-1945.
Près de 27 ans plus tard, la controverse pouvait sembler éteinte.
Pourtant, invité le 1er mars 2007 sur France Culture, et interrogé sur ces accusations d'antisémitisme et sur le cas Papon, Raymond Barre ranimait les critiques en se présentant en victime du "lobby juif", "capable de monter des opérations indignes".
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Le lobby israélien au cœur de la polémique aux Etats-Unis (Sur le même sujet
L’Aipac au centre de la vie politique)
Un ouvrage dénonce le soutien inconditionnel de Washington à l’Etat hébreu.
Par Philippe Grangrereau, Libération,
QUOTIDIEN : jeudi 4 octobre 2007, p. 4
Charge.
Compte tenu des tabous historiques et sémantiques qu’elle aborde, cette étude a demandé un courage considérable à ses deux auteurs, John Mearsheimer, de l’université de Chicago, et Stephen Walt, de Harvard. Les deux universitaires ont conscience de marcher sur un champ de mines. A la suite d’un article à l’origine de l’ouvrage actuel publié dans la London Review of Books en 2006, «nous avons été dénoncés comme antisémites […] par des éditorialistes du Jerusalem Post, du New York Sun, du Wall Street Journal et du Washington Post», constatent-ils dans leur préface. «Dès qu’on critique Israël ou l’Aipac [le Comité des affaires publiques américano-israélien, qui s’intitule sur son site web «le lobby pro-israélien en Amérique», ndlr] , on est sûr d’être accusé d’antisémitisme. C’est la tactique diffamatoire classique. La plupart des gens hésitent à aborder ce genre de questions en raison de ces attaques», dit Stephen Walt. Leurs pressentiments ont été amplement confirmés. La charge a été sonnée par Eliot Cohen, un professeur de l’université Johns-Hopkins, dans une opinion publiée dans le Washington Post intitulée «Oui, c’est antisémite». Cohen reproche aux auteurs, non sans une certaine mauvaise foi, le fait que leur ouvrage ait été applaudi par l’ancien chef du Ku Klux Klan. D’autres critiques ont qualifié les universitaires de «sombres obsédés du complot». Et ce n’était qu’un début. En septembre, un livre a été publié pour dénoncer les deux auteurs : les Mensonges les plus mortels, le lobby israélien et le mythe du contrôle juif.-------
L’Aipac au centre de la vie politique Libération, QUOTIDIEN : jeudi 4 octobre 2007, p. 4
Le mot «lobby» peut choquer en Europe, car il renvoie au langage de l’extrême droite ; ce n’est pas le cas aux Etats-Unis, où les lobbys structurent la vie politique.
L’Aipac (lire ci-contre) explique qu’elle «travaille avec les leaders démocrates et républicains pour mettre en place des politiques qui renforcent la relation vitale entre les Etats-Unis et Israël». «Grâce au soutien de ses membres à l’échelle nationale, Aipac a œuvré avec le Congrès et l’exécutif sur de nombreuses initiatives essentielles» pour «arrêter le programme nucléaire illicite de l’Iran» et «obtenir une aide militaire et économique de 2,46 milliards de dollars en 2007».-------