Lien vers :"La liberté d'expression en droit européen"

23 mai 2020 : Haro sur Raoult, Trump aux USA et Bolsanaro au Brésil ayant recommandé la chloroquine du marseillais, les journaleux parisiens, et "humoristes pensants", ainsi que des politiques recon vertis, lui crachent dessus.
18 mai 2020 : Déconfinement religieux, le Conseil d'Etat donne raison à l'Eglise catholique (contre les frères laïcistes ?) et aux musulmans ?. Et le Grand Rabbin rabbinne.
06 mai 2020 : Liberté d'expression socialiste ? La Licra et le Mrap envoient Brigitte Bardot en correctionnelle pour injures, car les réunionnais qui maltraitent des animaux seraient des sauvages, selon l'ancienne beauté.

13 mars 2018 : Bertrand Cantat interdit de scène par la haine populaire.
08 janvier 2018 : Le Crif horifié censure Louis-Ferdinand Céline.
06 janvier 2018 : Esprit Charlie laïc hard anticlérical, le droit de blasphèmer, avec des intervenants normés, Elisabeth Badinter, Coroline Fourest, Raphaël Enthoven, en présence de politiques, Manuel Valls (ancien Premier Ministre, applaudi), Anne Hidalgo (Maire de Paris, sifflée), Valérie Pécresse (Présidente de la Région Ile-de-France), François de Rugy (Président de l'Assemblée Nationale).
05 janvier 2018 : Expression journalistique inquisitoriale, un exemple occidental

04 janvier 2016 : Expression laïque hard, esprit Charlie-Bataclan, commémoration bravache chez Charlie-Hebdo

18 décembre 2015 : Christine Boutin, condamnée pour ses croyances homophobes, faisant référence à la Bible (elle aurait pu au Coran)
02juillet 2015 : Scandale démocratique français, le capitaliste Bolloré veut supprimer les "Guignols" de Canal +, dévendus par d'autres guignols, Bartolone, Dufflot, Lescure, Hanouna, etc
19/20 janvier 2015 : Après l'affaire Charlie le journaliste Philippe Tesson accusé de provocation à la haine raciale pour des propos sur les musulmans (une race ???) ; cinq russes (censure républicaine ? pour musulmans tchétchènes ?) arrêtés à Béziers pour tentative d'attentat.

14 mars 2013 : Pov'con, la France condamnée par la Cour Européenne des Droits de l'Homme
09 mars 2013 : Véronique Genest ostracisée par le Service public socialiste

19 septembre 2012 : Le gouvernement socialiste "alarmé" par l'islamophobe Charlie Hebdo, inquiétudes des responsables islamiques et juifs
27 mai 2012 : Eric Zemmour mis en cause par les assoc. socialistes anti-racistes pour une chronique critique de la nouvelle ministre de la Justice rad-soc. Christiane Taubira ; menacé d'être interdit de parole sur RTL
22 mars 2012 : Le bouffon Alévêque relaxé après avoir "insulté" celui qui préfère sa soeur à la France
16 mars 2012 : Trois jeunes "roumaines" (autocensure démocratique française) écrasées sur l'autoroute
28 février 2012 : Le Conseil constitutionnel sanctionne courageusement la loi imbécile qui voulait pénaliser la contestation de la Vérité politique en Histoire; mais NS persiste, officiellement
16 février 2012 : Présidentielle France : Jean-Marie Le Pen condamné à 3 mois de prison avec sursis, et 10.000 euros d'amende, pour avoir dit, en 2005, que l'occupation allemande en France avait été moins violente qu'ailleurs
15 février 2012 : Malgré Serge Klarsfeld et Eric Zemmour, la pensée homophobe est mal à droite, comme à gauche
02 février 2012 : "Con comme une bite" dit le bouffon, et le préféré des Français, qui préfère, lui, sa soeur à la France, demande 75.000 euros de dédom., pour laver son "honneur" ...

22 décembre 2011 : Deux génocides officiels seulement (toujours pas le génocide vendéen ?)
07 décembre 2011 : Les socialistes interdisent de parole Marine Le Pen à l'Université Dauphine
14 septembre 2011 : Comoriens à Marseille, le ministre de l'Intérieur constate des faits, protestations démocratiques
12 septembre 2011 : Les "roumains" à Paris, les mesures de Claude Guéant contre la délinquance des jeunes Roumains, protestations démocratiques
09 août 2011 : Emeutes barbares en Angleterre, auteurs "jeunes" ethniquement anonymes ?
24 mai 2011 : Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, veut ouvrir son biz aux mineurs de moins de 13 ans, pour faire leur éducation
19 mai 2011 : Festival de Cannes, Gilles Jacob exclut celui qui dit merde à Israël
05 avril 2011 : Claude Guéant de nouveau stigmatisé par les gauches, comme jadis Brice Hortefeux
20-27 mars 2011 : Cantonales, FN 14,55% 2 élus ; Europe Ecologie-Les Verts 07,53% 49 élus
17 mars 2011 : Condamnation confirmée en appel pour Dieudonné M'bala M'bala
09 mars 2011 : Marine Le Pen censurée par le Crif
25 février 2011 : Césars 2011 du cinéma français, on préfère Polanski, le matérialiste sexophile à "Des Dieux et des Hommes" ...
18 février 2011 : Eric Zemmour condamné par la Justice Française pour avoir dit une vérité sociologique
07 février 2011 : Affaire Vincent Reynouard, le député européen Bruno Gollnisch pour la libération du négationniste
21 janvier 2011 : Censure nationale pour l'antisémite Louis-Ferdinand Céline
19 janvier 2011 : Interdit à Normale Sup il s'indigne au Panthéon
13 janvier 2011 : L'exemple démocratique américain dans l'affaire Kennedy

31 décembre 2010 : Dieudonné perd contre la Licra en France, et gagne contre l'Etat suisse à Genève
10 décembre 2010 : Marine Le Pen censurée par certains membres de la communauté juive de France
15 novembre 2010 : En France la soupe populaire est toujours interdite aux SDF, qui la mange quand même ...
08 octobre 2010 : Prix Nobel de la Paix au Chinois Liu Xiaobo, agent démocratique "américain", dont la libération est demandée par Barack Obama
02 juillet 2010 : Condamné pour avoir dit "On se croirait en Afrique ici"
25 juin 2010 : Extrême indulgence de la Justice Républicaine : 35 jours de "travaux" dits d'"intérêt général" pour avoir insulté vulgairement le Président de la République
04 juin 2010 : La Justice "Républicaine" condamne le Ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, pour "arabophobie" ... pour avoir dit, en privé, et en traduction, "Un, çà va, plusieurs, bonjour les dégâts"... scandaleux ! non ? ; le Grand Humaniste Socialiste Benoît Hamon demande sa démission ...
27 mai 2010 : Acadomia fustigée par la CNIL pour avoir évalué ses "clients"
1er mai 2010 : Dieudonné interdit en Belgique
17 avril 2010 : Justice française : "Le délit d'injure raciale est constitué" lorsque l'on dit, en privé : "Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes".
25 mars 2010 : Un officier de gendarmerie, docteur en science politique, radié pour cause de "paroles excessives"
16 mars 2010 : Eric Zemmour poursuivi pour avoir constater que "la plupart des traficants (de drogues) sont noirs ou arabes"
26 février 2010 : L'Euro-Député socialiste Vincent Peillon dénonce le casier judiciaire du Ministre sarkoziste Patrick Devedjian, et celui de l'ancien ministre Alain Madelin
24 février 2010 : Le maire UMP de Franconville Francis Delattre dénonce le casier judiciaire du candidat socialiste Ali Soumaré aux élections régionales
20 février 2010 : L'écrivain activiste contestataire "socialiste" "parisien" Didier Daeninckx dénonce la re-publication d'un polar "raciste" aux Editions Baleine
22 janvier 2010 : La Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (LICRA), soutenue par Nicolas Sarkozy, attaque la photo du Chef de l'Etat français (1940-1944) le maréchal Philippe Pétain
14 janvier 2010 : Le député socialiste européen Vincent Peillon, dit "le couillon", croyait pièger un débat démocratique sur le service public avec le sarkoziste socialiste Eric Besson et la front-national Marine Le Pen. Le présidentiable Pierre Moscovici fustige "le couillon".

11 novembre 2009 : La prix Goncourt 2009, résidant en Allemagne, confirme qu'elle crache sur la France, approuvée par les "intellectuels parisiens" ?
30 septembre 2009 : L'ancien délinquant-drogué crache sur sa soeur ancienne ministre talentueuse
12 septembre 2009 : Après l'affaire Frêche et l'affaire Girot les associations anti-racistes dénoncent le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux et Libé collectionne les blages dites "douteuses" du gouvernement Sarkozy/Fillon
31 août 2009 : Tintin raciste ? (et anti-communiste ?)
15 août 2009 : L'ancien militaire préfet Paul Girot de Langlade accusé de racisme anti-noirs; il est suspendu de ses fonctions (saines réactions des démocrates "modernes", SOS-Racisme demande sa révocation si ...), après des propos anti-roms (il a osé dire que là où il y a des roms il y a de la délinquance (?) ; l'exemple du socialiste Georges Frêche ; le Préfet nie
24 juin 2009 : La Cour de cassation donne raison à M. Bruno Gollnisch
25 mars 2009 : M. Jean-Marie Le Pen interdit au Parlement européen ? Qui persiste à propos du "détail" de l'histoire de la Seconde guerre mondiale.
03 mars 2009 : Diffamation, Siné débouté contre Askolovitch
24 février 2009 : Siné, une relaxe fondamentalement et abondamment justifiée ; Me Alain Jakubowicz, l'avocat de la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (LICRA) conteste
13 février 2009 : Caisse noire sénatoriale, Marianne condamnée pour diffamation
03 février 2009 : 1 000 euros pour un "pov'con"
27 janvier 2009 : La Licra et B.H.L. attaquent l'humoriste Siné pour "provocation et incitation à la haine raciale", Siné qui est défendu par Guy Bedos, notamment ; relaxe demandée par le Parquet et Me Thierry Lévy contre Me Jakubowicz ;
23 janvier 2009 : Le Cran, la LDH et le Mrap attaquent TF1 pour un propos de Jean-Claude Narcy lors de l'investiture de Barack Obama sur le chant des noirs dans les champs de coton ...
21 janvier 2009 : Deuxième Guerre Mondiale, occupation allemande moins inhumaine en France qu'ailleurs : trois ans avec sursis et 10.000 euros d'amende confirmés en appel pour Jean-Marie Le Pen

7 décembre 2008 : Dire que l'équipe de France de football est "presqu'exclusivement composée de noirs" serait-t-il "raciste" ? (Voir un précédent)
13 novembre 2008 : Cour de Cassation, dire que l'homosexualité est inférieure à l'hétérosexualité car "si on l'a poussait à l'universel, ce serait dangereux pour l'humanité" n'est pas interdit. Les homos, consternés, "continueront à dénoncer".
02 octobre 2008 : Paris-Match vendu aux talibans ?
24 septembre 2008 : Le journaliste d'investigation Pierre Péan accusé de racisme par SoS-Racisme
09 septembre 2008 : L'humoriste catholique Jean-Marie Bigard demande pardon de ne pas être idéologiquement conforme à la vérité officielle américaine à propos du 11 septembre 2001 ...
01 août 2008 : Le caricaturiste libertaire Siné de Charlie Hebdo censuré pour antisémitisme : l'accusation de 20 très hautes personnalités - la défense de nombreuses "personnalités" (plus de 8 000 signatures au 1er août 2008)
31 juillet 2008 : Chine, J.O., internet : refus de la propagande occidentale ; 253 millions d'internautes ; exceptions pour les journalistes occidentaux (2 août 2008)
29 avril 2008 : Tunisie, Nicolas Sarkozy, contrats, progrès des libertés, protestations des Hommistes de diversion ; Mame Ramatoulaye Yade fait grise mine
23 février 2008 : L’ex-chef du GUD, agrégé de droit, trouble l’université

01 novembre 2007 : Christophe Barbier (ami de Carla Bruni Tedeschi) de l'Express se plaint de "pressions" de la part de l'entourage de Rachida Dati, ministre sarkoziste (protégée de Cécilia Ciganer Albéniz) de la Justice
05 avril 2007 : Le MRAP attaque la Nouvelle République et le préfet d'Indre-et-Loire
22 mars 2007 : Relaxe du journal laïc libertaire, L'Union des organisations islamiques de France fait appel
09 février 2007 : Relaxe demandée pour Charlie Hebdo dans l'affaires des caricatures islamiques
17 janvier 2007 : Prison avec sursis pour Bruno Gollnisch , et 55.000 euros d'amende

06 décembre 2006 : Procès en diffamation. Accusé de négationnisme et de racisme pour avoir déclaré, comme implicitement le Premier ministre Dominique de Villepin en octobre 2006, que l'histoire relève de la compétence des historiens, Bruno Gollnisch attaque sept élus de la région Rhône-Alpes ; relaxe requise par le procureur
07 octobre 2006 : Tony Judt interdit de conférence
29 septembre 2006 : Robert Redeker menacé de mort
22 mai 2006 : Confirmation de la suspension de Bruno Gollnisch pour "propos ambigues"
04 mai 2006 : L'écrivain Peter Handke censuré par Marcel Bozonnet, de la Comédie Française. L'auteur autrichien aurait voulu "conserver" l'ancienne Yougoslavie ... et fit un discours sur la tombe du nationaliste serbe Slobodan Milosevic
02 février 2006 : Caricatures de Mahomet : les musulmans de France protestent, soutenus par le Mrap
24 janvier 2006 : Homophobie, un député condamné pour avoir dit que l'homosexualité était une "menace pour la survie de l'humanité"
15 janvier 2006 : Discrimination positive ? La "soupe au cochon" interdite en Alsace
05 janvier 2006 : Le Danemark et l'inquisition islamique

25 décembre 2005 : La mémoire d'Arno Klarsfeld, contre les historiens de Jacques Chirac les politiques de Nicolas Sarkozy
14 décembre 2005 : La justice française relaxe les rappeurs qui veulent exterminer "les ministres et les fachos"
13 décembre 2005 : Levée de l'immunité parlementaire du député européen Bruno Gollnisch, selon lequel ce sont les historiens qui doivent discuter de l'existence des chambres à gaz homicides
09 décembre 2005 : Selon le président Jacques Chirac ("L'écriture de l'histoire, c'est l'affaire des historiens") ce ne sont pas les politiques qui doivent écrire l'histoire, ce sont les historiens
15 novembre 2005 : France, émeutes urbaines, Hélène Carrère d'Encausse accusée de "dérapage" anti-républicain ; certains politiques de droite confirment sur la polygamie, ce que les gauches contestent ... "nauséabond et irresponsable" selon la LDH,
07 septembre 2005 : Relaxe de Dieudonné, Marco déprime, et condamné (29 septembre 2005) mais toujours "protégé" demeure en place
27 mars 2005 : Mensonge d'Etat démocratique, l'affaire de Tchernobyl rebondit
07 mars 2005 : Information judiciaire pour "apologie de crimes de guerre" contre M. Jean-Marie Le Pen, affirmant que la Gestapo de Lille aurait évité un massacre de civils
04 mars 2005 : Le professeur Bruno Gollnisch interdit de cours pendant 5 ans pour avoir affirmé que l'histoire relève de la compétence des historiens
03 février 2005 : L'UEJF, après son intervention pour l'interdire de cours, obtient la suspension pour un an du professeur Bruno Gollnisch, qui saisit le Conseil d'Etat
30 janvier 2005 : Me Dominique Strauss-Kahn veut faire interdire Le Pen par la loi
12 janvier 2005 : Selon Jean-Marie Le Pen "En France du moins, l'occupation allemande n'a pas été particulièrement inhumaine même s'il y eut des bavures, inévitables dans un pays de 550.000 kilomètres carrés".
Le ministre de la Justice, Dominique Perben, demande au parquet de Paris d'ouvrir "immédiatement" une enquête préliminaire.

17 décembre 2004 : Al-Manar interdit de diffusion par le CSA
02 avril 2004 : Jean-Marie Le Pen condamné pour incitation à la haine raciale ; confirmation en appel, le 24 février 2005
13 février 2004 : Jean-Jacques Aillagon "L'homophobie doit être un délit"
23 janvier 2004 : Dieudonné mis en examen pour avoir invité à rejoindre "l'axe du Bien, l'axe americano-sioniste"
19 janvier 2004 : Un prêtre catholique condamné pour "provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence".

04 novembre 2003 : Le MRAP obtient satisfaction
07 février 2003 : Les propos "homophobes" (anti-gays et similaires ?) sanctionnés ?
04 février 2003 (J0 n° 29, page 2104) : La loi n°2003-88 du 3 février 2003, dite loi Lellouche, visant à aggraver les peines punissant les infractions à caractère raciste, antisémite ou xénophobe
26 janvier 2003 : Le Crif accuse les verts
Le MRAP proteste

11 novembre 2002 : Faurisson censuré sur le Quid
18 mai 2002 : Gare à ceux qui écrivent que le chancelier Schröder se teint les cheveux !

Sollicitée par un banal justiciable du nom de Gerhard Schröder, la justice allemande ne s'est pas dérobée. Vendredi 17 mai (2002), le verdict est tombé : il est interdit d'écrire que le chancelier se teint les cheveux. Prudents, les juges ont cependant évité le problème de fond. Peu importe que l'assertion soit vraie ou fausse, ont-ils estimé au terme d'une subtile argumentation juridique, il est désormais interdit d'en faire état. Tout simplement.

L'affaire a commencé, il y a plusieurs mois, lorsqu'une agence de presse (ddp) a fait écho aux propos d'une conseillère en image qui estimait que le chancelier serait plus convaincant s'il ne se teignait pas les cheveux en noir. Peu de temps après, un député chrétien-démocrate, Karl-Josef Laumann, reprenait à son compte l'assertion, affirmant qu'"un chancelier qui se teint les cheveux en noir pourrait aussi bien maquiller les statistiques".

Intervenant en pleine polémique sur les chiffres incertains du chômage, cette flèche a incité le chancelier à réagir et à demander à la justice qu'elle interdise à l'agence, sous peine d'une amende, de répéter la calomnie. Les juges de Hambourg lui ont donné raison, constatant que le défendeur n'avait pas vérifié auprès de l'intéressé ce qu'il en était. Ce dernier, en revanche, avait fait témoigner son coiffeur, Figaro mondain et réputé, aussi à l'aise dans les salons que dans son salon, venu dire à la barre que la tête de son client était noir naturel.

Reste à comprendre quelle mouche a piqué un animal politique au cuir réputé épais, au point de le pousser dans pareille aventure. Pour les uns, la vanité seule est responsable de la réaction d'un homme de 58 ans marié à une femme de vingt ans plus jeune ; pour d'autres, le chancelier a voulu éviter, en pleine campagne électorale, de conforter l'image désastreuse du joueur rond et souriant maquillant ses cartes face à un challenger, Edmund Stoiber, sec comme un coup de trique mais à la tête blanche comme neige. Toute l'affaire est certes ridicule, pensent les défenseurs de cette dernière thèse, mais elle sera vite oubliée. Voire, car ce même vendredi, Bild, grand quotidien populaire, affichait en bonne place une publicité pour un fortifiant du cuir chevelu. On y voyait un chancelier affublé d'une insolente tignasse rouge, avec une légende lapidaire : "T'énerve pas Gerhard, l'important c'est d'avoir gardé ses cheveux."

La veille, Stern avait fait plus fort, en montrant en couverture un chancelier - oserons-nous dire à poil ? - la virilité recouverte d'une feuille de vigne rouge et vert, couleurs des partis politiques de la coalition. "La vérité nue", titrait le magazine en suggérant que le chancelier ne disposait plus désormais d'un quelconque artifice derrière lequel abriter la faillite de sa politique. Quant à l'agence ddp, condamnée, elle a décidé de faire appel du jugement.
Georges Marion, ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 19.05.02, LE MONDE | 18.05.02 | 15h38

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11 novembre 2002
Jugement modéré de la justice à l'encontre du Quid qui se réfère aux chiffres du révisionniste Faurisson sur les morts d'Auschwitz

Pour la deuxième année consécutive, l'encyclopédie QUID, bible de millions d'adolescents, cite Faurisson pour informer ses lecteurs sur Auschwitz. Des associations demandaient que l'encyclopédie soit retirée du marché. La justice vient de rendre un jugement en demi-teinte, après avoir entendu les arguments financiers de l'éditeur. Récit.

« Vos querelles communautaires suffisent ! Essayez de trouver un accord »

« Vos querelles communautaires suffisent ! Essayez de trouver un accord ». Tels avaient été les propos du Vice-Président Gomez lors de l'audience qui s'était déroulée le 17 décembre 2001 devant le Tribunal de Grande Instance de Paris. L'Union des Étudiants juifs de France, rejointe par « J'accuse ! », le Consistoire central, la LICRA et Mémoire 2000 s'étaient en effet émus que le QUID ait publié dans son édition 2002 les allégations révisionnistes de Faurisson sur Auschwitz. À l'article consacré au camp d'extermination, on pouvait effectivement lire sur le nombre de morts : « Faurisson (« révisionniste ») (révisionniste étant mis entre guillemets dans l'encyclopédie.ndlr) : 150 000 en tout (dont environ 100 000 Juifs, pour la plupart morts du typhus). »

« Querelles communautaires », avait ainsi dit le Vice-Président du Tribunal de Grande Instance de Paris lorsqu'il s'était agi de juger de la propagation de propos révisionnistes par cette institution qu'est le QUID. L' encyclopédie - vendue à 14 millions d'exemplaires depuis sa création en 1963, – est devenue au fil des années la référence de millions d'adolescents qui la consultent régulièrement et pour lesquels elle sert de caution scientifique et historique. L'affaire est donc de taille.

Cela dit, à l'issue de cette audience, un accord avait été trouvé selon lequel Robert Laffont, éditeur du QUID, s'engageait à supprimer cette mention dans toutes les éditions à venir du QUID. Il s'engageait également à l'effacer du site, www.quid.fr, fréquenté annuellement par six millions d'internautes.

Et sur le site, la référence a immédiatement disparu.

En revanche, l'édition 2003 du QUID, déjà diffusée à 300 000 exemplaires, récidive, se référant toujours à Faurisson, au mépris des engagements pris précédemment. Les plaignants sont donc retournés en justice le 30 octobre dernier pour lui demander de faire œuvre de justice. Cette fois, ils ont plaidé pour le retrait pur et simple du marché du QUID 2003.

L'éditeur s'est défendu en avançant un argument économique

Pour sa défense, c'est un argument purement économique que l'éditeur a avancé. Le volume a-t-il précisé, vient d'être tiré à 400 000 exemplaires. 300 000 sont déjà en librairie. Répondre ponctuellement à la demande des plaignants représenterait un coût financier trop important. Plaidoierie menée, comme on l'a rarement vu dans un tribunal, par l'avocat de l'éditeur qui, à l'appui de ses propos, manifestait agacement, voire mépris à l'égard des associations demanderesses si irréalistes à ses yeux.

C'est ce même argument qui a prévalu dans les réquisitions du procureur et dans le jugement qui a finalement été rendu. Le tribunal n'a pas condamné l'éditeur récidiviste pour n'avoir pas exécuté l'engagement pris en décembre 2001 devant le Tribunal de Grande Instance de Paris de supprimer dans ses éditions à venir la référence à Faurisson. Il prend acte des « regrets » de l'éditeur. Mais lui ordonne d'envoyer dans tous les points de vente où le livre est diffusé un texte qui devra être apposé de façon visible « à l'endroit le plus proche du lieu de vente du QUID 2003 ». De publier également à ses frais un communiqué dans trois quotidiens et deux hebdomadaires. De faire insérer un erratum dans les 100 000 exemplaires du QUID 2003 qui n'ont pas encore été distribués. Enfin, injonction lui est faite, tout comme l'an passé, de supprimer la mention litigieuse dans l'édition 2004 du QUID et dans toute publication sur son site internet. Et de renvoyer l'affaire au 11 mars 2003, à 10 heures, « afin que les sociétés défenderesses justifient de la parfaite exécution de la présente ordonnance. »

On sait qu'un erratum inséré dans un livre n'est qu'un petit morceau de papier volant qui a presque toujours pour vocation de finir à la poubelle. On sait qu'une affiche sur un lieu de vente se fond dans le décor et que peu de gens la voient. On sait aussi que cette « bible » destinée à la jeunesse restera pendant des années dans les bibliothèques et qu'elle continuera et contribuera à distiller la référence à Faurisson.

Bref,il vient d'être démontré que, dans la sensibilité française, un coût économique est d'avantage pris en considération qu'une propagation fallacieuse de l'histoire de la Shoah.
proche-orient.info, Par Nicole Leibowitz, 11 novembre 2002

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CRIF : Roger Cukierman fustige l’alliance "brun, vert, rouge"

Samedi soir (25 janvier 2003), lors du dîner annuel du CRIF, son président a dénoncé tous les tenants de "l'antisionisme, nouvel habit de l'antisémitisme". Ses propos sur l’alliance "brun, vert, rouge" ont provoqué le départ du nouveau secrétaire national des Verts.

Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France a dénoncé samedi "une alliance brun, vert, rouge" regroupant "une extrême droite nostalgique des hiérarchies raciales" et "un courant d'extrême gauche, anti-mondialiste, anti-capitaliste, anti-américain, anti-sioniste". Ces déclarations faites lors du dîner annuel du CRIF, devant le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, une douzaine de ministres, des élus, des responsables politiques et religieux, ont provoqué le départ de Gilles Lemaire, nouveau secrétaire national des Verts, qui a jugé ces propos "inadmissibles".

Roger Cukierman a affirmé que "l'antisionisme est le nouvel habit de l'antisémitisme". Il s'en est pris, sans le nommer, à José Bové, "chef" d'un "syndicat paysan" qui "défie nos lois, et développe une agitation fébrile qui le conduit à défendre les paysans français de Durban à Porto Alegre, et de Gênes à Ramallah, en passant par Seattle". Lors d'un voyage dans les territoires palestiniens en avril, José Bové avait accusé Israël de "purification ethnique".

"Dérives antisémites" dans les écoles

Roger Cukierman, a également dressé un tableau alarmant de "dérives" antisémites qui auraient pour cadre les établissements scolaires. Affirmant s'appuyer sur des témoignages d'enseignants et de parents, il a estimé que "le principe même de la laïcité" est en cause dans les écoles. Il a parlé de "libération de l'expression antisémite", d'un enseignement de la Shoah, du sionisme, de l'affaire Dreyfus et même de l'histoire du peuple hébreu "de plus en plus difficile", de racisme, misogynie, violence verbale et physique...

Le président du CRIF n'a pas désigné explicitement les inspirateurs de ces "dérives", mais il a fait de nombreuses allusions à certains courants musulmans en évoquant notamment l'évolution des "comportements alimentaires et vestimentaires" de certains élèves ou l'influence de télévisions arabes. Il a constaté que le nombre d'actes anti-juifs avait diminué depuis l'an dernier, lorsqu'il alertait Lionel Jospin sur leur recrudescence inquiétante. Mais il a dénoncé les appels au boycott des produits ou des universités israéliennes.

Le président du CRIF a par ailleurs évoqué le terrorisme international et la perspective d'une guerre contre l'Irak en estimant que "ceux qui redoutent que la lutte anti-terroriste ne mette en péril nos libertés se trompent de priorité, comme autrefois Daladier et Chamberlain".
tf1.fr, Mis en ligne le 25 janvier 2003

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Organisme: MRAP Des propos injustes et contre productifs
Lors du dîner du CRIF, Roger Cukierman, son président a tenu des propos choquants que le MRAP considère comme inadaptés, injustes et contre productifs et qu'il réprouve formellement.
En effet, l'efficacité de l'action contre l'antisémitisme appelle une vigilance permanente, une fermeté dans l'application des lois de la République. Ce combat a surtout besoin de la mobilisation de toutes les forces démocratiques attachées aux respect des droits et libertés fondamentaux pour tous. Malheureusement la teneur des propos de R. Cukierman à l'endroit de forces politiques connues pour leur engagement en faveur du droit et de la justice affaiblit le camp des antiracistes.
Les propos outranciers de Roger Cukierman stigmatisent, divisent et ils créent des fractures là où le plus large rassemblement est indispensable. Le racisme est un et indivisible : toute concession, toute ambiguïté à l'endroit d'un racisme ne peut que légitimer et entretenir tous les autres. En s'en prenant à des comportements violents et inacceptables qu'il amalgame avec des refus de jeunes filles d'assister à certains cours le président du CRIF ne fait qu'alimenter la méfiance et le rejet envers la population musulmane, victime aujourd'hui de violences et de discrimination.
Enfin, le MRAP tient une fois encore à s'élever contre cette instrumentalisation de l'antisémitisme qui vise à intimider et à salir ceux qui par leur combat en faveur du droit et de la justice critiquent la politique criminelle du gouvernement israélien. Cette critique ne saurait être confondue avec de l'antisémitisme.
Au moment où le climat international peut venir crisper en France des réflexes communautaires dangereux, le MRAP en appelle à la raison et à l'action convergente de tous ceux qui veulent faire triompher la justice, le droit et la fraternité contre toutes les exclusions racistes.
News Press 28/01/2003 09:32:00

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(Février 2003) Le ministère de la Culture (homophile) travaille sur la pénalisation des propos homophobes
Recevant une délégation de l'Inter-LGBT, deux conseillers techniques du ministre de la Culture ont indiqué que le ministère travaillait sur un projet de pénalisation des propos homophobes.

Mercredi 5 février, l'Interassociative lesbienne, gaie bi et trans a été reçue au ministère de la Culture. Alain Piriou, porte-parole, et Laurent Chéno, secrétaire de la commission politique, y ont rencontré Olivier Japiot, Conseiller technique chargé des affaires juridiques et de la propriété littéraire et artistique, et Yves d'Hérouville, conseiller technique chargée de la politique audiovisuelle.

L'Inter-LGBT a de nouveau réclamé une loi autorisant les associations LGBT à attaquer en justice les propos homophobes.

"Le cabinet du Ministre de la culture qui a compétence sur ce sujet précis semble comprendre le bien-fondé de nos revendications, et travaillerait enfin sur des propositions pouvant faire l'objet d'un projet de loi, reprenant cette revendication" indique l'inter-associative.

L'Inter-LGBT ajoute qu'elle se réjouit de voir cette revendication "portée depuis quelques années, et particulièrement ces 10 derniers mois, trouver enfin un écho auprès de ses interlocuteurs au gouvernement".

"Pour autant, la position officielle du gouvernement n'est toutefois pas connue : aucun arbitrage n'a été rendu et aucun calendrier n'a été défini. Le ministre de la Justice refuse toujours de recevoir une délégation associative, et a fait savoir qu'il ne souhaitait pas une telle évolution de la loi dans un courrier de son cabinet à l'association lilloise "Les Flamands Roses"" indique encore l'Inter-LGBT.

Elle demande que le gouvernement s'exprime enfin publiquement sur le sujet, en soutenant sa revendication, et mette réellement à l'ordre du jour un tel texte de lo
fr.gay.com, par la rédaction, Jeudi 6 février 2003

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Quatre mois de prison avec sursis pour incitation à la haine raciale sur internet

Le MRAP qui avait publié cet été un rapport sur « La naissance d'une nouvelle extrême droite sur internet » a obtenu, le 4 novembre dernier (2003), la condamnation pour incitation à la haine raciale du webmaster d'un site, aujourd'hui fermé, soutenant la cause israélienne.
La 17ème chambre du tribunal correctionnel de Paris qui a donné raison à l'association antiraciste s'est montrée particulièrement sévère en prononçant une peine de prison de quatre mois de prison avec sursis, soit deux mois de moins que celle requise par le procureur de la République.
En été 2002, le site amisraelhai.org avait lancé un appel contre 149 personnalités françaises qui soutenaient la cause palestinienne et le boycott de produits israéliens. Parmi cette liste figuraient une quarantaine de personnes d'origine juive auxquelles le webmaster, qui se revendique pourtant du judaïsme, avait apposé une étoile de David. Le juge a octroyé individuellement 1 000 euros de dommages-intérêts à la vingtaine de plaignants qui avaient joint cette action à celle du MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié des peuples).
L'ex-responsable du site incriminé doit en outre faire publier la décision dans le quotidien Le Monde, à hauteur de 3 000 euros.
legalis.net, 05/11/2003

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Un abbé condamné pour discrimination

L'abbé picard Philippe Sulmont, 82 ans, a été condamné à 800 euros d'amende pour «provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence», hier (19 janvier 2004), par le tribunal correctionnel d'Abbeville (Somme).

«Les Asiatiques prolifèrent et nous envahissent, véhiculant une idéologie menaçante pour le monde entier (...). L'islam modéré n'existe pas. Toutes les populations infectées par la religion musulmane sont endoctrinées par le Coran, un sacré livre qui est le manuel pratique pour que s'étende le règne du démon (...)»>, avait écrit l'abbé dans le bulletin paroissial de Domqueur, en novembre 2002.

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(23 janvier 2004) Dieudonné en correctionnelle

L'HUMORISTE Dieudonné a été renvoyé hier (23 janvier 2004) devant le tribunal correctionnel pour « diffamation raciale» à la suite des propos qu'il avait tenus lors de l'émission « On ne peut pas plaire à tout le monde» de Marc-Olivier Fogiel diffusée le 1er décembre sur Franœ 3.

Dieudonné était apparu coiffé avec les papillotes et le chapeau noir des juifs orthodoxes.
Il avait déclaré: «J'encourage les jeunes gens qui nous regardent aujourd'hui dans les cités, pour (leur) dire : convertissez-vous comme moi (...), rejoignez l'axe du Bien, l'axe américano-sioniste. »

Le sketch avait déclenché de nombreuses réactions, comme celle du Premier Ministre Jean-Pierre Raffarin, une mise en garde à France 3 du Conseil supérieur de l'audiovisuel ainsi que des excuses de Fogiel et de France 3.

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Jean-Jacques Aillagon, ministre de la Culture : «L'homophobie doit être un délit»

Jean-Jacques Aillagon, ministre de la Culture, réagit pour Libération à cette agression homophobe (une tentative d'assassinat par aspersion de liquide inflammable).

Vous avez écrit au Premier ministre après le drame.

La seule raison de la persécution systématique et de la sauvagerie subies par Sébastien Nouchet est son homosexualité. J'éprouve un sentiment de révolte. En tant que ministre d'abord, car ce genre de comportement d'une extrême violence est indigne d'une société évoluée comme la nôtre prétend l'être. Et je suis choqué en tant que citoyen. Je suis homosexuel, je n'en ai jamais fait ni un étendard ni un mystère. Ce fut pour moi une grande conquête de pouvoir vivre le plus simplement du monde ma sexualité, sans m'exposer à l'ostracisme de mes semblables. Il faut que nous restions très vigilants et que nous soyons mobilisés pour combattre ce qui peut menacer cette liberté. J'ai écrit à Jean-Pierre Raffarin pour témoigner de ma profonde émotion.

Que lui demandez-vous ?

Il est important que l'homophobie soit désormais désignée comme un comportement délictueux. Il faut que le droit dote notre pays de moyens de réprimer de façon nette les agressions verbales ou plus directes. J'ai pris note que le garde des Sceaux a reçu la mère et l'ami de Sébastien Nouchet. Je serai très attentif à ce que cette sollicitude s'exprime au plus vite par une initiative législative. Il y a lieu de montrer par une loi que nous sommes attachés au respect des gens à conduire leur vie sexuelle de façon sereine. Il faut sortir de ces comportements d'un autre temps, l'homophobie est un délit qui insulte la dignité des gens. En faites-vous un engagement personnel ?

J'ai connu une époque, heureusement révolue, où l'aveu d'homosexualité était quelque chose de dramatique et blessant dans la vie d'un individu. Le seul avantage de ce triste événement est de nous inciter à ne plus tergiverser et ne pas en faire une affaire politicienne qui oppose droite et gauche. Il est temps de désigner le mot «homophobie» comme un délit et d'affirmer que nous sommes respectueux des choix sexuels de tous les individus. J'ai ma part à prendre dans ce combat.
Libération, Par Pascale NIVELLE, samedi 14 février 2004, p. 15

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Jean-Marie Le Pen condamné pour incitation à la haine raciale

Le président du Front national, Jean-Marie Le Pen, a été condamné vendredi 2 avril 2004) à 10.000 euros d'amende par le tribunal correctionnel de Paris qui l'a reconnu coupable d'"incitation à la haine raciale" pour des propos tenus en avril 2003 dans la presse.

Deux mois de prison avec sursis, un an d'inéligibilité et 8.000 euros d'amende avaient été requis le 13 février dernier par le procureur de la République contre l'homme politique, candidat aux élections européennes de juin (2004) prochain.

"Le jour où nous aurons en France, non plus cinq millions mais 25 millions de musulmans, ce sont eux qui commanderont. Et les Français raseront les murs, descendront des trottoirs en baissant les yeux. Quand ils ne le font pas, on leur dit: 'qu'est-ce que tu as à me regarder comme ça? Tu cherches la bagarre?' Et vous n'avez plus qu'à filer, sinon vous prenez une trempe", avait déclaré M. Le Pen dans une interview au journal "Le Monde" du 19 avril 2003.

De tels propos, venant d'un homme politique susceptible d'avoir une influence sur l'opinion, causent un trouble particulier à l'ordre public, ont considéré les magistrats de la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris qui a prononcé le jugement.

Dans son jugement, le tribunal souligne qu'il "n'est pas douteux qu'en opposants les 'musulmans' aux 'Français' pour souligner les risques que les premiers font courir à la sécurité des citoyens, M. Le Pen exhorte au rejet, voire à la haine de la population qui se réclame de la religion islamique".

Le tribunal estime par ailleurs que la bonne foi de Jean-Marie Le Pen, qui conteste l'infraction qui lui était reprochée, ne peut être retenue dans la mesure où le journal l'avait "invité à relire et amender éventuellement son texte".

Le président du FN a en outre été condamné à verser 5.000 euros de dommages-intérêts à la Ligue des droits de l'Homme (LDH) et à la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (LICRA). Le tribunal a ordonné la publication de ce jugement dans le quotidien "Le Monde". AP
yahoo.fr, actualités, vendredi 2 avril 2004, 19h17

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(Décembre 2004) Le CSA prive Al-Manar de diffusion dans l'UE
Les dirigeants de la chaîne ont plaidé leur cause vendredi (17 décembre 2004). Sans succès.

Un mois pile. Un mois exactement après l'avoir autorisée, le CSA a interdit, vendredi, Al-Manar en résiliant sa convention. Lundi, le Conseil d'Etat avait déjà interdit la chaîne du Hezbollah chiite libanais de diffuser via l'opérateur satellitaire Eutelsat. Cette fois, c'était l'autorisation d'émettre qui vaut pour toute l'Union européenne qui était en jeu.

Vendredi, les représentants d'Al-Manar se sont rendus au siège du CSA, pour être entendus par les neuf sages. Au programme : la procédure de sanction engagée par l'instance le 7 décembre. Pendant plus de deux heures, le président d'Al-Manar, Mohamad Haidar, le directeur général de la chaîne et leurs trois avocats dont un français, et un libanais qui a assuré la traduction, se sont défendus. La procédure de sanction portait sur un passage précis du journal en français du 2 décembre qui disait en substance qu'Israël s'efforçait d'empêcher Al-Manar de «révéler aux téléspectateurs européens» «les crimes contre l'humanité perpétrés par Israël.» Des propos ­ particulièrement la notion de «crime contre l'humanité» ­ susceptibles, selon le CSA «de constituer une incitation à la haine ou à la violence pour des raisons de religion ou de nationalité». Et donc d'être en infraction avec la loi sur l'audiovisuel.

L'ambiance ? «Surréaliste», selon un témoin : «Il y avait un vent très fort qui faisait trembler tout l'immeuble avec un bruit de ferraille.» La défense ? Sur la phrase incriminée, les représentants d'Al-Manar ont plaidé que «la notion de crime contre l'humanité n'avait pas le même sens dans le Coran où toute mort d'homme est un crime contre l'humanité». Ce à quoi le CSA a répondu que ce journal en français était destiné à un public européen ne comprenant pas ce genre de références.

«Les dirigeants d'Al-Manar étaient dans la contrition, relate un salarié du CSA . Ils ont reconnu leurs fautes et ont dit qu'ils voulaient changer, qu'ils allaient changer, qu'on leur retire ou pas leur convention, parce que c'était nécessaire à leur cause.» Enfin, ils ont demandé au CSA de faire preuve de pédagogie sur la loi française, plutôt que de leur retirer leur convention. Un discours très profil bas qui a suscité des réactions contrastées au sein de l'instance.

Pour certains, «les dirigeants d'Al-Manar paraissaient sincères, mais nous étions dans un décalage culturel total : eux sont dans une guerre, font des références aux croisades, et nous, on leur parle convention et article 42-1 de la loi...». D'autres sont plus durs : «Ils nous ont joué du violon, ils sont très habiles.» Au finish, il n'y a pas eu photo. Lors du vote à bulletin secret, à six voix contre trois, le CSA s'est prononcé pour la sanction maximale : «la résiliation unilatérale de la convention».

Si le CSA s'est débarrassé de l'épine Al-Manar qu'il s'était plantée dans le pied en autorisant la chaîne, l'affaire n'a pas fini de faire des vagues. En effet, si le retrait de la convention vaut pour toute l'Union européenne, cela n'empêche pas Al-Manar d'être diffusée en Europe sur des satellites internationaux comme Arabsat, Nilesat ou Newskies. Et puis, il y a fort à parier que la chaîne va faire un recours de la décision du CSA devant le Conseil d'Etat, plaidant la bonne volonté dont elle a fait montre tout au long de l'audience de vendredi. C'est un membre du CSA qui le dit : «Al-Manar, ça ne fait que commencer.»

Les Etats-Unis ont annoncé, vendredi soir, avoir placé Al-Manar sur leur liste des organisations terroristes et l'ont, à leur tour, interdite de diffusion.
Par Isabelle ROBERTS, samedi 18 décembre 2004 (Liberation - 06:00), p. 22

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(12 janvier 2005) Le Pen: le ministre de la Justice demande une enquête

PARIS (AP) - Le ministre de la Justice Dominique Perben a demandé mercredi au parquet de Paris d'ouvrir "immédiatement" une enquête préliminaire après les propos de Jean-Marie Le Pen estimant qu'il y avait eu "quelques bavures" lors de l'Occupation allemande qui n'a par ailleurs "pas été particulièrement inhumaine".

Le président du Front national a déclaré dans l'hebdomadaire "Rivarol" paru le 7 janvier que l'Occupation allemande en France "n'a pas été particulièrement inhumaine, même s'il y eut quelques bavures, inévitables dans un pays de 550.000 kilomètres carrés".

M. Perben s'est déclaré "indigné" par les propos du leader d'extrême droite. "Je suis frappé par l'offense que M. Le Pen porte ainsi aux victimes, à leurs familles, aux anciens combattants, aux déportés, à tous ceux qui ont souffert dans leur chair, ou dans leur familles, dans cette période noire de notre histoire", a ajouté le ministre lors d'un point presse à la Chancellerie.

"C'est la raison pour laquelle je considère que ces propos inadmissibles de M. Le Pen, il devra s'en expliquer devant la justice", a conclu le garde des Sceaux. AP
Yahoo.fr, actualités, mercredi 12 janvier 2005, 19h07

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(12 janvier 2005) Pour Jean-Marie Le Pen, "l'occupation allemande n'a pas été particulièrement inhumaine" en France

PARIS (AP) - En France, "l'occupation allemande n'a pas été particulièrement inhumaine": dans un entretien à l'hebdomadaire d'extrême droite "Rivarol" paru le 7 janvier et dont l'AP a obtenu copie mercredi, Jean-Marie Le Pen remet en cause les exactions commises par l'armée d'occupation allemande pendant la Seconde guerre mondiale, qu'il qualifie de "bavures inévitables".

"En France du moins, l'occupation allemande n'a pas été particulièrement inhumaine même s'il y eut des bavures, inévitables dans un pays de 550.000 kilomètres carrés", juge-t-il. Et d'ajouter: "Si les Allemands avaient multiplié les exécutions massives dans tous les coins comme l'affirme la vulgate, il n'y aurait pas eu besoin de camps de concentration pour les déportés politiques".

Pour étayer son argumentation, le président du Front national affirme que la Gestapo, police politique du IIIe Reich, aurait même joué un rôle protecteur en France. "Je me souviens que dans le Nord, un lieutenant allemand, fou de douleur que son train de permissionnaires ait déraillé dans un attentat, causant ainsi la mort de ses jeunes soldats, voulait fusiller tout le village; il avait d'ailleurs déjà tué plusieurs civils".

"Et c'est la Gestapo de Lille, avertie par la SNCF, qui arriva aussitôt à deux voitures pour arrêter le massacre. On pourrait multiplier les anecdotes de ce type", poursuit-il. Sur le massacre des 642 habitants du village limousin d'Oradour-sur-Glane le 10 juin 1944 par la division SS "Das Reich", Jean-Marie Le Pen ajoute, sans plus de précision, qu'"il y aurait ainsi beaucoup à dire".

Alors que l'année 2005 marque le 60e anniversaire de la fin de la Seconde guerre mondiale, avec notamment l'anniversaire de la libération du camp d'Auschwitz le 27 janvier prochain, le N°1 frontiste considère qu'"il y a donc une insupportable chape de plomb qui pèse depuis des décennies sur tous ces sujets" et dénonce des "mensonges sur notre histoire".

Le leader d'extrême droite est coutumier des dérapages, qui visent à rassurer une frange de l'électorat frontiste nostalgique du nazisme. En septembre 1987, il avait qualifié les chambres à gaz de "point de détail" de l'histoire de la Seconde guerre mondiale, ce qui lui avait valu d'être condamné à 15.244 euros (100.000FF) d'amende le 11 janvier 1991. Des propos qu'il avait réitérés le 5 décembre 1997 à Munich.

Le 2 septembre 1988, il avait fait un jeu de mots douteux sur "Durafour crématoire"- du nom du ministre de la Fonction publique du gouvernement Rocard, Michel Durafour-, qui lui avait valu 1.524 euros (10.000FF) d'amende en 1993. Jean-Marie Le Pen avait encore suggéré d'ouvrir des "sidatoriums" pour les "sidaïques".

Le 11 octobre dernier, son bras droit Bruno Gollnisch, délégué général du FN, tout en assurant "ne pas remettre en cause les déportations", ni "les centaines de milliers, les millions de morts", avait aussi déclaré: "Je ne nie pas les chambres à gaz homicides. Mais je ne suis pas spécialiste de cette question et je pense qu'il faut laisser les historiens en discuter. Et cette discussion devrait être libre". AP
Yahoo.fr, actualités, mercredi 12 janvier 2005, 18h18

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A nouveau suspendu, Gollnisch va saisir le conseil d'Etat
PARIS (Reuters) - Bruno Gollnisch a annoncé jeudi son intention de saisir le Conseil d'Etat pour contester la mesure de suspension prise à son encontre par le ministre de l'Education.
"Je ne vais pas porter plainte au pénal contre M. Fillon. En revanche, je vais naturellement saisir la juridiction administrative, le Conseil d'Etat, une nouvelle fois", a déclaré le numéro 2 du Front national, lors d'une conférence de presse au siège du parti, à Saint-Cloud.
Mi-janvier, le Conseil d'Etat avait suspendu l'arrêté qui interdisait depuis début décembre au député européen l'accès à l'université Lyon 3-Jean Moulin en raison de ses propos sur les camps de concentration et ce jusqu'à ce que la commission disciplinaire ait statué sur son exclusion.
Au lendemain des violences qui ont marqué la reprise des cours du dirigeant du FN, François Fillon a décidé "dans l'intérêt du service" de suspendre Bruno Gollnisch "à titre conservatoire" de ses fonctions de professeur.
"J'explique cet acharnement pour des raisons politiques", a déclaré l'intéressé. "Je suis une personnalité qui a un rôle important dans un parti d'opposition où je ne ne suis pas le seul à être l'objet de persécutions judiciaires, policières, financières ou autres", a ajouté Bruno Gollnisch, accompagné pour l'occasion par Jean-Marie Le Pen.
Selon le président de Lyon 3, Guy Lavaurel, la décision ministérielle "n'interfère pas sur le travail de la commission disciplinaire qui devrait rendre son rapport d'ici trois semaines".
"Nous avons pris des mesures de remplacement pour M. Gollnisch pour que les étudiants ne soient pas sanctionnés", a-t-il précisé lors d'une conférence de presse.

"VICTOIRE MAJEURE"

Il sera remplacé dès mercredi prochain sauf pour un cours de terminologie juridictionnelle japonaise, "très pointu", pour lequel Guy Lavaurel a demandé au ministère de trouver un remplaçant. Pendant sa suspension, Bruno Gollnish conservera ses émoluements.
Dans un communiqué, trois associations étudiantes luttant contre le négationnisme au sein du corps universitaire lyonnais - UEJF, Unef et Hippocampe - saluent une "décision incontournable".
"Cette mesure, bien que tardive, constitue une victoire majeure pour les étudiants et l'université. Notre combat contre le négationnisme porte enfin ses fruits", estiment-elles.
Dans une lettre notifiant sa suspension à Bruno Gollnisch, le ministère de l'Education précise qu'il peut contester cette décision soit en formant un recours gracieux auprès du ministre, soit en formant un recours contentieux devant le Conseil d'Etat.
La décision de suspension cessera de "produire effet au plus tard dans un délai d'un an à compter de sa notification".
Bruno Gollnisch avait repris ses cours mercredi à l'université de Lyon au milieu de bousculades entre ses partisans et une quarantaine de manifestants répondant à l'appel d'associations d'étudiants.
Guy Lavaurel a précisé jeudi avoir porté plainte contre X pour désordres. Le président de l'université a expliqué avoir fait placer six appariteurs pour filtrer les entrées de l'université, déclinant toute responsabilité dans la présence éventuelle "d'éléments extérieurs à l'université". /GB/CL/LBR
Yahoo.fr, actualités, jeudi 3 février 2005, 19h35

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Gollnisch retourne à la fac entouré de ses gros bras
Heurts à Lyon-III où le dirigeant FN revenait après trois mois de suspension.

Une cinquantaine d'étudiants sont assis devant la porte de l'amphithéâtre où Bruno Gollnisch, numéro 2 du Front national, devait reprendre hier matin ses cours de droit à Lyon-III, après plusieurs mois de suspension. Ils écoutent l'un des leurs égrener les noms, un par un, des étudiants juifs de l'université déportés durant la Seconde Guerre mondiale. A côté, un groupe de jeunes filles trépignent. Deux se mettent à glousser bruyamment. Une troisième lâche : «Ils n'ont rien d'autre à foutre que de nous empêcher d'aller en cours ? C'est quand même coef 5 comme matière !» Les copines acquiescent.

Les étudiants campés devant l'amphithéâtre sont venus à l'appel des plusieurs associations (l'Unef, l'UEJF, Hippocampe). Ils entendent s'opposer à la reprise des cours du député européen Front national. Le 14 janvier, le Conseil d'Etat avait annulé son interdiction de séjour à la fac, prise fin octobre, même s'il est toujours dans l'attente d'une convocation devant le conseil de discipline de l'université, et s'il doit bientôt comparaître devant la justice pour les propos qu'il avait tenus le 11 octobre sur les chambres à gaz: «Quant à savoir la façon dont les gens sont morts, le débat doit avoir lieu.»

Filtrage des entrées.
Hier matin, Bruno Gollnisch est arrivé, avant l'heure, flanqué de deux gardes du corps. Ses étudiants sont entrés un par un dans l'amphithéâtre. Pour empêcher que les manifestants ne s'introduisent dans la salle, un groupe de garçons aux cheveux très courts se sont improvisés service d'ordre. Ils filtrent les entrées. L'un d'entre eux explique : «On est là pour protéger Bruno.» Il dit «nous» en parlant du Front national mais précise qu'il est là «avant tout en tant qu'étudiant à Lyon-III». Un autre, plus âgé, plus excité, déboule en vociférant. Il commence par «la France aux Français», enchaîne sur «bandes de tapettes» et explique en levant une main rageuse qu'il va mettre en branle sa «boîte à baffes». Un étudiant demande une minute de silence en mémoire des déportés. «Jamais !», hurle un militant d'extrême droite. Les manifestants se lèvent, crient : «Fascistes, hors des facs», rappellent que l'université Lyon-III porte le nom de Jean Moulin, le résistant.

Au milieu de la bousculade, avec un coup de tête et quelques coups de pied, les dociles étudiants de Bruno Gollnisch attendent toujours pour entrer dans l'amphithéâtre. Une jeune enseignante, larmes aux yeux, essaie de leur expliquer qu'il «ne faut pas» y aller : «Ecoutez ce qu'ils disent. Réveillez-vous !», et parle de conscience politique. Une étudiante lui sourit gentiment. Tente une justification : «Vous savez, c'est pas par rapport aux juifs qu'on est là, c'est pour le droit international.» L'enseignante la regarde, incrédule. Les jeunes sympathisants Front national parviennent finalement à faire entrer les étudiants. Sous le regard impassible du secrétaire général de l'université, présent tout au long de la scène.

La mêlée est terminée. Alors que les manifestants commencent à se disperser, des policiers en civil arrivent. Ils interpellent un des militants d'extrême droite. Camille, étudiante militante à Hippocampe, se retrouve dans la même voiture de police, elle doit être entendue comme témoin des violences commises sur un étudiant. «Durant le trajet, le mec interpellé a été interrogé sur sa présence à la fac, il a expliqué que c'était M. Gollnisch qui lui avait demandé de venir», raconte-elle. Les autres jeunes aux cheveux très courts resteront une partie de la matinée devant l'amphithéâtre de Bruno Gollnisch.

Forme de bienveillance.
Après son cours, certains sont allés boire un verre dans un snack à côté de la fac. Des «individus non identifiés» ont cassé la vitrine et aspergé la petite assemblée de gaz lacrymogène. Les militants d'extrême droite ont cru reconnaître des extrémistes juifs, «séfarades», ont-ils tenu à préciser. Le président de l'université Lyon-III, Guy Lavorel, a fait savoir qu'il portait plainte pour «trouble à l'ordre public». Le communiqué est laconique.

Hier soir, les associations étudiantes avaient une nouvelle fois l'amer sentiment d'une forme de «bienveillance» de l'université face aux agissements «des milices d'extrême droite à qui on laisse faire la police à Lyon-III». La semaine dernière, lors des cérémonies commémoratives de la libération d'Auschwitz, Alain Morvan, recteur de l'académie de Lyon, avait, dans un discours très virulent contre le retour du négationniste à l'université, demandé à ce que Bruno Gollnisch soit «chassé de la fonction publique d'Etat et interdit d'enseignement».
Par Alice GERAUD, jeudi 03 février 2005 (Liberation - 06:00)

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(24 février 2005) Le Pen condamné en appel pour haine raciale

La cour d'appel de Paris a confirmé jeudi (24 février 2005) la condamnation de Jean-Marie Le Pen à 10.000 euros d'amende pour incitation à la haine raciale, pour des propos sur les musulmans parus dans Le Monde du 19 avril 2003.

Dans un entretien au quotidien, le président du FN avait affirmé: "Le jour où nous aurons en France, non plus 5 millions mais 25 millions de musulmans, ce sont eux qui commanderont".
tf1. fr, news, 24 février 2005

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(04 mars 2005) Bruno Gollnisch exclu pour cinq ans de l'université Lyon-III

Le 3 février, le ministre de l'éducation nationale, François Fillon, avait suspendu le numéro deux du Front national de ses fonctions universitaires pour une durée d'un an, "dans l'intérêt du service". La commission de discipline de l'université Jean-Moulin - Lyon-III a exclu pour cinq ans Bruno Gollnisch, le numéro deux du Front national, après ses propos controversés sur les camps de concentration nazis.

"La section disciplinaire de notre université a décidé, le jeudi 3 mars, d'exclure le professeur Bruno Gollnisch de l'université Jean-Moulin - Lyon-III pour une durée de cinq ans. Cette décision est en cours de notification à l'intéressé", annonce vendredi dans un communiqué Guy Lavorel, le président de Lyon III. Il a précisé qu'il s'expliquerait sur cette décision lundi prochain lors d'une conférence de presse.

Lors d'une conférence de presse le 11 octobre dernier à Lyon, le délégué général du FN, interrogé sur les camps nazis par des journalistes, avait estimé que "sur le nombre de morts, les historiens pourraient discuter". Quant à l'existence des chambres à gaz, "il appartient aux historiens de se déterminer", avait-il ajouté.

Pour sa part, Bruno Gollnisch devait donner une conférence de presse dès vendredi soir. Le numéro deux du Front national, professeur de droit et de civilisation japonaise à Lyon-III, avait été entendu mardi toute la journée par la commission de discipline de l'université. L'audition de M. Gollnisch avait été marquée, mardi, par des manifestations de la part de ses défenseurs, ainsi que de ses opposants.

Bruno Gollnisch était arrivé de manière théâtrale en toge, et avait prononcé, avant de pénétrer dans les locaux de l'université, un bref discours relayé par une sono. "Aujourd'hui, on risque d'être poursuivi par les tribunaux si on s'interroge sur l'histoire de France, a-t-il lancé du haut des marches. On risque d'être taxé de xénophobie si on demande la légitime préférence nationale et d'homophobie si on exprime une préférence pour la famille naturelle composée d'un papa et d'une maman." "Je suis un universitaire irréprochable, ma toge est sans tache. Je n'ai jamais mélangé mon engagement politique avec mon enseignement", a-t-il plaidé.

"LOIS LIBERTICIDES"

"Aujourd'hui, je suis poursuivi sur le plan professionnel et judiciaire, sur intervention personnelle de deux ministres, pour avoir déclaré que la question de la deuxième guerre mondiale devait faire l'objet d'un libre débat, a-t-il insisté. Ces lois liberticides et imbéciles doivent être abrogées", a conclu le numéro deux du FN.

Le 3 février, le ministre de l'éducation nationale, François Fillon, avait suspendu Bruno Gollnisch de ses fonctions universitaires pour une durée d'un an, "dans l'intérêt du service". La veille, la rentrée universitaire s'était déroulée dans la plus grande confusion et avait donné lieu à des heurts entre étudiants et militants du FN.

Au cours des vingt dernières années, selon l'université, la section disciplinaire de Lyon-III n'a eu à se prononcer qu'une seule fois, en juillet 1990, quand l'universitaire Bernard Notin avait publié un article mettant en doute l'existence des chambres à gaz. Condamné auparavant au pénal pour cet article, M. Notin avait écopé d'une suspension d'un an, décision cassée l'année suivante pour vice de forme par le Conseil de l'enseignement supérieur et de la recherche (Cneser).

L'exclusion de Bruno Gollnisch de l'université Lyon-III est "une décision raisonnable" car elle sanctionne une connivence entre l'université et l'extrême droite, a estimé vendredi le président de l'Union des étudiants juifs de France, Yonathan Arfi. "Il y avait une confusion entre le professeur et l'homme politique, M. Gollnisch a fait venir des militants du Front national pour l'accompagner pendant ses cours, a déclaré M. Arfi. Il faut une séparation des genres affichée qui ne laisse pas transparaître de connivence entre l'université et l'extrême droite."
Avec AFP et Reuters
LEMONDE.FR | 04.03.05 | 20h23

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(07 mars 2005) Information judiciaire contre Jean-Marie Le Pen

PARIS (Reuters) - Une information judiciaire pour "apologie de crimes de guerre" a été ouverte lundi contre le président du Front national Jean-Marie Le Pen, apprend-on auprès du parquet de Paris.
Cette information vise les propos tenus par le dirigeant d'extrême-droite à l'hebdomadaire Rivarol dans son édition du 7 janvier sur l'occupation allemande en France.
Jean-Marie Le Pen déclarait notamment que, "en France du moins, l'occupation allemande n'a pas été particulièrement inhumaine, même s'il y eut des bavures, inévitables dans un pays de 550.000 kilomètres carrés".

Selon le parquet, l'information judiciaire vise en particulier un passage dans laquelle le président du FN affirmait : "Je me souviens que dans le Nord, un lieutenant allemand, fou de douleur que son train de permissionnaires ait déraillé dans un attentat, causant ainsi la mort de ses jeunes soldats, voulait fusiller tout le village: il avait d'ailleurs déjà tué plusieurs civils. Et c'est la Gestapo de Lille, avertie par la SNCF, qui arriva aussitôt à deux voitures pour arrêter le massacre."
Une enquête préliminaire avait été ouverte en janvier par le parquet à la demande du ministre de la Justice, Dominique Perben.
yahoo.fr, actualités, mardi 8 mars 2005, 16h05

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(Mars 2005) Tchernobyl : demande d'indemnisation

Un avocat demande la mise en place d'un fonds d'indemnisation des victimes françaises de Tchernobyl et met en cause la responsabilité de l'Etat.

Le site de Tchernobyl

L'avocat Emmanuel Ludot a demandé dimanche 27 mars sur RTL la mise en place urgente d'un fonds d'indemnisation pour les victimes françaises de la catastrophe de Tchernobyl, estimant que la responsabilité politique était établie dans cette affaire.
"Les projecteurs sont sur la responsabilité politique, elle est établie", a déclaré Me Ludot, quelques jours après la remise à la justice d'un rapport d'experts estimant que les autorités de contrôle n'avaient pas tout dit après le passage du nuage de Tchernobyl en France, en 1986.

Maquillage d'informations

Cette expertise "démontre l'ampleur de la dissimulation, du maquillage d'informations fait par le gouvernement de l'époque afin de dissimuler à la population la dangerosité de la radioactivité et les conséquences sur la santé publique", a dit l'avocat.
"Il faut maintenant que l'Etat indemnise", a-t-il poursuivi, réclamant la "mise en place urgente d'un fonds d'indemnisation comme pour tous les scandales de santé publique qu'on a pu connaître ces dernières années".
NOUVELOBS.COM | 27.03.05 | 14:09

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(15 novembre 2005) «Beaucoup de ces Africains sont polygames...»
Invitée en tant qu'expert à la télé russe, l'académicienne Hélène Carrère d'Encausse dérape.

Hélène Carrère d'Encausse, éminente historienne, spécialiste de l'Union soviétique et secrétaire perpétuelle de l'Académie française, a expliqué la crise des banlieues françaises à la chaîne de télévision russe NTV dans les termes suivants : «Ces gens, ils viennent directement de leurs villages africains. Or la ville de Paris et les autres villes d'Europe, ce ne sont pas des villages africains. Par exemple, tout le monde s'étonne : pourquoi les enfants africains sont dans la rue et pas à l'école ? Pourquoi leurs parents ne peuvent pas acheter un appartement ? C'est clair, pourquoi : beaucoup de ces Africains, je vous le dis, sont polygames. Dans un appartement, il y a trois ou quatre femmes et 25 enfants. Ils sont tellement bondés que ce ne sont plus des appartements, mais Dieu sait quoi ! On comprend pourquoi ces enfants courent dans les rues

Dans cette même interview, diffusée dimanche soir, l'académicienne ajoutait que «pendant des années le gouvernement n'osait même pas appeler ces gens des "hooligans" : ce mot n'était pas autorisé. Lorsque Nicolas Sarkozy les a appelés "voyous" et "racailles", ces jeunes gens, ces chéris, ont demandé qu'il s'excuse. En France, nous avons une abominable manie des excuses», poursuivait l'historienne.

Dans une autre récente interview, à l'hebdomadaire Moskovskie Novosti, Hélène Carrère d'Encausse s'était lancée dans une comparaison des médias français et russes, repassés sous étroit contrôle politique depuis quelques années : «Oui, la télévision russe ne fait que suivre Poutine pas à pas. Mais la télévision française est tellement politiquement correcte que cela en est un cauchemar. Nous avons des lois qui auraient pu être imaginées par Staline. Vous allez en prison si vous dites qu'il y a cinq juifs ou dix Noirs à la télévision. Les gens ne peuvent pas exprimer leur opinion sur les groupes ethniques, sur la Seconde Guerre mondiale et sur beaucoup d'autres choses. On vous juge tout de suite pour infraction. [...] Le politiquement correct de notre télévision est presque comme la censure des médias en Russie

Après avoir accompli un grand travail d'explication de l'URSS en France, la secrétaire de l'Académie française diffuse ainsi en Russie une vision de la France qui pourrait mériter quelques réactions...
Lorraine Millot, Libération, 15 novembre 2005, p. 5

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mercredi 16 novembre 2005, 8h43 Accoyer: la polygamie (30 000 familles), "certainement l'une des causes" de la crise urbaine

PARIS (AFP) - Le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale Bernard Accoyer a estimé mercredi que la polygamie était "certainement l'une des causes" des violences urbaines.
Il a ajouté sur RTL que les pouvoirs publics s'étaient montrés "étrangement laxistes" avec la polygamie, alors qu'elle est interdite en France.

"La polygamie, c'est la négation des droits de la personne, des droits de la femme. C'est ensuite l'incapacité d'apporter une éducation telle qu'elle est nécessaire dans une société organisée", a-t-il dit. "Cela pose des problèmes de logement. On ne peut pas vivre à plusieurs dizaines dans un appartement", a-t-il ajouté.
Affirmant qu'"entre 1981 et 1992, un grand nombre de familles polygames étaient venues en France", le président du groupe UMP a réaffirmé la nécessité de "poser la question du regroupement familial". Il a dénoncé "des dérives qui, en particulier entre 1997 et 2002, ont accompagné l'application du regroupement familial". Sous le gouvernement Jospin, "les chiffres ont doublé", a-t-il dit.

Interrogé sur la suppression d'aides aux familles, en cas de condamnation d'un de ses membres pour participation aux émeutes, M. Accoyer en a approuvé le principe en expliquant que "quelques cas le justifient". Mais "il ne faut pas généraliser", a-t-il dit.

De son côté, le ministre délégué à l'Emploi Gérard Larcher a cité lui aussi la polygamie comme l'une des causes possibles des violences urbaines, rapportait mardi le journal britannique Financial Times sur son site internet.
Selon M. Larcher, la polygamie dans les familles immigrées est l'une des causes de la discrimination raciale sur le marché du travail visant les minorités ethniques vivant en France.

Les familles nombreuses et polygames entraînent parfois des conduites anti-sociales chez les jeunes qui ne peuvent plus se référer à une figure paternelle chez eux, ce qui rend les employeurs plus prudents lorsqu'il s'agit d'engager du personnel en provenance des minorités ethniques, explique le ministre délégué selon le quotidien.

Selon le FT, les commentaires de M. Larcher sont susceptibles "d'alimenter un peu plus le débat" sur les causes des violences dans les banlieues et pourraient offenser les musulmans et les organisations anti-racistes.

La polygamie est officiellement interdite en France -- et punissable de prison -- mais les autorités tolèrent l'existence d'environ 30.000 familles, principalement africaines, dans lesquelles il existe plus d'une épouse.
yahoo.fr, actualités,

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16 novembre 2005 - Violences urbaines Communiqué LDH Les étrangers ne sont pas des cibles

Selon M. Larcher, la polygamie serait responsable de la discrimination à l’emploi que subissent nombre de Français ou d’étrangers en situation régulière.
Selon Mme Carrère d’Encausse, la cause de la crise du logement, ce serait, là encore, la polygamie. Sans compter qu’il lui paraît normal de critiquer la loi de 1972 contre le racisme et pas anormal de décompter les juifs ou les noirs à la télévision…
Pour le président de la République, M. Accoyer et le ministre de l’Intérieur, le regroupement familial expliquerait la crise des banlieues.

Ces propos sont mensongers : ni la polygamie, dont les premières victimes sont les femmes, ni le droit de vivre en famille n’expliquent la crise sociale qui s’exprime.

Il est nauséabond et irresponsable de faire ainsi des étrangers la cause de la situation que connaît notre pays.

Ceux et celles qui tiennent ces discours prennent sciemment le risque de renforcer la xénophobie et le racisme.

La LDH rappelle à chacun que la paix civile ne peut supporter de tels débordements.
Paris, le 16 novembre 2005

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vendredi 9 décembre 2005, 14h16 Polémique sur la colonisation: Chirac annonce la création d'une mission pluraliste

PARIS (AFP) - Jacques Chirac a annoncé vendredi la création d'une "mission pluraliste pour évaluer l'action du Parlement dans les domaines de la mémoire et de l'Histoire" afin que "les esprits s'apaisent" à la suite de la polémique sur la colonisation.
Le chef de l'Etat a précisé, dans une déclaration solennelle, qu'il avait proposé la constitution de cette mission au président de l'Assemblée nationale Jean-Louis Debré qui l'a acceptée.
Cette mission "devra écouter toutes les sensibilités et devra s'entourer d'historiens". Elle devrait rendre ses conclusions dans un délai de trois mois, a indiqué M. Chirac qui a prévenu qu'il serait "très attentif aux recommandations qu'elle fera".

Le chef de l'Etat a également demandé au gouvernement que la Fondation sur la mémoire, prévue dans la loi controversée du 23 février 2005 évoquant "le rôle positif de la présence française outre-mer", soit créée "dans les meilleurs délais".
Il a reconnu que cette loi "suscite un débat sur notre mémoire, un débat sur l'histoire de la France outremer".
"Il faut maintenant que les esprits s'apaisent, il faut que vienne le temps d'une réflexion sereine dans le respect des prérogatives du Parlement, dans la fidélité à nos idéaux de justice, de tolérance et de respect, dans un esprit d'unité et de rassemblement", a conclu Jacques Chirac.

Face à la polémique grandissante, notamment dans les départements français d'outremer, M. Chirac a réaffirmé que "ce n'est pas à la loi d'écrire l'histoire", mais n'a pas proposé pour le moment de "corriger" voire d'abroger l'article contesté comme l'a demandé l'opposition de gauche.

"L'écriture de l'histoire, c'est l'affaire des historiens", a-t-il dit en soulignant que "dans la République il n'y a pas d'histoire officielle".

Depuis plusieurs jours, le gouvernement est à la recherche d'une issue sans pour autant froisser les parlementaires UMP qui avaient refusé fin novembre de revenir sur l'article litigieux de la loi comme l'avait proposé le Parti socialiste.
Sans trancher immédiatement, le chef de l'Etat s'en remet à la mission qui sera chargée de faire des propositions.

L'article 4 de la loi du 23 février 2005 sur l'indemnisation des rapatriés et harkis stipule que "les programmes scolaires reconnaissent le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord".
Cette disposition, proposée par un député UMP, était passée pratiquement inaperçue, avant de soulever de nombreuses protestations en Algérie d'abord puis en outremer.
yahoo.fr, actualités, vendredi 9 décembre 2005, 14h16

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mardi 13 décembre 2005, 14h35 Le Parlement européen lève l'immunité de Bruno Gollnisch

STRASBOURG (AP) - Le Parlement européen a levé mardi (13 décembre 2005) l'immunité de Bruno Gollnisch, autorisant la tenue du procès en mai prochain de l'eurodéputé français d'extrême droite pour des propos controversés sur l'existence des chambres à gaz.

Le 11 octobre 2004, le No2 du Front national, tout en assurant "ne pas remettre en cause les déportations", ni "les millions de morts", avait déclaré: "Je ne nie pas les chambres à gaz homicides. Mais je ne suis pas spécialiste de cette question et je pense qu'il faut laisser les historiens en discuter. Et cette discussion devrait être libre".
Après l'ouverture d'une enquête préliminaire le 15 octobre 2004 par le parquet de Lyon, Dominique Perben, ministre de la Justice à l'époque, avait demandé à ce que des poursuites soient engagées à l'encontre du dirigeant d'extrême droite.

"La majorité de cette chambre" a "décidé, pour des raisons politiques, de ne pas défendre mon immunité", a commenté M. Gollnisch mardi après le vote du Parlement européen, soulignant néanmoins sa "satisfaction" d'avoir été "défendu par un certain nombre de collègues".
Le Parlement européen a levé son immunité dans la mesure où il ne s'était pas exprimé en 2004 dans l'exercice de ses fonctions de député européen.

Le procès de Bruno Gollnisch, cité à comparaître pour "contestation de crimes contre l'humanité", aura lieu le 23 mai prochain devant le tribunal correctionnel de Lyon. La section disciplinaire de l'université Lyon-III a décidé en mars dernier d'exclure Bruno Gollnisch de ses fonctions d'enseignant pour cinq ans suite à ses propos sur les chambres à gaz. AP

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jeudi 15 décembre 2005, 10h39 Le groupe de rap Sniper a été relaxé

Le groupe de rap Sniper, poursuivi fin 2004 à l'initiative de Dominique de Villepin alors ministre de l'Intérieur, a été relaxé par la cour d'appel de Rouen, a annoncé leur avocat, Me Dominique Tricaud.

Les magistrats ont confirmé un jugement de première instance et estimé que les musiciens n'avaient pas commis intentionnellement le délit de "provocation directe non suivie d'effet à commettre une infraction d'atteinte volontaire à la vie" que leur reprochait Dominique de Villepin.
Ce dernier mettait en cause une chanson du groupe intitulée "La France" qui dit notamment : "Pour mission exterminer les ministres et les fachos (...) La France est une garce, on s'est fait trahir (...) Frères, je lance un appel, on est là pour tout niquer, leur laisser des traces et des séquelles avant de crever."

Originaire de la banlieue nord de Paris, le groupe Sniper a sorti deux albums, "Du rire aux larmes" (2001) et "Gravé dans la roche" (2003) qui se sont vendus chacun à plus de 250.000 exemplaires.

L'arrêt de la cour d'appel de Rouen intervient après la démarche de 150 députés de droite fin novembre, qui souhaitent des poursuites judiciaires contre sept groupes de rap, dont Sniper.
Les élus estiment que ces groupes ont contribué aux violences d'octobre-novembre dans les banlieues par leur "racisme anti-blanc" et leur "haine de la France".
yahoo.fr, actualités, jeudi 15 décembre 2005, 10h39

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(Janvier 2006) Le Danemark empêtré dans des caricatures de Mahomet
Face aux pays arabes indignés, le gouvernement avance la liberté de la presse.

«Nous voulions mettre la liberté d'expression à l'épreuve. Notre intention n'était absolument pas de provoquer
Jørn Mikkelsen, l'un des rédacteurs en chef du quotidien danois Jyllands Posten, s'étonne encore du tollé suscité par la publication dans son journal, fin septembre, de douze dessins satiriques représentant le prophète Mahomet.
Depuis, la tension n'a pas baissé. Réunis au Caire fin décembre, les pays de la Ligue arabe ont exprimé leur «indignation» et reproché notamment au Premier ministre danois, Anders Fogh Rasmussen, d'avoir refusé de rencontrer leurs ambassadeurs en poste à Copenhague.

Réticences.
A l'origine de l'affaire, un écrivain danois, auteur d'un ouvrage sur la vie du prophète, s'interroge sur les réticences des dessinateurs à illustrer son livre. Il y voit l'un des effets de l'assassinat du cinéaste néerlandais Theo Van Gogh, abattu fin 2004 par un jeune islamiste d'origine marocaine.
Le quotidien conservateur Jyllands Posten, tiré à 160 000 exemplaires, lance alors un appel aux dessinateurs danois. Douze d'entre eux y répondent. La série «Les visages de Mahomet» sort le 30 septembre.

Interdite par l'islam, la représentation du prophète soulève de violentes réactions. Manifestations, menaces de mort à l'encontre des illustrateurs...
Dans l'un des dessins les plus critiqués, Mahomet est coiffé d'un turban en forme de bombe à la mèche allumée. La plupart associent l'image du prophète au fondamentalisme ou au terrorisme d'Al-Qaeda.
Un seul artiste prend la commande à contre-pied : il dessine un écolier danois nommé Mahomet devant un tableau noir, où il vient d'écrire : «Les journalistes de JP sont une bande de provocateurs réactionnaires

Les chefs de la communauté musulmane danoise réclament le retrait des caricatures et des excuses officielles. Mais le quotidien refuse.
Mi-octobre, onze ambassadeurs de pays musulmans demandent une entrevue avec le chef du gouvernement libéral. Rasmussen décline : rappelant l'attachement de son pays à la liberté de la presse, il encourage plutôt les diplomates à se tourner vers les tribunaux. Une fin de non-recevoir considérée par beaucoup comme un affront.

Le 19 décembre, 22 anciens ambassadeurs danois, aujourd'hui à la retraite, sortent de leur réserve en publiant une tribune fustigeant l'attitude du gouvernement. Ils mettent en garde contre «une surenchère, qui pourrait être interprétée comme une persécution à l'encontre de la minorité» des quelque 200 000 musulmans vivant au Danemark. Et ce sur fond de continu durcissement de la politique de l'immigration, poussé par le Parti du peuple (extrême droite), allié de la majorité libérale.

Sur la scène internationale, les critiques abondent. Début décembre, la haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Louise Arbour, charge plusieurs experts d'étudier les dessins publiés par Jyllands Posten.
S'exprimant à titre personnel dans les pages du journal Politiken, Franco Frattini, le commissaire européen chargé des questions de justice et d'immigration, stigmatise pour sa part les caricatures, qui risquent, selon lui, d'«entraîner une poussée de l'islamophobie en Europe».

«Non négociable».
Lors de ses voeux, le Premier ministre, Anders Fogh Rasmussen, tente l'apaisement.
Dans un discours traduit en arabe, il affirme que la liberté d'expression est «vitale», «absolue» et «non négociable», mais il «condamne toute forme d'expression, d'action ou de signes qui tenteraient de diaboliser un groupe de personnes sur la base de leur religion ou de leur origine ethnique».
Trop tard. Les pays membres de l'Organisation de la conférence islamique viennent d'annoncer qu'ils boycotteraient le festival Images du Moyen-Orient, prévu pour cet été au Danemark.
liberation.fr, par Anne-Françoise HIVERT, QUOTIDIEN : jeudi 05 janvier 2006, p. 10

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(14 janvier 2006) La «soupe au cochon» interdite à Strasbourg

Le collectif Solidarité alsacienne, qui a procédé la semaine dernière à une distribution de «soupe au cochon» pour les SDF autour de la gare de Strasbourg, entendait récidiver ce samedi.
Mais vendredi, invoquant des risques de troubles à l'ordre public, le préfet du Bas-Rhin a pris un arrêté interdisant cette distribution «ainsi que tout autre rassemblement».

La LCR et des associations avaient appelé à une manifestation contre cette soupe «identitaire (...) qui écarte volontairement les personnes de confession musulmane ou juive».

«Nous allons immédiatement déposer un référé contre cet arrêté arbitraire», a réagi Chantal Spieler, du parti Alsace d'abord, chef de file du collectif, qui a décidé de maintenir sa distribution, mais «ailleurs qu'à la gare».
liberation.fr, par Thomas CALINON, QUOTIDIEN : samedi 14 janvier 2006

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Présent lors de la première distribution le 7 décembre (2005), le délégué régional du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France), Pierre Lévy, avait dénoncé à Reuters "un procédé discriminatoire, honteux, qui utilise la misère humaine pour établir encore des séparations d'origine et de culture".

Dans un communiqué publié vendredi, le maire de Strasbourg Fabienne Keller et le président de la Communauté urbaine Robert Grossmann, tous deux UMP, qualifient d'"intolérable" la démarche de Solidarité alsacienne.
"Nous avons immédiatement alerté le préfet afin que tous les moyens réglementaires soient mis en oeuvre pour empêcher cette distribution", précisent les deux élus
Reuters, 13/01/2006 - 19h24

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(Janvier 2006) HOMOPHOBIE Christian Vanneste condamné
Le député UMP du Nord a été condamné à 3.000 euros d'amende pour injures homophobes.

Le député UMP Christian Vanneste a été condamné mardi 24 janvier (2006) à 3.000 euros d'amende par le tribunal correctionnel de Lille (Nord) pour des injures homophobes. Il était absent à l'énoncé du jugement.
Pa ailleurs, trois associations de défense des droits des homosexuels se sont vues attribuer chacune 2.000 euros de dommages et intérêts.

Le 26 janvier, près d'un mois après la promulgation de la loi réprimant les propos injurieux ou diffamatoires "en raison de l'orientation sexuelle", Christian Vanneste avait notamment déclaré dans deux quotidiens nordistes que l'homosexualité était une "menace pour la survie de l'humanité" et que le comportement homosexuel était infirieur sur le plan moral au comportement hétérosexuel.
Le ministère public, qui avait requis la condamnation du député nordiste, n'avait pas précisé le quantum lors de l'audience qui s'était tenue le 13 décembre à Lille. Christian Vanneste encourait jusqu'à six mois de prison et 22.500 euros d'amende. AP
NOUVELOBS.COM | 24.01.06 | 19:58

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mercredi 1 février 2006, 20h14 Les musulmans de France s'insurgent contre la publication des caricatures de Mahomet dans "France Soir"

PARIS (AP) - La polémique sur les caricatures de Mahomet menace de gagner la France. Le Conseil français du culte musulman (CFCM) s'est insurgé mercredi contre la "provocation" que constitue à ses yeux la publication par le quotidien "France Soir" des portraits satiriques du prophète Mahomet qui ont choqué le monde musulman.

"La France est un pays de respect et de tolérance attachée à la liberté d'expression", a rappelé en fin de journée le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué. Pour autant, "elle condamne tout ce qui blesse les individus dans leur croyances ou leurs convictions religieuses", a souligné le Quai d'Orsay.
Dans la matinée, le porte-parole du gouvernement Jean-François Copé avait prudemment noté que la liberté d'expression "doit s'exercer dans un esprit de tolérance et de respect des croyances de chacun".

Le président du CFCM Dalil Boubakeur a fait savoir qu'il "condamne fermement la provocation que constitue la reproduction par un quotidien parisien" de ces dessins déjà diffusés par le journal danois "Jyllands-Posten". "Cet acte fomenté par des cercles racistes et xénophobes met une nouvelle fois en exergue l'islamophobie envers les musulmans et leur religion", estime-t-il dans un communiqué.
"Ces caricatures ont pour objectif de tenter de réaliser la fracture entre l'Islam et l'Occident et favoriser l'avènement du choc des cultures", poursuit Dalil Boubakeur. "Certains cercles de pensées ne peuvent aujourd'hui se cacher derrière le principe de la liberté d'expression dont le détournement est manifeste pour stigmatiser la religion musulmane".
Le recteur de la Grande mosquée de Paris rappelle que le prophète Mahomet est "fortement vénéré par un milliard et demi de croyants" et que "cette atteinte du Sacré, de Dieu et de ses prophètes est insupportable". Les fédérations du CFCM "se réservent le droit de saisir les juridictions compétentes pour faire valeur leurs droits", prévient le président du conseil.

De son côté, le MRAP (mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples) exprime sa "consternation devant cette inquiétante provocation". "Si la liberté d'expression permet à juste titre la critique de toutes les religions, y compris l'Islam, cependant il est des moments et des contextes où la prudence et la vigilance s'imposent à tous", estime l'organisation. "Il en va de la responsabilité de chacun pour éviter les dérives et dérapages aux conséquences incalculables".

Dans son édition de mercredi, "France soir" a publié en pages intérieures l'ensemble des caricatures parues le 30 septembre dans le "Jyllands-Posten" et qui ont déclenché une vague d'indignation et de manifestations dans les pays musulmans. L'un de ces dessins publié en une de ce journal montre le Prophète coiffé d'un turban transformé en bombe.
"Oui, on a le droit de caricaturer Dieu", titre le journal français en première page au-dessus d'un dessin signé Delize où l'on voit Bouddha, Jéhovah, Mahomet et le Christ sur un nuage, Jésus disant: "Râle pas Mahomet... On a tous été caricaturés ici".

Dans une opinion publiée par "France soir", le théologien musulman Sohaib Bencheikh écrit qu'il "faut chercher les frontières entre la liberté d'expression et la liberté de sauvegarder le sacré. (...) Malheureusement, l'Occident a perdu le sens de la transcendance et du sacré. Il ne sait pas sur quoi associer valeur et éthique". AP
yahoo.fr, actualités, mercredi 1 février 2006, 20h14

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Bozonnet se défend d'être un censeur
Il a justifié hier la déprogrammation de Handke du Français.

Dure journée pour Marcel Bozonnet.

L'administrateur de la Comédie-Française a justifié hier, lors de la conférence de presse de présentation de la saison 2006-2007, sa décision de déprogrammer Voyage au pays sonore ou l'art de la question, pièce de Peter Handke prévue en janvier 2007 à l'affiche du Vieux-Colombier.
Il l'a fait sur le ton de la colère, revenant sur le choc qu'avait provoqué en lui sa découverte de la participation de l'écrivain autrichien aux obsèques de Milosevic.
«Pendant trois semaines, j'ai replongé dans cette horreur qu'a été le nettoyage ethnique [...]. Il est devenu impossible de me dire en mon âme et conscience que j'allais accueillir cette personne dans mon théâtre.»
Il s'en est pris à Elfriede Jelinek, prix Nobel de littérature, qui avait dénoncé une «censure» à l'encontre de Handke. «Je ne suis pas un censeur ! Jelinek est tombée sur la tête. La liberté du théâtre, c'est de décider de ne pas programmer une pièce.»

Bozonnet ne peut compter sur l'appui du ministre de la Culture.

A l'heure où il tentait de s'expliquer, Renaud Donnedieu de Vabres rendait publique la lettre qu'il lui a adressée le 3 mai. Tout en affirmant ne pas vouloir «interférer» dans ses choix de programmation et «comprendre et respecter [sa] position de citoyen», le ministre estime que, «dans ces temps troublés, il aurait pu être utile de faire entendre au public [le texte de Handke] venant d'un auteur de réputation internationale».
Pour parachever ce qui ressemble à un désaveu, RDV annonce qu'il recevra dimanche Peter Handke et Bruno Bayen, le traducteur et metteur en scène de la pièce déprogrammée.

La polémique a occulté le reste de la conférence. La saison 2006-2007 s'inscrit dans la droite ligne de choix artistiques qui, depuis cinq ans, ont redoré le blason du Français. On relève l'entrée au répertoire de Koltès (le Retour au désert), et le choix, à la place de la pièce de Handke, d'Orgie de Pasolini.

Dernier point : le mandat de Bozonnet vient à échéance ces prochaines semaines. Tout laissait croire qu'il serait reconduit. L'affaire Handke complique la donne. Le non-renouvellement serait immanquablement interprété comme une conséquence directe de la polémique.
par René SOLIS, Libération, QUOTIDIEN : vendredi 05 mai 2006

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Le discours intégral de l'écrivain autrichien sur la tombe de Milosevic

Le 18 mars (2006), Peter Handke s'est rendu à l'enterrement de Slobodan Milosevic.
Voici l'intégral du discours qu'il a lu à cette occasion et qu'il a ensuite envoyé au journal allemand «Focus». Les annotations entre parenthèses sont les siennes.

«J'aurais souhaité ne pas être le seul écrivain ici, à Pozarevac. J'aurais souhaité être aux côtés d'un autre écrivain, par exemple Harold Pinter. Il aurait eu des paroles fortes. Je n'ai que des paroles de faiblesse. Mais la faiblesse est de mise aujourd'hui, en ce lieu. C'est un jour non seulement de paroles fortes, mais aussi de paroles de faiblesse.

»(Ce qui suit a été prononcé en serbo-croate – texte rédigé par moi seul ! – et retraduit ensuite par moi en allemand).
Le monde, ce qu'on appelle le monde, sait tout sur la Yougoslavie, sur la Serbie. Le monde, ce qu'on appelle le monde, sait tout sur Slobodan Milosevic. Ce qu'on appelle le monde sait la vérité. C'est pourquoi ce qu'on appelle le monde est aujourd'hui absent, et pas seulement aujourd'hui, et pas seulement ici. Ce qu'on appelle le monde n'est pas le monde. Je sais que je ne sais pas. Je ne sais pas la vérité. Mais je regarde. J'entends. Je ressens. Je me souviens. J'interroge. C'est pourquoi je suis présent aujourd'hui, auprès de la Yougoslavie, auprès de Slobodan Milosevic.»

Avec son discours, Handke a envoyé à «Focus» un texte d'accompagnement, qu'il a titré: «Les motifs de mon voyage à Pozarevac, en Serbie, sur la tombe de Slobodan Milosevic.»
«Contrairement à “l'opinion générale”, dont je mets en doute le caractère général, je n'ai pas réagi “avec satisfaction” à la nouvelle de la mort de Slobodan Milosevic, étant de surcroît avéré que le tribunal a laissé mourir le détenu incarcéré depuis cinq ans dans une prison soi-disant «cinq étoiles» (selon les termes du journal français «Libération»). Non assistance à personne en danger: n'est-ce pas un crime? J'avoue avoir éprouvé, le soir qui suivit la nouvelle de sa mort, quelque chose qui ressemblait à du chagrin et qui fit germer en moi, tandis que je marchais dans les petites rues, l'idée d'allumer quelque part une bougie pour le mort.

»Et les choses devaient en rester là. Je n'avais pas l'intention de me rendre à Pozaverac, pour l'enterrement. Quelques jours plus tard, je reçus l'invitation, non pas du parti, mais des membres de la famille qui d'ailleurs assistèrent ensuite pour la plupart à l'enterrement, contrairement à ce qui fut dit. Evidemment, c'est moins cela qui m'incita à faire le voyage que les réactions des médias occidentaux, complètement hostiles à Milosevic (et encore plus hostiles après sa mort), ainsi que les porte-parole du tribunal et de tel ou tel “historien”. Ce fut le langage tenu par eux tous qui m'incita à prendre la route. Non, Slobodan Milosevic n'était pas un “dictateur”. Non, Slobodan Milosevic n'a pas à être qualifié de “boucher de Belgrade”. Non, Slobodan Milosevic n'était pas un “apparatchik”, ni un “opportuniste”. Non, Slobodan Milosevic n'était pas “sans aucun doute” coupable. Non, Slobodan Milosevic n'était pas un “autiste” (quand d'ailleurs les autistes s'opposeront-ils à ce que leur maladie soit utilisée comme une insulte?) Non, Slobodan Milosevic, par sa mort dans sa cellule de Scheveningen, ne “nous” (le tribunal) a pas joué “un vilain tour” (Carla del Ponte, procureure du tribunal pénal international). Non, Slobodan Milosevic, par sa mort, ne nous a pas “coupé l'herbe sous le pied” et ne “nous” a pas “éteint la lumière” (la même). Non, Slobodan Milosevic ne s'est pas soustrait “à sa peine irréfutable de prison à perpétuité”.

»Slobodan Milosevic n'échappera pas en revanche au verdict des historiens, terme d'un “historien”: de nouveau des propos non seulement faux mais indécents. C'est ce langage qui m'incita à tenir mon mini-discours à Pozarevac – ce langage en première et dernière instance. Cela m'a poussé à faire entendre un autre langage, non, l'autre langage, non pas par fidélité envers Slobodan Milosevic, mais envers cet autre langage, ce langage non journalistique, non dominant. En entendant tel ou tel orateur me précédant à Pozarevac, cette impulsion, tout de même: non, il ne faut pas parler après ce général incisif, ni après cet autre membre du parti appelant à la vengeance, qui tous deux tentent d'exciter la foule, laquelle évidemment, exceptés quelques individus isolés qui hurlent avec les loups, ne se laissa d'aucune façon entraîner à une réponse collective de haine ou de colère: car il s'agissait d'une foule d'êtres en deuil, profondément et silencieusement affligés. Telle fut mon impression la plus durable.

»Et c'est pour ces êtres affligés, contre les formules fortes et vigoureuses, que je finis tout de même par ouvrir la bouche, comme on le sait. Au titre de membre de cette communauté en deuil. Réaction: Peter Handke le «claqueur» («Frankfurter Allgemeine Zeitung»). Y a-t-il langage plus délabré que celui-là? Un claqueur, qu'est-ce que c'est? Quelqu'un qui applaudit pour de l'argent. Et où sont les applaudissements? Et je n'ai jamais déclaré non plus être “heureux” («FAZ») auprès du mort. Et où est l'argent? J'ai payé moi-même mon billet d'avion et mon hôtel.

Toutefois, le besoin principal qui m'a poussé à me rendre sur sa tombe était celui d'être témoin. Ni témoin à charge ni témoin de la défense. Est-ce que désormais ne pas vouloir être témoin à charge signifie être témoin de la défense? “Sans aucun doute”, pour reprendre l'un des maîtres mots du langage dominant.»
LIBERATION.FR : jeudi 04 mai 2006 - 18:24, p. 7

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Quinze ans de «cause serbe»

En se rendant le 18 mars aux funérailles de Slobodan Milosevic, Peter Handke avait tenu à saluer la mémoire d'un homme «qui a défendu son peuple».

Sa présence comme ses propos ont déchaîné une nouvelle fois les polémiques, notamment en France, mais le célèbre écrivain autrichien n'a fait qu'assumer avec cohérence les choix qui étaient les siens depuis près de quinze ans.

«Je fais cause commune avec le peuple serbe, pas avec Milosevic. Celui qui n'est pas ouvertement antiserbe est classé immédiatement parmi les proserbes et, donc, méprisé. Celui qui, lorsqu'il entend le mot Milosevic, n'ajoute pas aussitôt "boucher" ou "Hitler des Balkans", est considéré comme un partisan de Milosevic», expliquait ainsi l'écrivain en 1999 à la Süddeutsche Zeitung.
Et il se refusait à une facile «diabolisation» de l'homme fort de Belgrade, convaincu qu'un autre président n'aurait pas agi très différemment.

Les historiens ont amplement souligné le rôle central joué par l'ex-apparatchik communiste reconverti en nationaliste panserbe dans l'éclatement de la Yougoslavie. Quelque quatre ans d'audiences devant le Tribunal pénal international ont conforté le travail des enquêteurs, démontrant comment la guerre avait été planifiée par Belgrade, qui a encouragé les sécessions armées de Serbes de Croatie puis de Bosnie.
Mais cela n'a jamais ébranlé les convictions de Handke, Autrichien né en Carinthie d'une mère slovène et resté, de son propre aveu, «nostalgique» de la défunte Fédération, rappelant volontiers : «Alors qu'en Europe il n'y a plus de frontières, il n'y a que ça dans ce qui fut la Yougoslavie..

«Chiens de guerre».
Dès le début de la guerre, à l'été 1991, l'auteur de la Femme gauchère fait paraître dans Libération un texte, «Ma Slovénie en Yougoslavie», dénonçant les prisons identitaires des petites nations et répondant à l'appel «Il faut sauver la Slovénie» de Milan Kundera, publié en juillet dans nos colonnes. Ses positions deviennent de plus en plus tranchées avec le durcissement de la guerre et l'isolement croissant de Belgrade. En janvier 1996, quelques mois après la signature des accords de paix de Dayton, il revient à la charge avec «Justice pour la Serbie», deux longs reportages pour la Süddeutsche Zeitung, publiés ensuite chez Gallimard.

«Pour la soi-disant opinion publique mondiale, dans cette guerre furent bien trop vite fixés et gravés dans le papier les rôles de l'agresseur et de l'agressé, de l'innocente victime et du méchant», dénonce-t-il de retour de son voyage hivernal en Serbie.
Il conspue ces «chiens de guerre [les journalistes, ndlr], qui confondent leur métier d'écriture avec celui de juge ou de démagogue».
Et ricane avec une hargne odieuse sur l'un des envoyés spéciaux de Libération en Bosnie, Jean Hatzfeld, qui y fut gravement blessé : «Un journaliste sportif, vif, parfois agréable à lire, qui brilla surtout par ses reportages sur le Tour de France.»
Ce plaidoyer pro-Belgrade déclenche un tollé d'autant plus virulent qu'il n'évoque qu'incidemment les tueries de juillet 1995 dans l'enclave musulmane de Srebrenica, avec de lourds sous-entendus : «Comment peut-on expliquer un tel massacre perpétré sous les yeux de l'opinion publique mondiale ?» Dans une interview à Libération, il explique le parti pris de son récit impressionniste, «quasiment personne n'a raconté la Serbie pendant cette guerre sauf pour y chercher des indices de ses crimes».

Digressions.
La montée des tensions ou Kosovo puis, au printemps 1999, l'intervention de l'Alliance atlantique ont encore un peu radicalisé les positions de Peter Handke, qui part pour Belgrade afin de protester contre la décision «de l'Otan de bombarder jusqu'au dernier des Serbes».
En 2002 alors que débute le procès de Slobodan Milosevic, il part à La Haye faire un reportage pour la Süddeutsche Zeitung sur cette cour créée par l'ONU pour juger les crimes les plus graves commis en ex-Yougoslavie. Une fois de plus, le récit est intimiste, anecdotique, plein de digressions sur son enfance ou son intérêt précoce pour la justice.
Il ne parle qu'incidemment du travail des juges, des preuves recueillies, des dépositions des témoins, sinon pour dénoncer une machination de la communauté internationale. Ce que martelait aussi l'accusé.
Handke affiche un soutien radical à Milosevic, avec hargne et sous-entendus, par Marc SEMO, Libération, QUOTIDIEN : jeudi 04 mai 2006

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lundi 22 mai 2006, 22h34 Suspension de l'université Lyon 3 confirmée pour Bruno Gollnisch

LYON (Reuters) - Le Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche (Cneser) a confirmé en appel la suspension pour cinq ans de Bruno Gollnisch de l'université Lyon 3 avec privation de la moitié de son traitement.

Cette décision vient confirmer celle prise le 4 mars 2005 par l'université Jean Moulin Lyon 3 où le n°2 du Front national enseignait la civilisation japonaise.

Le Cneser a considéré que les propos prononcés par Bruno Gollnisch le 11 octobre 2004, lors d'une conférence de presse, étaient discriminatoires envers l'historien Henri Rousso.
Ce dernier a signé un rapport sur la présence négationniste au sein de l'université et "contraires à l'idéologie universitaire".
Le Cneser estime encore que les propos tenus ce jour-là par l'euro-député d'extrême-droite étaient "ambiguës" et "jetaient le doute sur l'existence des chambres à gaz".

Bruno Gollnisch dispose encore de deux mois pour saisir le Conseil d'Etat et demander l'annulation de cette décision de suspension.

Le procès en correctionnel de Bruno Gollnisch, poursuivi pour "contestation de crime contre l'humanité" dont l'audience était fixée au mardi 23 mai 2006, devrait par ailleurs être reporté à l'automne dans l'attente de l'appel formulé par le parquet de Lyon à l'encontre du non-lieu prononcé par le doyen des juges, Jacques Chauveau.
Cet arrêt est attendu pour le 13 juin.
Yahoo.fr, actualités,

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(Octobre 2006) Pressions du lobby pro-israélien sur les intellectuels américains Libération, 7/8 octobre 2006, p. 7, Par Pascal RICHE
L'historien Tony Judt interdit de conférence par peur de représailles.

L'autocensure décidée sous la pression n'est pas réservée au débat européen touchant à l'islam, en témoigne l'affaire qui agite depuis quelques jours les intellectuels américains.

Liberté d'expression.

L'historien Tony Judt, éminent professeur à l'université de New York, devait donner mardi soir au consulat polonais une conférence sur le lobby pro-israélien aux Etats-Unis. Quelques heures avant le début de la conférence, le consul général, Krzysztof Kasprzyk, décide d'annuler la conférence.
Après avoir parlé au président de l'Anti-Defamation League (ADL), association de lutte contre l'antisémitisme, il a pris peur d'une campagne contre son pays.
Scandalisé, Judt considère que l'affaire pose la question de la liberté d'expression aux Etats-Unis : «Il y a des similarités avec les récents problèmes que vous avez eus en Europe. Nous avons ici des imams juifs, mais non religieux», nous déclarait-il hier.

L'affaire émeut le monde universitaire, au-delà des frontières américaines. Une pétition circule. Car Tony Judt, Britannique de 58 ans, juif, n'a pas vraiment le profil d'un antisémite. Militant sioniste dans sa jeunesse, il est depuis devenu très critique de l'occupation des Territoires palestiniens. Très indépendant d'esprit, c'est aussi un ancien élève de l'Ecole normale supérieure, ami de nombreux intellectuels français.

Le directeur de l'ADL, Abe Foxman, dément avoir exercé une quelconque «pression», et le Consul affirme qu'il a pris sa décision «de lui-même» après avoir entendu les «préoccupations» de l'ADL. Selon Judt, pourtant, l'ADL l'aurait menacé d'une campagne de presse.

L'affaire vient s'ajouter à d'autres récents incidents similaires. Plusieurs universitaires sont dans le collimateur des lobbies pro-israéliens. Le professeur Juan Cole (université du Michigan) s'est vu fermer la porte de Yale, et son collègue Joseph Massad (Columbia), à la suite de protestations, a fait l'objet d'une enquête pour antisémitisme (qui l'a blanchi).
A New York, une pièce de théâtre consacrée à la militante américaine propalestinienne Rachel Corrie, écrasée par un bulldozer israélien, a été déprogrammée sous la pression, et un architecte réputé, Richard Rogers, a été menacé de perdre des chantiers s'il ne coupait pas les liens avec un groupe appelant au boycott d'Israël.

Pas d'éditeur.

Enfin, deux auteurs, John Mearsheimer, de l'université de Chicago, et Steven Walt, doyen de la prestigieuse Harvard Kennedy School of Government, n'ont pas réussi à trouver d'éditeur américain pour leur étude consacrée au lobby pro-israélien. Leur travail a finalement été publié par The London Review of Books.
Libération, 7/8 octobre 2006, p. 7, Par Pascal RICHE QUOTIDIEN : Samedi 7 octobre 2006 - 06:00

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Libération, mercredi 6 décembre 2006 «Offensé», Gollnisch en passe par le procès
Le numéro 2 du FN attaquait hier sept élus de la région Rhône-Alpes pour diffamation.

Quand le numéro 2 du FN «s'offense» ... Hier, la 6e chambre du tribunal correctionnel de Lyon examinait une plainte de Bruno Gollnisch, conseiller régional Front national, qui s'estime diffamé par ses collègues rhônalpins, énième épisode judiciaire consécutif à ses propos sur les chambres à gaz du 11 octobre 2004 :
«Je ne nie pas les chambres à gaz homicides. Mais je ne suis pas spécialiste de cette question et je pense qu'il faut laisser les historiens en discuter

Aux côtés de Jean-Jack Queyranne, président PS de la région Rhône-Alpes, six présidents de groupes politiques régionaux (PS, PC, Verts, Radicaux, UDF et UMP) ont également été renvoyés à la demande du juge d'instruction.

Confortable.
Le texte pour lequel les sept élus sont poursuivis avait été lu par Jean-Jack Queyranne le 19 octobre 2004 en assemblée plénière au nom des présidents de l'ensemble des groupes politiques régionaux.
Ce texte dénonçait «des propos clairement négationnistes et à fortes connotations racistes [...] qui nous renvoient aux pires moments de notre histoire».

Hier, à la barre, Bruno Gollnisch s'est dit «offensé» et «indigné» par cette réaction. Mais il est également revenu sur l'origine de l'affaire, à savoir les propos qu'il avait lui-même tenus lors de cette fameuse conférence de presse. Le parquet de Lyon, après hésitation, avait décidé de le poursuivre pour contestation de crime contre l'humanité. Le procès a eu lieu il y a un mois, mais le jugement ne sera rendu que le 18 janvier.
Position confortable pour Bruno Gollnisch qui, n'ayant pas été condamné par la justice, continue de contester l'interprétation de ses propos par la presse et, donc, la condamnation politique qui en découlait de la part des autres élus du conseil régional.

Absences.
Hier, le président socialiste et les quatre présidents des groupes de gauche sont venus répéter qu'ils assumaient pleinement le texte lu par Jean-Jack Queyranne.
Thierry Cornillet (UDF) et Hervé Gaymard (UMP) avaient, eux, fourni des mots d'excuses. Une assemblée au Val-d'Aoste pour le premier, une réunion «à l'appel du président de la République» pour le second. Des absences que Fernand Schir, le président de la 6e chambre a qualifié de «très regrettables». A défaut de leur témoignage, il s'est contenté de lire leurs dépositions devant le juge d'instruction. Déclarations brèves où les deux élus expliquaient qu'ils avaient donné leur accord express pour la lecture de ce texte mais où ils précisaient qu'ils n'avaient en aucun cas participé à sa rédaction. «On n'est pas loin de l'insu du plein gré», a ironisé le président.

Le procureur a requis la relaxe de tous les élus et le jugement a été mis en délibéré au 18 janvier prochain. Deux autres plaintes ont été déposées par Bruno Gollnisch, contre un adjoint de la ville de Lyon et contre le recteur d'académie qui avaient également réagi à ses propos. Elles sont encore en cours d'instruction.
Libération, 6 décembre 2006, p. 13, Par Alice GERAUD QUOTIDIEN : mercredi 6 décembre 2006

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jeudi 18 janvier 2007 Prison avec sursis pour Gollnisch
Le numéro 2 du FN était poursuivi pour «contestation de l’existence de crime contre l’humanité par paroles».

«Je ne remet pas en cause les déportations ni les millions de morts des camps nazis» mais «quand à savoir la façon dont ces gens sont morts, ce débat doit avoir lieu». Ces propos, tenu par Bruno Gollnisch, lors d’une conférence de presse à Lyon le 11 octobre 2004, lui ont valu jeudi une condamnation de trois mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Lyon. Cette sanction est assortie d’une amende de 55.000 euros, à répartir entre les neuf parties civiles.

Le jour de l’hommage rendu aux «Juste de France», le tribunal a en outre exigé du numéro deux du FN, récemment nommé à la tête du nouveau groupe d’extrême-droite au Parlement européen, qu’il finance la publication de ce jugement dans la presse.

L’audience s’était déroulée les 7 et 8 novembre derniers après de multiples reports. Gollnisch était poursuivi pour «délit de contestation de l’existence de crime contre l’humanité par paroles» et encourait jusqu’à un an de prison mais aucune peine d’inéligibilité. Le procureur de la République avait alors requis 10.000 euros d’amende à l’encontre du délégué général du FN; son avocat, Me Wallerand de Saint-Just avait plaidé la relaxe.

Bruno Gollnisch n'a pas tardé à réagir à sa condamnation. Dans un communiqué, il a dénoncé «une grave dérive de la police de la pensée» et une «défaite de la liberté d'expression». »La loi du communiste Gayssot (qui date de 1990), censée protéger la mémoire, n'aboutit qu'à interdire toute discussion sur l'histoire», poursuit-il. Le numéro deux du FN fera «naturellement appel de ce jugement» car il estime que «rien n'est plus insupportable que l'injustice de la justice».
Par A.D. (avec agences), LIBERATION.FR : jeudi 18 janvier 2007

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jeudi 8 février 2007, 22h30 Caricatures: relaxe requise par le parquet pour Charlie Hebdo

PARIS, 8 février (Reuters) - Le parquet a requis la relaxe de Charlie Hebdo et de son directeur Philippe Val, jugés en correctionnelle à Paris pour la publication de trois dessins de Mahomet jugés racistes par des organisations musulmanes.

Le substitut du procureur Anne de Fontette a estimé que les caricatures relevaient de la liberté d'expression et ne s'en prenaient pas à la religion musulmane, mais à l'intégrisme.

Le jugement a été mis en délibéré au 15 mars.

"L'intégrisme ne désigne pas tous les musulmans", a dit jeudi la représentante du ministère public.

"Ce qui est en évidence dans ces caricatures, ce n'est pas l'obscurantisme supposé de la religion musulmane, son prosélytisme ou encore ses défauts, c'est la dénonciation de l'utilisation qu'en font les terroristes qui prétendent agir en son nom", a-t-elle dit.

Cette prise de position était très attendue car le parquet n'était pas à l'origine des poursuites. Lors de publication en février 2006 des dessins, le président Chirac avait dénoncé une "provocation manifeste".

Anne de Fontette a défendu le principe de la liberté d'expression, relevant que la Cour européenne des droits de l'homme en acceptait une très large application, notamment en matière de religion.

Elle a même rendu un hommage indirect à Charlie Hebdo, devenu, a-t-elle dit, "pour nombre de nos concitoyens le reflet vivant de la liberté de la presse dans une société démocratique qui ne peut être théocratique".

Auparavant, les avocats des plaignants, la Grande mosquée de Paris, l'Union des organisations islamiques de France et la Ligue islamique mondiale, avaient défendu l'idée que l'hebdomadaire satirique avait insulté les croyants musulmans.

Ils ont soutenu qu'ils n'entendaient pas s'en prendre à la liberté d'expression ou établir un délit de blasphème, mais dénoncer ce qu'ils considèrent comme du racisme.

LIBERTE D'EXPRESSION

Plusieurs témoins ont encore soutenu Charlie Hebdo à la barre, dont François Bayrou. "Je suis croyant, j'ai un attachement pour les religions et si j'avais été directeur d'un de ces journaux, je n'aurais pas publié (ces dessins). Mais au-dessus de cela, il y a le pilier central de nos sociétés qui est la liberté d'expression", a dit à la barre le candidat UDF à la présidentielle.

"Bien sûr, ces expressions sont vigoureuses, acides, caustiques, mais est-ce qu'elles portent atteinte aux fondements de la foi ? Je ne le crois pas", a-t-il ajouté.

La veille, le candidat UMP à l'Elysée Nicolas Sarkozy et le premier secrétaire du PS François Hollande avaient exprimé un point de vue similaire, respectivement dans une lettre lue à l'audience et à la barre du tribunal.

Philippe Val est poursuivi par la Grande mosquée de Paris, l'Union des organisations islamiques de France et la Ligue islamique mondiale pour "injures publiques envers un groupe de personnes en raison de leur appartenance à une religion", accusation passible en théorie de six mois de prison et 22.500 euros d'amende.

Sur les trois dessins visés par la poursuite, deux publiés initialement en 2005 au Danemark par le quotidien Jyllands-Posten, montrent pour l'un le prophète Mahomet avec une bombe dans son turban et pour l'autre, le même personnage accueillant des kamikazes au paradis et déclarant, "stop, on est à court de vierges".

Le troisième dessin attaqué, oeuvre du dessinateur Cabu et publié en couverture de Charlie Hebdo, montre, avec un titre "Mahomet débordé par les intégristes", le prophète qui se voile les yeux et dit : "c'est dur d'être aimé par des cons".

A la barre, le journaliste Mohamed Sifaoui a estimé que c'étaient les fondamentalistes musulmans et non les journaux occidentaux qui avaient commencé à associer islam et violence dans leurs représentations.

Il a montré au tribunal le drapeau de l'Arabie saoudite, qui associe la phrase "il n'est de Dieu que Dieu et Mahomet est son prophète", pilier de l'islam, avec un sabre.
Yahoo.fr, actualités, jeudi 8 février 2007, 22h30

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jeudi 22 mars 2007, 14h41 Charlie Hebdo relaxé dans l'affaire des caricatures de Mahomet

PARIS (Reuters) - Le tribunal correctionnel de Paris a relaxé le directeur de Charlie Hebdo, Philippe Val, qui était poursuivi pour "injures raciales" après la publication en 2006 de trois caricatures du prophète Mahomet.

Les juges ont suivi le parquet qui avait requis cette relaxe lors de l'audience, en février. Charlie Hebdo avait alors reçu le soutien de nombreuses personnalités, dont François Bayrou, François Hollande et Nicolas Sarkozy.

L'Union des organisations islamiques de France (Uoif), un des trois plaignants, a annoncé son intention de faire appel. L'affaire sera donc rejugée dans un délai d'environ un an.

La Grande mosquée de Paris a en revanche dit qu'elle ne ferait pas appel. La Ligue islamique mondiale, troisième plaignant, ne s'est pas prononcée.

"Je suis content, pas uniquement pour Charlie, mais pour nous tous. C'est une bonne nouvelle pour ceux qui croient à la liberté d'expression et pour les musulmans laïcs et républicains", a dit Philippe Val.

Sur les trois dessins en question, deux ne visent pas l'ensemble des musulmans mais les intégristes et ils sont donc totalement légaux, sans ambiguïté, a dit le tribunal.

MAHOMET ET UNE BOMBE

Le premier, initialement publié au Danemark en 2005 par le journal Jyllands-Posten, montrait Mahomet accueillant des kamikazes au paradis et déclarant : "Stop, on est à court de vierges".

Le deuxième, oeuvre du dessinateur Cabu et publié en couverture de Charlie Hebdo, montrait, avec un titre "Mahomet débordé par les intégristes", le prophète qui se voile les yeux et dit : "C'est dur d'être aimé par des cons".

En revanche, le troisième dessin visé, également repris de Jyllands-Posten et qui montre Mahomet portant une bombe dans son turban, est "en soi et pris isolément, de nature à outrager l'ensemble des adeptes de la foi musulmane", ajoutent les juges.

Selon eux, se publication doit cependant être replacée dans le contexte général de l'édition de Charlie Hebdo, qui traitait de l'intégrisme et des problèmes de la liberté d'expression posés par les violences ayant agité l'ensemble du monde musulman après la publication des caricatures au Danemark.

"(Le dessin) ne peut qu'être regardé comme participant à la réflexion dans le cadre d'un débat d'idées sur les dérives de certains tenants d'un islam intégriste ayant donné lieu à des débats violents", écrit le tribunal.

"Les limites admissibles de la liberté d'expression n'ont pas été dépassées, les dessins litigieux participant au débat public d'intérêt général", conclut-il.

Me Francis Szpiner et Christophe Bigot, avocats de la Grande mosquée de Paris, se sont dit satisfaits de la partie du jugement concernant ce troisième dessin. "Le tribunal partage une partie de notre analyse", a dit Me Szpiner. "Ce jugement pose des jalons pour l'avenir", a ajouté Me Bigot.

Ce procès est parmi les premiers en Europe à traiter directement de la question soulevée par des dessins du quotidien Jyllands-Posten.

Ils avaient provoqué une vague de violences dans le monde musulman et un boycottage des produits danois par de nombreux pays. La justice danoise a déjà décidé de ne pas engager de poursuites pénales sur des plaintes similaires.

Les plaignants français demandaient des dommages et intérêts et la publication d'un jugement reconnaissant l'existence du délit d'"injures publiques envers un groupe de personnes en raison de leur appartenance à une religion", en théorie passible de six mois de prison et de 22.500 euros d'amende.
Yahoo.fr, actualités, jeudi 22 mars 2007, 14h41

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mardi 3 avril 2007, 18h57 La Nouvelle République et le préfet d'Indre-et-Loire poursuivis par le Mrap

TOURS (AFP) - La Nouvelle République est citée à comparaître jeudi devant le tribunal correctionnel de Paris avec le préfet d'Indre-et-Loire à la suite d'une plainte du Mrap pour "provocation à la discrimation et la haine raciale", a indiqué mardi le quotidien de Tours.

Le Mrap (mouvement contre le racisme et pour l'amitié des peuples) reproche au quotidien la publication sur son blog de commentaires autour d'une interview du préfet d'Indre-et-Loire, Paul Girot de Langlade, dans laquelle ce dernier évoquait, le 23 novembre, la "délinquance" des gens du voyage.

La plainte du Mrap vise le résumé de l'interview qui ouvrait le blog ainsi que le caractère jugé "outrancier" d'une des 140 réactions publiées sur le site internet du journal.

Le Mrap s'est constitué partie civile contre le président du Directoire de la Nouvelle République, Olivier Saint-Cricq, directeur de publication du site lanouvelllerepublique.fr, "comme auteur principal des délits de provocation à la discrimination et à la haine raciale et de diffamation publique et raciale".

L'association poursuit le préfet d'Indre-et-Loire comme "complice". La préfecture interrogée par l'AFP a confirmé ces poursuites, en se refusant à tout commentaire.

La "NR" s'interroge de son côté sur les motivations de cette action en justice, soulignant que le blog incriminé avait veillé à équilibrer les réactions dont la majorité étaient plutôt critiques à l'égard des propos du préfet.

Dans un article publié mardi, le quotidien relève que, contrairement à d'autres associations, le Mrap n'a pas réagi ni cherché à s'exprimer dans les colonnes du journal sur cette affaire avant de déposer sa plainte le 22 février dernier, trois mois après les faits et 24 heures seulement avant le délai légal de prescription.

Le Mrap réclame 50.000 euros de dommages et intérêts, une somme "très loin du symbolique", constate la "NR".

L'affaire doit être jugée par la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris spécialisée dans les affaires de presse.
Yahoo.fr, actualités, mardi 3 avril 2007, 18h57

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Le directeur de la rédaction de l'Express dénonce des pressions de Dati
NOUVELOBS.COM | 01.11.2007 | 13:27

Christophe Barbier explique sur son blog avoir subi "un déluge d'interventions" de la part de l'entourage de la garde des Sceaux après la publication d'une enquête sur son CV.

Le directeur de la rédaction de l’Express, Christophe Barbier, dénonce sur son blog des pressions de la part de l’entourage de la ministre de la Justice Rachida Dati. Après la publication par l'hebdomadaire d'un dossier sur la garde des Sceaux, il affirme avoir reçu un "déluge d’interventions dissuasives.".

L'Express révélait dans le dossier, qui faisait la une du journal, que le dossier d’admission à l’Ecole nationale de la magistrature de Rachida Dati fait mention d’un diplôme de MBA du groupe HEC-ISA, qu’elle n’a pas.

Racisme

La Chancellerie parle, elle, d'une erreur administrative et assure que "n’a jamais prétendu avoir ce diplôme".
Mais pour ce faire, "Madame la ministre, avec un curieux sens des priorités et un sang-froid très limité, remue ciel et terre contre L’Express, explique Christophe Barbier qui affirme que celle-ci "fait appeler l'hebdomadaire par son entourage, et lui demande de relayer des menaces incroyables: "Je vais aller à la télévision dire que c’est un journal raciste!"

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L’ex-chef du GUD, agrégé de droit, trouble l’université VÉRONIQUE SOULÉ, Libération QUOTIDIEN : samedi 23 février 2008, p. 15

Jamais les résultats d’un concours de l’enseignement supérieur n’avaient provoqué un tel séisme. Le 9 février, Benoît Fleury, l’ex-chef du GUD, violent groupuscule d’extrême droite, a été reçu major de l’agrégation en histoire du droit, le propulsant dans le cénacle universitaire. Passé le choc, la mobilisation s’organise. Fait rare, dans une déclaration publique, douze professeurs de droit s’inquiètent pour «le rayonnement» de leur discipline, tandis qu’à Poitiers, où il devrait être nommé, des étudiants lancent une pétition contre sa venue.

Benoît Fleury, 31 ans, s’est fait connaître comme patron du GUD (Groupe union défense ou droit, selon les versions) de 1995 à 2000 à Assas, haut lieu de l’extrême droite universitaire à Paris. Créé en 1968 et dissout au début des années 2000, le GUD est un mouvement ouvertement raciste et antisémite redouté pour sa violence.

«Lord» - le surnom de Fleury - revendique alors haut et fort sa fibre «fasciste, au sens italien du terme» et son admiration pour le national-socialiste belge Léon Degrelle, dans l’Echo des Savanes en 1999. Surtout il aime la baston. Il est à plusieurs reprises exclu d’Assas pour agressions, injures racistes, manifestations antisémites, etc. En 1998, il écope de trois mois de prison pour avoir attaqué d’autres militants d’extrême droite.

Amnistiées.

Mais depuis le début des années 2000, il semble s’être rangé, après une ultime bataille, perdue, pour obtenir une bourse et un poste à Assas. Il a fait une thèse sur L’abdication dans le droit public européen de l’époque moderne, sous la direction de Jean-Marie Carbasse, un universitaire respecté et classé à droite. Il est devenu chargé de travaux dirigés à Rouen, puis maître de conférences à Montpellier-I. Ses condamnations ont par ailleurs été amnistiées, lui permettant de présenter un casier judiciaire vierge à l’agrégation d’histoire du droit, un concours qui se déroule tous les deux ans.

Mais pour les étudiants de Poitiers, une université très engagée durant la lutte contre le contrat première embauche et, l’an dernier, contre la loi sur l’autonomie des universités, le passé pèse trop lourd. «Il incarne une droite extrême et nauséabonde», écrit la pétition qui circule sur le Net (www.poitiersditnon.fr), «l’Université de Poitiers et son UFR [ faculté, ndlr ] de droit, le plus vieux de France, tiennent à garder leur honneur et leurs valeurs humanistes et républicaines.»

Prudents, les douze professeurs d’université (1) qui ont signé une déclaration (voir Libération.fr) soulignent qu’ils ne remettent nullement en cause le jury du concours qui a décerné la première place à Fleury. Mais ils rappellent que la loi «réprime les actes et discours racistes, antisémites et négationnistes et que les enseignants d’une discipline à la fois historique et juridique doivent se sentir particulièrement responsables du respect des dispositions destinées à protéger la dignité humaine contre la haine et le mensonge». Ce qui inquiète le plus est le silence de Benoît Fleury, que Libération a cherché à joindre. Les sites d’extrême droite ont salué sa réussite à l’agrégation, comme s’il restait l’un des leurs. Lui-même ne s’est jamais dédit. En 2005, il contestait encore auprès du Conseil d’Etat - qui l’a débouté - le refus de la présidence d’Assas de lui décerner une allocation de recherches.

Veto.

«Nous ne deviendrons pas un deuxième Lyon [Lyon-III fut un bastion universitaire du révisionnisme, ndlr] , assurent les étudiants de Poitiers. Lundi, la question doit être évoquée lors d’un conseil d’administration. Le représentant étudiant, Stéphane Séjourné, va demander au président de s’opposer à la nomination de Fleury. «La nouvelle loi nous donne bien un droit de veto, mais pas sur les postes des agrégés du supérieur comme lui», explique le président Jean-Pierre Gesson. «Nous aurions préféré qu’il aille ailleurs», poursuit-il, allusion au fait que Fleury avait d’abord songé à Nîmes, et aux tensions au sein de son université, «mais je ne peux rien faire si ce n’est rappeler que nous avons des règles et qu’en cas de dérapage, je recourrai au conseil de discipline». Fleury devrait être reçu jeudi par le doyen de la fac de droit, s’il ne s’est pas découragé d’ici là.

(1) P. Arabeyre, J-M. Augustin, M. Bouvet, C. Bruschi, D. Deroussin, N. Dockes, F. Garnier, E. Gasparini, J-L. Halperin, C. Lauranson-Rosaz, C. Leveleux-Teixeira, J. Poumarede.

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ollé après les propos de Nicolas Sarkozy sur les libertés en Tunisie mardi 29 avril 2008, 19h46 | AFP

Les propos du président français Nicolas Sarkozy affirmant que "l'espace des libertés progresse" en Tunisie où il effectue depuis lundi une visite d'Etat de deux jours, ont soulevé mardi un tollé de la part des défenseurs des droits de l'homme.

"Aujourd'hui, l'espace des libertés progresse. Ce sont des signaux encourageants que je veux saluer", a déclaré lundi soir Nicolas Sarkozy à Tunis en préambule à un dîner offert par son homologue tunisien Zine El Abidine Ben Ali.

"Ces signaux, ces réformes s'inscrivent sur un chemin étroit et difficile, mais essentiel, celui de la liberté et du respect des individus. Ce chemin, aucun pays ne peut prétendre l'avoir entièrement parcouru et personne ne peut se poser en censeur", a insisté le président français.

Mardi, des défenseurs tunisiens des droits de l'homme se sont dit "déçus" par les déclarations du président français.

"Je suis déçue. Il ne s'agit pas de donner des leçons mais de reconnaître la réalité. Je vois que le président Sarkozy ne s'intéresse pas à la réalité de ce pays", a déclaré à l'AFP Khadija Cherif, militante des droits de l'homme et présidente d'une ONG féministe.

"Sa priorité c'est le commerce, mais il devrait savoir que le développement ne peut être seulement économique", a-t-elle ajouté, jugeant les déclarations de M. Sarkozy comme "une marque de mépris pour la société civile tunisienne".

"Si des garanties ont été données à M. Sarkozy pour que les libertés progressent, tant mieux! C'est notre demande", s'est étonné de son côté Mokhtar Trifi, président de la Ligue de défense des droits de l'homme (LTDH). Et d'ajouter que "malheureusement sur le terrain nous n'avons pas remarqué de progrès notables, c'est peut-être même le contraire qui se passe en réalité aujourd'hui".

En France, le Parti socialiste a accusé M. Sarkozy d'avoir "légitimé la politique de répression" en Tunisie et d'avoir "envoyé un signal aux conséquences gravissimes et dramatiques" pour tous les combattants des droits de l'Homme dans ce pays.

"Les déclarations de Nicolas Sarkozy laissent le sentiment d'une scandaleuse hypocrisie", a jugé dans un communiqué Razzy Hammadi, secrétaire national du PS. "Ses déclarations inacceptables l'ont amené à légitimer la politique de répression du régime tunisien", a-t-il ajouté.

Quant à l'organisation de défense de la presse Reporters sans frontières (RSF), elle a jugé "inadmissibles" les propos de M. Sarkozy. Pour elle, "la liberté d'expression reste une utopie en Tunisie. La presse n'y fait que glorifier le bilan du président Zine el-Abidine Ben Ali et les journalistes indépendants et leurs familles sont victimes d'un harcèlement continu".

"Les défenseurs des droits de l'homme et les syndicalistes n'échappent pas non plus à ce traitement", a souligné RSF pour qui la déclaration présidentielle "est un coup de poignard dans le dos des militants tunisiens qui attendaient beaucoup de la visite du président français".

La secrétaire d'Etat aux droits de l'homme Rama Yade, qui accompagnait M. Sarkozy, a reçu mardi après-midi à Tunis Mokhtar Trifi, au deuxième jour de la visite d'Etat.

"Toutes les questions ont été abordées. Je lui ai dit ce que je pense de la situation des droits de l'Homme en Tunisie, qui ne s'est pas améliorée, et que nous espérons que les engagements pris par les autorités tunisiennes devant les instances internationales à New York ou à Genève seront tenus", a déclaré Me Trifi à la presse à l'issue de l'entretien.

"Je lui ai également dit que l'on comptait sur la France pour que cette situation s'améliore et que ce ne soit pas que des effets d'annonce, comme c'est le cas actuellement", a-t-il poursuivi.

"Mme Yade m'a informé qu'elle avait évoqué les questions des droits de l'homme avec tous ses interlocuteurs (officiels) dans un esprit positif et en détails", a également indiqué Mokhtar Trifi.

La secrétaire d'Etat a fait savoir par son cabinet à Paris qu'elle ne s'exprimerait pas publiquement pendant la visite de M. Sarkozy.

Mme Yade a par ailleurs annulé un rendez-vous prévu mardi avec l'Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), selon sa présidente Khadija Cherif.

"L'explication qui m'a été donnée, c'est que Mme Yade avait un programme chargé (...) et qu'elle avait pris du retard", a expliqué Mme Cherif à la presse. "A mon avis, l'explication est politique. On ne veut pas froisser le gouvernement tunisien. Notre association, malgré notre indépendance et notre ton modéré, n'est pas acceptée par les autorités", a-t-elle rappelé.

Me Trifi a de son côté indiqué que Rama Yade lui avait promis qu'elle recevrait la responsable de l'ATDF mercredi avec d'autres associations.

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mardi 29 avril 2008, mis à jour à 16:31 Le Monde

Maghreb Rama Yade annule une rencontre avec des Tunisiennes De notre envoyée spéciale Dominique Lagarde

En visite officielle en Tunisie au côté du président Nicolas Sarkozy, la secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme a annulé ce mardi matin son rendez-vous avec l'association tunisienne des femmes démocrates. Un recul diplomatique pour éviter de froisser le président Zine El Abidine Ben Ali.

Elles avaient prévu des fleurs et des pâtisseries tunisiennes. L’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD) s’apprêtait, ce mardi matin, à recevoir autour d’un café Rama Yade, la secrétaire d’Etat française aux droits de l’homme. Celle-ci a annulé, à la dernière minute, la visite prévue. Motif officiel: un programme trop chargé…

Une explication qui ne convainc personne. Les associations indépendantes mais néanmoins reconnues par les autorités se comptent, en Tunisie, sur les doigts d’une main. L’ATFD est l’une d’elle. Les Français voulaient en faire un peu, mais point trop, sur les droits de l’homme.

Une rencontre qui se voulait consensuelle

A la suite de pourparlers entre le cabinet de Rama Yade et la fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), il avait été décidé que la secrétaire d’Etat se contenterait de deux rendez-vous avec les représentants de ce qu’on appelle ici la "société civile" - en clair les démocrates et les militants des droits de l’homme: le bureau de l’ATDF et le président de la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH), Moktar Trifi.

Le samedi 26 avril, le numéro deux de l’ambassade de France, Jean François Cazenove, avait donc appelé Khedija Cherif, la présidente de l’ATFD, pour lui faire part du désir de Rama Yade de rencontrer les responsables de cette association de femmes, modernes et laïques. L’organisation de la rencontre avait fait l’objet de plusieurs échanges téléphoniques. La secrétaire d’Etat souhaitait que le débat porte sur le thème, fédérateur et politiquement correct, des violences faites aux femmes.

Un rendez-vous annulé à la dernière minute

Cette condition avait été acceptée et rendez-vous pris pour ce mardi 29 avril à 12h15, au siège de l’association. Au même moment, le chef de l’Etat prendrait la parole devant un parterre d’hommes d’affaires; Rama Yade n’avait pas besoin d’en être. Khedija Cherif avait convié les membres du bureau de l’association ainsi que ses anciennes présidentes, une petite douzaine de femmes au total, à participer à la rencontre.

Mais une demi-heure avant l’arrivée de Rama Yade, Jean François Cazenove, contacté par Khedija Chérif qui souhaitait une ultime confirmation du rendez vous, lui expliquait que celui-ci avait été purement et simplement annulé…

Des pressions du pouvoir tunisien

Pour la présidente et les militantes de l’ATDF, abasourdie, il n’y a aucun doute: Rama Yade et les autorités françaises ont reculé pour ne pas déplaire au président Zine El Abidine Ben Ali qui ne voulait pas de cette rencontre. Il faut dire que, lundi soir, le chef de l’Etat français avait prononcé un discours particulièrement flagorneur, vantant sans rire les progrès de la Tunisie en matière de libertés individuelles….

"Nous considérons que l’égalité entre les hommes et les femmes ne peut pas être dissociée de la liberté et de la démocratie. Nous appuyons notre combat sur la déclaration universelle des droits de l’homme. Cela gêne le pouvoir tunisien. Ils ont fait pression et Sarkozy a cédé" analyse Khédija Chérif.

Pour elle, comme pour les autres militantes de l’ATFD, ce rendez-vous manqué témoigne surtout du "mépris pour les femmes et la société civile tunisienne" des autorités françaises. "Seuls comptent pour Sarkozy les contrats industriels!" renchérit Sana Benachour, une autre militante de cette association qui regroupe pour l’essentiel des universitaires et des membres des professions libérales.

Un recul decevant

"Pourquoi, s’interroge une ancienne présidente de l’association, Sarkozy a-t-il éprouvé le besoin d’emmener Rama Yade à Tunis? Il aurait mieux fait de s’en abstenir, comme pour la Chine!" L’ATDF a-t-elle été sanctionnée pour avoir rendue publique la rencontre prévue? "Ce serait scandaleux, s’insurge sa présidente. Nous avons pignon sur rue, nous n’avons pas l’habitude qu’on vienne nous voir en cachette."

Rama Yade n’avait pourtant ce mardi matin que deux rendez vous, avec le ministre tunisien de la justice, également chargé des droits de l’homme, ainsi que son homologue, secrétaire d’Etat aux affaires étrangères. L’incident, assurément, ne grandit pas la diplomatie française. Le bouquet de fleurs, lui, a été offert à la secrétaire de l’ATDF.

La secrétaire d’Etat a néanmmoins trouvé le temps de s’entretenir en début d’après-midi une petite heure avec le président de la Ligue tunisienne des droits de l’homme, Moktar Trifi. Elle lui a affirmé avoir évoqué, avec tous ses interlocuteurs officiels, la question de la Ligue, dont les activités sont paralysés depuis 8 ans. Moktar Trifi ne lui a pas caché qu’il avait été "déçu" par le discours du présdient français "qui na pas exprimé les préoccupations de la société civile" et qui s’est montré "beaucoup plus explicite et précis sur les dossiers économiques que sur la question des droits de l’homme".

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CENSURE D'INTERNET EN CHINE "Le CIO adopte une position très lâche" nouvelobs.com 31 juillet 2008 15.00 Interview de Christine Laroque par Anne-Sophie Hojlo (le jeudi 31 juillet 2008)

Il y a deux semaines, Jacques Rogge s'était félicité du fait qu'il n'y aurait "pas de censure sur internet" en Chine pendant les JO. Le responsable presse du CIO parle aujourd'hui d'une "autre entente dont il n'a pas été informé". Comment le CIO pouvait-il ignorer cette censure chinoise ?

- Je pense que Jacques Rogge avait tenu ces propos pour rassurer. Je ne sais pas s'il croyait ou pas ce qu'il disait à ce moment-là. Peut-être avait-il obtenu des garanties, car la Chine n'en a pas été avare. C'est de sa propre initiative qu'elle a pris des engagements sur les droits de l'homme en 2001. Le seul problème, c'est que rien de tout cela n'a été respecté. Depuis 2001, le CIO s'est heurté à un certain nombre de problèmes. Ce qui est très préoccupant, c'est qu'il ne réagit pas.

Le Comité se retranche derrière des phrases du genre "Nous n'avons pas d'ordres à donner à la Chine". Mais le CIO est tout de même responsable de l'organisation des Jeux, et responsable de l'application de la charte et des principes olympiques. Ses membres ont un pouvoir, peuvent parler aux autorités chinoises. Or le comité reste silencieux ou se borne à des déclarations de principe. Il adopte une position très lâche par rapport au mandat qui est le sien. Il se drape derrière des principes, alors même qu'il est déjà intervenu sur des problèmes politiques par le passé. On a vraiment du mal à comprendre son attitude.

La Chine ne reviendra pas sur sa décision concernant l'accès à Internet. Qu'en est-il de la possibilité de retransmettre les compétitions en léger différé plutôt qu'en vrai direct ?

- Plus personne ne parle de cet aspect des choses, c'est vrai. En cas de différé, France Télévisions avait menacé de refuser de diffuser les images. Je suppose qu'un accord a été trouvé. Reste à savoir s'il sera respecté.

La menace d'un boycott de la cérémonie d'ouverture par des dirigeants comme Nicolas Sarkozy aurait-il pu changer la donne ?

- Je ne le crois pas. Le boycott était un moyen d'action de l'ordre du symbolique, mais je ne pense pas qu'il aurait influé sur les décisions de la Chine. Ce sont les autorités de Pékin qui ont les cartes en main et font plier les gouvernements étrangers. Boycott ou pas, la Chine savait que la censure serait une réalité pendant les Jeux.

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L'explosion du Web en Chine est un défi pour les autorités LE MONDE | 29.07.08 | 15h16 • Mis à jour le 29.07.08 | 18h23 Brice Pedroletti Article paru dans l'édition du 30.07.08 SHANGHAÏ (CHINE) CORRESPONDANCE

vec 253 millions de Chinois en ligne selon les dernières statistiques du China Internet Network Information Centre (CNNIC), la Chine est le premier pays pour l'usage de la Toile, devant les Etats-Unis, qui comptent quelque 230 millions d'internautes. Le nombre de Chinois qui se connectent sur le Web (80 % ont accès à l'Internet à haut débit) a bondi de 56,2 % depuis juin 2007. Et le pays a encore beaucoup de potentiel car, à 19,1 %, le taux de pénétration de l'Internet y est à niveau modeste - il est de 21,1 % en moyenne à la surface du globe, dépasse les 71 % en Corée du Sud et aux Etats-Unis, pour seulement 5,3 % en Inde.

Les enjeux sont majeurs, aussi bien en termes économiques que politiques. Car, en Chine, on compte aujourd'hui 84,7 millions d'ordinateurs personnels raccordés au réseau dans les foyers chinois. Les trois quarts des internautes se connectent depuis chez eux, 39,2 % depuis les wang baa (cybercafés), ouverts 24 heures sur 24. Quelque 107 millions de Chinois disent avoir un blog ou un espace personnel. La musique en ligne arrive en tête de leurs occupations favorites (84,5 % des personnes interrogées), suivie par l'actualité (81,5 %), la messagerie instantanée (77,2 %) et la vidéo en ligne (71,0 %).

Cette floraison de canaux d'expression et d'information a bouleversé la donne politique en Chine : dans un contexte où les médias restent soumis à la censure des autorités et où les sondages indépendants sont bannis, l'Internet est le baromètre d'une opinion publique parfois "brute de décoffrage", qui n'a pas voix au chapitre. L'extrême réactivité des internautes est un catalyseur de changements pour la presse, qui ne peut ignorer les débats en ligne. "Les reportages d'un citoyen blogueur comme Zola (signature d'un blogueur) ont fait comprendre aux autorités qu'il était illusoire d'imposer un "blackout" de l'information à l'âge des blogs. Le régime devient donc plus subtil dans son approche. Il a autorisé davantage de couverture médiatique lors d'un événement comme les émeutes de Weng'an dans le Guizhou, en juin, ce qui a affaibli l'influence des blogs", estime Rebecca Mac Kinnon, qui enseigne les nouveaux médias au centre de journalisme de l'université d'Hongkong.

Pour garder la main face à la formidable expansion de l'Internet dans le pays, Pékin a déployé un arsenal législatif, technologique et humain : c'est le cas de la cyberpolice, ou encore des "commentateurs Internet" à la solde du Parti communiste chinois. La "grande muraille virtuelle" bloque ainsi l'accès de sites locaux ou étrangers jugés sensibles.

L'attribution par les autorités de licences aux grands acteurs du Web (portails, vidéos en ligne, communautés) permet d'obtenir l'allégeance de ces derniers. Ainsi, fin juin, l'administration de tutelle de l'audiovisuel chinois a accordé des licences à 247 sites de vidéos chinois mais... pas aux trois plus gros (Youku, Tudou et 56), sur lesquels les internautes avaient un peu trop tendance à mettre en ligne des films, quelquefois capturés par les téléphones portables, d'incidents dérangeants.

L'un d'entre eux, 56.com, resta inaccessible plus de deux semaines avant de revenir en ligne, donnant des sueurs froides aux fonds américains et japonais qui y avaient investi des millions de dollars. Depuis, les trois "Youtube" chinois ont compris la leçon...

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Point de vue : Pour Philippe Val, "Charlie Hebdo" et quelques principes
LE MONDE | 31.07.08 | 14h00 • Mis à jour le 31.07.08 | 16h23 Article paru dans l'édition du 01.08.08.

De Siné, nous voudrions rappeler quelques fulgurances passées, que ni ses menaces, ni ses rodomontades, ni son agitation médiatique ne parviendront à effacer.

En 1982, quelques jours après l'attentat de la rue des Rosiers, Siné déclarait sur les ondes de la radio Carbone 14 : "Je suis antisémite et je n'ai plus peur de l'avouer, je vais faire dorénavant des croix gammées sur tous les murs... je veux que chaque juif vive dans la peur, sauf s'il est propalestinien. Qu'ils meurent !"

Le 2 juillet 1997, Siné écrivait à propos de la GayPride : "Loin d'être un empêcheur d'enculer en rond, je dois avouer que les gousses et les fiottes qui clament à tue-tête leur fierté d'en être me hérissent un peu les poils du cul... Libé nous révèle leurs chanteuses favorites : Madonna, Sheila et Dalida... On ne peut que tirer la chasse devant un tel goût de chiottes probablement dû au fait que c'est l'un de leur lieu de plaisir préféré."

Le 8 octobre 1997, Siné écrivait à propos de la communauté harkie : "Traîtres à leur patrie, ils ne méritent que le mépris !... Quant aux enfants de ces harkis, les pauvres, ils n'ont guère le choix ! Soit 1) ils en sont fiers ou 2) ils en ont honte. Dans le premier cas, qu'ils crèvent ! Dans le second, qu'ils patientent jusqu'à ce qu'ils deviennent orphelins !"

Le 2 juillet 2008, enfin, il y eut cette fameuse phrase sur la prétendue conversion de Jean Sarkozy au judaïsme afin d'épouser "sa fiancée juive", cela étant supposé lui permettre de "faire du chemin dans la vie".

Las de ces dérapages, Philippe Val et sa rédaction ont condamné ces propos, comme ils avaient condamné les précédents, et ont réclamé à leur auteur des excuses. Celui-ci s'y est refusé et le voilà, au terme d'un invraisemblable retournement de situation, métamorphosé en martyr d'une liberté d'expression qui, si les mots ont un sens, consisterait donc à pouvoir librement tenir des propos homophobes, antisémites et racistes.

Certains ont pétitionné et pris position en faveur d'un homme qui n'en est pas à son coup d'essai en matière de dérapage. Une partie de la presse, en particulier sur Internet, a préféré imaginer que ce sont de sombres complots qui ont conduit à l'éviction de Siné. Entre autres outrances, nous avons été attristés de voir Plantu dans L'Express se distinguer en croquant Philippe Val en nazi. Pourquoi ne pas admettre l'évidence - à savoir qu'une fois de trop, Siné venait de franchir la barrière qui sépare l'humour de l'insulte et la caricature de la haine ?

Pour notre part, nous ne pouvons supporter de voir le démocrate, le défenseur et le garant des principes traité comme s'il était l'agresseur et le coupable. C'est pourquoi nous entendons apporter notre entier soutien à Philippe Val et à la rédaction de Charlie Hebdo pour la constance de leur engagement contre le racisme, l'antisémitisme et toutes les formes de discrimination. Lorsque la raison aura repris ses droits, quand on acceptera de lire et entendre, vraiment lire et entendre, ce qu'a écrit et dit Siné depuis trente ans, alors chacun pourra constater que le seul tort de Philippe Val aura été de ne plus supporter ce qui, en réalité, n'était plus supportable depuis longtemps.

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Alexandre Adler (historien) ; Elisabeth Badinter (philosophe) ; Robert Badinter (sénateur) ; Pascal Bruckner (écrivain et philosophe) ; Hélène Cixous ; Bertrand Delanoë (maire de Paris) ; Jean-Claude Gayssot (vice-président de la région Languedoc-Roussillon) ; Blandine Kriegel (philosophe) ; Claude Lanzmann (cinéaste) ; Daniel Leconte ; Pierre Lescure (directeur du Théâtre Marigny) ; Bernard-Henri Lévy ; Daniel Mesguich (directeur du Conservatoire national supérieur d'art dramatique) ; Ariane Mnouchkine (metteur en scène) ; Elisabeth Roudinesco (historienne) ; Joann Sfar (dessinateur) ; Dominique Sopo (président de SOS-racisme) ; Fred Vargas (écrivain) ; Dominique Voynet (sénatrice) ; Elie Wiesel (Prix Nobel de la paix).

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ouest-france.fr AFP samedi 02 août 2008 Aude ROUAUX. Pékin allège sa censure mais avertit la presse

Dans un rare entretien avec la presse étrangère, Hu Jintao est monté au créneau pour mettre en garde les médias, « espérant » qu'ils se conformeront « aux lois et règlements chinois ». :

La Chine a levé la chape de plomb pesant sur certains sites Internet. Mais le président Hu Jintao a vivement incité les médias « à ne pas politiser » les JO. Deux jours après avoir annoncé que les médias étrangers n'auraient finalement qu'un accès limité à Internet depuis le principal centre de presse des Jeux olympiques de Pékin, les autorités chinoises ont fait marche arrière sur plusieurs sites, dont ceux d'Amnesty International et de Reporters sans frontières. Le porte-parole du comité d'organisation, Sun Weide, a de nouveau promis un accès « suffisant et acceptable » à la presse accréditée.

La BBC a annoncé que le site de son service en langue chinoise semblait être à nouveau accessible, de même que la version chinoise de Wikipédia. Mais d'autres, tels que ceux de dissidents et de pro-Tibétains, ne peuvent toujours pas être consultés par les médias.

« L'esprit de Munich »

« Nous continuerons à fournir des structures et des moyens pour que les journalistes étrangers puissent travailler », a, de son côté, annoncé, hier, le président chinois, dans un rare entretien avec la presse étrangère. Hu Jintao est monté au créneau pour mettre en garde les médias. « Bien sûr, nous espérons aussi que la presse étrangère se conformera aux lois et règlements chinois. Nous espérons qu'elle fournira des informations objectives sur ce qui se passera ici », a-t-il déclaré.

Profitant de cette rencontre au Palais du peuple de Pékin, M. Hu a appelé à « ne pas politiser » les JO. « Il est inévitable que les peuples de différents pays et régions du monde aient des perceptions qui ne sont pas les mêmes sur différents sujets. Mais je ne pense pas que politiser les Jeux olympiques aidera à répondre à cela ».

Le président Hu a également annoncé que la Chine s'engagerait dans un ensemble de réformes politiques et économiques après les Jeux. Les défenseurs de la démocratisation du pays espèrent que des avancées importantes émergeront, notamment à l'occasion du trentième anniversaire, en décembre, du lancement, par Deng Xiaoping, des « quatre modernisations », à l'origine du « socialisme de marché ».

Reporters sans frontières avait annoncé, mercredi, vouloir manifester devant l'ambassade chinoise en France, lors de l'ouverture des JO. Mais l'association a jugé, hier, que la levée partielle par Pékin de la censure pour les médias de plusieurs sites Internet était « une bonne nouvelle » et « montrait que la Chine n'était pas complètement insensible aux pressions ». Le site de RSF était bloqué en Chine depuis 2003.

Daniel Cohn-Bendit, qui s'était violemment emporté au Parlement européen contre la présence de Nicolas Sarkozy à la cérémonie d'ouverture des JO, a de nouveau demandé aux dirigeants occidentaux de boycotter l'événement. « Il est important de faire un signe politique fort à l'occasion de ces Jeux olympiques » a-t-il ajouté.

Le député UMP Lionel Lucas, président du groupe d'études sur le Tibet à l'Assemblée nationale, estime que se rendre aux JO de Pékin sans dénoncer ce qui n'est « pas acceptable » en Chine rappelle « l'esprit de Munich ». « L'esprit de Munich 1938, a poursuivi Lionel Lucas, où nous avions été coupables d'une grande lâcheté parce qu'à l'époque il y avait les bruits de bottes, et des bottes nazies. Aujourd'hui, il n'y a que le frémissement des contrats et les billets de banque qui expliquent notre lâcheté. »
Aude ROUAUX.

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Jean-Marie Bigard sur le 11 septembre: "Je demande pardon"
AFP 09 septembre 2008

PARIS (AFP) — L'humoriste Jean-Marie Bigard qui a défendu une théorie du complot concernant les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis vendredi sur Europe 1, "demande pardon à tout le monde", dans un court texte transmis mardi à l'AFP.

"Je demande pardon à tout le monde pour les propos que j'ai tenus vendredi dernier pendant l'émission de Laurent Ruquier sur Europe 1", écrit M. Bigard.

"Je ne parlerai plus jamais des événements du 11 septembre. Je n'émettrai plus jamais de doutes. J'ai été traité de révisionniste, ce que je ne suis évidemment pas", conclut-il.

L'humoriste avait affirmé notamment sur Europe 1, dans l'émission "On va s'gêner": "On est absolument sûr et certain maintenant que les deux avions qui se sont écrasés sur la forêt et le Pentagone, n'existent pas. Il n'y a jamais eu d'avion (....) C'est un mensonge absolument énorme".

Interrogé par l'AFP, le directeur des programmes d'Europe 1, Philippe Balland, avait fait part de sa désapprobation sur "les propos et les thèses tenus" à l'antenne par l'humoriste.

"Ces propos n'engagent que lui. Maintenant ça relève de la liberté individuelle de chacun de s'exprimer. Par souci du respect du droit d'expression nous avons laissé ces propos sur notre antenne mais nous les désapprouvons", avait ajouté M. Balland.

Depuis vendredi soir, plusieurs sites internet et journaux ont évoqué les propos tenus par Jean-Marie Bigard en abordant plus généralement le problème posé par la rumeur tenace de la théorie du complot sur les attentats du 11 septembre.

En mars, d'anciens propos sur le même sujet de Marion Cotillard, fraîchement "oscarisée", avaient conduit son avocat à répondre "qu'elle n'a jamais eu l'intention de contester ni de remettre en cause les attentats" et regretté "l'interprétation donnée à des propos anciens sortis de leur contexte".

Révélé par l'émission "La Classe" sur France 3 au début des années 80, Jean-Marie Bigard est un des humoristes préférés des Français.
L'humoriste, connu pour ses sketches souvent grossiers, détient, dans la catégorie des "one man shows", le record des plus grandes salles avec des représentations au Palais omnisports de Paris-Bercy et au Stade de France.
Jean-Marie Bigard mène parallèlement une carrière de comédien et sera à partir du 16 septembre à l'affiche au théâtre Hébertot dans "Clérambard" de Marcel Aymé.
Il avait fait partie des invités du président Sarkozy à l'occasion d'un voyage d'Etat au Vatican.

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L’écrivain Pierre Péan jugé pour racisme anti-Tutsi Libération CHRISTOPHE AYAD QUOTIDIEN : mercredi 24 septembre 2008

«La culture du mensonge et de la dissimulation domine toutes les autres chez les Tutsis, et dans une moindre part, par imprégnation, chez les Hutus.» Il suffit de remplacer Tutsi par Juif pour imaginer le tollé qu’aurait provoqué à sa sortie, en novembre 2005, le livre de Pierre Péan, Noires fureurs, blancs menteurs (Fayard), consacré au génocide de 1994 au Rwanda. Mais à l’époque, le volumineux pavé n’avait suscité que quelques comptes-rendus, globalement défavorables, de journalistes spécialisés dans les affaires africaines. Un silence expliqué par la réputation et l’entregent de Péan, enquêteur de renom, mais aussi par l’omerta des dirigeants français sur le génocide de 800 000 Tutsis et opposants hutus au Rwanda. La France, gauche et droite confondues, a en effet soutenu jusqu’au bout le régime hutu raciste qui a commis le génocide.

Lobbying.
Un an plus tard, une plainte était déposée par SOS Racisme et Ibuka, une association de rescapés du génocide. Au final, l’écrivain enquêteur et son éditeur, Claude Durand, sont poursuivis pour «complicité de diffamation raciale» et «complicité de provocation à la discrimination, à la violence et à la haine raciale» envers les Tutsis. Vingt-cinq passages du livre sont incriminés.

Le procès s’est ouvert hier, devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris. Pour SOS Racisme, son président, Dominique Sopo, a accusé Péan de «reprendre, de fait, des présupposés de l’idéologie génocidaire qui a conduit au drame […] au Rwanda». Dans son ouvrage, Péan cite notamment, à l’appui de sa théorie sur le mensonge «congénital» des Tutsis, la «petite étude historique» d’un certain Paul Dresse, dans les années 1940. Ce dernier, proche de l’extrême droite belge, reprenait tous les clichés sur les Tutsis, race soi-disant sémitique. Or, avant et pendant le génocide, les médias de la haine, aux mains du lobby hutu extrémiste, comme Radio Mille Collines et le magazine Kangura, diffusaient les mêmes clichés. Même proximité douteuse lorsque Péan explique que la diaspora tutsie a effectué un lobbying «très efficace» en guidant «de très belles femmes tutsies vers des lits appropriés», ceux des responsables des «principales organisations internationales», des «milieux intellectuels» et des «acteurs politiques du monde entier», pour les gagner à leur cause, c’est-à-dire celle des rebelles du Front patriotique rwandais, alors en guerre contre le régime raciste de Kigali.

Pugnace.
Pierre Péan voit dans cette plainte une «flétrissure» : il a rendu sa mise en examen responsable d’une «crise cardiaque». Mais à 70 ans, l’auteur d’Une jeunesse française reste toujours aussi pugnace. Il a fait citer pour sa défense deux personnalités de renom. Bernard Debré, ministre de la Coopération en 1994 et adepte de la thèse du «double génocide», qui veut que les Hutus aient subi eux aussi un génocide, réduisant le génocide tutsi à un massacre interethnique. L’autre est Hubert Védrine, ancien secrétaire général de l’Elysée sous Mitterrand, meilleur soutien international du régime rwandais, qui a fini par commettre le génocide. Claude Durand, lui, a argué d’«un demi-siècle de combat contre la discrimination et pour les droits de l’homme». Cela suffit-il à lui garantir une immunité antiraciste ?

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Talibans : Myard réclame une enquête contre Paris-Match NOUVELOBS.COM | 02.10.2008 | 17:22

Le député UMP des Yvelines a demandé au Premier ministre l'ouverture d'une enquête pour vérifier les "informations selon lesquelles" l'hebdomadaire "aurait payé aux talibans 50.000 dollars" pour réaliser un reportage sur le commando responsable de la mort de dix soldats français.

Jacques Myard, député UMP des Yvelines, a demandé au Premier ministre, jeudi 2 octobre, l'ouverture d'une enquête concernant le "financement du reportage sur les talibans publié par Paris Match", pour vérifier les "informations selon lesquelles" l'hebdomadaire "aurait payé aux talibans 50.000 dollars". Jacques Myard "a saisi le Premier ministre François Fillon par écrit pour lui demander d'ouvrir une enquête sur les informations selon lesquelles le journal Paris Match (...) aurait payé aux talibans 50.000 dollars" (35.487 euros), a-t-il indiqué dans un communiqué.

"Réponse éthique"

En plus de la "nécessité impérieuse" pour les journalistes d'améliorer leur "réponse éthique dans le traitement de l'information", Jacques Myard a également demandé que "le procureur de la République fasse toute la lumière" sur cette affaire qui, si elle était avéré, "équivaut à financer des actions de guerre contre nos soldats engagés en Afghanistan".

"Faire du sensationnel"

Paris-Match a publié le 4 septembre un reportage dans lequel le commando qui avait tendu une embuscade qui a coûté la vie à dix soldats français, le 18 août, promet le même sort à l'ensemble des troupes françaises déployées en Afghanistan et pose, porteur d'armes prises aux Français. L'Union Nationale des Parachutistes avait alors accusé les deux journalistes de Paris-Match d'exploiter "le filon et faire du sensationnel", affirmant qu'ils avaient offert 50.000 dollars aux talibans, en plus d'une "magnifique tribune, photos à l'appui".

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JUSTICE. Homophobie : polémique après l’annulation d’une condamnation
Christian Vanneste, député UMP du Nord, avait été condamné pour avoir déclaré que l’homosexualité « était inférieure à l’hétérosexualité ». La Cour de cassation vient d’annuler ce jugement. Une décision qui provoque une vive polémique.
Geoffroy Tomasovitch | 13.11.2008, 07h00 Le Parisien

ACCUSER Christian Vanneste d'homophobie est désormais passible de poursuites. Hier, la Cour de cassation a annulé la condamnation pour injure publique envers la communauté homosexuelle, prononcée contre ce député (UMP) du Nord le 25 janvier 2007. Selon la juridiction suprême, les propos litigieux tenus par l'élu n'ont pas dépassé les limites de la liberté d'expression.

Elle n'a pas renvoyé ce dossier devant une nouvelle cour d'appel. Conséquence : Christian Vanneste est blanchi. Définitivement. Applaudie par l'entourage du parlementaire, cette décision provoque stupeur et indignation dans les rangs des associations qui luttent contre les discriminations faites aux homosexuels.

« La liberté d'expression prime »

L'origine de cette affaire remonte au vote de la loi du 30 décembre 2004 à l'assemblée générale. Ce texte crée la Halde (Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité). Parmi ses autres dispositions, il réprime les injures à l'encontre d'un groupe de personnes en raison de leur orientation sexuelle.

Opposé à cette loi, Christian Vanneste donne, dans la foulée du vote, son point de vue, publié dans le quotidien « la Voix du Nord ». Cet ancien professeur de philosophie déclare entre autres : « Je n'ai pas dit que l'homosexualité était dangereuse, j'ai dit qu'elle était inférieure à l'hétérosexualité. Si on la poussait à l'universel, ce serait dangereux pour l'humanité. »

L'élu UMP s'attire les foudres de nombreux homosexuels, choqués par ses propos. Début 2005, trois associations (Act Up Paris, SOS Homophobie et le Syndicat national des entreprises gay) portent plainte.
Le tribunal correctionnel de Lille (Nord) leur donne raison, début 2006, en déclarant le député UMP coupable d'injure publique, lui infligeant 3 000 € d'amende et 2 000 € de dommages et intérêts à verser à chaque plaignant.
Le 25 janvier 2007, la cour d'appel de Douai, saisie par Christian Vanneste, confirme cette condamnation.
Le parlementaire se pourvoit en cassation. Revirement complet hier puisque la justice a consacré son innocence et refermé ce dossier.

« Une décision spectaculaire, une vraie sanction pour les juges et pour l'ensemble de cette procédure », réagit M e Eric Morain, avocat de Christian Vanneste, précisant que l'avocat général près la Cour de cassation avait requis le rejet du pourvoi.

Pour justifier sa position, la plus haute juridiction note que les propos litigieux ont pu heurter certaines personnes homosexuelles, mais estime qu'ils n'ont pas excédé les limites de la liberté d'expression.

« La liberté d'expression prime, plus forte que la loi », ajoute M e Morain, en rappelant que son client avait, tout en assumant ses déclarations, convenu qu'elles aient pu heurter certains. Hier, ce dernier a admis une maladresse avec l'emploi du mot « inférieur ».

Cet arrêt, plutôt inattendu de la Cour de cassation, a aussitôt provoqué la consternation chez de nombreux homosexuels. « C'est une honte, c'est intolérable », dénonce un gay dans son mail envoyé à SOS Homophobie. « Cette décision semble relever d'un autre âge. Le respect du principe fondamental de la liberté d'expression ne saurait en aucune manière justifier une atteinte intolérable à la dignité de la personne des homosexuels », a réagi M e Caroline Mécary, conseil des associations qui avait porté plainte contre Christian Vanneste.
La justice a tranché, mais le débat continue.

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« Nous continuerons à dénoncer ce genre de propos » JACQUES LIZÉ, président de SOS Homophobie, une des associations plaignantes
Propos recueillis par G.T. | 13.11.2008, 07h00 Le Parisien

Que vous inspire cette décision ?

Jacques Lizé. De la consternation, le mot n'est pas trop fort, et beaucoup d'étonnement. A priori, la Cour de cassation se penche sur la forme, pas sur le fond. Ça n'a pas été le cas. Il me semble qu'il y a une forte dimension politique dans cette décision. Elle ne va ni dans le sens de l'histoire, ni dans le sens du droit.

« Etre plus vigilants »

Selon la Cour de cassation, les propos de M. Vanneste restent dans le cadre de la liberté d'expression. Comprenez-vous cet argument ?

On ne peut pas s'en contenter. Si, au nom de la liberté d'expression, on peut insulter des communautés, c'est assez préoccupant. La liberté d'expression a des limites. Et que fait-on des principes d'égalité et de fraternité ? A partir du moment où l'on injurie certaines catégories de personnes, on n'est plus ni dans l'égalité, ni dans la fraternité. Nous envisageons, avec les associations qui défendent les populations régulièrement insultées, de demander aux autorités judiciaires de définir la liberté d'expression.

Allez-vous hésiter à porter plainte désormais ?

Non, nous allons au contraire être plus vigilants que jamais. Il était de notre devoir de poursuivre M. Vanneste. Quand il dit que l'homosexualité est une menace pour la survie de l'humanité, cela fait froid dans le dos (c'est nous qui soulignons, dt).
Cet homme est un érudit, il sait choisir ses mots. Ils ont pourtant une étrange similitude avec le discours homophobe le plus primaire auquel nous sommes régulièrement confrontés. Nous continuerons à dénoncer ce genre de propos. Le Parisien

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Sébastien Frey : "Je ne suis pas raciste"
AFP 07/12/2008 | Mise à jour : 19:49 lefigaro.fr

Sébastien Frey, gardien français de la Fiorentina, a indiqué dimanche soir qu'il n'était "pas raciste" et s'est dit "désolé de l'interprétation" de propos dans le magazine italien Sportweek à propos des joueurs noirs en équipe de France.
"Je n'ai pas envie de passer pour quelqu'un que je ne suis pas, je ne suis pas raciste, je sais d'où je viens, je ne suis pas comme ça", a expliqué à l'AFP le gardien.

"Mes propos ont été mal interprétés, a assuré le joueur français. La question à la base était +il y a beaucoup de joueurs noirs en équipe de France...+ et j'ai répondu que s'ils étaient là, c'est parce qu'ils étaient les plus forts. Je le pense. C'est tout."
La magazine italien Sportweek a publié dans la bouche de Frey: "L'équipe de France, désormais elle est quasiment composée uniquement de Noirs. Ils seraient les plus forts, mais...".

"Mes parents ont été surpris ensuite de lire ça et m'ont appelé, a encore indiqué Frey. Ils savent d'où je viens. J'ai grandi dans un quartier de Nice, avec des gens venant de partout. Et en équipe de France, les joueurs de couleurs, je les respecte, je les admire, et ce sont des +super potes+, c'est ceux avec qui j'ai les meilleurs rapports. J'en ai d'ailleurs parlé avec +Pat+ Vieira hier soir."

"La première année à Florence, j'avais même participé à une campagne anti-raciste après une banderole contre un joueur noir qui avait été déployée dans les tribunes, a-t-il rappelé. Je m'étais peint le visage en noir et j'avais condamné le racisme dans le sport. Partout où je suis passé, je n'ai jamais de problèmes avec les joueurs noirs."

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CRIME CONTRE L'HUMANITE Propos sur l'Occupation : Le Pen condamné en appel NOUVELOBS.COM | 21.01.2009 | 15:56

Le leader du Front national avait notamment déclaré que "l'occupation allemande (en France) n'avait pas été particulièrement inhumaine". Il écope en appel de 3 mois avec sursis et d'une amende de 10.000 euros.

Jean-Marie Le Pen a vu confirmée, mercredi 21 janvier, par la cour d'appel de Paris sa condamnation à trois mois de prison avec sursis et 10.000 euros d'amende pour des propos au journal d'extrême droite Rivarol, par lesquels il minimisait les crimes commis par les nazis sous l'Occupation.

Le 8 février, le tribunal correctionnel de Paris avait reconnu le président du Front national coupable de "complicité d'apologie de crimes de guerre" et de "contestation de crime contre l'humanité", à la suite de propos publiés en janvier 2005 dans l'hebdomadaire d'extrême droite Rivarol.

Jean-Marie Le Pen avait notamment déclaré: "En France du moins, l'Occupation allemande n'a pas été particulièrement inhumaine, même s'il y eut des bavures, inévitables dans un pays de 550.000 kilomètres carrés".

Pourvoi en cassation

Le ministère public, ainsi que plusieurs associations, lui reprochaient également une présentation choquante du massacre d'Ascq, perpétré dans la nuit du 1er au 2 avril 1944, et durant lequel 86 Français avaient été fusillés en représailles au déraillement d'un train allemand.
L'avocat du leader d'extrême droite, Me Wallerand de Saint-Just, a d'ores et déjà indiqué qu'il se pourvoirait en cassation.
Si la cour d'appel a confirmé la condamnation de Jean-Marie Le Pen pour "complicité de contestation de crimes contre l'humanité", elle l'a en revanche relaxé pour ceux d'"apologie de crimes de guerre".
Une modification qui n'a toutefois entraîné aucun changement de sa peine.

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Au tribunal, Siné persifle et signe Libération 28 janvier 2009 p. 16
Défilé de personnalités au procès Siné, entre Guy Bedos et Bernard Henri Lévy.

Maurice Sinet, alias Siné, a comparu, hier, devant le tribunal correctionnel de Lyon, poursuivi par la Ligue contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) pour «provocation et incitation à la haine raciale».

En jeu, sa chronique du 2 juillet (2008) dans Charlie Hebdo où le dessinateur avait ironisé sur le mariage de Jean Sarkozy avec l’héritière Darty et sa conversion annoncée au judaïsme.

Ladite chronique était passée inaperçue, à sa parution, jusqu’à ce que le journaliste Claude Askolovitch en dénonce le caractère violemment antisémite, selon lui, une semaine plus tard sur RTL.
A la suite de cela, et de la menace d’une plainte des familles Sarkozy et Darty, Philippe Val, directeur de la publication de Charlie Hebdo, limogeait son dessinateur. Déclenchant un feuilleton médiatique qui répond désormais au nom «d’Affaire Siné».

Mais, hier, Siné devait répondre aussi d’une autre chronique, elle aussi passée totalement inaperçue à sa parution, y compris par Philippe Val lui-même, qui a expliqué avec une pointe d’agacement «faire l’économie de relire Siné depuis un moment».

Dans cette chronique, en date du 11 juin (2008), Siné dénonçait «la prolifération» des femmes voilées dans sa banlieue de Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis). Femmes voilées dont il avait envie «de botter le cul», après les avoir traitées de «patates».
Un peu plus loin, il expliquait avoir également envie de renverser son plat de lentilles aux saucisses sur les enfants qui refusent de manger du porc à la cantine.

Pour la Licra, dans les deux cas, le dessinateur s’est rendu coupable d’incitation et de provocation à la haine raciale.

Humour.
«Reconnaissez-vous les faits qui vous sont reprochés ?» interroge d’emblée le président de la 6e chambre. «Bien sûr que non, cela me paraît évident.» Maurice Sinet explique alors que ceux qui l’attaquent ne comprennent pas son humour. «Je suis un humoriste. Ils font comme si j’écrivais dans le Monde diplo. Je ne suis pas journaliste.»

Siné se régale en donnant des exemples pour illustrer le propos. «Par exemple, je parle d’épouvantail à bites, un journaliste ne dirait pas cela.» Dans l’après-midi, son ami Guy Bedos vient le défendre en le qualifiant de «provocateur». «C’est un malade de la provocation et il veut montrer qu’il peut encore aggraver son cas.»

De fait, bien que visiblement fatigué, le dessinateur, âgé de 80 ans, prend un visible et malin plaisir à poursuivre sur le registre qui lui vaut de se retrouver à la barre. Il explique comment il se sent agressé, chaque dimanche, par la diffusion de la messe sur Antenne 2. Il enfonce le clou sur les barbus et les femmes voilées qui peuplent le supermarché de son quartier et en rajoute une louche sur l’arrivisme de Jean Sarkozy.

C’est sur ce point, cœur de la polémique, que les débats se seront arrêtés le plus longuement. Avec une incompréhension totale entre le camp Siné et le camp Licra. Le premier explique qu’il a voulu dire que Jean Sarkozy était «prêt à tout» pour se marier avec une fille fortunée, même se convertir au judaïsme. Le second que Siné a associé juif et argent, association classique de l’antisémitisme.

Bernard-Henri Lévy, cité par la Licra, est longuement intervenu sur ce point. «Le stéréotype du juif riche est là.» Selon l’écrivain, il n’y a pas besoin de généraliser pour tenir là un propos antisémite.

A plusieurs reprises, il fait le parallèle avec l’affaire Dreyfus. «Sous couvert d’anti-sarkozysme, on a fait passer une très sale contrebande. […] Dans l’affaire Dreyfus, on ne parlait pas des juifs, mais d’un seul homme. Ici, on parle de Jean Sarkozy, mais tout le monde sait de qui on parle, en fait.»

Plaidoiries.
«Pensez-vous qu’il y a des limites à la liberté d’expression ?» interroge le président. «Les limites, je me les fixe moi-même. Je ne me moque jamais des prolos, des pauvres, des immigrés, des SDF», répond Siné. Le président pose la même question à Philippe Val. «Nous n’avons pas la même conception de la liberté d’expression. Pour moi, la liberté d’expression est au service de la liberté. Elle ne doit pas stigmatiser des personnes en raison de leur religion.» Le procès doit se poursuivre aujourd’hui avec les plaidoiries des avocats.

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Affaire Siné : relaxe demandée 28.01.2009, 17h29 | Mise à jour : 17h54 leparisien.fr

Le représentant du ministère public a demandé mercredi devant le tribunal correctionnel de Lyon, la relaxe du dessinateur Siné, poursuivi pour «incitation à la haine raciale» dans deux chroniques publiées par le journal satirique Charlie Hebdo. «La lecture de ces chroniques, on ne peut pas la faire en faisant abstraction de l'hebdomadaire dans lesquelles elles ont été publiées. Charlie Hebdo est un journal satirique. On est sur le terrain de la provocation», a estimé le procureur, Bernard Reynaud.
Il a ajouté qu'il fallait «prendre garde» à «ne pas tomber dans le politiquement correct» et à ne pas «se comporter comme des snipers de la morale». Le jugement sera rendu le 24 février.

Ancienne figure de Charlie Hebdo, Maurice Sinet alias Siné, 80 ans, n'aura pas eu la satisfaction d'entendre ce réquisitoire: victime d'insuffisance respiratoire à son arrivée au tribunal, il a dû partir précipitamment sans même assister à l'audience après avoir été secouru par les pompiers.

"Propos haineux"

«On n'est plus dans la provocation mais dans la transgression de la loi», a plaidé l'avocat de la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra), Me Alain Jakubowicz, qui a dénoncé dans ces chroniques des propos «haineux» contre les musulmans et les «vieux poncifs des juifs et de l'argent».

La chronique la plus controversée est celle publiée le 2 juillet 2008 dans laquelle Siné ironisait sur l'éventuelle conversion au judaïsme de Jean Sarkozy, avant son mariage avec la fille du fondateur des magasins Darty.

«Ce que je voulais dénoncer dans ma rubrique, c'était l'arrivisme de M. Sarkozy», s'était défendu Siné mardi à la barre.

«En quoi la dénonciation de l'ascenseur social de Maurice Sinet est-il accrédité par le fait que la fiancée de Jean Sarkozy soit juive ?», a ajouté Me Jakubowicz pour qui «Jean Sarkozy est le vecteur, celui qui sert à la démonstration du propos antisémite».

La citation de la Licra vise aussi une chronique précédente, publiée le 11 juin, dans laquelle le dessinateur critique dans des termes crus certains pratiquants chrétiens et juifs mais aussi les femmes musulmanes voilées, qui, selon le texte, «prolifèrent» dans son quartier.

«Dans le langage populaire, ceux qui prolifèrent, ce sont les insectes, les microbes, les animaux», a fait valoir Me Jakubowicz.

«Siné n'a pas fait autre chose que d'exercer une critique virulente et satirique des dangers du port de signes ostentatoires pour l'unité de la République», a déclaré Me Dominique Tricaud, conseil de Siné. Il a aussi estimé que le terme «antisémitisme» avait été «instrumentalisé» dans ce procès.

Le procès de Siné à Lyon a été précédé la semaine dernière d'un volet «parisien», le tribunal correctionnel de Paris ayant examiné la plainte pour diffamation du dessinateur contre le journaliste Claude Askolovitch, qui l'avait taxé d'antisémitisme. Le jugement dans ce volet sera rendu le 3 mars. leparisien.fr

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Publié le 03/02/2009 à 19:42 Le Point.fr Affichette "Casse-toi pov'con" : 1.000 euros d'amende requis en appel lepoint.fr (avec agence)

Munis de stickers "Casse-toi pov'con", une centaine de militants s'étaient réunis devant le tribunal de Laval pour soutenir Hervé Eon, le 23 octobre dernier © Philippe RENAULT / MAXPPP

Imprimez Réagissez Classez L'avocat général de la cour d'appel d'Angers a requis 1.000 euros d'amende contre Hervé Eon, poursuivi pour "offense au chef de l'État" après avoir brandi une affichette en carton portant l'inscription "Casse-toi pov'con" devant la voiture de Nicolas Sarkozy à Laval, le 28 août dernier. En première instance, il avait été condamné le 6 novembre par le tribunal correctionnel de Laval à une "amende de principe" de 30 euros avec sursis, avant de faire appel. Son avocate, Me Dominique Noguères, a plaidé la relaxe, estimant que le délit d'offense, très peu utilisé sous la Ve République, "ne correspondait plus à la réalité d'aujourd'hui".

L'avocat général Hervé Drevard a en revanche estimé que l'inscription portée sur l'affichette était "pour le moins constitutive d'une expression de mépris qui qualifie le délit d'offense". Les récentes modifications en 2000 et 2004 de la loi de 1881 sur le délit d'offense montrent bien la volonté du législateur de protéger la fonction présidentielle, a-t-il argumenté. "Si vous aviez l'impression d'avoir offensé le chef de l'État, est-ce que vous seriez prêt à lui faire des excuses ?", a demandé de son côté le président de la cour à Hervé Eon, en indiquant que dans ce cas il pourrait être dispensé de peine et ne pas voir d'inscription sur le bulletin numéro 1 du casier judiciaire.

"Au fond de moi-même, je n'ai pas le sentiment d'avoir offensé le chef de l'État" et "je n'irai pas m'excuser", a répondu ce chômeur de 56 ans, proche des mouvements altermondialistes et désormais membre du bureau national du Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon, venu le soutenir avec une centaine de personnes. La phrase "casse-toi pauvre con" a été popularisée par une vidéo diffusée en 2007 sur Internet, où l'on voyait Nicolas Sarkozy prononcer ces mots au Salon de l'agriculture à l'adresse d'un visiteur qui refusait de lui serrer la main en lui disant "Ah non, touche-moi pas". La date du délibéré a été fixée au 24 mars.

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CAISSE NOIRE UIMM : Marianne condamné pour diffamation challenges.fr 13.02.2009 | 17:24

L'hebdomadaire, un de ses journalistes et un ancien attaché parlementaire ont été condamnés en diffamation pour avoir affirmé qu'un groupe sénatorial déposait des amendements rédigés par l'Union des industries et métiers de la métallurgie.

Un ancien attaché parlementaire de Jacques Pelletier, ancien ministre et sénateur décédé début 2008, avait affirmé le 29 mars dans une interview accordée à Marianne que des amendements de l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) avaient été présentés au Sénat en 2004 en échange de contreparties financières.

1.500 euros d'amende

Selon cet ancien conseiller, Ronan Tanguy, ces amendements pré-rédigés par l'UIMM auraient été signés par le secrétaire général du groupe sénatorial (Rassemblement démocratique social européen - radicaux de gauche et de droite), Pascal-Raphaël Ambrogi, qui disposait des délégations de signatures de plusieurs sénateurs.

Assigné en diffamation par Pascal-Raphaël Ambrogi et deux anciens sénateurs, Pierre Laffitte et Bernard Sellier, l'hebdomadaire a été condamné à 1.500 euros d'amende, tout comme son journaliste Eric Decouty. Ronan Tanguy a lui écopé d'une amende de 1.500 euros avec sursis. L'hebdomadaire et un autre titre de presse choisi par les plaignants devront par ailleurs faire état de la condamnation.
Les prévenus devront verser solidairement un euro de dommages et intérêts à chaque partie civile.

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Siné relaxé des poursuites pour incitation à la haine Par Reuters, publié le 24/02/2009 à 15:50 lexpress.fr Catherine Lagrange, édité par Gérard Bon

LYON - Le caricaturiste Siné a été relaxé mardi par le tribunal correctionnel de Lyon des poursuites pour incitation à la haine raciale engagées par la Ligue contre le racisme et l'antisémitisme (Licra). L'humoriste avait signé en 2008 dans le journal satirique Charlie Hebdo des chroniques ironisant sur une éventuelle conversion au judaïsme de Jean Sarkozy, fils du chef de l'Etat, à l'occasion de son mariage avec une héritière des magasins Darty. Une autre chronique visait des femmes voilées musulmanes et des grenouilles de bénitier.

Pour le tribunal correctionnel de Lyon, le délit n'est pas constitué car "les trois religions étaient logées à la même enseigne" dans les propos de Siné.

"Charlie Hebdo est un journal satirique, personne n'est obligé de le lire. Les lecteurs de Charlie Hebdo sont éclairés et habitués aux provocations et au style satirique, d'où une certaine tolérance", a expliqué Fernand Schirr, le président du tribunal.

Il a ajouté qu'une opinion, "même si elle est choquante, n'est pas forcément une incitation à la haine" et qu'il convient "d'affirmer la primauté de la liberté d'expression sur le sentiment religieux."

"La justice a dit qu'on avait le droit de se moquer de la religion", s'est réjoui Maurice Sinet, alias Siné, qui est âgé de 80 ans, à l'énoncé du jugement.

"Il y aura toujours autant d'intégristes après ce procès, mais ils réfléchiront peut-être à deux fois" avant de s'en prendre aux journalistes, a-t-il ajouté.

Lors de l'audience, le 27 janvier dernier, le caricaturiste avait affirmé qu'il n'avait rien d'un "antisémite."

Il avait expliqué avoir voulu dénoncer "l'arrivisme de Monsieur Sarkozy", accusé implicitement de s'être converti au judaïsme - une rumeur non confirmée par ce dernier - pour pouvoir épouser une héritière de la famille Darty.

Licencié par la direction de Charlie Hebdo à la suite de cette affaire, le caricaturiste a depuis lancé un hebdomadaire concurrent, Siné Hebdo, qui se qualifie de "journal mal élevé."

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Société Affaire Siné: le tribunal correctionnel de Lyon prononce la relaxe AP | 24.02.2009 | 21:21

Le dessinateur Siné, poursuivi pour "incitation à la haine raciale" à la suite de deux chroniques publiées dans "Charlie Hebdo", a été relaxé mardi par le tribunal correctionnel de Lyon, a-t-on appris de source judiciaire.

Lors de l'audience le 28 janvier, le procureur avait estimé dans son réquisitoire que "Charlie Hebdo étant un journal satirique, "on est sur le terrain de la provocation", avant de demander la relaxe.

"C'est un jugement excessivement surprenant et stupéfiant. Nous ne sommes pas d'accord et nous allons nous interroger sur l'impérieuse nécessité de faire appel", a réagi Me Alain Jakubowicz, l'avocat de la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (LICRA) à l'origine de la plainte contre le dessinateur. "C'est une question de société que nous avons posée au tribunal qui n'a pas su y répondre et peut-être faut-il prendre de la hauteur avec la cour d'appel puis la cour de cassation", a ajouté Me Jakubowicz.

L'ancien dessinateur de "Charlie Hebdo" avait été attaqué par la LICRA pour incitation à la haine raciale après deux chroniques publiées par l'hebdomadaire, l'une en juillet dernier concernant l'éventuelle conversion au judaïsme de Jean Sarkozy, le fils du président de la République en juillet, et l'autre en juin sur les femmes musulmanes voilées.

"A ceux qui prétendaient que Coluche et Desproges n'existeraient plus aujourd'hui et que ce serait même une bonne chose, ce jugement apporte un démenti cinglant, et de l'espoir à une société de plus en plus soumise au 'politiquement correct'", a estimé Siné Hebdo dans un communiqué diffusé mardi soir.

"Aujourd'hui, le président du tribunal de Lyon" s'est "montré très ferme et n'a épargné aucun de ceux qui, sur la place publique, avaient soutenu l'accusation d'incitation à la haine raciale", "leur rappelant un des arguments de Philippe Val lors du procès des caricatures: 'Le crime est dans l’oeil de celui qui regarde le dessin'", souligne le communiqué. AP

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24/02/2009 Olivier BERTRAND liberation.fr

Siné relaxé des poursuites pour incitation à la haine raciale

PROCES - Le tribunal correctionnel de Lyon a prononcé mardi une relaxe en faveur de Maurice Sinet, humoriste poursuivi par la Licra pour deux chroniques qu'il avait publiées avant son limogeage de Charlie Hebdo.

La première visait notamment des femmes voilées musulmanes et des grenouilles de bénitier, le 11 juin 2008.

La seconde s'en prenait, le 2 juillet 2008, à Jean Sarkozy. Siné écrivait que le fils du président prévoyait de se convertir au judaïsme pour épouser l'héritière des magasins Darty.

Dans son très long jugement, la chambre spécialisée dans la presse estime que la liberté d'expression doit l'emporter sur le sentiment religieux.
Rappelle que Charlie-Hebdo est un journal satirique aux lecteurs "éclairés".
Et reprend avec malice une phrase prononcée par Philippe Val, directeur de la rédaction de Charlie Hebdo, au moment du procès des caricatures : "Le crime est dans l'oeil de celui qui lit"...

Sur la première chronique, le tribunal estime qu'il faut analyser en même temps texte et dessin, pour comprendre que "les trois religions du Livre sont concernées", et que la chronique vise "les franges traditionalistes voir fondamentalistes", non les religions dans leur ensemble.
Il rappelle qu'en droit, une opinion, "même discutée", ne constitue pas nécessairement une "incitation à la haine raciale".
Et souligne surtout qu'il "convient" d'affirmer "la primauté de la liberté d'expression sur le sentiment religieux".

Passant à la deuxième chronique, les juges s'appuient sur le témoignage d'une linguiste qui avait décortiqué la chronique de Siné, et conclu à "l'inconsistance du grief antisémite". Très prudent à l''égard de témoignages à charge qui voulaient trouver par delà l'explicite des messages implicites, "au-delà des mots", le tribunal rappelle que "les restrictions à la liberté d'expression appellent une interprétation étroite".

Son jugement détaillé sonne comme une défense juridique de la liberté d'expression, encadrée mais surtout protégée par le droit français.
"Le bouffon joue un rôle essentiel dans la protection et la défense des libertés, expliquait Fernand Schir, mardi à l'audience. C'est même le baromètre ultime permettant de prendre le pouls de l'état de la liberté de la presse."

Les juges rappellent par ailleurs que le lectorat de Charlie Hebdo est "habitué à la satire", qui est "le genre de l'outrance et de l'exagération". Ce qui n'exclut pas "l'analyse et la critique sociétale".
Avant de lever l'audience, le président a encore rappelé que "Personne n'est obligé d'acheter un journal satirique, comme personne n'était obligé de lire les Versets sataniques".

Sortant de la salle d'audience, Maurice Sinet s'est déclaré "ravi", avant d'ajouter : "Je m'attendais au résultat, mais pas à cette décortication."

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Siné débouté contre Askolovitch Le Figaro.fr 3 mars 2009

L'ancien caricaturiste de Charlie Hebdo, Siné, a été débouté aujourd'hui par le tribunal correctionnel de Paris de l'action en diffamation qu'il avait intentée contre le journaliste Claude Askolovitch qui l'avait taxé d'antisémitisme.

Ce dossier n'était que le volet annexe d'une plus grosse affaire jugée à Lyon. Dans cette affaire lyonnaise, le dessinateur était poursuivi pour "incitation à la haine raciale" après avoir ironisé dans Charlie Hebdo sur une éventuelle conversion au judaïsme de Jean Sarkozy. Le tribunal correctionnel de Lyon l'a relaxé de ce chef le 24 février, considérant que les propos de Siné tenaient plus de la satire que de l'antisémitisme.

La chronique publiée le 2 juillet dans Charlie Hebdo n'avait d'abord pas provoqué de remous, jusqu'à une émission sur RTL, le 8 juillet. Claude Askolovitch, alors journaliste au Nouvel Observateur, s'en était pris à Siné, dénonçant "un article antisémite dans un journal qui ne l'est pas".

Le chroniqueur, aujourd'hui journaliste au JDD et à Europe 1, avait ajouté que le directeur de la publication de Charlie Hebdo allait "faire son éditorial pour expliquer que Siné est une ordure, a dérapé totalement et qu'il devrait partir".

Quelques jours plus tard, Philippe Val avait effectivement licencié le dessinateur, l'affaire provoquant une immense polémique, journalistes et intellectuels se divisant entre pro-Val et pro-Siné.

Siné avait alors décidé d'assigner Claude Askolovitch en diffamation. Mardi, la 17e chambre a relaxé le journaliste, estimant que les propos poursuivis n'étaient pas diffamatoires, mais "participaient au débat d'idées, consubstantiel à toute société démocratique".

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Le Parlement européen va empêcher Le Pen de présider sa session inaugurale 25.03.09 | 15h51 lemonde.fr

Les principales forces politiques du Parlement européen ont annoncé mercredi qu'elles allaient empêcher le leader d'extrême droite français Jean-Marie Le Pen de présider en tant que doyen leur prochaine session inaugurale, après sa nouvelle sortie sur les chambres à gaz.

Le chef du groupe conservateur, le plus important au Parlement, le Français Joseph Daul, a annoncé son ralliement à une proposition des socialistes et des écologistes de "prendre toutes les mesures qui s'imposent" pour empêcher que M. Le Pen puisse présider la session inaugurale au lendemain des élections européennes du 7 juin.

"Les propos négationnistes de M. Le Pen, réitérés dans l'enceinte du Parlement européen, le disqualifient pour présider, ne serait-ce que pour une seconde, notre institution à l'ouverture des travaux de la prochaine législature", a estimé M Daul.

Il faudra pour cela une modification du règlement intérieur du Parlement qui prévoit que la session inaugurale est présidée par le doyen d'âge de l'assemblée, une condition que M. Le Pen, 80 ans, a de grandes chances de remplir dans la nouvelle assemblée en juillet.

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Le Pen récidive à Strasbourg sur le "détail" des chambres à gaz Par Reuters, publié le 25/03/2009 à 17:16

STRASBOURG - Jean-Marie Le Pen a de nouveau affirmé devant le Parlement européen que les chambres à gaz des camps de concentration nazis étaient un "détail" de l'histoire de la Seconde guerre mondiale.

Cette affirmation, qui lui a déjà valu plusieurs condamnations, a suscité de nouvelles protestations au sein de la classe politique.

Le président du Front national réagissait aux propos du président du groupe socialiste, l'Allemand Martin Schulz, qui l'avait traité mardi de "négationniste" en proposant une modification du règlement pour l'empêcher de présider en juillet la séance inaugurale du nouveau parlement.

Le leader du parti d'extrême droite, qui aura alors 81 ans, pourrait, s'il est réélu, obtenir ce privilège réservé au doyen d'âge de l'assemblée.

"Je me suis borné à dire que les chambres à gaz étaient un détail de l'histoire de la Seconde guerre mondiale, ce qui est une évidence", a répliqué Jean-Marie Le Pen sous les sifflets et les cris d'indignation de ses collègues.

"A cette occasion, j'ai été condamné à 200.000 euros de dommages et intérêt, ce qui prouve l'état dans lequel se trouve la liberté d'opinion et la liberté d'expression en Europe et en France", a-t-il ajouté.

Martin Schulz a immédiatement réagi.

"Les choses sont très simples. Ceux qui ne souhaitent pas que cet homme préside la première session du nouveau parlement doivent soutenir ma proposition", a-t-il dit.

Il a également demandé que le bureau du Parlement soit saisi de l'incident créé, selon lui, par les propos de l'eurodéputé français.

"DANGER POUR LA DÉMOCRATIE"

Jean-Marie Le Pen "est un danger pour la démocratie", a déclaré Aurélie Filippetti, député socialiste candidate aux européennes dans l'Est.

"J'appelle tous les démocrates européens, quel que soit leur groupe politique, à s'opposer au fait qu'il préside la prochaine session inaugurale du Parlement européen en tant que doyen d'âge", a-t-elle ajouté dans un communiqué.

Le co-président du groupe des Verts, Daniel Cohn-Bendit, refuse également que le leader d'extrême droite préside la session mais s'oppose à l'idée de sanctions.

"L'immunité parlementaire protège de ce que vous dites au Parlement et moi, je ne toucherais pas à ça", a-t-il dit sur France 24.

"Le Pen est un cinglé, c'est un malade, c'est un obsessionnel du négationnisme (...) Mais il fait faire très attention de ne pas limiter le champ d'expression dans une enceinte d'un parlement", a-t-il ajouté.

Un élu d'extrême droite, le cinéaste Claude Autant-Lara, avait déjà présidé le Parlement européen en juillet 1989 en tant que doyen d'âge.

En septembre 1987, Jean-Marie Le Pen avait déclaré au Grand Jury RTL-Le Monde, à propos de la contestation, par des négationnistes, de l'utilisation par les nazis de chambres à gaz pour exterminer les juifs: "Je n'ai pas étudié spécialement la question mais je crois que c'est un point de détail de l'histoire de la Deuxième guerre mondiale."

Il avait été condamné pour ces propos à de fortes amendes en mars 1991 par la cour d'appel de Versailles, pour "banalisation de crimes contre l'humanité" et "consentement à l'horrible."

Jean-Marie Le Pen avait réitéré ses propos en 1997 à Munich, ce qui lui avait valu une nouvelle condamnation.

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La Cour de cassation annule la condamnation de Gollnisch LEMONDE.FR avec AFP | 24.06.09 | 12h18

La Cour de cassation a annulé, mardi, la condamnation du vice-président du Front national, Bruno Gollnisch, pour contestation de crimes contre l'humanité, a-t-on appris mercredi auprès de la plus haute juridiction de l'ordre judiciaire.

Eurodéputé depuis vingt ans, Bruno Gollnisch est considéré comme le rival de Marine Le Pen dans la course à la succession de Jean-Marie Le Pen à la tête du parti d'extrême droite. Le 11 octobre 2004, lors d'une conférence de presse à Lyon, l'élu frontiste avait assuré "ne pas remettre en cause les déportations" ni "les millions de morts" des camps nazis, avant d'ajouter : "Quant à savoir la façon dont les gens sont morts, ce débat doit avoir lieu." Interrogé plus spécifiquement sur les chambres à gaz, il avait répondu : "Je ne nie pas les chambres à gaz homicides. Mais je ne suis pas spécialiste de cette question, et je pense qu'il faut laisser les historiens en discuter. Et cette discussion devrait être libre."

Poursuivi devant la justice lyonnaise pour ces propos controversés, M. Gollnisch avait été condamné le 18 janvier 2007, par le tribunal correctionnel de Lyon, à trois mois de prison avec sursis et 5 000 euros d'amende. Le 28 février 2008, la cour d'appel de Lyon avait confirmé ce jugement, condamnant par ailleurs le président du groupe d'extrême droite au Parlement européen à payer 39 000 euros de dommages et intérêts à neuf parties civiles (associations contre le racisme et associations d'anciens déportés).

M. Gollnisch avait alors formé un pourvoi en cassation. Dans un arrêt rendu mardi, la chambre criminelle de la Cour de cassation a annulé cette condamnation. Les motivations de l'arrêt ne seront disponibles que d'ici quelques semaines.

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Soupçonné d'injure raciste, un préfet est suspendu d'une partie de ses fonctions LEMONDE.FR | 14.08.09 | 06h41

Le préfet Paul Girot de Langlade, qui était coordinateur local pour l'île de la Réunion des Etats généraux de l'outre-mer, a été suspendu, de sa fonction après le dépôt d'une plainte pour "injures à caractère raciste", selon une information diffusée par le site réunionais Zinfos 974.

La plainte a été déposée au commissariat de Corbeil-Essonnes (Essonne) le 31 juillet ou le 5 août, selon les sources, par une employée de l'aéroport d'Orly et a été transmise au parquet de Créteil dans le Val-de-Marne, mardi 11 août.
Selon une source proche du dossier, M. Girot de Langlade, préfet hors cadre, a été immédiatement suspendu de sa fonction de coordinateur.

"ON SE CROIRAIT EN AFRIQUE"

Zinfos 974 explique qu'à son retour de la Réunion, le préfet aurait mal supporté qu'une employée de la société de sécurité Sécuritas lui demande de vider ses poches alors que l'alarme du portique de sécurité avait retenti. Excédé, il aurait alors jeté le contenu de ses poches au visage de l'employée, originaire des Antilles et lancé à son endroit : "On se croirait en Afrique" et "il n'y a que des noirs ici".
Tandis que des employés lui demandaient de garder son calme, Paul Girot de Langlade qui a fait état de sa qualité de préfet se serait vu répondre : "Vous êtes donc bien placé pour savoir qu'il faut respecter les lois".

Paul Girot de Langlade avait été relaxé en appel en juin 2008 pour des propos assimilant les gens du voyage à des délinquants, des propos qui sont à l'origine de son placement hors cadre par le Conseil des ministres en 2007. Malgré plusieurs tentatives à son domicile en Auvergne et par le biais du ministère de outre-mer, le préfet n'a pas pu être joint par l'AFP jeudi.

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Cette France-là 06 05 2007 Paul Girot de Langlade Depuis le 23 mai 2006 : préfet d’Indre-et-Loire

Le 23 novembre 2006, Paul Girot de Langlade, nommé depuis peu préfet d’Indre-et-Loire, accorde une interview à La Nouvelle République du Centre-Ouest. « Préfet de métier, mais militaire de coeur », il s’enorgueillit d’éviter le politiquement correct — en particulier sur un sujet qui lui tient manifestement à coeur : « Ça m’agace.

Il y a trop de gens du voyage sur l’Indre-et-Loire. On a été trop laxistes pendant trop longtemps. » En effet, « ce département a fait beaucoup pour eux puisque l’on a 250 places d’accueil. […] Il faut arrêter de se voiler la face », poursuit-il. « Chacun sait que quand ils arrivent quelque part, il y a de la délinquance. »

Le 13 septembre 2007, la 17e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris condamne Paul Girot de Langlade à 2 000 euros d’amende pour « provocation à la discrimination raciale ».

Dans son jugement, le tribunal a estimé que « s’exprimant avec l’autorité du représentant de l’État dans le département et usant d’un ton péremptoire, il tendait à susciter chez ses administrés un vif sentiment de rejet visant indistinctement un groupe de personnes en raison de leur appartenance ethnique » et que les propos de Paul Girot de Langlade « signifiaient clairement à ses lecteurs que les gens du voyage constituaient un groupe nuisible et criminogène ».

Certes, Paul Girot de Langlade a déjà tenu des propos comparables, mais c’est la première fois qu’il est condamné. C’est lui-même qui le souligne dans l’entretien de 2006 : « J’ai été poursuivi à trois reprises par le Mrap [Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples] pour avoir dit à un maire que les gens du voyage vivaient à nos crochets de rapines et d’escroqueries. C’est une triste réalité. Finalement, j’ai gagné ».

Effectivement, en 2002, lors d’une réunion avec l’association départementale des maires, Paul Girot de Langlade, alors préfet du Vaucluse, répond en ces termes à l’interpellation d’un élu qui se plaint de la difficulté d’appliquer la loi [1] imposant la création d’aires d’accueil pour les gens du voyage : « Je n’ai pas de tendresse particulière pour ces gens-là. Ils vivent à nos crochets, de la rapine aussi, tout le monde le sait. […] On a déjà trouvé des gens qui avaient huit comptes en banque au Luxembourg. Certains roulent dans des Mercedes que je ne peux pas me payer. Moi aussi, ça m’agace. » [2]

À la suite de la polémique que ses propos ont suscitée, Paul Girot de Langlade s’est étonné « du remue-ménage fait pour une déclaration assez anodine » avant de poursuivre : « Les Français attendent de nous autre chose que des propos angéliques vis-à-vis des gens qui ne respectent pas forcément les lois. »
Puis de confirmer devant les caméras, lors d’une conférence de presse à Carpentras, le 23 octobre 2002 : « Ces gens vivent d’escroquerie et de rapines, mais ce n’est pas une raison pour les pousser de place de village en place de village, ce n’est pas comme ça qu’on règlera le problème.
Ce sont des gens qui roulent dans des voitures de luxe, qui ont des caravanes énormes et qui ne travaillent pas. On peut donc s’interroger sur les revenus de ces gens-là et je pense qu’il est de mon devoir de m’interroger sur : est-ce qu’il y a de la délinquance là derrière, oui ou non ? »

Invité sur le plateau du journal de 20 heures de France 2 le soir même, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, se désolidarise de Paul Girot de Langlade : « Je n’accepterai aucun amalgame, lorsque le préfet donne le sentiment que c’est l’ensemble des Roms ou des gens du voyage qui sont malhonnêtes, il a tort et je ne fais pas miens ses propos. »

Puis, plus tard dans l’interview, le futur président de la République modère quelque peu sa réaction : « Quand le préfet a dit “il y a certaines grosses voitures”, j’ai posé cette question : comment se fait-il que, dans certains campements illégaux où tout le monde vit avec le RMI, on ait des voitures que ne pourra pas se payer un homme ou une femme qui travaille dur ? Eh bien nous avons prévu qu’on pourra saisir ces voitures et poser un certain nombre de questions. […] Je n’accepterai aucun amalgame pour la raison simple que nous allons nous donner les moyens d’agir. »

Après une plainte déposée par Michel Debart, représentant des gens du voyage, SOS-Racisme et le Mrap, Paul Girot de Langlade a été mis en examen pour « diffamation publique envers un groupe de personnes en raison de leur origine ou appartenance ou non-appartenance à une ethnie, une nation ou une race ». Il bénéficie toutefois d’un non-lieu pour défaut de procédure en 2004.

En revanche, en septembre 2007, juste après sa condamnation, le Conseil des ministres sanctionne le préfet d’Indre-et-Loire en le plaçant « hors cadre » : il garde son statut de préfet et ses droits à la retraite, mais aucun territoire ne lui est attribué. Paul Girot de Langlade avait alors bénéficié du soutien d’un grand nombre d’élus du département d’Indre-et-Loire, de droite et de gauche : fin 2007, une pétition comptant plus de 2 000 signatures est remise à Nicolas Sarkozy, président de la République, par Philippe Briand, député UMP, et Yves Dauge, sénateur et membre du parti socialiste.

Paul Girot de Langlade a fait appel de sa condamnation. Lors de l’audience, le 14 mai 2008, il a déclaré avoir voulu « simplement mettre le doigt sur un problème, le problème de gens qui arrivent en caravane et qui créent un sentiment de peur chez nos citoyens » [3]. Le 25 juin 2008, la 11e chambre de la cour d’appel de Paris a relaxé l’ancien préfet d’Indre-et-Loire.

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DISCRIMINATION Préfet accusé de racisme : associations et politiques réagissent NOUVELOBS.COM | 14.08.2009 | 18:02

Voici les réactions des associations et politiques après la suspension de ses fonctions du préfet Paul Girot de Langlade à la suite du dépôt d'une plainte pour "injures à caractère racistes".

Brice Hortefeux, ministre de l'Intérieur : justifiant la suspension du préfet Paul Girot de Langlade de sa fonction de coordinateur local pour la Réunion des Etats généraux de l'Outre mer, après le dépôt d'une plainte pour "injures à caractère raciste", le ministre a déclaré que "ces comportements sont indignes des valeurs de notre République"
"Dans l'attente des résultats de l'enquête en cours, j'ai décidé de suspendre immédiatement l'intéressé de sa mission de coordinateur local, pour la Réunion, des Etats généraux de l'Outre-mer", écrit le ministre dans un communiqué ajoutant qu'il "ne [tolèrera] jamais que des propos racistes ou discriminants soient tenus dans notre pays, d'autant plus par un représentant de l'Etat, quel qu'il soit".

Mouloud Aounit, président du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap) a qualifiant vendredi le préfet de "beauf de la République" et de "multirécidiviste", il a demandé que "la justice soit exemplaire".

"Ce qui vient de se passer était prévisible parce que Paul Girot de Langlade est un multirécidiviste de l'insulte. Le Mrap l'a poursuivi à trois reprises", a-t-il déclaré. "C'est un beauf de la République et la République mérite mieux", a-t-il estimé, précisant que le Mrap allait "se constituer partie civile" dans cette affaire.

"Nous attendons que la justice soit exemplaire et que les sanctions soient à la hauteur des provocations. C'est d'une gravité extrême et absolue qu'un préfet de la République tienne de ce genre de propos au risque de les banaliser", a poursuivi Mouloud Aounit.

Le Mrap réclame "sa radiation du corps préfectoral" estimant que le "laisser en fonction est une insulte à la République, au corps préfectoral et à tous ceux qui se battent contre le racisme".

Louis-George Tin, porte-parole et vice-président du Conseil représentatif des associations noires (Cran): "cette suspension est de nature à apaiser la situation pour que les Etats généraux, par ailleurs mal engagés, ne tournent pas au fiasco général. Une fois n'est pas coutume, Brice Hortefeux a sans doute pris la décision qui s'imposait".

Si les propos visés étaient confirmés, "il y aurait d'abord une condamnation judiciaire mais il faudrait aussi une mesure disciplinaire de mise à pied pour envoyer un message politique". "Ce monsieur ne doit pas être l'arbre qui cache la forêt: le racisme en France n'est pas simplement l'expression de quelques propos isolés et regrettables que l'on pourrait éradiquer par des condamnations. Il s'agit en profondeur de structures sociales depuis longtemps enracinées et c'est précisément l'un des enjeux des Etats généraux".

Gaëlle Tainmont, responsable nationale à SOS Racisme : les propos en cause "s'ils sont avérés, s'inscrivent dans un climat de réitération, voire de récidive : ils sont hautement condamnables, nous connaissons bien ce monsieur" mis en cause par le passé pour des propos visant les Roms.

"Au-delà de la personne insultée, les propos tenus par un haut fonctionnaire engagent la République dans son ensemble, or pour nous, un haut fonctionnaire ne peut tenir ce genre de propos et se doit d'être exemplaire".

"Ce qui est extrêmement problématique, c'est que de tels propos tenus par un haut fonctionnaire s'apparentent à un blanc-seing pour d'autres personnes de la société civile qui seraient tentées" de faire de même.

La suspension décrétée vendredi par le ministère de l'Intérieur est vue comme "une mesure plus que nécessaire mais qui n'apparaît pas suffisante: nous souhaiterions que, le temps de l'instruction, il soit également suspendu du corps de la préfectorale" et pas uniquement de sa fonction de coordonnateur.

Et si les faits étaient avérés, SOS Racisme demanderait "sa révocation pure et simple, pour envoyer un signal fort".

Le Collectif DOM (Collectif des Antillais, Guyanais, Réunionnais et Mahorais) et Tjenbé Rèd (Association contre les racismes, les homophobies et le sida) "prennent acte d'une première mesure conservatoire du ministère" mais "demandent des sanctions exemplaires" car "Monsieur Girot de Langlade est un récidiviste", dans un communiqué.

A leurs yeux, le préfet "s'est comporté comme un vulgaire quidam". Elles se porteront "partie civile après la plainte déposée le 4 août par l'une des victimes, une femme d'origine antillaise", et demandent à Patrick Karam, délégué interministériel pour l'égalité des chances des Françaises d'outre-mer, "de suivre de près cette affaire".

Patrick Karam, délégué interministériel à l'Outre-mer : saluant la "tolérance zéro" du gouvernement qui a décidé de suspendre immédiatement de ses fonctions Paul Girot de Langlade, il a tenu à rappeler que le préfet est "innocent jusqu'à preuve du contraire". Patrick Karam a par ailleurs estimé que "lorsque vous êtes haut fonctionnaire, dépositaire de l'autorité publique, en plus en charge des Etats généraux sur l'Outre-mer à la Réunion, vous devez être irréprochable", dans un entretien à l'AFP.

Pour Patrick Karam, "il y a trop de propos tendancieux qu'on laisse passer". Le gouvernement "a décidé, avant d'attendre la décision de justice par mesure conservatoire de le suspendre de toute responsabilité. Ca change avec les pratiques passées, notamment celles du Parti socialiste", a-t-il assuré.

Selon le délégué interministériel, cette décision "est aussi un signal adressé à la société : tolérance zéro". "S'il y a la moindre suspicion, il faut qu'il y ait tout de suite des mesures conservatoires", soutient-il.

"C'est une nouvelle approche plus offensive contre les discriminations, le racisme, et je souhaite que le Parti socialiste prenne cela en exemple lorsqu'il y a des dérapages et puisse être aussi vigilant qu'intransigeant", a-t-il ajouté, regrettant ainsi l'attitude qu'avait eu le PS vis-à-vis de Georges Frêche lorsqu'il "avait parlé des noirs dans l'équipe de France". (nouvelobs.com)

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«Le comportement et les propos» qui me sont attribués «ne sont pas les miens».

Suspendu de ses fonctions pour des propos racistes qu'il aurait tenu à l'encontre d'une employée de l'aéroport d'Orly, le préfet Paul Girot de Langlade réplique ce samedi et nie en bloc.

«Je leur ai dit dépêchez-vous de façon agressive, certes, mais c'est tout», a expliqué l'intéressé ce samedi sur France Info.

Agé de 63 ans, Paul Girot de Langlade est visé par une plainte pour « injures à caractère racial » déposée le 4 août par une jeune femme de 27 ans, agent de sécurité à l’aéroport d’Orly (Val-de-Marne). Coordinateur des états généraux pour l’outre-mer sur l’île de la Réunion, il a été suspendu jeudi soir de ses fonctions par Brice Hortefeux.

Selon l'agent de l'aéroport d'Orly, le préfet lui aurait en effet lancé : « On est où là ? On se croirait en Afrique », puis : « De toute façon, il n’y a que des Noirs ici. »

«C'est une manipulation»

«Je n'ai pas connaissance d'une plainte et ne vois pas ce qu'on peut me reprocher», a rétorqué l'intéressé ce samedi estimant qu'il s'agirait même d'une «manipulation» à son encontre. Paul Girot de Langlade évoque pour sa défense le témoignage d'une hôtesse de l'air qui aurait, elle, été choquée par le comportement de l'agent de l'aéroport.

Paul Girot de Langlade avait déjà défrayé la chronique lorsqu’il était préfet du Vaucluse, puis de l’Indre-et-Loire en tenant des propos peu amènes sur les gens du voyage. Ces deux sorties avaient fait l’objet de plaintes mais s’étaient soldées, l’une par une relaxe, l’autre par un non-lieu.

« Je ne tolérerai jamais que des propos racistes soient tenus dans notre pays, d’autant plus par un représentant de l’Etat », avait commenté le ministre de l’Intérieur à son encontre pour justifier la suspension du préfet.

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Nouvelle procédure à l’horizon contre « Tintin au Congo »
Deux ans après une plainte déposée en Belgique, une procédure devrait être engagée en France contre la société éditrice de « Tintin au Congo ». Le plaignant estime le contenu de la BD « raciste ».
Geoffroy Tomasovitch | 31.08.2009, 07h00 leparisien.fr

Bienvenu MBUTU s’impatiente.

En 2007, ce Congolais installé en Belgique depuis vingt ans a porté plainte contre la société Moulinsart qui exploite les droits de l’oeuvre d’Hergé, le créateur de Tintin. Ce comptable de 41 ans voulait faire retirer du commerce l’album « Tintin au Congo » dont il considère le contenu comme étant raciste.

Sans nouvelles de l’instruction, ses avocats ont relancé la procédure cet été, mais le juge de Bruxelles a estimé, la semaine dernière, que l’accès au dossier était « prématuré ». Toutefois, Jean-Claude Ndjakanyi et Gilbert Collard prévoient de lancer en parallèle une action judiciaire en France.

« On laisse penser que les Noirs n’ont pas évolué »

Deuxième volet des aventures du reporter, « Tintin au Congo » a été publié en 1931, puis en 1946 en couleur. Malgré les corrections apportées au texte par Hergé, Bienvenu Mbutu estime que cette bande dessinée donne toujours une image « dégradante » et « offensante » des Noirs du Congo, ex-colonie belge. « Le personnage du petit aide de Tintin est présenté comme stupide et sans qualités, indique Bienvenu Mbutu. On laisse penser que les Noirs n’ont pas évolué, qu’il faut les motiver pour travailler… Ces caricatures sont choquantes. »

De son vivant, Hergé s’est expliqué sur « Tintin au Congo ». « J’étais nourri des préjugés du milieu bourgeois dans lequel je vivais. J’ai dessiné les Africains d’après les critères de l’époque », affirmait Hergé en citant le « paternalisme belge » vis-à-vis des habitants de ses colonies. Cette époque est révolue, mais Bienvenu Mbutu pense qu’il y a toujours un « danger ».

« Pour les enfants qui lisent cet album, le Congo c’est ça, reprend le comptable. Ça peut consolider les préjugés envers les Congolais. En Belgique, certains gardent de nous une vision caricaturale. » Bienvenu Mbutu, dont le but reste de faire interdire l’album, se réjouit de la récente décision de la bibliothèque municipale de Brooklyn à New York, qui a retiré de ses rayons « Tintin au Congo ».

« Suite à des plaintes, un comité de révision a jugé le contenu raciste. Désormais, l’album est sous clé, consultable sur demande par des chercheurs ou des lecteurs avisés », précise le comptable. Sur son blog, le président du Conseil représentatif des associations noires de France (Cran) a salué une « sage décision ». « Le problème n’est pas que l’on ne puisse pas lire Tintin au Congo , argumente Patrick Lozès. Beaucoup le lisent avec la distance nécessaire et comprennent bien que la représentation des Noirs dans cet album est caricaturale et symptomatique de l’inconscient collectif de l’époque.
Le problème, c’est que cet ouvrage, tel qu’il est présenté aujourd’hui, est lu par de jeunes esprits qui ne peuvent pas tous faire la part des choses entre la caricature et la réalité. » Pour éviter les actions judiciaires, Patrick Lozès suggère que les éditeurs ajoutent un texte pédagogique à l’album.

« Anachronismes faciles »

Après la mise à l’index de « Tintin au Congo » à Brooklyn, la société Moulinsart a réagi par un communiqué. « Juger le contenu d’une œuvre ne vaut que si on la replace dans le contexte de l’époque où elle a été publiée.
Lire en plein XXIe siècle un album de Tintin datant de 1931, demande un minimum d’honnêteté intellectuelle. Celle-ci nous garde de sombrer dans les anachronismes faciles et trop couramment complaisants », estiment les ayants droit d’Hergé.

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Le ministre de l'Intérieur collectionne les blagues douteuses jusque dans le gouvernement. Libération, 12-13 septembre 2009, p. 4

Dérapages en serie entre collègues jusque dans le gouvernement.

Brice Hortefeux a la blague lourdingue. Que ce soit avec des militants UMP ou avec ses collègues du gouvernement. Azouz Begag, Fadela Amara ou Rama Yade ont goûté à son «humour».

Florilège.

«Fissa, sors de là ! Dégage d'ici, je te dis !»
11 avril 2007, Azouz Begag vient de quitter son poste de ministre délégué chargé de la Promotion de l'égalité des chances auprès du Premier ministre d'alors, Dominique de Villepin. Il publie Un mouton dans la baignoire. Dans ce livre, il rapporte des propos que Brice Hortefeux lui aurait adressés à l'Assemblée nationale: «Allez, fissa, sors de là! Dégage d'ici, je te dis, dégage.» «Fissa», une expression utilisée par les soldats français en Algérie. Pas très fin pour un politique qui a, collée à la peau, l'image de la vieille droite.
Vendredi, Azouz Begag n'a d'ailleurs pas retenu la bride: «C'est un vrai bon dérapage franchouillard raciste qui n'a rien d'étonnant venant d'un ministre qui mène une politique xénophobe.» Et de trancher: «Le ministre de l'Intérieur est raciste quand il dit cela. Et le racisme est un de1it. »

«Des citoyens honnêtes et propres»

25 novembre 2007, sur le plateau de M6. Guy Lagache, présentateur de l'émission Capital, interroge le ministre de l'Immigration de l'époque: «ça veut dire qu'il y aura toujours des sans-papiers sur le territoire français?» Brice Hortefeux :"Si vous rêvez d'une société idéale dans laquelle il n'y aurait que des citoyens honnêtes, propres et ... et s'agissant des immigrés, que ça soit exclusivement des immigrés légaux avec des papiers, la vérité c'est que c'est un combat permament".
La phrase a de sérieux relents du "si vous ajoutez à celà le bruit et l'odeur" de Jacques Chirac de juin 1991. La célébre déclaration, tenue lors d'un meeting à Orléans, a valu au maire et président du RPR de l'époque une violente polémique et une célèbre chanson du groupe toulousain Zebda, en 1996.

«Une compatriote, je le précise»

15 janvier 2009, passation de pouvoir au ministère du Travail. Brice Hortefeux, devant les journalistes : «Fadela Amara est une compatriote. Comme ce n'est pas forcément évident, je le précise
Réponse de l'intéressée, invitée au Grand Journal de Canal+ présenté par Michel Denisot: «J'ai été étonnée de la polémique. Brice et moi on est auvergnats. Souvent, on s'amuse de ça. [...]. On parlait des Auvergnats. On se chambre
Pas de problème, donc. Vendredi, Fadela Amara est de nouveau venue à sa rescousse : «Brice Hortefeux a de l'humour.» Et de réagir aux déclarations du porte-parole du Parti Socialiste, Benoît Hamon, qui se demandait ce que Brice Hortefeux faisait encore au gouvernement : «Peut-être que Benoît Hamon ferait mieux de s'occuper des fraudes au PS».

"Tu pourrais aussi ne pas revenir"

Mars 2009, Rama Yade, Nicolas Sarkozy et Brice Hortefeux sont dans un avion (pour l'Afrique). Rama Yade vient de refuser de conduire la liste UMP aux européennes en Ile-de- France. Elle n'est pas en odeur de sainteté auprès du président de la République. Brice Hortefeux blague encore: «Tu pars avec nous et c'est bien, mais tu pounuis aussi ne pas revenir

Taxé de "gros raciste" par Rachida Dati

Enfin, le Canard Enchaîné avait rapporté les fortes tensions entre la ministre de la Justice du précédent gouvernement, Rachida Dati, et l'ancien ministre de l'Immigration. Rachida Dati aurait été jusqu'à déclarer, à plusieurs reprises, que Brice Hortefeux était un «gros raciste» .

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EXCLUSIF Jamal Dati à Rachida : "Pourquoi tout ce cinéma?" NOUVELOBS.COM | 30.09.2009 | 05:55

Dans son livre "Dans l’ombre de Rachida", à paraître le 7 octobre (2009) et dont Le Nouvel Observateur publie plusieurs extraits (un premier ci-dessous et le reste dans l'Obs en kiosque ce jeudi), Jamal, frère de Rachida Dati, dévoile les talents de mise en scène de sa soeur.

Selon lui, après son accouchement, l'ex-ministre de la Justice a quitté la clinique de la Muette et posé devant les photographes avec, dans les bras, un porte-bébé vide. Jamal Dati s'interroge: "Pourquoi tout ce cirque ?".

Âgé de 37 ans, le frère de Rachida Dati revient également dans son livre d'entretien avec le journaliste Xavier Bénéroso sur son passé de dealer, sur la prison.
Il dit : "J’ai mis la honte à la famille…", avant d’affirmer "mais Rachida aussi". Jamal parle ainsi de son père qui, à l’annonce de la grossesse de sa célèbre fille, a dû "rabaisser sa fierté" dans les rue de Châlon. Parce que enfanter sans mari, c’est porter atteinte à l’honneur du clan Dati...

Extrait

"Zohra est typée arabe, mais elle a le visage tout rose, elle ressemble à ma nièce Sânnaa. Les deux premiers mois, elle était à Drancy chez ma soeur. Avec une nourrice 24 heures sur 24. (...) J’ai su que lorsque Rachida est sortie de la maternité, l’enfant n’était pas dans le couffin. Mes soeurs me l’ont appris lors d’une réunion familiale, chez mes parents, alors qu’elles commentaient les fameuses photos prises devant la clinique de la Muette. "On a fait autrement", m’ont-elles assuré… Les journalistes massés devant la clinique auraient pu bousculer la mère et l’enfant et faire du mal à la petite Zohra. En fait, ils ont fait sortir le nourrisson sans Rachida, en catimini, pour éviter la presse. C’est pourquoi on voit ma nièce, Sânnaa, pouffer sur les photos à la sortie de la maternité : l’entourage fait semblant de regarder pendant que les journalistes mitraillent la nouvelle maman. Pourquoi tout ce cinéma ?"

> Jamal Dati, "Dans l’ombre de Rachida" (Calmann-Levy, octobre 2009). Les bonnes feuilles et l'article de Sophie des Déserts : "Rachida, ma soeur" sont à lire dans Le Nouvel Observateur du jeudi 1er octobre.

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Entretien exclusif avec le prix Goncourt 2009 Entretien exclusif, sur BibliObs, avec le prix Goncourt 2009 Propos recueillis par Grégoire Leménager nouvelobs.com (ce mercredi 11 novembre à 17h)

Marie NDiaye en appelle à Mitterrand... et «maintient ses propos après le texte grotesque d'Eric Raoult»

Contrairement à ce que pouvait laisser entendre une interview qu'elle a accordée ce lundi matin, la romancière Marie NDiaye ne renie rien des propos qui lui ont valu d'être rappelée à l'ordre par Eric Raoult ce mardi.
Et en appelle à son tour à Frédéric Mitterrand, pour qu'il « mette un point final à cette histoire ridicule ».

Marie NDiaye est née à Pithiviers en 1967. Découverte par Jérôme Lindon, elle est l’auteur d’une douzaine de livres, dont «Rosie Carpe», «la Femme changée en bûche», «la Sorcière» ou «Hilda».

Elle vit à Berlin, et vient de recevoir le prix Goncourt 2009 pour «Trois femmes puissantes».

BibliObs.
- Après la diffusion, sur Europe 1, d'une interview dans laquelle vous reconnaissez avoir tenu des propos « excessifs » à l'encontre de Nicolas Sarkozy, on dit partout que le texte d'Eric Raoult vous a fait revenir sur vos positions. Est-ce vraiment le cas ?

Marie NDiaye.
- Cela vient d'une interview que j'ai accordée lundi matin à Berlin, avant d'être informée de l'existence de ce texte dans lequel Eric Raoult en appelle à Frédéric Mitterrand, et dont je n'ai pris connaissance que lundi soir. Il me semblait alors important de ne pas adopter, ni pour moi ni pour mon mari Jean-Yves Cendrey, la posture d'écrivains des années 1930 fuyant le fascisme, puisqu'il est évident qu'il ne s'agit pas de cela.

Mais depuis lundi matin, le contexte a changé avec la publication de ce texte grotesque et hallucinant d'Eric Raoult. Il n'est plus nécessaire d'affiner mes propos antérieurs, que je maintiens.

BibliObs.
- Y compris lorsque vous dites que la France de Nicolas Sarkozy a pour vous un côté « monstrueux » ?

M. NDiaye.
- La manière dont depuis deux ans et demi on s'attaque au problème de l'immigration est à mes yeux inacceptable. Ce dont s'occupe le Réseau Education sans Frontières, par exemple, la manière dont on va chercher des enfants sans papiers dans leur école, est révoltante.

BibliObs.
- Qu'attendez-vous à présent de Frédéric Mitterrand, puisque c'est à lui que s'adressent les doléances d'Eric Raoult, et comment expliquez-vous son silence ?

M. NDiaye.
- J'attends qu'il réponde enfin à la question que lui pose Eric Raoult, qu'il prenne clairement position sur cette affaire, et mette un point final à cette histoire ridicule. Son silence est mystérieux, et ressemble à un silence embarrassé, alors qu'il n'y a me semble-t-il aucune raison de l'être.

BibliObs.
- Etes-vous surprise et affectée par cette polémique?

M. NDiaye.
- Surprise par les propos d'Eric Raoult, qui dépassent en ridicule tout ce qu'on peut imaginer, oui. Affectée, non.

PS. Aux dernières nouvelles (19h), Frédéric Mitterrand, qui avait pourtant soutenu un grand artiste nommé Roman Polanski avec l'enthousiasme que l'on sait, n'a pas l'intention de répondre à Eric Raoult. Sinon, peut-être, par écrit - soit le plus discrètement possible.

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11 novembre 2009 nouvelobs.com Quel «devoir de réserve» pour Marie NDiaye?

Bernard Pivot répond à Eric Raoult: «Le lauréat du Goncourt n'est pas la voix de la France» Propos recueillis par Grégoire Leménager

C'est la dernière trouvaille d'Eric Raoult, on vous en touchait deux mots dès hier ; dans une question écrite à « M.le ministre de la culture et de la communication », le député UMP de Seine-Saint-Denis demande à Frédéric Mitterrand de rappeler à Marie NDiaye qu'elle doit, en tant que lauréate du prix Goncourt 2009, observer un « devoir de réserve » pour « respecter la cohésion nationale et l'image de notre pays ».

Bernard Pivot, membre de l'Académie Goncourt, lui répond sur BibliObs.com

BibliObs.
- Quelle a été votre première réaction en découvrant le texte de cette question écrite ?

Bernard Pivot.
- Je ne vois pas très bien où Monsieur Eric Raoult est allé chercher ce « devoir de réserve » qu'il a inventé de toutes pièces. Il n'existe aucun précédent à ma connaissance dans l'histoire du Goncourt.

Il invoque quelque chose qui n'a jamais existé, n'existe pas et, grâce à Dieu, n'existera jamais. Pas plus pour les lauréats du Goncourt que pour ceux du Nobel, auxquels il est arrivé parfois de tenir des propos très engagés. Le discours de Camus, en 1957, avait par exemple fait couler beaucoup d'encre...
Mais un lauréat dit ce qu'il veut, et n'engage en rien l'Académie qui l'a couronné.

BibliObs.
- La façon dont il en appelle à l'autorité de Frédéric Mitterrand a-t-elle un rapport avec les statuts juridiques qui sont ceux de l'Académie Goncourt, laquelle a notamment la particularité d'avoir été reconnue « d'utilité publique » par le président de la République dès 1903, mais aussi d'être « soumise au contrôle de deux ministères, celui de la Culture et celui de l'Intérieur » ?

B. Pivot.
- Cela n'a rien à voir. Tutelle étatique ou pas, il n'est nulle part inscrit dans les statuts de l'Académie Goncourt qu'elle aurait à choisir des auteurs n'affichant qu'une neutralité inodore et incolore. Le choix se fait en fonction de la qualité d'un roman, sans se soucier des opinions politiques, philosophiques ou religieuses de son auteur.

En revanche, il est certain que le Goncourt lui offre une tribune : certains en profitent pour prendre des positions dans le débat public, d'autres pas. Chacun fait évidemment ce qu'il veut sur ce point. Là encore, c'est comme pour le Nobel.
Cela doit être très clair : chaque lauréat a la pleine et entière liberté de s'exprimer comme il l'entend. Et j'imagine que les autres membres du jury auraient la même réaction que moi. Si on se mettait à choisir des écrivains pour telle ou telle opinion, le fantôme d'Edmond de Goncourt viendrait nous tirer les oreilles pendant notre sommeil...

BibliObs.
- Pas question pour vous, donc, de dire ce que vous pensez des propos de Marie NDiaye ?

B. Pivot.
- Je n'ai pas à les commenter, je sortirais de mon rôle. En tant qu'académicien Goncourt, je dois rester absolument neutre. Si un lauréat tenait des propos tombant sous le coup de la loi, ou contraires aux bonnes mœurs, la situation serait différente, mais je ne crois pas que ce soit le cas. Marie NDiaye a tenu des propos politiques qui n'engagent qu'elle, et pas l'Académie, ni la France. Le Goncourt n'est pas la voix de la France.

BibliObs.
- Il n'empêche que l'an passé, déjà, le lauréat du Goncourt avait pris position contre l'expulsion de réfugiés afghans... Peut-on parler de choix engagés de la part de votre jury ?

B. Pivot.
- Non, je le répète, ce sont des choix littéraires. Il se trouve par hasard que le lauréat 2008 est un Afghan venu s'installer en France, et que la lauréate 2009 est une Française née en France, d'un père d'origine sénégalaise et d'une mère bretonne je crois. Mais loin de nous l'idée de couronner des auteurs issus de l'immigration, ce serait absurde ! Le point commun, c'est qu'Atiq Rahimi faisait lui aussi le portrait d'une femme puissante dans « Syngué sabour ». Alors si vous voulez, oui, le Goncourt aime les femmes puissantes.

BibliObs.
- Que devrait être selon vous la réaction de Frédéric Mitterrand, puisque c'est lui qu'interpelle Eric Raoult, en lui demandant « ce qu'il compte entreprendre en la matière » ?

B. Pivot.
- Il va sans doute être difficile à Frédéric Mitterrand de traiter par le dédain la question de M. Eric Raoult, qui m'a l'air d'être un député influent. Mais je ne vois pas bien ce qu'il peut dire d'autre que ce que je viens de répondre. Il ne peut répondre que comme s'il était lui-même membre de l'Académie Goncourt [NdlR : d'ordinaire membre du jury Médicis, Frédéric Mitterrand n'a pas participé aux délibérations cette année, et s'en abstiendra tant qu'il exercera ses fonctions rue de Valois].

BibliObs.
- Vous semblez presque amusé par cette affaire. Elle n'est donc pas inquiétante à vous yeux ?

B. Pivot.
- Non, je prends cela à la rigolade plus qu'au tragique. Monsieur Eric Raoult n'a tout de même pas demandé qu'on aille arrêter Marie NDiaye à Berlin pour la mettre en prison. On voit surtout que cet homme ne connaît vraiment rien au milieu littéraire...

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Peillon, le piégeur piégé, fait le jeu d'Éric Besson samedi 16 janvier 2010 Ouest-France.fr

En boudant l'émission « À vous de juger », jeudi soir, sur France 2, l'eurodéputé socialistea ouvert un boulevard au ministre de l'Immigration, ainsi qu'à Marine Le Pen. Commentaire

Ce qui s'est passé. L'eurodéputé PS Vincent Peillon a annoncé, jeudi, à 21 h, en cours d'émission et par voie d'agence, qu'il ne viendrait pas débattre avec le ministre Éric Besson et la vice-présidente du FN, Marine Le Pen. Et qu'il demandait la démission d'Arlette Chabot. Une décision préméditée, revendique l'intéressé, et approuvée par Martine Aubry, 48 heures avant.

Vincent Peillon dit refuser de jouer « les idiots utiles ». La direction du PS le soutient, invoquant un « dévoiement du service public ». Le député Vert Noël Mamère aussi : « Par principe, ose-t-il, tout homme politique qui croit aux valeurs républicaines ne doit pas participer à un débat organisé par le pouvoir. » « Si on a accepté de participer, corrige Lionel Jospin, on a le devoir d'y aller », à moins que les règles aient été modifiées.

La CGT de France 2 condamne l'émission, mais se démarque du PS : « Déjà qu'on a un président de la République qui va nommer les PDG de l'audiovisuel, si en plus des élus de la nation demandent la tête des journalistes, c'est de l'ingérence. »

« J'aimerais savoir si vous-même et le Parti socialiste cautionnez cet appel à la démission collective, sans précédent depuis quelques dizaines d'années », écrit le PDGde France Télévisions, Patrick deCarolis, à Martine Aubry. Il n'y a aucune décision collective du PS de boycotter France 2, répond cette dernière.

Ce qu'on peut en penser. En piégeant Arlette Chabot, Vincent Peillon ne va pas se faire beaucoup d'amis journalistes. En fuyant le plateau, il offre une tribune inespérée à Éric Besson qui, agressé à l'excès par Marine Le Pen, apparaît comme un Saint-Bernard des droits de l'homme.

En désertant le débat, il présente de lui-même et du PS une image poltronne et, à ses détracteurs, une merveilleuse occasion de l'affaiblir. En faisant un coup, il réitère ce qu'il reproche à Ségolène Royal dont il fut l'allié.

Quant au « démocrate » Noël Mamère, on a bien compris qu'il ne faudrait participer à aucun débat gouvernemental le jour où, par inadvertance, il accéderait au pouvoir. Tant de dégâts d'un coup : chapeau Monsieur Peillon !
Michel URVOY.

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NOUVELOBS.COM | 16.01.2010 | 10:00 Moscovici désavoue le "coup d'éclat" de Peillon

"Nous n'avons pas à avoir peur d'une confrontation avec l'UMP et le FN", déclare le député. Le PS est embarrassé.

Le député socialiste Pierre Moscovici exprime ses réserves au sujet de la défection de Vincent Peillon, jeudi soir, sur France 2. "J'ai des doutes sur la politique de la chaise vide", déclare Pierre Moscovici dans un entretien au Parisien/Aujourd'hui en France du samedi 16 janvier. "Nous n'avons pas à avoir peur d'une confrontation avec l'UMP et le FN. Par ailleurs, je ne suis pas un amateur de coup d'éclat".

Crime de lèse-majesté

Vincent Peillon a annulé au dernier moment sa participation à une émission sur France 2 avec le ministre Eric Besson (UMP) et Marine Le Pen (Front national). Le député européen PS a en outre demandé la démission de sa présentatrice, Arlette Chabot, directrice générale adjointe de la chaîne publique.

"Arlette Chabot n'a tout de même pas commis un crime de lèse-majesté! Donc demander sa démission me paraît infondé", commente Pierre Moscovici.

"J'aurais aimé que la décision de pratiquer ou pas la politique de la chaise vide soit prise collectivement par le PS. Martine Aubry nous a d'ailleurs appelés à cela", ajoute-t-il. Vendredi, Martine Aubry a assuré que le PS ne voulait pas "boycotter France 2". Martine Aubry et Patrick de Carolis se rencontreront la semaine prochaine pour s'entendre sur les conditions d'un "débat de qualité" majorité/opposition.

Tout pour l'audimat

A Solferino, au siège du PS, on juge que les chaînes ont trop tendance à privilégier les voix discordantes et critiques vis-à-vis du parti, plutôt que celles qui représentent la direction. Un responsable socialiste observe: "le temps est passé où les chaînes consultaient le parti dans le choix de leurs invités", aujourd'hui "elles décident en fonction de la popularité et de l'audimat".

Un soutien à Vincent Peillon est venu vendredi du sénateur David Assouline, pour qui son geste est "tout à son honneur".

Mais dans l'entourage d'un autre ténor du PS, on a dénoncé la "méthode extrêmement contestable" de Vincent Peillon qui "engage un collectif sans se concerter au préalable avec lui". "Il a parfois reproché à Ségolène Royal d'engager le PS de son propre chef, c'est exactement ce qu'il a fait !".

"Posture"

Un haut cadre du parti propose une variante: "il aurait dû y aller et quitter le plateau en signe de protestation", en écho à l'intellectuel Maurice Clavel claquant en 1971 la porte d'"A Armes égales" d'un retentissant "Messieurs les censeurs, bonsoir!". Du côté de Ségolène Royal, on n'est pas mécontent d'épingler l'ex-lieutenant devenu adversaire. Les Français, "pleins de bon sens et d'intelligence, sauront tirer d'eux-mêmes les conclusions de cet épisode", a glissé sur lepost.fr Dominique Bertinotti, maire du IVe arrondissement, dénonçant une "posture", "une polémique d'un niveau médiocre".

"Exemple de lâcheté"

Côté UMP, le secrétaire général Xavier Bertrand a qualifié vendredi "d'exemple de lâcheté" l'absence de Vincent Peillon. "C'est un exemple type de lâcheté politique et de manipulation politico-médiatique", a déclaré Xavier Bertrand au Talk-Orange Le Figaro. "En plus, c'est du trucage. M. Peillon est un truqueur, un manipulateur... Parce que s'il avait pris sa décision quelques jours avant, comme cela a été dit, il en aurait parlé avec Martine Aubry", a poursuivi Xavier Bertrand. "C'est une manipulation complète", a-t-il insisté.

"Comment faire parler de soi quand on n'a pas le courage d'aller débattre? Comment faire parler de soi quand on n'a pas d'idées à opposer à Eric Besson?", a encore demandé Xavier Bertrand. (Nouvelobs.com)

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Portait/Pétain: le préfet veut le retrait AFP 23/01/2010 | Mise à jour : 12:48 |

Le Préfet de la région Basse-Normandie a demandé au maire de Gonneville-sur-Mer (Calvados) le "retrait immédiat" d'un portrait du maréchal Pétain accroché dans la salle des mariages de la mairie, a-t-on appris auprès de la Préfecture.

"Je vous demande fermement de procéder au retrait immédiat du portrait de Philippe Pétain de la galerie de portraits présente dans votre mairie", a écrit le Préfet de région Christian Leyrit dans un courrier en date du 21 janvier adressé au maire de la commune, Bernard Hoyé (SE).

"Ce portrait ne saurait (...) figurer aux côtés des portraits officiels affichés dans une mairie, lieu hautement symbolique de la République", souligne le Préfet. Le préfet avait été saisi par la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (LICRA) d'une demande visant à obtenir le retrait du portrait du maréchal Pétain de la mairie de Gonneville.

Interrogé début janvier par l'AFP, M. Hoyé avait indiqué qu'il refusait d'ôter le portrait litigieux, soulignant que celui-ci était présent depuis "des décennies", que lui-même n'était "pas historien" et n'avait pas "à prendre parti". M. Hoyé est maire depuis 2008 de cette commune de 600 habitants, dont la moitié de résidents secondaires.

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Le maréchal Pétain (1940-1944) au milieu de l'ensemble des 23 chefs d'Etat qui ont gouverné la France depuis 1871, y compris François Mitterrand.

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20/02/2010 à 00h00 liberation.fr Un os brun aux éditions Baleine

RécitPolar . Réédité dans la maison du Poulpe, un roman raciste de François Brigneau, ex-milicien et journaliste d’extrême droite, suscite l’émoi. Didier Daeninckx mène la fronde. Par BRUNO ICHER

La Baleine traverse une crise. La maison d’édition, née en 1995 en même temps que son héros emblématique Gabriel Lecouvreur, alias le Poulpe, infatigable pourfendeur de fachos, se trouve sous le coup d’une bagarre féroce opposant la direction à ses auteurs.

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Ali Soumaré: la polémique ne désenfle pas Mercredi 24 février, 19h42 AP

La polémique autour d'Ali Soumaré, tête de liste socialiste aux régionales dans le Val d'Oise, ne faiblissait pas mercredi. Le PS continuait d'exiger des excuses publiques, tandis que l'affaire faisait des remous à droite où la candidate UMP en Ile-de-France Valérie Pécresse a "condamné" les accusations lancées par des élus de son camp.

La secrétaire d'Etat à la Ville Fadela Amara (notedt, musulmane et ancienne socialiste) a dénoncé mercredi les "dérives" et "dérapages" d'une campagne "puante". "Je pense que là pour le coup, on est dans des dérives et des dérapages qui sont pas bons en réalité pour la vie politique", a-t-elle jugé sur TV5 Monde.

"Cette campagne est un peu, allez, puante. Quand on a ce type de dérive qui arrive et des dérapages, surtout que c'est derrière le débat sur l'identité nationale, donc voilà, c'est pas bon, c'est pas bon pour la démocratie, c'est pas bon pour les élections, ça fait pas honneur à la vie politique", a jugé Mme Amara.

"C'est pas la France que j'aime, voilà. Il faut qu'on arrive à un moment donné à regarder l'intelligence et la qualité des êtres humains et qu'on arrête de regarder certains individus sur leur couleur de peau et surtout d'ethniciser les débats politiques, ça suffit quoi".

Un peu plus tôt, le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux avait souhaité que la campagne des régionales se déroule dans un "climat calme" et "apaisé".

Alors que la procureure de la République de Pontoise Marie-Thérèse de Givry a assuré mardi qu'au moins une affaire judiciaire mise en avant par l'UMP contre Ali Soumaré relevait d'un "problème d'homonymie", le PS a dénoncé mercredi, selon les termes de Pierre Moscovici, la "campagne de caniveau menée par la droite".

"Ali Soumaré, parce qu'il était noir, parce qu'il était jeune des cités, a été calomnié par la droite, à tel point qu'elle commence à le regretter. Je demande des excuses", a déclaré le député du Doubs sur France Info.

Même son de cloche chez la députée socialiste Aurélie Filipetti. "On demande des excuses, parce qu'il est évident qu'il y avait des préjugés qui se sont exercés à l'encontre de Ali Soumaré, qui étaient des préjugés racistes, et qu'on est allé chercher des extraits faux, bidons, de son casier pour tenter de le discréditer, parce que c'était un jeune qui venait des quartiers", a-t-elle dit sur France-3.

L'affaire envenime depuis plusieurs jours maintenant la campagne des régionales en Ile-de-France. Lundi, Me Jean-Pierre Mignard, avocat d'Ali Soumaré, avait déjà annoncé l'intention de son client de porter plainte auprès du parquet de Pontoise, notamment pour "atteinte à la présomption d'innocence".

Agé de 29 ans, le candidat socialiste s'est fait connaître comme le porte-parole des familles de Villiers-le-Bel, lorsque deux adolescents en mini-moto avaient été tués dans une collision avec une voiture de police le 25 novembre 2007.

Il a été condamné le 6 décembre 2002 pour des faits datant de 1999 par le tribunal de grande instance de Pontoise à six mois de prison ferme pour vol aggravé, a indiqué à l'AP une source judiciaire.

Selon Me Mignard, son client "a été réhabilité" pour ces faits remontant à plus de dix ans. M. Soumaré a également été condamné le 13 octobre 2009 à deux mois de prison ferme pour rébellion, pour des faits qui datent du 13 juillet 2009 à Villiers-le-Bel. Il a fait appel de ce jugement, qui n'est donc pas définitif.

Mardi soir, Valérie Pécresse avait "condamné" l'initiative du maire UMP de Franconville Francis Delattre, qui avait qualifié Ali Soumaré de "délinquant multirécidiviste". "Quand je me suis aperçue hier qu'une des condamnations qui avaient été mentionnée contre M. Soumaré n'était pas exacte, j'ai condamnée cette inexactitude", a expliqué mercredi la tête de liste UMP pour l'Ile-de-France. "Je le dis, je le répète, ma seule volonté dans cette affaire c'est que toute la vérité soit faite".

Reste que l'affaire continuait à faire des remous au sein de la majorité. "Ce que j'ai vu avec ces attaques contre Ali Soumaré, ça dénote vraiment une méconnaissance de la banlieue", a déploré le maire du Raincy Eric Raoult. "Si on voulait faire d'Ali Soumaré un martyr, on aurait pas fait autrement".

"Le combat politique, c'est de battre ses adversaires et pas de les abattre", a-t-il souligné sur RMC. "J'ai dit tout de suite au secrétaire général de mon parti, à la tête de liste de mon département, 'faut que ça s'arrête', parce que la vie politique, c'est pas la guerre civile", a ajouté Eric Raoult. "J'ai un peu l'impression actuellement qu'il y a un drôle de climat. C'est que la droite bobo elle aime pas les prolos", a-t-il noté.

Claude Goasguen, député de Paris UMP, a pour sa part regretté "une homonymie fâcheuse". "Ce n'est pas pour autant que la personne qui est tête de liste dans le Val d'Oise sera dispensée de dire à ceux qui vont voter pour lui ce qu'il a fait", a-t-il néanmoins précisé. AP

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Peillon exhume un fait divers impliquant Devedjian et Madelin Ouest-France.fr Politique vendredi 26 février 2010

Après «la politique de caniveau», dénoncé par le PS à propos de l'affaire Soumaré, voilà la politique au niveau des égoûts. Et ce grâce ou à cause de Vincent Peillon, maître en la matière.

Invité d'un débat sur LCI, l'eurodéputé socialiste a sorti de sa poche une copie d'un article de 1965 relatant le vol d'une voiture en 1965, qui avait valu à ses deux auteurs, Alain Madelin et Patrick Devedjian, une condamnation en correctionnelle. «Je vous ai amené un document très intéressant qui est l'édition du Petit varois du 11 novembre 1965, qui nous apprend que deux jeunes avaient volé une Simca 1000, volé des moteurs de bateaux, avaient des papiers d'identité faux, des plaques d'immatriculation fausses, avaient avec eux un pistolet 6,35 et avaient fait courir la police»

Ces deux jeunes gens seraient Alain Madelin et Patrick Devedjian, selon Vincent Peillon.

Un fait divers exhumé du passé par Vincent ,Peillon pour finalement souhaiter, non sans ironie, à Ali Soumaré de faire «une aussi belle carrière», que les deux protagonistes de cette affaire.

Patrick Devedjian, actuel ministre de la Relance, a immédiatement réagi en annonçant qu'il allait poursuivre en diffamation Vincent Peillon

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25.03.2010 courrier international

Jean-Hugues Matelly, radié des cadres

Le 25 mars, le blog Secret Défense et d'autres médias diffusent la nouvelle : le commandant Jean-Hugues Matelly a été radié des cadres de la Gendarmerie Nationale par un décret du Président de la République.

Il s'agit d'un décret du 12 mars, antérieur au premier tour des élections régionales mais notifié seulement le jeudi après le second tour (le 25 mars). Comme par hasard, le même jour du début d'une réunion du Conseil Européen, dans un contexte où l'avenir de la gendarmerie française paraît plus que jamais incertain.

Le Conseil des Ministres français du 3 février avait annoncé la présentation d'un projet de loi destiné à ratifier la création d'une force de gendarmerie européenne (EUROGENDFOR). Une telle ratification ferait suite au Traité signé le 18 octobre 2007, au même moment que le Traité de Lisbonne.

Le projet de loi a effectivement été déposé simultanément au communiqué du Conseil des Ministres du 3 février. Quel est, dans ces conditions, le sens de la sanction extrêmement sévère prise à l'encontre de Jean-Hugues Matelly pour un travail scientifique effectué en tant que chercheur associé à un laboratoire du CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique) ?

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17/04/2010 à 00h00 liberation.fr Hortefeux : «le délit d’injure raciale est constitué», mais... Justice. Malgré un réquisitoire sévère contre le ministre de l’Intérieur, le parquet n’a requis aucune peine, jugeant ses propos de nature privée.

Par TIFFANY BLANDIN

Avocats des parties civiles, présidents d’associations antiracistes, sociologues cités comme témoins… Tous ont tenu le même discours, vendredi, devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris : Brice Hortefeux est «raciste». Poursuivi pour «injure publique et raciale» à la suite d’une plainte déposée par le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap), le ministre de l’Intérieur n’était pas là pour s’expliquer.

Début septembre, lors de l’Université d’été de l’UMP à Seignosse (Landes), il avait été filmé alors qu’il s’amusait de l’origine d’un jeune militant, né d’un père algérien. «Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes», avait lancé Brice Hortefeux. Quand une militante lui avait expliqué que le jeune Amine était catholique, et qu’il mangeait du cochon, il s’était esclaffé : «Il ne correspond pas du tout au prototype !»

Sanction. A-t-il voulu dire «prototype», ou «stéréotype», s’est demandé Véronique De Rudder, sociologue au CNRS. Après analyse des propos de l’ex-ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale, la sanction tombe : «On a là les caractéristiques des tactiques du racisme : généralisation, infantilisation, chosification…» Pour le second - et dernier - témoin, Vincent Geisser, également sociologue au CNRS, un tel discours est typique d’une nouvelle forme de racisme, opposant les «vrais» Français à ceux «moins purs, qui doivent prouver qu’ils mangent du cochon».

Le président du Mrap, Mouloud Aounit, a insisté sur «l’impact du message envoyé» par Hortefeux : des propos «violents, blessants, et dangereux».Pour l’association SOS soutien ô sans-papiers, qui souhaitait se constituer partie civile aux côtés du Mrap, «les bonnes blagues sur le petit Arabe de service, ça tue».

Quand est venu le temps de visionner la «preuve», une vidéo publiée à l’époque des faits sur LeMonde.fr - et qui, aujourd’hui, a été vue plus de 1,2 million de fois sur Dailymotion -, des soupirs d’indignation se sont fait entendre dans le public. «M. Hortefeux est raciste. Chacun le sait ; personne n’en doute véritablement», a glissé l’avocat de trois associations antiracistes au cours de sa plaidoirie. Dans la salle, personne n’a semblé vraiment choqué. A part Me Dupeux, l’avocat du ministre, qui a lancé un timide : «Modérez vos propos…» Il a contesté la «volonté d’opprimer» qui que ce soit lors de cet échange, sans reprendre les arguments avancés par Brice Hortefeux quand la polémique avait éclaté : le ministre avait laissé entendre que ses propos concernaient les Auvergnats.

Dans son réquisitoire, le procureur François Cordier a jugé les propos de Brice Hortefeux «outrageants» et «méprisants», ajoutant : «Il me semble que le délit d’injure raciale est constitué au sens de la loi.»

Contravention. Mais c’est sur un autre point, peu abordé au cours de l’audience, qu’il a remis en cause la procédure engagée par le Mrap : le caractère public de la conversation. De toute évidence, le ministre n’avait pas conscience d’être filmé à ce moment-là. Le parquet n’a requis aucune peine à l’encontre de Brice Hortefeux. Si le tribunal, qui a mis sa décision en délibéré au 4 juin, suit ces réquisitions, il ne serait plus poursuivi que pour «injure raciale». Ce qui relèverait alors de la contravention, et non du délit.

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Scandale autour des fichiers d'Acadomia Par Marion Brunet Le Figaro 27/05/2010 | Mise à jour : 15:49

Acadomia revendique être le numéro un du soutien scolaire privé en France avec plus de 100.000 élèves suivis chaque année. Crédits photo : AFP Le numéro un du soutien scolaire est pointé du doigt pour des renseignements sur ses enseignants et ses élèves jugés «excessifs», voire «injurieux» . Acadomia se défend.

L'avertissement sonne comme une sentence. La Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) a adressé un avertissement public à l'encontre de la société de soutien scolaire Acadomia pour des «commentaires excessifs dans ses fichiers». Un avertissement révélé jeudi matin par le Parisien et mis en ligne quelques heures plus tard sur le site Internet de la Cnil, qui précise que la mise en garde a été adressée le 22 avril à la société AIS 2, exerçant sous l'enseigne Acadomia. Parallèlement, le président de la Cnil Alex Türk a informé le parquet «des manquements susceptibles de constituer des infractions pénales».

L'affaire commence en novembre 2009 lorsque la Cnil décide d'effectuer un contrôle de cette société spécialisée dans les cours particuliers à domicile. Au cours de sa procédure, le gendarme des libertés individuelles relève notamment des «manquements à la loi ‘informatique et libertés'». Il constate en particulier «la présence, dans ses fichiers, de milliers de commentaires excessifs, voire injurieux» concernant à la fois «des enseignants, des parents ou des élèves». Et la Cnil de citer ces commentaires : «gros con», «vraiment trop conne», «mère salope», «gros crétin», «saloperie de gamin», «parisien frustré», «sent le tabac et la cave».

«Enfant adopté ! Sa mère lui a fait boire de l'alcool étant bébé»

Mais l'affaire ne s'arrête pas là. La commission découvre également «des informations détaillées sur l'état de santé des élèves, parents et enseignants» : «cancer du poumon tant mérité», «hospitalisé en urgence pour une tumeur cancéreuse au cerveau de grade 3», «sa maman a cancer utérus», «varie de la boulimie et anorexie», «enfant adopté ! Sa mère lui a fait boire de l'alcool étant bébé». Il apparaît certes légitime de tenir compte de contraintes d'ordre médical pour l'organisation de cours à domicile. Mais la Cnil précise qu'elle ne saurait toutefois admettre l'enregistrement d'informations détaillées sur les pathologies touchant les clients ou les enseignants. Et a fortiori sans leur consentement.

Troisième manquement constaté : l'enregistrement d'«informations relatives à des infractions et des condamnations, telles que ‘élève retourné en prison', ‘est mis en examen (je ne sais pas pourquoi)', ‘vols de sacs et argent avec un camarade, destruction de toilettes'». Pour la commission, il est clair que «la société ne peut enregistrer, à partir de simples signalements, des informations non vérifiées susceptibles d'aboutir à la constitution d'un fichier privé d'infractions qui est interdit par la loi».

«Un problème morale et éthique»

La réaction des associations de parents d'élèves ne s'est pas fait attendre. «C'est assez scandaleux de voir ce qui figure dans ces fichiers. Cela force à s'interroger sur les personnes à l'origine de ces informations qui éclaboussent tout le monde : enseignants, élèves et parents, s'insurge Cécile Vignes, secrétaire générale adjointe de la Fédération des parents d'élèves de l'enseignement public (Peep). C'est normal que les enseignants soient évalués, mais là nous ne sommes plus dans l'évaluation, mais dans la délation !»

Du côté de l'Union nationale des associations autonomes de parents d'élèves (U.N.A.A.P.E.), on se veut plus prudent sur le contenu des fichiers. «Nous n'avons pas encore tous les éléments en main, mais si tout ce qui a été dénoncé est vrai, alors nous sommes face à un problème moral et éthique, explique au Figaro.fr Anna Ang, la secrétaire générale de l'U.N.A.A.P.E. On se doute qu'il existe des fichiers dans ce type de société, mais il ne doit pas pour autant y avoir d'ingérence dans la vie privée des gens.»

Acadomia, qui revendique être le numéro un du soutien scolaire privé en France avec plus de 100.000 élèves suivis chaque année, a vivement réagi jeudi en dénonçant de «graves inexactitudes» dans le rapport de la Cnil. L'entreprise affirme ainsi que «la majorité des commentaires repris dans la presse ne proviennent pas de la société mise en cause», sans préciser le nom de la société concernée. Les erreurs ont été communiquées à la commission, qui doit les prendre en compte, précise Acadomia. Avant de conclure : «contrairement à ce qui est indiqué dans la presse, il est parfaitement logique et légal, qu´une entreprise enregistre des informations de ses clients et de ses enseignants.»

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le parisien.fr 04.06.2010, 14h07

Hortefeux condamné pour injure raciale à une amende de 750 euros

Le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux a été condamné vendredi par le tribunal correctionnel de Paris pour injure raciale à une amende contraventionnelle de 750 euros, après des propos adressés en septembre à un jeune militant UMP d'origine arabe.

Brice Hortefeux, va "immédiatement" faire appel, a indiqué à la sortie de l'audience l'un de ses avocats, Me Nicolas Bénoit.

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Hamon: Hortefeux doit démissionner Reuters 04/06/2010 | Mise à jour : 17:28

Le Parti socialiste a réclamé ce soir la démission du ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux, qui a été condamné pour injure raciale, au nom de "l'exemplarité" républicaine prônée par Nicolas Sarkozy.

"Dans la République exemplaire de Nicolas Sarkozy, il ne devrait pas y avoir de place pour un ministre condamné pour injure raciale", a déclaré le porte-parole du PS Benoît Hamon lors d'un point de presse.

"La dignité dans cette affaire, c'est d'abord de s'excuser et ensuite de partir", a-t-il ajouté. "Si le président de la République ne tire pas les conséquences de cette condamnation, il se comportera dans cette affaire comme un chef de clan", a-t-il estimé.

Brice Hortefeux a été condamné vendredi à 750 euros d'amende et 2.000 euros de dommages et intérêts pour injure raciale lors d'une conversation en 2009 avec un militant UMP d'origine maghrébine.

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Ce que Brice Hortefeux a vraiment dit LEMONDE.FR | 11.09.09 | 11h31 • Mis à jour le 04.06.10 | 14h38

Le ministre de l'intérieur se défend bec et ongles d'avoir tenu des propos racistes lors du campus d'été de l'UMP à Seignosse (Landes), comme pourrait le laisser croire une vidéo – filmée par un journaliste professionnel – que Le Monde s'est procurée avant de la mettre en ligne sur son site, jeudi 10 septembre.

Quelques heures après la mise en ligne de la scène, un communiqué de presse du ministère de l'intérieur parvient dans les rédactions dénonçant "une vaine et ridicule tentative de polémique".
Selon le communiqué, la phrase polémique de Brice Hortefeux, prononcée alors que le ministre venait de poser avec un jeune militant UMP d'origine maghrébine – "Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes" –, fait "référence aux très nombreux clichés qu'il venait de prendre avec la délégation auvergnate".
Le texte ne précise pas si le mot "cliché" est à prendre dans le sens de "photographie" ou de "stéréotype", mais il ajoute que "pas un seul mot de Brice Hortefeux ne fait référence à une origine ethnique supposée d'un jeune militant".

Sur i>télé, Brice Hortefeux précise ensuite le sens du communiqué. Le ministre explique qu'il venait de se livrer à une intense séance photographique avec "la communauté auvergnate", puis qu'un jeune homme lui demande une dernière photo. M. Hortefeux souligne qu'il voulait alors dire qu'il n'y avait pas de problème pour prendre une photo, mais que ça devenait problématique si c'était pour en prendre plusieurs, car il était sur le point de s'en aller.

Mais un peu plus tôt, sur RTL, Brice Hortefeux avait tenu une autre explication : "Alors que j'arrivais à la sortie, un jeune m'arrête et me demande une photo. J'ai simplement dit, en parlant des Auvergnats : 'Quand il y en a un, pas de problème. C'est quand il y en a plusieurs que ça peut poser des problèmes', parce que je venais de les quitter à l'instant."

"QUAND IL Y EN A UN, ÇA VA"

Du côté du jeune militant UMP, les explications varient elles aussi, selon les médias. Au Monde.fr, Amine Benalia-Brouch indique que la vidéo "a été sortie de son contexte". Sur France Info, il précise : "Quand M. Hortefeux dit 'il ne correspond pas au prototype' ou 'quand il y en a un, ça va', il ne s'adressait pas du tout à moi, mais à une autre personne [qu'on ne voit pas sur la vidéo]". Mais sur RTL, il déclare que la phrase faisait référence aux photos que le ministre venait de prendre. Vendredi matin, le jeune militant postait un nouveau démenti sur Internet :

Brice Hortefeux faisait-il référence aux Arabes, aux Auvergnats, ou aux clichés photographiques ?

Au début de la vidéo, l'origine auvergnate du ministre est clairement évoquée par Jean-François Copé, qui s'adresse au jeune Amine sur le ton de la plaisanterie : "N'oubliez jamais un truc, il est Auvergnat. (...) Il est Auvergnat, c'est un drame, c'est un drame." Alors que le jeune homme prend la pose, entre le ministre de l'intérieur et le président du groupe UMP à l'Assemblée, les participants scandent le prénom du militant : "Amine ! Amine ! Amine, ça c'est l'intégration !" Un autre participant souligne "lui, il parle arabe".

Jean-François Copé plaisante alors s'adressant au jeune homme – "Ne vous laissez pas impressionner, ce sont des socialistes infiltrés" –, tandis qu'une femme renchérit : "Il est catholique, il mange du cochon et il boit de la bière." "Ah mais ça ne va pas du tout, alors, il ne correspond pas du tout au prototype, répond Brice Hortefeux. C'est pas du tout ça."

"C'est notre petit Arabe", souligne la participante. "Bon, tant mieux, dit M. Hortefeux. Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes. Allez, bon courage…"

Quand Brice Hortefeux dérape

envoyé par Le Monde.fr. - L'info internationale vidéo.

Au vu de ce verbatim, l'hypothèse d'une référence aux clichés photographiques est peu plausible. La vidéo ne permet pas non plus de démontrer que le ministre ne s'adressait pas au jeune militant, mais à une autre personne, "auvergnate", qui selon Amine Benalia-Brouch n'apparaît pas sur les images filmées.

S'il est vrai que le ministre ne mentionne pas une seule fois les origines arabes du jeune homme, les autres militants présents le font à plusieurs reprises, et il semble bien que la conversation de l'assemblée tourne autour de ce militant landais.

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25/06/2010 à 16:10 - Modifié le 26/06/2010 à 11:24 lepoint.fr LA COURNEUVE Condamné à 35 heures de travaux d'intérêt général pour avoir insulté Sarkozy AFP

Le jeune homme, interpellé mercredi soir pour avoir insulté le président Nicolas Sarkozy qui effectuait une visite en Seine-Saint-Denis, a été condamné vendredi à 35 heures de travaux d'intérêt général (TIG) par le tribunal de grande instance de Bobigny.

Le procureur avait réclamé devant la 17e chambre du tribunal une peine de 210 heures de TIG et sa privation des droits civils et civiques.
En s'adressant à Nicolas Sarkozy le jeune homme avait lancé, selon les propos rapportés à l'audience et qu'il a reconnus : "Va te faire enc... con..., ici, t'es chez moi."

"Il a exprimé son opinion"

Le jeune homme, qui n'a pas de casier judiciaire, avait été interpellé à la gare de Saint-Denis.
Avant l'audience, son avocate avait déclaré que son client avait "donné son opinion sur la vie politique à Nicolas Sarkozy. De là, il y a eu une interpellation musclée". "Il n'y avait pas lieu à menottage, à plaquer au sol la personne", a ajouté l'avocate, ajoutant que son client "a la tête défigurée, un oedème au niveau du visage, le nez amoché, des pansements" et "ne va pas du tout bien".

Elle a confirmé que son casier judiciaire était vierge, même s'"il y a eu quelques signalements".
"Il est droit dans ses bottes par rapport à ses déclarations", dans lesquelles "il a exprimé son opinion vis-à-vis du président", a ajouté l'avocate, précisant que la plainte émanait des policiers.

Nicolas Sarkozy était accompagné lors de cette visite dans des quartiers sensibles de la Seine-Saint-Denis du ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux, du préfet de police Michel Gaudin, du directeur général de la police nationale Frédéric Péchenard, et du préfet de Seine-Saint-Denis Christian Lambert. Il a sillonné pendant près de trois heures à partir de 21 heures ce département particulièrement touché par la délinquance, retournant notamment à la Cité des 4.000 à La Courneuve, qu'il avait promis de "nettoyer au kärcher" il y a 5 ans, en juin 2005, alors qu'il était ministre de l'Intérieur, après la mort d'un enfant, Sidi Ahmed, tué par une balle perdue.

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Le Nobel de la paix au dissident chinois Liu Xiaobo samedi 09 octobre 2010 Ouest-France.fr Reuters, Pékin, De notre correspondant Edgar DASOR.

Corédacteur d'une charte appelant à une démocratisation du régime, Liu purge une peine de onze ans de prison pour « subversion du pouvoir étatique ».

Quelle victoire pour les militants chinois des droits de l'homme ! Et quel camouflet pour Pékin ! Le prix Nobel de la paix a été décerné au dissident chinois Liu Xiaobo, emprisonné depuis 2009. Sa femme, Liu Xia, n'a pas pu rendre visite à son mari depuis le 7 septembre. À cette date, raconte-t-elle, il avait bon moral, mais il n'était pas en très bonne santé. Nul doute que ce Prix va le galvaniser.

Lors de l'annonce du prix, le comité Nobel a salué « les efforts durables et non violents [de Liu Xiaobo] en faveur des droits de l'homme en Chine ».

Cet universitaire, né en 1955 dans la province de Jilin, mène, en effet, un combat pacifique qui l'a conduit par trois fois en prison. Figure de proue du mouvement de Tiananmen, en 1989, auteur à succès d'un ouvrage consacré à l'esthétique et à la philosophie, il avait été emprisonné sans procès pendant vingt mois. Entre 1996 et 1999, il avait été interné dans un camp de rééducation.

Surtout, depuis un an et demi, Liu Xiaobo purge une peine de onze ans de détention pour avoir été le corédacteur de la Charte 08. Ce texte s'inspirait de la Charte 77 rédigée par les dissidents tchécoslovaques, dont Vaclav Havel, qui devint chef de l'État à Prague après la chute du pouvoir communiste renversé par la « révolution de velours ». La Charte 08, signée par des milliers de personnes à travers le monde, demandait une démocratisation du régime.

Pékin n'apprécie pas

Alors que Pékin craint une contamination des revendications sociales et politiques, notamment via Internet, cette lourde peine de prison devait servir d'exemple. Elle « se retourne maintenant contre le gouvernement chinois, analyse le sinologue et politologue François Godement. À l'instar de la sentence, la récompense se veut également exemplaire et cherche à encourager les autres militants pacifiques qui, comme Liu Xiaobo, affirment agir en accord avec la constitution chinoise ».

Le pouvoir chinois a une autre analyse : « L'attribution du Nobel par le comité à cette personne contredit totalement ses objectifs et constitue une obscénité contre le Prix de la paix, a déclaré le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Ma Zhaoxu. Liu Xiaobo a été condamné à la prison parce qu'il a violé la loi chinoise. Ses actions sont diamétralement opposées au prix Nobel. »

Sans surprise, aussitôt connue la nouvelle, la censure a frappé les médias, dans un pays où le nom de Liu Xiaobo n'évoque rien pour le citoyen ordinaire. Vendredi après-midi, les chaînes chinoises ont été priées de ne pas évoquer l'affaire, tandis que sur les stations étrangères diffusées en Chine, un écran noir s'abattait lors des reportages sur le nouveau prix Nobel de la Paix. Enfin, les SMS mentionnant le nom de « Liu Xiaobo » restaient bloqués. Quant à l'ambassadeur de Norvège à Pékin, il a été convoqué au ministère chinois des Affaires étrangères, qui a protesté contre l'attribution du prix à Liu Xiaobo.

Ce prix Nobel 2010 apparaît comme un camouflet pour le régime chinois, sur la scène internationale. « L'autorité de Pékin est clairement contestée, note François Godement. Il est cependant impossible de prévoir les conséquences à plus long terme. En tous les cas, une rapide libération de Liu est très peu probable. » La deuxième économie mondiale, quoi qu'il en soit, a toujours les coudées franches. Edgar DASOR.

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Obama salue le prix Nobel de Liu Xiaobo et demande à la Chine de le libérer romandie.news 08 octobre 2010 18h38

WASHINGTON - Le président américain Barack Obama a salué vendredi l'attribution du prix Nobel de la paix au dissident chinois Liu Xiaobo et appelé Pékin à le libérer, un an après avoir obtenu lui-même la prestigieuse récompense.

L'intellectuel chinois, condamné fin 2009 à 11 ans de prison pour avoir réclamé la démocratisation de son pays, "a sacrifié sa liberté à ses convictions", a souligné M. Obama dans un communiqué.

"En attribuant le prix à M. Liu, le Comité Nobel a choisi un porte-parole éloquent et courageux de la cause de valeurs universelles défendues par des moyens pacifiques et non-violents, notamment la démocratie, les droits de l'homme et l'état de droit", a estimé le président américain.

M. Obama qui a reçu le prix Nobel de la paix en 2009 a ajouté: "l'année dernière, j'ai noté que tant d'autres qui ont reçu ce prix ont accepté davantage des sacrifices que moi".

"Cette liste comprend M. Liu", a ajouté M. Obama.

M. Obama a noté que la Chine a fait au cours des 30 dernières années "des progrès considérables" sur la voie des réformes économiques et a sorti des centaines de millions de personnes de la pauvreté. "Mais cette récompense nous rappelle que les réformes politiques n'ont pas suivi et que les droits fondamentaux de chaque homme, chaque femme et chaque enfant doivent être respectés", a-t-il poursuivi.

"Nous appelons le gouvernement chinois à libérer M. Liu le plus vite possible", a conclu le président des Etats-Unis.

La présidente de la Chambre des représentants américaine Nancy Pelosi, qui a défendu de longue date la cause des droits de l'homme en Chine, s'est également réjouie du choix de M. Liu.

"Liu Xiaobo rejoint le panthéon des grands leaders de la non-violence, de la justice et de la liberté à travers l'histoire", écrit Mme Pelosi dans un communiqué en appelant à la libération "immédiate et sans conditions" de M. Liu. Mme Pelosi appelle la Chine au "respect du peuple chinois"

M. Obama et Mme Pelosi s'exprimaient alors que les relations sino-américaines connaissent actuellement une période tension à propos de la sous-évaluation de la monnaie chinoise le yuan, abondamment dénoncée par l'administration américaine et le Congrès ces dernières semaines.

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PRÉCARITÉ. Cette soupe populaire est illégale leparisien.fr VINCENT MONGAILLARD | 15.11.2010, 07h00

Interdite depuis 2007, une soupe populaire identitaire, uniquement à base de cochon, se tient pourtant chaque mois à Paris. La préfecture ferme les yeux sur ce repas servi par une association d’extrême droite.

«Allez, on va attaquer les choses sérieuses! » Il est 19 h 15 ce lundi dans un coin du parvis de la gare Montparnasse à Paris lorsque la chef de file de l’association d’extrême droite SDF — acronyme qui signifie… Solidarité des Français — s’apprête à ouvrir le cubi de vin rouge.
Devant elle, instantanément, se forme une file indienne de sans-abri mais aussi de retraités à la très maigre pension, de sympathisants et de bénévoles. Ils sont au total une quarantaine, sous un immense parasol bleu, à prendre part à cette soupe populaire « identitaire ».

Le dernier lundi de chaque mois, ce groupuscule dont la devise est « Pour les nôtres, pas aux autres! » sert en toute illégalité aux démunis de l’alcool et un plat principal à base de porc, sans être inquiété par les pouvoirs publics.

Pourtant, depuis une ordonnance du Conseil d’Etat de janvier 2007, cette distribution alimentaire, jugée discriminatoire par les autorités et comportant des risques de troubles à l’ordre public, est interdite. En principe. Car elle continue d’avoir lieu comme nous avons pu le constater en nous rendant incognito à la dernière en date, le 25 octobre.

Juste avant l’arrivée de la grande marmite chaude sur la table, un habitué répète : « Du cochon, du cochon! » Il ne sera pas déçu. Au menu ce soir-là, dans l’assiette en plastique, des lentilles, un morceau (gras) de porc et une tranche de jambon. « Pas de panique, y en aura pour tout le monde », rassure un serveur.

La plupart des sans-abri, qui dévorent leur repas à une vitesse éclair, discutent avec les organisateurs. Quelques-uns mangent seuls. Les femmes sont minoritaires, les jeunes quasiment absents. Un homme ivre ne tient debout que grâce à sa béquille. « Il est où mon chariot ? » s’alarme une vieille dame à la rue avant de le retrouver, chargé de sacs en plastique et de tout son barda.

On ne croise pas de bénéficiaires d’origine maghrébine ou africaine. Des sympathisants causent, entre eux, de l’Action française ou de « ces racailles » qui ont « tout cassé » durant les manifestations contre les retraites. Aux aguets, un costaud avec un bonnet noir sur la tête semble faire office de service d’ordre.

Après le fromage, du camembert, les sans-domicile-fixe ont droit à une part de tarte et à un pot de crème à la vanille nappée de caramel. Ils se voient aussi proposer un digestif, « Le flambant après le Flamby », se marre un fidèle participant. La bouteille de calvados est vidée en quelques minutes.

Le dîner terminé, c’est l’heure de la distribution de vêtements récupérés par l’association. Une bénévole monte alors dans une camionnette stationnée à deux mètres de là et propose des chaussettes, des pull-overs ou même un manteau en fourrure aux défavorisés. « Ne vous battez pas! » ordonne-t-elle.

A l’écart de la foule, nous retrouvons Eric, 49 ans, pour lui demander ce qu’il vient chercher ici. D’emblée, cet ancien commis de salle dans un restaurant, à la rue depuis dix ans, précise qu’il ne fait pas le déplacement parce qu’il partage les idées de Solidarité des Français. « Leur soupe au cochon, c’est de la provocation. Moi, je n’ai jamais voté de ma vie. La politique, je m’en fous. J’y vais parce qu’il y a de la chaleur et des potes et parce que la nourriture est bonne. Ce n’est pas le cas ailleurs », lâche l’exclu aux lunettes abîmées, qui dort dans des laveries, des halls d’immeuble et « parfois » à l’hôtel.

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Les chroniqueurs du Point Médias 2.0 par Emmanuel Berretta Le Point.fr - Publié le 08/11/2010 à 11:24 - Modifié le 09/11/2010 à 20:19 Drucker et Ruquier veulent bien recevoir Jean-Luc Mélenchon, mais pas Marine Le Pen

Si Michel Drucker n'a eu aucun problème moral à inviter Olivier Besancenot et Jean-Luc Mélenchon, en revanche, Marine Le Pen n'aura pas les faveurs de son divan rouge dans Vivement dimanche.

C'est en répondant à une question de Laurent Ruquier, samedi, dans On n'est pas couché, qu'on apprend, par incidence, cet ostracisme tranquillement décrété à l'encontre de la fille de Jean-Marie Le Pen.

"Je n'ai pas invité le père. Comme vous, nous choisissons librement nos invités", ajoute l'animateur des dimanches de France 2.

Laurent Ruquier adopte, du reste, la même position : pas de Marine Le Pen le samedi soir face à Éric Naulleau et Éric Zemmour.

Ces prises de position ont quelque chose d'étonnant.

Qui sont Michel Drucker et Laurent Ruquier pour décréter si le Front national et ses représentants sont fréquentables ou non ? Jusqu'à preuve du contraire, le Front national est considéré comme un parti politique légal sous la Ve République. D'autre part, les temps de parole des hommes et des femmes politiques à la télévision et à la radio ne sont pas aussi libres que Michel Drucker le laisse entendre.

Des règles existent, surveillées par le CSA, différentes selon qu'on se situe dans le cadre ou hors cadre d'une campagne électorale. L'équité commande enfin que tous les courants d'expression républicains soient représentés à la télévision et à la radio.

Chez Drucker, tout le monde est sympathique

Ne nous cachons pas la vérité, l'émission de Michel Drucker est une émission d'empathie. Elle rend sympathiques ceux qui y participent parce qu'ils y invitent les gens qu'ils aiment. Ils se montrent sous un jour plus aimable que dans la joute des émissions politiques traditionnelles, où ils ne sont pas à l'abri de tomber sur un tracassin...

Dans ces conditions, pourquoi Olivier Besancenot, qui promettait, en 2007, un salaire maximum à 7.500 euros, serait plus fréquentable que Marine Le Pen, qui entend donner la préférence nationale ? On peut trouver l'un et l'autre détestables, on peut être d'accord avec l'un et non avec l'autre, il n'empêche, aujourd'hui, on apprend que les juges de paix de leurs passages à la télévision sont Michel Drucker et Laurent Ruquier.

Peut-on sérieusement, sur le service public, laisser le soin à deux sympathiques saltimbanques de faire le tri ? Voilà où nous conduit la confusion des genres entre les émissions politiques et les émissions de divertissement.

Thierry Thuillier, patron de l'information du groupe, qui a la responsabilité de l'équité politique de France Télévisions, n'aurait pas son mot à dire ? Surprenant. Très surprenant. "C'est une question qu'il faut examiner à l'approche de la campagne présidentielle", répond-il rapidement à une question du Point.fr. Nous aurons l'occasion de développer son point de vue, très prochainement.

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Ruth Elkrieff met en garde contre Marine Le Pen AgoravoxTv - ‎10 déc. 2010

Au lendemain de la prestation remarquée de Marine Le Pen en prime time sur France 2 dans A vous de juger, les éditorialistes montent au créneau pour mettre en garde les Français face à une ascension qu’ils jugent dangereuse. Sur BFM TV, Ruth Elkrieff égrène un certain nombre de faits d’actualité, tous ponctués par le refrain “Et pendant ce temps, Marine le Pen monte. Attention !”.

Alain Duhamel, qui a interviewé Marine Le Pen sur France 2, commente sa prestation et sa montée dans les sondages le lendemain matin sur RTL, mettant aussi en garde les Français.

Selon lui, l’ascension de la vice-présidente du FN est "un problème pour la France". Duhamel considère que Marine Le Pen joue sur les préjugés des gens, qu’elle est cynique et démagogue... Bref, un vrai danger.

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samedi, 18 décembre 2010 nouvelobs.com 10:00 | BHL, la nuit du Flore : connivence des élites, mépris du public.

On ne peut ignorer la réception qui a eu lieu au Flore à l'invitation de Bernard Henri Lévy pour fêter les 20 ans de sa revue La règle du jeu.

Elle a donné lieu à des commentaires ébahis dans la presse et dans la blogosphère amie (BHL ayant l'intelligence de ne pas diaboliser le net).

Comme il est écrit sur le site Internet de la revue « la vraie question qui se pose à cet instant est : quel est le patron de presse qui manque ? » À en lire le compte rendu, ils étaient tous là ainsi que les principaux éditorialistes, les intellectuels les plus en vue, sans oublier des responsables politiques de premier plan.

Il y avait les aficionados du maître des lieux, les affidés qui lui doivent tout ou partie de leur carrière et espèrent encore une marge de progression, des gens simplement heureux « d'en être » et de pouvoir vérifier ainsi leur propre statut social, quelques prudents qui estiment qu'il est préférable de ne rien refuser à BHL et sans doute quelques idiots utiles, convaincus qu'il est un défenseur universel des droits de l'homme.

On peut imaginer que la plupart d'entre eux n'ont jamais ouvert la revue dont il venait célébrer l'anniversaire. Comme l'ont souligné ses amis seul BHL est capable de fédérer autant de gens différents. Si certains pensaient naïvement que l'affaire Botul était le dernier clou planté dans la crédibilité de BHL, ils auront constaté leur erreur.

En quoi cela suscite-t-il un malaise ? Pourquoi le net et les conversations bruissent de commentaires négatifs sur cette nuit ? Jalousie malsaine face un succès éclatant ?

BHL présente le paradoxe d'être à la fois adulé par les médias et rejeté par le public.

Ce qui gêne dans l’unanimisme de cette réception qui a vu « défiler maints représentants de l’élite » (selon la formule d'Alexis Lacroix sur Marianne 2), c’est ce qu'elle implique en termes de déontologie. Plus personne aujourd’hui, et moins que quiconque les gens hyper informés qui se pressaient au Flore, ne peut ignorer aujourd'hui le rapport pour le moins élastique que BHL entretient avec la vérité. Dans la plupart de ses interventions il ne s'en est jamais réellement préoccupé.

Approximations, affirmations mensongères, contrevérités, manichéisme, sélectivité de l'indignation sont sa marque de fabrique. Que des hommes politiques qui prétendent faire de l'intégrité le principe directeur de leur action, estiment nécessaire néanmoins de venir porter hommage à BHL laisse dubitatif.

Mais que des journalistes dont la mission est d'informer honnêtement le public en fassent de même constitue une source majeure d'interrogation. Faut-il en conclure que les nombreuses falsifications auxquelles s’est livré BHL n’ont aucun impact sur les bonnes relations qu’ils entretiennent avec lui ? Mais où est alors le respect du public ?

Que feront-ils demain si BHL commet un nouveau mensonge, se lance dans une nouvelle mise en scène où la réalité des faits n’est pas respectée ? La dénonceront-ils par respect du public (ce qu’ils se sont maintes fois abstenu de faire) ? Se tairont-ils (ce qu'ils ont souvent fait) pour ne pas froisser leur ami ? Feront-ils barrage dans leur rédaction à ceux qui voudraient rétablir une vérité gênante ?

Nul mieux que BHL ne sait en France et peut-être même dans le monde se constituer un réseau. Les éloges dont le couvrent les élites médiatiques, en évitant de regarder la réalité, fait plus penser à la façon dont on célébrait Ceausescu en Roumanie, qu’à la tradition de débats intellectuels contradictoires français. Il sait assurer la promotion de ceux qui sont fidèles ou serviles et diabolise ceux qui lui déplaisent en essayant de les exclure de toute possibilité d’expression.

Sa reconnaissance intellectuelle passe par la puissance de son réseau et non pas par la production d'idées. Ceci est-il éthique ? Démocratique ? Cette image de puissants qui s'auto célèbrent en proclamant afficher des valeurs morales mais en foulant au pied l'intégrité intellectuelle, le respect de la vérité, suscite un malaise.

BHL s'est lancé dans une nouvelle croisade dénonçant le danger que fait peser sur 2012 Marine Le Pen à droite Jean-Luc Mélenchon à gauche, dont il dénonce le populisme. Mais la connivence des puissants qu'il promeut au plus haut point n'était-elle pas la source principale du populisme ?

Si les élites veulent éviter une coupure avec le public, elles doivent avoir à son égard plus de respect. Le souci de vérité, l’intégrité intellectuelle doit l’emporter sur la complicité et les renvois d’ascenseur.

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Mitterrand retire Céline des célébrations nationales Par Mohammed Aissaoui, Bruno Corty 21/01/2011 | Mise à jour : 20:16 lefigaro.fr

Le ministre de la Culture donne raison à Serge Klarsfeld, en retirant l'auteur controversé des «célébrations nationales». L'universitaire Henri Godard parle d'«une forme de censure».

Au nom de l'Association des fils et des filles de déportés juifs de France, Serge Klarsfeld a obtenu rapidement gain de cause. Il y a quarante-huit heures, il demandait le retrait du nom de Louis-Ferdinand Céline, mort il y a cinquante ans, du recueil «Célébrations nationales 2011».

La raison invoquée était simple : «l'antisémitisme virulent» de l'écrivain, auteur de pamphlets ignobles. «Son talent ne doit pas faire oublier l'homme qui lançait des appels au meurtre des Juifs sous l'Occupation. Que la République le célèbre, c'est indigne», expliquait Serge Klarsfeld. Une vive polémique s'est ensuivie.

Vendredi soir, il a été entendu : le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, a affirmé : «Après mûre réflexion, et non sous le coup de l'émotion, j'ai décidé de ne pas faire figurer Céline dans les célébrations nationales.» Il a ajouté que ce retrait n'était pas un désaveu du haut comité chargé de sélectionner les 500 personnalités et événements à célébrer cette année. Serge Klarsfeld s'est dit heureux de la nouvelle.

«On ne peut pas distinguer les deux Céline»

De son côté, Henri Godard, professeur émérite à la Sorbonne, grand spécialiste de Céline, et auteur de la notice contestée, s'est indigné : «C'est une forme de censure.» Présent au moment où le ministre de la Culture annonçait la nouvelle, Henri Godard ajoute : «Je me sens piégé, j'ai appris le retrait en même temps que tous les journalistes. Pourtant, j'avais bien souligné dans la notice que l'on ne pouvait pas distinguer les deux Céline : le grand écrivain et l'antisémite.»

Pour Frédéric Vitoux, de l'Académie française et biographe de Céline, «retirer le nom d'un catalogue, c'est aussi vain que Staline faisant effacer les photos des dirigeants communistes qu'il n'aimait pas. Ça n'empêchera pas que Céline a écrit des horreurs et qu'il est l'un des plus grands écrivains français. Nier que Céline est traduit dans le monde entier et même en hébreu, c'est ridicule. Faut-il retirer la traduction en hébreu de Voyage au bout de la nuit ?» Et d'enfoncer le clou : «Je serais Serge Klarsfeld, je voudrais, au contraire, qu'on multiplie les études sur Céline pour comprendre comment il a pu écrire Bagatelle pour un massacre.»

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La série télé que les Kennedy veulent étouffer Par Adèle Smith 13/01/2011 | Mise à jour : 14:39 lefigaro.fr

En France, la série pourrait être programmée sur Canal +. La chaîne cryptée est la seule, pour l'instant, qui s'est montrée intéressée par la saga de la famille du président assassiné mais elle n'en a pas encore acheté les droits de diffusion.

Sous la pression des descendants de JFK, une chaîne américaine renonce à programmer une fiction déjà tournée sur la dynastie. Cela n'empêchera pas sa diffusion à l'étranger, notamment en France.

C'était le grand événement télévisé attendu pour le printemps aux États-Unis. Greg Kinnear, qui a joué notamment dans Little Miss Sunshine, interprète John Fitzgerald Kennedy. Katie Holmes (Mme Tom Cruise à la ville) est Jackie. Un beau casting mais la série The Kennedys dont le tournage a coûté 30 millions de dollars ne serait pas du goût du clan du président assassiné. Officiellement, la chaîne a annulé sa programmation car la série «ne correspond pas suffisamment à son image». Michael Prupas, le president de Muse Entertainement qui produit la série, a défendu les huit épisodes qui, selon lui, «reflètent la vérité » et présentent « une image très positive de la famille Kennedy».

À voir la bande annonce, on peut en douter car elle met l'accent sur les infidélités présumées du président John Fitzgerald Kennedy et sur la soif de pouvoir supposée de son père, Joe. Ainsi, le patriarche, interprété par l'acteur anglais Tom Wilkinson (qui a joué dans Shakespeare in Love, Batman Begins, Michael Clayton avec George Clooney), n'hésite pas à dire à son fils: «Ce n'est pas ce que tu es mais ce que le public pense que tu es qui compte. Avec l'argent que tu as, tu peux leur faire croire ce que tu veux».

Avec un sujet aussi délicat politiquement, la série était vouée à provoquer une polémique dès sa genèse, qui plus est dans le climat politique actuel aux États-Unis. History Channel avait choisi fin 2009, Joel Surnow, producteur talentueux mais s'affichant ouvertement à droite pour le réaliser.

D'après le magazine Hollywood Reporter, les filles du clan Kennedy, Caroline - fille de JFK - et Maria Shriver sa nièce et épouse d'Arnold Schwarzenegger avaient entamé leur travail de sape avant même que le tournage ait commencé, début 2010. Elles bénéficiaient d'appuis solides. Plusieurs historiens ainsi qu'un réalisateur démocrate engagé, Robert Greenwald, ont dénoncé la première version du script.

Puissance passée

L'ancien conseiller de JFK, Theodore Sorensen, récemment décédé, avait alors fustigé une interprétation «vengeresse» et «mal intentionnée» de l'Histoire. L'historien David Talbot, dont la biographie des Kennedy a servi aux auteurs de la série, avait été particulièrement outré par la présentation d'un président soi-disant peu enclin, sous la pression de son père, à lutter contre le parrain Sam Giancana. Le sujet fait toujours débat chez les tenants de la théorie du complot et de son assassinat par la mafia.

Robert Greenwald connu pour ses documentaires critiques de l'administration Bush, avait qualifié la série de « soap opera de la pire sorte » et lancé le blog stopkennedysmears.com (arrêtez de diffamer les Kennedy), sur lequel il enregistrait les critiques d'historiens. «Nous avons gagné, écrit-il aujourd'hui. Plus de 50.000 personnes ont dit qu'elles ne regarderaient pas la série tant que la chaîne continuerait à présenter de la fiction politisée comme des faits historiques.»

Caroline Kennedy et Maria Shriver auraient fait pression jusqu'à ces dernières semaines sur les patrons de NBC Universal qui contrôle avec Walt Disney et Hearst, le réseau AETN (History Channel). Les producteurs de la série cherchent un autre diffuseur, en vain pour l'instant. C'est dire si le clan Kennedy n'a pas tout perdu de sa puissance passée.

Cette affaire rappelle les mésaventures d'une autre série télé, The Reagans en 2003. Elle avait été déprogrammée par CBS qui avait cédé aux pressions. Les milieux républicains estimaient que la série montrait un président trop insensible aux ravages du sida. The Reagans avait finalement été diffusée sur une autre chaîne, Showtime. La mauvaise publicité faite à la saga des Kennedy pourrait de la même manière, inciter une autre chaîne à se jeter à l'eau.

La saga sera diffusée hors des États-Unis

Si les téléspectateurs américains risquent d'être privés de The Kennedys , la série sera, en revanche, vue dans une trentaine de pays. En Grande-Bretagne, elle sera diffusée par la BBC ainsi que sur History Channel.

En France, elle pourrait être programmée sur Canal +. La chaîne cryptée est la seule, pour l'instant, qui s'est montrée intéressée par la saga de la famille du président assassiné mais elle n'en a pas encore acheté les droits de diffusion. Par Adèle Smith

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Gollnisch affiche son soutien à la libération du négationniste Reynouard (AFP) – 7 févr. 2011

PARIS — Le candidat malheureux à la présidence du Front national et député européen Bruno Gollnisch a annoncé sur son blog soutenir une pétition pour la libération du négationniste Vincent Reynouard et l'abrogation de la loi Gayssot sur la contestation des crimes contre l'humanité.

Cette annonce, diffusée vendredi sur le blog de M. Gollnisch, est intervenue au lendemain de la parution dans Le Point d'une interview de la nouvelle présidente du parti, Marine Le Pen, où elle déclare que ce qui s'est "passé" dans les camps nazis "est le summum de la barbarie".

Mme Le Pen y déclare également que "tous ceux qui font preuve d'ambiguïté" sur le rôle de l'armée allemande pendant la Seconde guerre mondiale et la Shoah "(l)'agacent au plus haut point".

"Bruno Gollnisch a décidé d'apposer son nom à la pétition initiée par le journaliste et historien Paul-Eric Blanrue +pour l?abrogation de la loi Gayssot et la libération de Vincent Reynouard+, devenant ainsi le premier parlementaire français à énoncer par cet acte solennel son attachement à la liberté d?expression", indique le député européen FN.

Le site internet de la pétition indique que cette dernière a été lancée en août et clôturée le 25 octobre dernier.

Vincent Reynouard, âgé d'une quarantaine d'années, est actuellement incarcéré à Valenciennes (Nord) après une condamnation à un an de prison ferme, confirmée en appel (juin 2008), pour contestation de crime contre l'humanité.

En fuite, il avait été arrêté à Bruxelles en vertu d'un mandat d'arrêt français.

Ancien professeur de mathématiques, révoqué de l'Education nationale, M. Reynouard était poursuivi pour avoir, en 2005, écrit et envoyé à des syndicats d'initiative, des musées et des mairies dans toute la France un fascicule de 16 pages intitulé "Holocauste? Ce que l'on vous cache".

Le texte qualifiait notamment de "vieux thème de propagande" le "gazage des êtres humains" et jugeait "impossible" l'extermination de "six millions de juifs entre 1940 et 1945".

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excessif.com Par Olivier CORRIEZ - 26 février 2011 César 2011 : le nouveau sacre de Roman Polanski
Roman Polanski a reçu samedi son troisième César du meilleur réalisateur pour The Ghost Writer.

A 77 ans, Roman Polanski jouit d'une réputation de cinéaste culte et respecté. L'Académie des Arts et Techniques du cinéma ne s'y est pas trompée samedi soir en lui remettant un nouveau César du meilleur réalisateur pour son film The Ghost Writer. C'est la troisième fois que Roman Polanski reçoit cette distinction obtenue en 1980 avec Tess et 2003 avec Le Pianiste. Il devient par la même occasion le réalisateur le plus titré de l'histoire des César.

Roman Roman Polanski a pourtant galéré pour pouvoir terminer son film qui raconte l'histoire d'un nègre littéraire, qui en acceptant de rédiger les mémoires d'un ancien Premier ministre britannique, va se retrouver mêler à une affaire politico-criminelle. Le cinéaste, d'abord emprisonné en Suisse, suite à une demande d'extradition des Etats-Unis dans une affaire de crime sexuel sur une mineure de 13 ans, datant de 1977, est placé en résidence surveillée dans sa maison de Gstaad. C'est de là qu'il termine la production du film en donnant des consignes à ses collaborateurs.

Il ressort de The Ghost Writer certainement l'un des meilleurs films de Roman Polanski, un thriller paranoïaque qu'il a adapté du roman de Robert Harris. D'ailleurs le film a également reçu le César de la meilleure adaptation, récompensant les deux hommes qui ont travaillé sur le scénario.

Après ce sacre, Roman Polanski pourrait prendre une retraite bien méritée, mais il préfère rester actif et a démarré ces derniers jours son nouveau tournage, Le Dieu du carnage, nouvelle adaptation d'un roman de Yasmina Reza. En tête d'affiche de ce nouveau film, Jodie Foster, qui présidait la cérémonie des César cette année.

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Le cinéaste Roman Polanski arrêté à Zurich LEMONDE.FR | 27.09.09 | 12h22 • Mis à jour le 28.09.09 | 08h45

Les organisateurs du festival de cinéma de Zürich ont annoncé, dimanche 27 septembre, que la police suisse avait arrêté le cinéaste Roman Polanski, sous le coup d'un mandat d'arrêt américain datant de 1978.
Un porte-parole du ministère de la justice suisse a confirmé qu'il était en "détention provisoire en attente d'extradition", mais qu'il pouvait faire appel de la décision.

Le réalisateur de Chinatown et Rosemary's Baby a fui les Etats-Unis en 1978, après avoir plaidé coupable dans une affaire de mœurs. Il est accusé d'avoir eu une relation sexuelle avec une jeune fille de 13 ans. Polanski avait au départ fait l'objet de six chefs d'inculpation, et notamment de viol, pour avoir eu une relation sexuelle avec elle après lui avoir fait consommer du champagne et de la drogue. Il a rejeté l'accusation de viol mais a plaidé coupable de relation sexuelle avec une mineure, ce qui est passible de 20 ans de prison.

S'il est extradé aux Etats-Unis, le cinéaste, âgé de 76 ans, pourrait finir sa vie en prison.

Polanski avait alors passé 47 jours en prison. Fin janvier 1978, au lendemain d'une réunion entre ses avocats et un juge lors de laquelle ce dernier avait laissé entendre qu'il allait le renvoyer sous les verrous, Roman Polanski avait pris un avion pour l'Europe et avait élu domicile en France.

UN DOCUMENTAIRE SUR SON PROCÈS

Le cinéaste a ensuite dénoncé les conditions du procès : en juin dernier, ses avocats ont plaidé pour obtenir l'abandon des charges pour détournement de mineure, dénonçant des vices de forme dans la procédure. Se fondant sur les éléments nouveaux mis au jour par un film documentaire réalisé par Marina Zenovich, Roman Polanski: Wanted and Desired, ses avocats ont assuré que ce dossier "a été infecté depuis le début par des manquements à l'éthique professionnelle" de la part des magistrats. Mais l'absence de Polanski, qui aurait dû se constituer prisonnier pour comparaître, a certainement joué en sa défaveur.

La victime elle-même est favorable au classement de l'affaire. La jeune Samantha Geimer avait confié en 2003 au Honolulu Star-Bulletin qu'elle avait accepté de poser pour des photographies que Roman Polanski allait prendre pour Vogue, rappelle l'agence BNOnews : "J'ai eu un peu peur à la fin [de la deuxième séance de photos], et j'ai compris qu'il avait d'autres intentions, (...) mais je ne savais pas comment m'en sortir". Elle a également accusé Polanski de lui avoir fait boire du champagne et de l'avoir droguée pour pouvoir abuser d'elle.

Son départ précipité pour la France, n'a pas empêché Roman Polanski de faire carrière. Sa consécration est assurément en 2002, au moment de la sortie du Pianiste, qui a cumulé les récompenses : Palme d'Or à Cannes, il reçoit trois Oscars et sept César en 2003. Logiquement, il ne s'était pas présenté à Los Angeles en 2003 pour recevoir l'Oscar du meilleur réalisateur décroché pour le Pianiste.

Le Festival du film de Zurich devait lui remettre dimanche soir un prix pour l'ensemble de son œuvre. Son arrestation a "choqué" les participants, selon les organisateurs, qui assurent que la rétrospective consacrée à ses œuvres est maintenue. De son côté, un représentant de la police cantonale a précisé que "l'arrestation de Roman Polanski s'est faite sur ordre de Berne" sans toutefois donner plus de précisions.

La bande annonce du documentaire sur l'affaire Polanski -Roman Polanski: Wanted and Desired

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Par Ségolène Gros de Larquier Le Point.fr - Publié le 10/03/2011 à 19:08 - Modifié le 10/03/2011 à 19:09 L'annulation de l'invitation de la présidente du FN lors de l'émission politique de Radio J, dimanche, fait débat.

Faut-il traiter Marine Le Pen de la même façon que son père ? Sur cette question, la communauté juive française reste divisée. L'annulation de l'invitation de la présidente du Front national lors de l'émission politique de Radio J, dimanche, en est la preuve. Face à la "pression" et à la colère des associations juives, la radio communautaire a dû renoncer à recevoir Marine Le Pen. Radio J lui réserve finalement le même sort qu'à son père, qui a toujours été boycotté à l'antenne suite à ses déclarations sur la Shoah.

En tête dans le mouvement de protestation, l'Union des étudiants juifs de France (UEJF) et le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) Richard Prasquier ont salué l'annulation de l'invitation, jugée "inacceptable". "Cette invitation pouvait faire croire à une forme de complaisance de la communauté juive et de ses institutions à l'égard de Marine le Pen. (...) Son parti reste structurellement antisémite, raciste et hors du champ républicain", a réagi la présidente de l'UEJF Arielle Schwab. Même son de cloche du côté du Crif. "Même si l'entretien est sans concessions, comme le dit la radio, ce qui aura compté, c'est qu'elle aura été reçue par une radio communautaire juive ; et ça, c'est un symbole qui est inacceptable", a souligné son président, Richard Prasquier. Arguant que Marine Le Pen "n'a pas fondamentalement changé par rapport à son père", il refuse de lui accorder un "brevet de respectabilité".

"Bridage de la pensée" (Goldnadel)

En revanche, Gilles-William Goldnadel, avocat, membre du comité directeur du Crif et auteur de Réflexions sur la question blanche (éd. Gawsewitch), n'hésite pas à faire entendre une voix discordante. Il dénonce "un bridage de la pensée", "un manque de liberté d'expression" et un "déni de démocratie". "On ne peut pas traiter sur le même plan l'homme du point de détail et sa fille qui a déclaré dans les colonnes du Point que la Shoah avait été le summum de la barbarie", juge-t-il. Précisant qu'il s'exprime "à titre personnel", il enchaîne : "Cette déclaration dans le Point est un premier pas même si c'est encore très insuffisant. Le FN est devenu très pro-palestinien et Marine Le Pen reste entourée de personnes appartenant à l'extrême droite antisémite." Mais le président de l'association France-Israël se montre sévère à l'égard de ceux qui ont réclamé à cor et à cris l'annulation de l'invitation de la numéro un frontiste. "Depuis maintenant trente ans, il existe une faute politique de la part de la communauté juive, qui consiste à privilégier la lutte contre l'antisémitisme d'extrême droite au détriment de la lutte contre l'antisémitisme d'extrême gauche qui a beaucoup progressé", juge-t-il.

Également éditorialiste à Radio J, Gilles-William Goldnadel déplore : "J'aurais justement voulu entendre Marine Le Pen dimanche au sujet des membres de son entourage, de son environnement, de sa façon de concevoir l'immigration." Un regret également exprimé par l'animateur de Radio J Frédéric Haziza. "Je voulais simplement faire mon travail de journaliste", a-t-il expliqué au micro de France Inter.

En attendant, le FN a décidé de réagir. Le parti frontiste va réactiver son Cercle national des juifs français, un cercle de réflexion tombé en déshérence après la mort de son animateur Robert Hemmerdinger en 2004. Il faut "lutter contre la discrimination organisée par le Crif et un certain nombre de lobbies", soutient Louis Aliot, vice-président du parti. En revanche, aucune déclaration ou geste fort à l'égard de la communauté juive n'est prévu prochainement.

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Reuters - Publié le 05/04/2011 à 16:15 - Modifié le 05/04/2011 à 16:16 lepoint.fr Emile Picy et Sophie Louet, édité par Patrick Vignal PARIS (Reuters) - François Fillon a accusé mardi les socialistes d'instruire un "procès stalinien" contre Claude Guéant, dont des propos sur les musulmans sont à l'origine d'une nouvelle polémique.

Le ministre de l'Intérieur a déclaré lundi, en marge d'un déplacement à Nantes, que l'accroissement du nombre de musulmans en France et un certain nombre de comportements religieux, comme les prières dans les rues, posaient problème.

Une partie de la gauche s'est élevée contre ce qu'elle considère comme un nouveau dérapage, certains réclamant la démission de Claude Guéant, et l'association SOS Racisme, notamment, a annoncé son intention de porter plainte.

Interpellé à ce sujet par un député socialiste lors de la séance des questions d'actualité à l'Assemblée, le Premier ministre a réaffirmé sa "grande confiance" à Claude Guéant, avec lequel il connut quelques tiraillements lorsque l'actuel ministre de l'Intérieur occupait les fonctions de secrétaire général de l'Elysée.

"Vous venez maintenant instruire le procès de Claude Guéant avec des phrases sorties de leur contexte, avec des phrases coupées en morceaux, avec les bonnes vieilles méthodes des procès staliniens : la caricature, la calomnie, l'amalgame", a lancé François Fillon sous les protestations des élus de gauche.

"C'est une attitude méprisable", a-t-il souligné. "Claude Guéant est un républicain, et toute sa carrière parle pour lui".

"Vous avez choisi une méthode d'intimidation, eh bien, je vous le dis, je ne céderai pas devant cette méthode et vous me donnez l'occasion de dire à tous les Français la grande confiance que j'ai dans le ministre de l'Intérieur", a conclu le chef du gouvernement.

Déjà mardi matin, lors de la réunion à huis clos du groupe UMP à l'Assemblée, François Fillon avait manifesté son soutien à Claude Guéant et dénoncé "un véritable procès".

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Publié le 20/12/2010 | 11:43 AFP - ANNE-CHRISTINE POUJOULAT france2.fr Nouvelle condamnation pour Hortefeux

Le ministre de l'Intérieur a été condamné vendredi pour atteinte à la présomption d'innocence du magistrat David Sénat Son avocat a immédiatement annoncé son intention de faire appel. Brice Hortefeux a insisté sur le caractère "pas définitif" de sa condamnation.

David Sénat, 45 ans, placé en garde à vue cette semaine pour être interrogé sur son implication présumée dans des fuites au Monde sur les dossiers Bettencourt, avait assigné le ministre en référé.

B.Hortefeux dans la tourmente

Il s'agit de la deuxième condamnation en six mois pour le ministre de l'Intérieur, six mois après une condamnation pour injures raciales.

Condamnation pour atteinte à la présomption d'innocence

Ancien conseiller de Michèle Alliot-Marie à la Chancellerie (il avait quitté le cabinet de la ministre cet été pour une mission de préfiguration de la cour d'appel de Cayenne), David Sénat avait assigné Brice Hortefeux en référé pour des propos lui imputant une violation du secret professionnel.

Interrogé en octobre sur les conditions dans lesquelles Daniel Sénat avait été identifié par les services du contre-espionnage comme source possible du Monde, le ministre avait répondu qu'"un haut fonctionnaire, magistrat, membre de cabinet ministériel, ayant donc accès à des documents précisément confidentiels, alimentait, selon ces sources, vérifiées, un journaliste sur des enquêtes". "Ca tombe sous le coup du non respect du secret professionnel", avait ajouté Brice Hortefeux. Des propos décrétés "attentatoires à la présomption d'innocence de David Sénat", selon le jugement rendu vendredi.

Le tribunal a jugé que "par les propos qu'il a tenus, Brice Hortefeux a manifesté, de manière explicite et non équivoque, une conviction tenant pour acquise la culpabilité de David Sénat". "Il l'a exprimé dans des conditions ne pouvant laisser subsister aucun doute sur cette culpabilité dans l'esprit des auditeurs", poursuit le jugement qui a condamné vendredi le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux à 1 euro de dommages et intérêts. Le tribunal a jugé "qu'un conseiller exerçant ses fonctions dans un cabinet ministériel peut légitimement être appelé à fournir des informations, le cas échéant sensibles, à des journalistes (...)".

David Sénat réclamait 10.000 euros de dommages et intérêts ainsi que la publication d'un communiqué.

Il a par ailleurs été débouté vendredi dans une action en référé contre Le Figaro, qu'il accusait également d'atteinte à la présomption d'innocence. Le quotidien avait écrit le 6 novembre que Michèle Alliot-Marie avait été fragilisée dans la course pour Matignon "par la démission de David Sénat", qui "donnait des informations sensibles à la presse". Le tribunal a relevé l'absence d'élément de contexte dans cette phrase. Ce magistrat avait été mis en examen le 1er octobre pour complicité d'infraction à la législation sur les jeux dans l'affaire Visionex.

Propos "outrageants"

Il y a six mois, le 4 juin, le ministre de l'Intérieur avait été condamné à 750 euros d'amende pour avoir tenu en septembre 2009 des propos jugés "outrageants" envers les personnes d'origine arabe.

Il avait également fait appel de cette condamnation, qui concernait des propos diffusés sur Internet, alors qu'il posait pour une photo avec un jeune militant UMP né de père algérien, lors de l'université d'été du parti majoritaire à Seignosse (Landes) en septembre 2009.

Réactions politiques

Le porte-parole du PS, Benoît Hamon, a estimé que Brice Hortefeux devait "démissionner". "Désormais, on a un ministre de l'Intérieur condamné à deux reprises", a-t-il dit. "Il y a là une conception de la République irréprochable qui pose problème", a-t-il affirmé en allusion à la "République irréprochable" prônée par Nicolas Sarkozy.

Le PCF a jugé "totalement incompréhensible (le) maintien comme ministre (de Brice Hortefeux)". "On touche le fond ! Cet épisode s'ajoutant à celui de son soutien pour le moins critiquable aux policiers condamnés pour faux témoignages", ajoute le communiqué du Parti communuiste.

Revue de presse

De nombreux éditorialistes de la presse écrite ne cachaient pas leur "malaise" samedi face à la situation du ministre de l'Intérieur, deux fois condamné en six mois.

"Sale temps pour Brice Hortefeux ! Et cette fois, la neige n'y est pour rien", ironise Jacques Guyon dans la Charente libre. "On dira que l'exemple, censé venir d'en haut, ne trône pas vraiment place Beauvau", commente de son côté Gilles Debernardi dans Le Dauphiné libéré. "A collectionner ainsi les délits, le'premier flic de France' finit par créer un malaise", estime l'éditorialiste du quotidien grenoblois. Ces "démêlés récurrents (...) avec la justice sont du plus mauvais effet", ajoute Jacques Camus dans La République du Centre.

"Un ministre condamné deux fois en six mois, cela fait désordre. Quand il s'agit de celui de l'Intérieur, chargé de faire appliquer la loi, cela pose problème", renchérit Chantal Didier dans l'Est républicain. Pour Jean-Michel Roustand de l'Union, "cela commence à faire beaucoup pour un seul homme. Qui plus est ministre et de surcroît de l'Intérieur".

"Ministre de l'Intérieur et deux fois condamné. On connaît des ministres qui ont démissionné sur de simples soupçons", remarque l'éditorialiste de Sud-Ouest, Yves Harté. Jacques Guyon (La Charente Libre) estime que cela "va finir par devenir compliqué pour Nicolas Sarkozy (...) de conserver encore longtemps un ministre Père-la-Morale qui accumule les condamnations et les plaintes".

Même si Brice Hortefeux "souligne ingénument qu'il demeure 'présumé innocent', ces faux pas de son ami de trente ans pourraient, à la longue, faire déraper Nicolas Sarkozy", commente Hervé Cannet dans la Nouvelle République du Centre Ouest.

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Lars von Trier exclu: "Une réaction exagérée" Par LEXPRESS.fr avec AFP, publié le 19/05/2011 à 19:00

Après l'annonce de la décision du conseil d'administration du Festival d'exclure Lars von Trier pour ses propos sur Hitler et Israël, plusieurs voix se sont faites entendre pour condamner ou tempérer les propos du réalisateur.

Le réalisateur danois Joergen Leth, un ami proche de Lars von Trier s'est déclaré "choqué" par la décision du Festival, estimant que la direction avait "surréagi". "Lars aime bien provoquer, mais c'est sa nature. Il n'a pas du tout dépassé les limites dans cette affaire qu'on a grossi du côté du festival", a-t-il déclaré sur la chaîne danoise TV2 News.

"Il (Lars von Trier) a fait ses excuses. Et je pense que cela suffisait", ajoutant "ne pas comprendre la réaction exagérée du Festival". D'après lui, son ami prend cela "avec humour".

Le centre Simon Wiesenthal, qui lutte contre le racisme et l'antisémitisme, a fermement condamné des propos "calculés et gratuits" ; pour le réalisateur français Claude Lelouch, Lars Von Trier a commis là un "véritable suicide cinématographique" ; à Bruxelles, le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand a estimé qu'il avait "pété les plombs" et exprimé son "effarement" et son "indignation".

Lars Bo Nielsen, le directeur de l'Institut danois du film, a quant à lui qualifié jeudi d'"idiots" et "repoussants" les propos du cinéaste, tout en affirmant qu'ils "n'auront pas de conséquences" financières sur les projets de l'enfant terrible du cinéma danois."

Le professeur de Sciences du cinéma à l'université de Copenhague, Peter Schepeleren, a estimé pour sa part que la réaction de la direction du Festival avait été violente. "Je pense que sa prestation lors de la conférence de presse est à beaucoup d'égards absurde.
Mais lorsqu'on écoute ce qu'il a dit, ce n'est qu'une taquinerie mal placée, du sarcasme et de la provocation", a-t-il estimé, cité par l'agence danoise Ritzau. "Ce qu'il a dit est très déplacé, mais ce n'est pas du tout une raison pour que le festival réagisse ainsi", a-t-il souligné.

Selon le délégué général du festival Thierry Frémaux, les deux actrices deMelancholia, Kirsten Dunst (visiblement très mal à l'aise durant la conférence de presse) et Charlotte Gainsbourg, avaient menacé de ne pas monter les marches du Palais pour la projection officielle s'il ne s'expliquait pas.

"Ces propos sont d'autant plus incompréhensibles que la femme de Lars Von Trier est de confession juive et ses enfants sont de confession juive", a également relevé Thierry Frémaux, qui connaît bien le réalisateur et l'a dit "consterné". "C'est une de ces provocations auxquelles il nous a habitués", a-t-il ajouté, relevant que le cinéaste est arrivé à Cannes avec les deux poings tatoués du mot "FUCK" qu'il a exhibés à l'envi. "Je préfère penser que ce sont des propos qui relèvent de la bêtise", a pour sa part glissé M. Jacob, pour qui cette sanction constitue une première en 64 ans de festival.

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Facebook pour les moins de 13 ? Non merci ! David Abiker - Vent des blogs | Mercredi 25 Mai 2011 à 05:01 | Marianne2.fr

Mardi s'ouvrait à Paris l'eG8, réunissant les grands noms de l'internet mondial. Dans le même temps, Marc Zuckerberg, créateur du réseau social Facebook, a proposé d'ouvrir le site aux moins de 13 ans.

David Abiker, sur son blog, explique à sa fille pourquoi elle n'ira pas poker!

Le débat est donc lancé alors même que démarre l’eG8 : « Faut-il ouvrir Facebook aux moins de 13 ans ? ». Marc Zuckerberg, le patron du réseau social y songe et avance la raison formelle suivante : « Ma philosophie c’est qu’en matière d’éducation, il faut commencer très jeune ».

Cette phrase va faire le tour du monde. Elle me contraint en tant que parent, à donner mon avis. Et je réponds non à Marc Zuckerberg. Je m’oppose, je me cabre au nom de la responsabilité que je ne compte pas lui déléguer et au nom de mes valeurs.

Relisons l’argument invoqué par Marc Zuckerberg pour justifier la porte qu’il entend aujourd’hui enfoncer : « Ma philosophie c’est qu’en matière d’éducation, il faut commencer très jeune ». Cette phrase est intéressante puisqu’elle suggère que Marc Zuckerberg détient les clés d’une philosophie de l’éducation, pas moins.

C’est donc son projet éducatif qui s’oppose au mien dans cette affaire. Mon projet à moi, et ça vous surprendra peut-être, c’est d’éloigner ma fille des écrans et de Facebook coûte que coûte et le plus longtemps possible. Pourquoi ? Parce que j’ai justement un projet éducatif qui échappe totalement à Marc Zuckerberg qui n’a pas d’enfant mais qui a un projet pour tous les enfants du monde.

C’est un projet pédagogique de père qui vaut ce qu’il vaut mais qui s’appuie sur plusieurs constats. Le premier constat est celui d’une expérience assez simple. Elle a consisté à laisser ma fille accéder librement aux écrans un jour et le lendemain à verrouiller l’accès à ces mêmes écrans.

Le premier jour ma fille a déjeuné en 5 minutes, n’a pas adressé la parole à sa sœur cadette et a passé l’heure et demi de sa pause déjeuner à utiliser ces écrans : jeux, télé, internet. Certes elle n’a pas rencontré de pédophile ; non, elle n’a pas vu de vidéos violentes, non elle n’est pas tombée en syncope après un excès de console Nitendo.

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Un premier mort dans les émeutes en Grande-Bretagne Par lefigaro.fr Publié le 09/08/2011 à 16:28

- Les affrontements entre jeunes et police se sont étendus à plusieurs villes en Angleterre. Rentré d'urgence à Londres, le premier ministre promet de tout faire pour ramener l'ordre, mais s'est refusé à appeler l'armée en renfort.

Depuis les premiers troubles à Londres samedi soir, lors d'une manifestation organisée pour réclamer «justice» après la mort d'un homme tué jeudi au cours d'une intervention policière, les affrontements n'ont pas cessé dans la capitale britannique. Violences et pillages ont continué dans la nuit de lundi à mardi, atteignant même d'autres villes anglaises, comme Birmingham (au centre du pays), Liverpool (nord-ouest), Nottingham (nord) et Bristol (sud-ouest). Le point sur la situation.

• Un jeune homme de 26 ans tué par balle

Mardi, un jeune homme de 26 ans est mort des suites de ses blessures : il avait été touché par une balle lundi alors qu'il se trouvait dans sa voiture, dans le sud de Londres. C'est le premier décès recensé depuis samedi soir. La victime, dont l'identité n'a pas été révélée, avait été découverte vers 21h15 à Croydon, un quartier où plusieurs bâtiments ont été brûlés. L'homme avait «été hospitalisé dans un état grave». Deux jeunes, qui se trouvaient sur place avec des objets volés, ont été arrêtés, a précisé la police dans un communiqué.

• David Cameron promet de ramener l'ordre dans les rues

Le premier ministre britannique, qui était jusqu'alors en vacances en Toscane, en Italie, a décidé lundi soir de rentrer en urgence dans la capitale. Mardi, au cours d'une brève allocution devant ses bureaux de Downing Street, il a promis de tout mettre en oeuvre pour ramener l'ordre dans les rues. Il a notamment annoncé des renforts policiers -passant les effectifs policiers de Londres de 6000 à 16.000 hommes- et a demandé une justice rapide pour les centaines de personnes arrêtées depuis samedi.

Il a toutefois refusé de se tourner vers l'armée pour ramener l'ordre. Il a en outre précisé que les vacances parlementaires seraient interrompues jeudi pour une séance exceptionnelle consacrée à ces émeutes. Mardi, plus tôt dans la matinée, Scotland Yard avait d'ores et déjà annoncé avoir déployé 1700 policiers supplémentaires pour faire face aux pires incidents survenus dans la capitale depuis plus de vingt ans.

• Un vent de panique souffle sur Londres

Le chef de la police Tim Godwin a appelé les parents «à contacter leurs enfants pour leur demander où ils se trouvent». Selon le site du quotidien britannique The Guardian , «un climat général de panique» s'empare des habitants des quartiers théâtres de violences. «Les restaurants descendent leur rideau de fer, les passants courent pour rentrer chez eux», rapporte le journal. Les crèches du quartier de Hackney sont appelées à rester fermées mardi. Sur son compte Twitter, Paul Lewis, un journaliste du Guardian, raconte qu'au cours des affrontements, les «journalistes se font frapper, leurs caméras sont volées».

Un policier a été heurté par une voiture peu avant trois heures du matin à Brent, un quartier du nord-ouest de Londres, en tentant, semble-t-il, d'arrêter des automobilistes soupçonnés d'avoir participé au pillage d'un magasin. Au total, au moins 35 policiers ont été blessés au cours du week-end à Londres. Les autorités ont précisé mardi à une correspondante du Guardian que 525 personnes avaient été arrêtées - dont un garçon de onze ans - depuis le début des violences. Une centaine d'entre elles auraient déjà été mises en accusation, selon la même source. Parmi elles, au moins trois personnes sont soupçonnées de «tentative de meurtre» contre des forces de l'ordre.

Dans la nuit de lundi à mardi, on pouvait voir des immeubles en feu à Croydon, Peckham et Lewisham dans le sud de Londres, tandis que des groupes de pilleurs se répandaient dans les rues d'Hackney à l'est, de Clapham dans le sud, de Camden dans le nord et d'Ealing à l'ouest. Au «Ledbury», un restaurant étoilé au guide Michelin, situé dans le quartier huppé de Notting Hill, les pilleurs s'en sont pris aux téléphones portables des clients et ont fait main basse sur la caisse ainsi que sur la vaisselle de l'établissement. Des centaines de policiers anti-émeute sont intervenus pour contenir les émeutiers à Hackney, à quelques kilomètres de Stratford, dans l'est, où auront lieu les prochains Jeux olympiques dans moins d'un an.

• Les émeutes s'étendent dans le pays

En province, la police des West Midlands a confirmé l'arrestation de 139 jeunes qui, dans le centre de Birmingham, brisaient des vitrines de magasins et se livraient au pillage. «Ce n'était pas une foule en colère, c'était une foule cupide et intéressée», a estimé le directeur de la police. «La situation est très étrange, témoignait lundi soir un étudiant sur place via Twitter. Les cloches de la cathédrale sonnent, pendant que des dizaines de jeunes masqués et cagoulés errent en bande». Les forces de l'ordre ont indiqué lundi soir qu'un commissariat de la ville était en feu.

À Liverpool, la police locale a elle aussi indiqué être confrontée à des scènes de violence, notamment l'incendie de plusieurs voitures. «Aucune violence ne sera tolérée. nous avons pris des mesures rapides et fermes pour y répondre», a affirmé un porte-parole de la police.

D'après le site du Guardian, les policiers ont aussi dû faire face à 150 émeutiers pendant la nuit à Bristol. Le commissariat d'un quartier de Nottingham aurait également été attaqué. Près de quarante voitures auraient été vandalisées dans la ville, des vitres de particuliers auraient été cassées et un container de 200 pneux aurait été incendié, rapporte encore le quotidien.

La mort de ce père de famille de 29 ans appartenant à la communauté noire de Tottenham au cours d'une opération de police aurait tout déclenché. «C'est parti visiblement de ce qui s'était passé à Tottenham... Mais ça ressemble fort à une excuse, ça n'a juste pas de sens», a toutefois déploré Williams Falade, 28 ans, responsable d'un club de gym à Brixton. Un sentiment partagé par le numéro deux du gouvernement Nick Clegg qui s'est rendu à Tottenham lundi et a condamné une «vague de violence gratuite», n'ayant «absolument rien à voir avec la mort de Mark Duggan».

Une commission de contrôle indépendante (IPCC) a ouvert une enquête sur les circonstances de ce décès. Andrew Walker, le médecin légiste qui a pratiqué l'autopsie de Mark Duggan, a indiqué mardi devant un tribunal de Londres que le père de quatre enfants était mort d'une seule balle dans la poitrine. «J'aimerais rassurer les membres de la famille et leur dire que nous travaillerons avec eux et l'IPCC tout au long de la la procédure», a-t-il affirmé.

«La famille veut que tout le monde sache que les violences en cours n'ont rien à voir avec la recherche de la vérité sur la mort de Mark», a annoncé dans un communiqué Helen Shaw, la femme qui représentait la famille au tribunal. «Ils veulent également que les gens sachent qu'ils sont profondément bouleversés par les violences», a ajouté cette membre de l'association Inquest qui vient en aide aux familles de personnes décédées de manière suspecte.

• Paris, Rome et Berlin mettent en garde leurs ressortissants

Le ministère des Affaires étrangères a appelé mardi les ressortissants français à faire preuve «d'une extrême prudence lors des sorties nocturnes» dans le pays. «Il est fortement recommandé aux ressortissants français de se tenir à l'écart des attroupements qui peuvent se former dans les centres urbains», explique le site du ministère.

Rome a donné mardi des consignes similaires et fourni des contacts d'urgence aux touristes et expatriés italiens séjournant à Londres et dans d'autres villes britanniques.

Le ministère allemand des Affaires étrangères a quant à lui recommandé mardi «la prudence» à ses ressortissants et conseillé aux voyageurs allemands «de s'éloigner immédiatement aux premiers signes d'émeutes et de suivre les directives des forces de l'ordre». Les ressortissants allemands sont également invités à s'informer par les médias des derniers développements et à adapter leur comportement à l'évolution de l'actualité.

TÉMOIGNAGES - Vous êtes en Grande-Bretagne ? Dans quelle ville vous trouvez-vous et quelle est votre situation sur place ? Avez-vous été témoin d'émeutes ? Ressentez-vous une atmosphère de tension dans votre ville ? Partagez votre expérience dans les commentaires ci-dessous ou par email à l'adresse temoin@lefigaro.fr

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Claude Guéant "regrette" ses propos sur les Comoriens de Marseille LEMONDE.FR avec AFP | 14.09.11 | 15h37

Une fois n'est pas coutume, le ministre de l'intérieur, Claude Guéant, a exprimé des regrets après avoir déclenché une polémique. Le ministre de l'intérieur a déclaré mercredi 14 septembre, au sortir d'une audition à l'Assemblée nationale, que si ses propos tenus dimanche sur les Comoriens à Marseille avaient pu "blesser", il le "regrettait".

"On a un problème récent de violences de personnes comoriennes, pas de Français d'origine comorienne. J'ai répété ce qu'on m'avait dit, mais si cela a pu blesser des Français d'origine comorienne et des Comoriens tout court, je le regrette", a-t-il déclaré devant la presse après son audition par la commission des Lois.

Dimanche 11 septembre, M. Guéant avait déclaré lors du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI : "Il y a une immigration comorienne qui est la cause de beaucoup de violences. Je ne peux pas la quantifier."

Le ministre de l'intérieur était en train de dresser un tableau en demi-teinte de la sécurité à Marseille, quand Etienne Mougeotte, directeur des rédactions du Figaro, l'a coupé pour lui demander : "Mais il existe une coopération entre les communautés musulmane, juive et catholique assez poussée qui fonctionne ? Là, il n'y a pas de lien entre sécurité et immigration ?" C'est à ce moment que le ministre a prononcé sa phrase polémique.

RÉACTIONS INDIGNÉES

Ce même dimanche, le Front national tenait son université d'été à Nice. Selon le sociologue Laurent Mucchielli, "il s'agissait sans doute (une fois de plus)" pour M. Guéant "de chasser sur ses terres en vue de l'élection présidentielle de 2012", estime le sociologue Laurent Mucchielli sur son blog.

Ces propos de Claude Guéant ont provoqué des réactions indignées et l'émoi des 250 000 personnes – selon les estimations les plus courantes – que constitue la diaspora comorienne. A Marseille, la "communauté comorienne" est évaluée entre 60 et 80 000 personnes.

Marseille: les comoriens dans le viseur de Guéant par LCM

Mardi, des associations et des représentants de la communauté comorienne en France ont indiqué leur intention de porter plainte contre le ministre de l'intérieur après ses propos jugés "inacceptables".

Ces propos avaient aussi suscité des critiques d'élus de droite, comme le sénateur-maire de Marseille Jean-Claude Gaudin qui avait estimé qu'on ne pouvait pas "incriminer une communauté en particulier".

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Publié le 12.09.2011, 07h00 leparisien.fr Les mesures de Claude Guéant contre la délinquance des jeunes Roumains

Le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, a fait de la lutte contre la délinquance liée à l’immigration clandestine roumaine l’une de ses priorités. Il détaille les mesures qu’il annoncera officiellement aujourd’hui.

Pourquoi décider d’accentuer aujourd’hui la lutte contre les délinquants originaires de Roumanie ?

CLAUDE GUÉANT. La délinquance impliquant des ressortissants roumains — organisée en réseaux très perfectionnés avec à leur tête des chefs mafieux, à l’image de celui démantelé il y a quelques mois et que l’on connaissait sous le nom d’Hamidovic, — s’est largement accentuée ces dernières semaines, à Paris et en Ile-de-France et, dans une moindre mesure, à Marseille et à Lyon. Nous travaillons en étroite collaboration avec les autorités roumaines sur cette question. Quatorze policiers roumains sont actuellement détachés en France. Le but est notamment de pouvoir remonter jusqu’aux responsables de ces réseaux, qui demeurent en Roumanie.

Dans quelle proportion cette délinquance a-t-elle augmenté ?

Les Parisiens peuvent constater dans la rue que cette délinquance est quotidienne. Et ce constat s’appuie sur quelques chiffres importants : sur les sept premiers mois de l’année 2011, il y a eu 4800 mis en cause roumains interpellés par la police à Paris, contre 2500 sur la même période en 2010. Ce qui signifie une augmentation de plus de 90%. Par ailleurs, près de 1200 ressortissants roumains ont été déférés devant la justice, toujours sur les sept premiers mois de l’année à Paris. Les délinquants roumains représentent 1 déféré sur 10 dans la capitale.

Comment expliquez-vous cette soudaine augmentation ?

Nous n’avons pas d’explication particulière, mais la France n’est pas le seul pays européen à faire ce constat. L’Espagne et l’Allemagne sont également spécialement touchées. Cette évolution fait que cette situation ne peut plus durer et je suis résolument décidé à combattre cette délinquance avec plus de vigueur.

Qu’envisagez-vous ?

C’est une délinquance qu’il est difficile de combattre, à cause d’un de ses aspects qui est extrêmement cruel : elle a recours très fréquemment aux mineurs. Près de la moitié des délinquants roumains interpellés sont des enfants ou des adolescents, parfois seulement âgés de 12 ans ou 13 ans. Ils sont souvent forcés à se livrer à divers délits. Nous savons, par exemple, que ces jeunes doivent rapporter, par jour, entre 70 et 100 € à ceux qui les contraignent.
L’installation d’un magistrat de liaison roumain à Paris d’ici quelques semaines permettra d’organiser le rapatriement des mineurs délinquants dans leur pays. Si ces derniers ont des parents présents en France, ils leur seront remis avant d’être rapatriés. Dans le cas où on n’a pas connaissance de la présence des parents sur notre territoire, ces mineurs seront confiés au service d’aide à l’enfance roumain.
C’est un élément nouveau dans notre paysage, car ce service n’était pas reconnu comme étant aux normes au niveau international. C’est désormais le cas. Mais ces mesures d’éloignement ne seront possibles que dans le cadre d’une procédure judiciaire.
Nous allons également faire en sorte, avec le concours de la justice roumaine, de saisir les avoirs criminels de ces chefs mafieux.

Pensez-vous que ces mesures seront suffisantes ?

Les contrôles dans les aéroports et les gares de bus internationaux vont aussi être renforcés. Les Roumains sont membres de l’Union européenne, mais il ne suffit pas d’être membre de cette Union pour avoir le droit au séjour.
Nous pouvons reconduire chez eux les gens qui causent des troubles à l’ordre public ou bien qui se maintiennent sur notre territoire sans ressources régulières. Sur ce point, nous allons faire beaucoup plus que nous ne l’avons fait jusqu’ici. Le préfet de police de Paris, Michel Gaudin, va aussi interdire la mendicité sur les Champs-Elysées en signant un arrêté dès cette semaine. Le Parisien

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"Délinquants roumains" : "Guéant chasse sur le terrain de Le Pen" Publié le 12-09-11 à 15:39 Modifié à 17:28 par Le Nouvel Observateur Interview de Stéphane Maugendre, président du Gisti, par Anne Collin.

Pour Stéphane Maugendre, président du Gisti, les nouvelles mesures annoncées par le ministre de l'Intérieur sont la réponse de l'UMP au FN. Interview. Stéphane Maugendre, président du Gisti est également avocat.

Le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, a annoncé, dans un entretien à "Aujourd'hui en France/Le Parisien" lundi 12 septembre, des mesures contre les "délinquants roumains". Parmi les propositions figurent le rapatriement des mineurs dans leur pays, la surveillance accrue des points d'entrée sur le territoire, un renforcement de la coopération avec les services policiers judiciaires roumains et un arrêté anti-mendicité sur les Champs-Elysées.

Stéphane Maugendre, président du Groupe d'information et de soutien aux immigrés, réagit.

Quelle réaction vous inspire ces nouvelles déclarations ?

Depuis le discours de Grenoble et la circulaire sur les camps de Roms, on ne s'étonne plus de rien. De plus, cela marque l'entrée en campagne. Ces annonces interviennent après des journées d'été du FN. C'est la réponse du berger à la bergère.
Claude Guéant rebondit sur le même terrain que Marine Le Pen. C'est assez pathétique, mais ce n'est pas étonnant. La garde rapprochée du président de la République chasse sur le terrain du Front national.

S'agit-il de véritables propositions politiques ou de simples effets d'annonce, selon vous ?

Il faut lire avec attention les déclarations de Claude Guéant. On balance des chiffres pour faire peur et on dit ensuite, "nous allons prendre des mesures". Pourtant, il faut rester très prudent avec les chiffres. Claude Guéant parle de "4.800 mis en cause Roumains interpellés par la police de Paris sur les sept premiers mois de l'année 2011". Qu'est-ce que cela veut dire ?
Il ne peut s'agir que de statistiques du Stic (Système de traitement des infractions constatées créé en 2001). C'est un fichier très controversé où l'on met beaucoup de choses.

La question à se poser est donc : qu'en est-il réellement ? Par ailleurs, Claude Guéant établit une comparaison par rapport à l'année dernière. Ces chiffres ne prouvent absolument pas qu'il y a une hausse de délinquance - une délinquance que je ne nie pas pour autant - simplement des chiffres. Cela fait partie d'une politique de chiffres que les policiers sont chargées d'appliquer.

Dans le Parisien, Edouard Connelly, président de Hors la rue, parle d'annonces "juridiquement" très discutables. Qu'en pensez-vous ?

Les mesures annoncés sont incompréhensibles et complètement à côté de la plaque. Il faut savoir que les reconduites à la frontière et les expulsions sont interdites par la loi (Ordonnance de 45). Le gouvernement avait déjà essayé de dissimuler des renvois forcés l'année dernière et le Conseil constitutionnel était intervenu. Il était prévu que le procureur de la République puisse décider seul d'un rapatriement, même pour les mineurs.
Il s'agissait donc d'expulsions déguisées. Le Conseil constitutionnel a donc retoqué la loi et imposé l'avis d'un juge des enfants. C'est pourquoi, cette nouvelle annonce de Claude Guéant nécessiterait un nouvel accord Franco-roumain pour être validé. De plus, au vu du calendrier électoral, on n'est pas du tout sûr que cela soit voté avant la prochaine législature.

Ne pensez-vous pas qu'il s'agit en fait d'une stigmatisation des roms ?

Il est évident que ceux qui sont véritablement visés sont les Roms. C'est pour ça que je dis que l'on est dans la droite ligne du discours de Grenoble. Le fait de viser une nationalité est extrêmement dérangeant. Le travail contre la délinquance n'a pas à être cité en fonction de la nationalité.
Dans les statistiques, on lit Roumains et pas Roms, c'est pour cette raison que Claude Guéant ne peut pas aller plus loin. Le pire est que ce type d'annonce fonctionne car elle se base sur le fantasme.

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Sapin (PS) "comprend" la manifestation anti-Marine Le Pen Publié le 07.12.2011, 19h45 leparisien.fr

Michel Sapin, chargé du projet présidentiel de François Hollande, interrogé mercredi sur la manifestation d'une centaine d'étudiants et militants anti-FN qui ont empêché la venue de Marine Le Pen à Paris-Dauphine, a répondu qu'il "comprend la manifestation". "Je comprends la manifestation", a déclaré le député de l'Indre sur RTL. "Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que ça arrive à un Le Pen ou une Le Pen".
"On a a le droit de manifester, heureusement, et ensuite si l'un ou l'autre recule, c'est sa responsabilité", a poursuivi M. Sapin.

Plus d'une centaine d'étudiants et de militants anti-FN ont empêché mardi la venue à l'université Paris-Dauphine de Marine Le Pen, qui a dénoncé des "milices de gauche" et demandé à toute la classe politique, particulièrement au candidat PS, de condamner ces "procédés inadmissibles".

Vice-président du FN, Louis Aliot a vu dans les propos de Michel Sapin un "soutien explicite" relevant de "l'incitation à la violence" et qui "prouve que les socialistes n'ont pas rompu avec leurs origines totalitaires".

Dans une interview au Talk Orange/Le Figaro à paraître jeudi, Marine Le Pen juge également que Michel Sapin "incite à la réitération" de "violences" à son égard. L'appel à protester avait été lancé notamment par l'UEJF (étudiants juifs de France), l'Unef (syndicat étudiant de gauche), SOS Racisme, le NPA, les jeunes socialistes (MJS) etc., "des organisations qui dépendent directement du Parti socialiste", a dit Marine Le Pen.

"Est-ce que l'on va accepter que dans notre pays cette campagne présidentielle qui démarre se déroule dans la violence (...), que l'on permette à des responsables politiques et notamment là socialistes, d'inciter des organisations, des milices de gauche, à venir perturber ma campagne par la force, par la violence, par la peur?", demande Marine Le Pen.

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ACTUALITÉ Politique Vote sur le génocide arménien: colère de la Turquie Par lefigaro.fr Mis à jour le 22/12/2011 à 17:07 | publié le 22/12/2011 à 14:34

Ankara a décidé de suspendra la coopération militaire et les relations diplomatiques avec Paris, après le vote par les députés français d'une loi criminalisant le négationnisme d'État.

Malgré les menaces et l'indignation de la Turquie, les députés français ont approuvé jeudi la proposition de loi sur la négation des génocides, dont celui des Arméniens en 1915. Le texte a été voté à main levée par une très large majorité de la cinquantaine de députés présents.

La proposition de loi prévoit un an d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende pour toute négation publique d'un génocide reconnu par la loi. La France en reconnait deux, celui des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale et celui des Arméniens, mais ne punit jusqu'à présent que la négation du premier.

Les députés UMP, Nouveau Centre, PS et PCF ont massivement voté pour. Ont voté contre les UMP Jacques Myard, Lionel Tardy, Michel Diefenbacher, Jean-Philippe Maurer et Jean Bardet. Absent lors du vote le président du MoDem François Bayrou a exprimé son opposition à ce texte «déraisonnable» et «dangereux». Christian Vanneste (UMP) n'a pas pris part au vote jugeant le texte «mal venu». Axel Poniatowski, le président UMP de la commission des affaires étrangères, s'est abstenu. L'ancien ministre UMP Hervé de Charette, hostile à cette proposition, avait quitté lui aussi la séance avant le vote. Également absent lors du vote, Jean Glavany est le seul député PS à s'être opposé à la proposition

UMP, qu'il considère comme «anticonstitutionnelle».

La Turquie rappelle son ambassadeur

Pour être adopté définitivement, le texte doit maintenant passer devant le Sénat. Le député centriste Jean-Christophe Lagarde a demandé au gouvernement de «l'inscrire rapidement à l'ordre du jour» de la seconde chambre du Parlement.

Les Arméniens affirment que les massacres et déportations dans l'Empire ottoman entre 1915 et 1917 ont fait plus de 1,5 million de morts. La Turquie reconnaît quant à elle que jusqu'à 500.000 Arméniens sont décédés pendant des combats et leur déportation forcée vers l'Irak, la Syrie et le Liban, alors provinces ottomanes, mais elle nie toute volonté d'extermination.

Le ministre arménien des Affaires étrangères, Édouard Nalbandian, a immédiatement exprimé «la gratitude» de son pays après le vote de cette proposition de loi. À l'inverse, la Turquie a réagi en annonçant qu'elle rappelait son ambassadeur à Paris, Tahsin Burcuoglu, et qu'elle allait geler sa coopération politique et militaire avec la France. Pour le premier ministre turc Erdogan, ce vote «va ouvrir des plaies irréparables et très graves dans les relations bilatérales». Erdogan a précisé que d'autres mesures de représailles n'étaient pas exclues.

Dès le petit matin et pendant toute la durée des débats, plusieurs milliers de personnes ont manifesté à proximité de l'Assemblée, à l'appel du Comité de coordination des associations franco-turques de France. Ces manifestations faisaient écho à la fureur des autorités turques qui, depuis la semaine dernière, ont multiplié les menaces de représailles, diplomatiques et économiques.

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Débat sur le génocide vendéen AFP Publié le 22/12/2011 à 14:05 lefigaro.fr

Le porte-parole du Mouvement pour la France (MPF) de Philippe de Villiers, Dominique Souchet, a souhaité aujourd'hui lors du débat à l'Assemblée sur la proposition de loi UMP sur la négation des génocides, que le texte reconnaisse aussi le "génocide vendéen de 1793-1794".

Affirmant que "la Vendée doit une bonne part de son identité à la volonté exterminatrice dont elle a été l'objet" et évoquant les "conséquences profondes et durables qu'entraîne, par delà le temps du génocide, la persistance de son déni", Dominique Souchet, député de Vendée, a estimé que "la reconnaissance officielle de ce génocide originel, ordonné par la Convention, reste encore à finaliser".

L'amendement de Jacques Remiler retiré

Dominique Souchet défendait un amendement du député UMP de l'Isère Jacques Remiller qui proposait d'inscrire que "la République française reconnaît le génocide vendéen de 1793-1794". Mais à la demande du ministre des Relations avec le Parlement, Patrick Ollier, qui lui reprochait d'être hors du sujet de la proposition de loi, Jacques Remiller a finalement retiré son amendement.

Dominique Souchet a par ailleurs défendu l'ensemble de la proposition de loi. "Nous nous trouvons dans une situation tout à fait singulière. Nous faisons face à un négationnisme d'Etat, jusqu'ici inébranlable. Un négationnisme qui n'est nullement platonique, mais qui inspire directement la politique actuelle de la Turquie", a-t-il déclaré.

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«Injures» à Zidane : Alévêque «ne renie rien» Par Gabriel Petitpont Publié le 02/02/2012 à 20:51 Figaro.fr

L'humoriste, poursuivi pour injure par l'ex-footballeur, a comparu jeudi devant le tribunal correctionnel de Paris. Loin d'être impressionné, il persiste et signe.

Tout a commencé début janvier 2011, lorsque le magazine sportif spécialisé SportMag a publié une interview controversée de Christophe Alévêque.
L'humoriste y déclarait à propos de l'ancien footballeur Zinedine Zidane: «Ce mec est un panneau publicitaire qui a trois neurones (…) et qui maintenant profite de son image à outrance (…) Ambassadeur de Danone, qu'il crève dans le yaourt!».

Se moquant du statut d'icône marchande acquise, selon lui, par l'ancien meneur de jeu de l'équipe de France, il avait ensuite déclaré sur France 2, «c'est une forme de prostitution. Ce mec est une pute». Il ajoutait que le footballeur était «lisse» et «con comme une bite».

Blessé, Zinédine Zidane a cité l'artiste en justice pour injure et lui réclame 75.000 euros de dommages et intérêts pour des propos brocardant son supposé manque d'intelligence et sa présumée cupidité.

Jeudi, Christophe Alévêque comparaissait donc, avec le journaliste ayant retranscrit ses propos et le directeur de la publication du magazine, devant la 17ème chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Paris.

«Je ne renie rien de ce que j'ai dit»

Dans la salle, pleine de monde, l'humoriste donne le ton: «Si je devais avoir des procès pour toutes les personnes que j'attaque en spectacle, je pense que je camperais ici», ironise le comique, regrettant que «le chemin de la caricature se restreigne de plus en plus».

A un moment, la présidente Anne-Marie Sauteraud s'étonne qu'il ait employé une expression telle que «con comme une bite». Mais, répond-il, «dans mes spectacles, j'emploie ça régulièrement», et puis surtout, là, «je pouvais pas dire con comme ses pieds…», lance-t-il, sûr de son effet sur une assemblée parcourue par un gloussement.

Et il persiste et signe: «Je ne renie rien de ce que j'ai dit», a-t-il lancé au tribunal, maintenant ses accusations de mercantilisme à l'égard de Zinedine Zidane, assurant qu'il ne faisait que jouer son «rôle de bouffon» et ne pouvait à ce titre être condamné pour injure.
«C'est cette liberté qu'a toujours eu le bouffon qui était le seul qui pouvait s'attaquer au roi». Pour lui, «l'humour ne va jamais trop loin».

«L'humour, ce n'est pas la vulgarité»

Pour l'avocat de la partie civile, au contraire, «l'insulte ne peut pas être tolérée au nom de la liberté d'expression». Selon lui, «c'est l'honneur et la dignité» de son client qui sont en cause.
Une position soutenue par la procureur: «Je ne crois pas que la vulgarité élève le débat» a-t-elle déclaré. «Doit-on mettre un signe «égal» entre humour et vulgarité»?
Réponse le 22 mars, date à laquelle le jugement a été mis en délibéré.

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Homosexuels déportés: que disent les historiens ? Par Solène Cordier Publié le 15 février 2012 à 18h28 Mis à jour le 15 février 2012 à 21h25 europe1.fr

Europe1.fr fait le point sur la réalité historique des propos polémiques de Christian Vanneste.

Dans une vidéo mise en ligne sur le site LibertePolitique.com, le député Christian Vanneste évoque "la fameuse légende de la déportation des homosexuels" lors d'une diatribe contre le lobby homosexuel en France.
Révélés par Le Lab d'Europe 1, ces propos ont suscité de vives réactions dans son propre camp et des menaces d'exclusion planent désormais sur le député du Nord.

Cet habitué des dérapages homophobes a reçu le soutien inattendu de Serge Klarsfeld, défenseur reconnu de la cause des déportés, qui a assuré à son tour qu'il n'y a pas eu de déportation d'homosexuels en France pendant la Seconde Guerre mondiale.

Europe1.fr fait le point avec Régis Schlagdenhauffen, auteur en 2011 de Triangle rose. La persécution nazie des homosexuels et sa mémoire, Paris, Collection Sexes en tous genre, Editions Autrement.

Les propos de Christian Vanneste:

"Il y a aussi des légendes qui sont répandues, par exemple la fameuse légende de la déportation des homosexuels. Il faut être très clair là aussi. Manifestement Himmler avait un compte personnel à régler avec les homosexuels. En Allemagne il y a eu une répression des homosexuels et la déportation qui a conduit à peu près à 30.000 déportés et il n'y en a pas eu ailleurs, et notamment en-dehors des trois départements annexés, il n'y a pas eu de déportation d'homosexuels en France. On peut même rappeler si on veut être méchant que quand les intellectuels français vont présenter leurs hommages à Monsieur Goebbels, il y en a quand même la moitié qui sont homosexuels, et notamment avec à leur tête Monsieur Anel Bonnard dont tout le monde savait qu'il était homosexuel (…) il faut relativiser tout ça, ils ont un art consommé de déformer la réalité."

Des homosexuels français ont-t-ils été déportés ?

Oui mais "la question est complexe", prévient d'emblée Régis Schlagdenhauffen. La France n'a jamais clairement condamné l'homosexualité. Même si des arrestations d'homosexuels ont eu lieu, le motif invoqué pour les justifier n'est quasiment jamais celui-ci. On ne peut dès lors pas parler de persécution systématique des homosexuels.

Les chercheurs ont retrouvé, en croisant les archives, moins de dix cas de personnes arrêtées pour homosexualité qui ont ensuite été déportées.

"Dans les grilles remplies par l'administration, on pouvait indiquer 'juif' ou 'résistant' mais la mention 'homosexuel' n'existait pas", explique Régis Schlagdenhauffen. Les homosexuels qui étaient arrêtés étaient donc déportés pour d'autres motifs.

Le chercheur Mickaël Bertrand recense pour sa part 62 Français déportés pour homosexualité (22 arrêtés en Alsace-Moselle, 32 au sein du Reich où ils se trouvaient dans le cadre du Service du travail obligatoire, un dans un lieu indéterminé et sept en zone occupée).

Qu'en était-il justement en Alsace-Moselle?

Dans cette région annexée, les lois allemandes s'exerçaient et elles réprimaient clairement l'homosexualité. En Alsace-Moselle, "environ 200 hommes ont ainsi été arrêtés, emprisonnés et/ou déportés" au motif de leur homosexualité, indique le chercheur Régis Schlagdenhauffen.
C'est bien la mention "homosexuel" qui figure sur les listes de déportés les concernant.

Existe-t-il un consensus à ce sujet?

Pas vraiment. C'est la Fondation pour la Mémoire de la Déportation qui a travaillé sur la déportation, depuis la France, d'un certain nombre d'homosexuels dont elle a pu retracer le parcours. Ces recherches ont été menées par une équipe basée à Caen. Pendant longtemps, peu de chercheurs se sont penchés sur cette question.

Les historiens reconnaissent pour la plupart la déportation d'homosexuels, comme d'autres minorités, mais sans évoquer de persécution systématique.

Au-delà de la communauté historienne, les propos de Christian Vanneste et les réactions qu'ils ont suscités rappellent combien cette question est sensible sur le plan politique.
Jacques Chirac avait été en 2005 le premier Président à reconnaître publiquement la déportation des homosexuels de France pendant l'Occupation.
"En Allemagne, mais aussi sur notre territoire, celles et ceux que leur vie personnelle distinguait, je pense aux homosexuels, étaient poursuivis, arrêtés et déportés", avait déclaré le chef de l'Etat lors des célébrations de la Journée nationale de la Déportation.
Lionel Jospin avait également évoqué la question dès 2001.

Existe-il des cas d'homosexuels revenus des camps et qui ont témoigné de leur persécution ?

Oui, le plus célèbre était Pierre Seel, décédé en 2005. D'origine alsacienne, il a été déporté dans le camp de redressement de Schirmeck. Il a écrit en 1994 un ouvrage sur son histoire, Moi, Pierre Seel, déporté homosexuel.

Rudolf Brazda, natif de Brossen en Saxe (aujourd'hui l'Allemagne), est un autre "triangle rose", comme on appelait les personnes déportées en raison de leur orientation sexuelle. Installé en France à partir de 1945, il a lui aussi beaucoup lutté pour faire reconnaître le motif de son arrestation. Il est mort en 2011.

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Publié le 16 février 2012 à 16h12 Mis à jour le 16 février 2012 à 17h07 francesoir.fr Affaire Vanneste : Zemmour et Klarsfeld lui donnent raison

Après ses déclarations sur la « la fameuse légende de la déportation des homosexuels », le député UMP du Nord Christian Vanneste (Droite Populaire) a reçu le soutien de Serge Klarsfeld mercredi 15 février et celui de... Eric Zemmour sur RTL, jeudi 16 février au matin. Le député du Nord va être néanmoins exclu du parti présidentiel et perdre son investiture aux législatives pour avoir « nié » la déportation d'homosexuels français durant la Seconde Guerre mondiale.

Eric Zemmour (vidéo 1) s'est porté au secours de Christian Vanneste jeudi – et a critiqué l'alliance « des ignorants » et « des lâches » qui « crient au révisionnisme historique alors que ce sont eux qui falsifient l'histoire » – « Jamais les homosexuels Français n'ont été déportés en camp de concentration pour leur orientation sexuelle. En Allemagne, si. En France, non. »

Eric Zemmour, jure que seuls des Alsaciens ont témoigné de déportations en ce sens. Or, à l'époque, l'Alsace-Moselle était intégrée au Reich, pas à la France. Dans sa chronique sur RTL, le journaliste du Figaro rappelle que si l'existence du « triangle rose » n'est pas à remettre en cause – celui-ci désignait les homosexuels dans les camps – il assure qu'aucun Français ne l'a porté durant la Seconde guerre mondiale. En France, ce fut « même le contraire »...

Le ministre gay de Pétain

« A Vichy, le discours officiel était moralisateur », mais « la réalité était toute autre ». Et là de citer Patrick Buisson et son ouvrage sur Histoire de l'érotisme sous l'Occupation. « La vie sexuelle était alors très débridée. Jean-Paul Sartre dira plus tard qu'on n'a jamais été aussi libre que sous l'Occupation. La soldatesque allemande avait fait de Paris son repos préféré du guerrier, pour les femmes comme pour les hommes.(...) Dans les hautes sphères du pouvoir les homosexuels n'étaient nullement ostracisés.

A Vichy, le ministre de l'Education nationale de Pétain Abel Bonnard était surnommé « Gestapette ». Au sein des intellectuels et des artistesles homosexuels n'étaient pas les derniers à être fascinés par l'image de statue grecque qu'offrait la propagande nazie des soldats allemands. » Le polémiste déclare que rappeler ces faits n'est pas faire œuvre de haine mais « simplement un rappel historique ». Pour Eric Zemmour la décision de l'UMP en fait un parti aux pratiques staliniennes.

Un soutien moral de poids : le chasseur de nazis Klarsfeld

Mercredi c'est autre un soutien qui s'est porté au secours du député du Nord. Serge Klarsfeld, président de l'association des fils et filles de déportés juifs de France, avait réagi en assurant qu'il n'y avait pas eu, à sa connaissance, « d'homosexuel déporté de France » vers l'Allemagne pendant l'Occupation.
Le président de la FFDJF a assuré qu'il ne connaissait pas Christian Vanneste. « Parmi les déportés, il y avait des homosexuels mais ils ont été déportés comme Juifs, résistants ou droits communs », a ajouté Serge Klarsfeld. Il a précisé que des homosexuels avaient été emprisonnés par Vichy en raison des lois édictées par l'Etat Français contre les homosexuels.

Christian Vanneste ne s'excusera pas

Christian Vanneste ne veut pas s'excuser comme il l'a expliqué auprès de Grand Lille TV (vidéo 2). Il estime seulement avoir été mal compris. Pour entendre ses propos et comprendre ce qu'il a déclaré dans son intégralité sur libertepolitique.com vous pouvez retrouver la vidéo ci-dessous (vidéo 3). Critique de l'homosexualité et de son narcissisme, de la forte présence de cette sexualité dans les médias, au cœur du pouvoir même...

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Désaveu quasi général après les propos de Vanneste Publié le 15.02.2012, 12h16 | Mise à jour : 14h57 leparisien.fr

Christian Vanneste a déclenché une nouvelle polémique ce mercredi matin, en affirmant, dans une vidéo mise en ligne par libertepolitique.com que la déportation des homosexuels en France pendant la seconde guerre mondiale était une «légende». Cette fois, à l'approche de l'élection présidentielle, le député du Nord est lâché jusque dans les rangs de son parti, puisqu'il a déjà perdu son investitude UMP aux prochaines législatives. Mercredi prochain, il devrait être exclu du parti présidentiel.

En milieu de journée ce journée ce mercredi, il maintenait ses propos alors qu'ici ou là, quelques voix s'élevaient pour briser la désapprobation générale. Tour d'horizon des condamnations politiques, de la gauche à l'extrême-droite.

A l'UMP

Le bureau politique de l'UMP. «Le bureau politique, à l'unanimité, a condamné avec la plus grande force ces propos inacceptables, profondément choquants et intolérables. Nous avons pris la décision d'inscrire à l'ordre du jour de notre prochain bureau politique, mercredi prochain, l'exclusion de Christian Vanneste de l'UMP», a déclaré lors de son point presse hebdomadaire Jean-François Copé, annonçant également «la suspension immédiate de son investiture pour les législatives».

Emmanuel Blanc, président de Gaylib, cercle de réflexion gay au sein de l'UMP. «M. Vanneste parle des homosexuels comme on parlait des Juifs dans les années trente, c'est trop, nous voulons que M. Vanneste soit exclu de l'UMP, qu'on lui enlève son investiture aux législatives et que l'UMP présente un candidat contre lui». Emmanuel Blanc ajoute : «Jean-François Copé a réagi très rapidement en annonçant que l'exclusion de M. Vanneste sera à l'ordre du jour du bureau politique du parti de mercredi, Jean-François Copé ne me déçoit pas».

Thierry Mariani, ministre et cofondateur de la Droite populaire à laquelle appartient Christian Vanneste, par tweet. «J'ai mené avec Christian Vanneste bien des combats et nos points de vue se rejoignent sur bien des sujets (...). Pour autant, je ne peux me résoudre à le laisser continuer à s'engager sur le terrain de la provocation et sur celui du négationnisme». «Je veux donc condamner le plus fermement ses récents propos».

Benoist Apparu, secrétaire d'Etat UMP au Logement, sur Twitter. «Il faut le virer de l'UMP».

Le député UMP Franck Riester, qui a rendu publique son homosexualité en décembre, demande des «sanctions fortes à l'encontre de Christian Vanneste», qui tient des propos «inadmissibles et indignes».

Salima Saa, secrétaire nationale : «Ses propos sont non seulement inexacts puisque l'Histoire prouve que la déportation des homosexuels n'est pas "une légende". Ils sont surtout scandaleusement stigmatisants. Enfin, lorsque Christian Vanneste dit : "qu'est-ce que c'est qu'un homosexuel ? [...] C'est, je refuse l'autre", on atteint des sommets de bêtise.»

Ceux qui le soutiennent

Lionel Luca, député membre du Collectif parlementaire de la Droite populaire, sur le site Nouvelles de France, a défendu le député du Nord. «Le collectif parlementaire de la Droite populaire ne s’associe pas aux propos de Christian Vanneste. Ce n’est pas la peine de s’embarquer sur des terrains ou l’histoire est instrumentalisée ! Cependant, j’estime qu’on doit avoir le droit de s’exprimer», explique-t-il. A propos d'une éventuelle exclusion de Christian Vanneste, il répond: «J’espère que notre mouvement ne va pas tomber dans le panneau que lui tend Gaylib. Ce lobby opère une véritable chasse aux sorcières au sein de l’UMP (...) Il ne faut que l’on cède à aucun terrorisme intellectuel. On peut toutefois espérer que Serge Klarsfeld, qui a donné raison à Christian Vanneste, fera réfléchir les ignorants. C’est d’ailleurs l’ignorance qui est mère de tous les terrorismes intellectuels».

Egalement interrogé par Nouvelles de France, Serge Klarsfeld, écrivain, historien et «chasseur de nazis», a livré sa version de cette période (qui diffère de celle d'autres historiens comme Mickael Bertrand, qui estime que 62 Français ont été déportés pour homosexualité, sept en zone occupée, une dans une zone indéterminée et le reste en Allemagne en Alsace-Moselle).
Selon Klarsfeld, «de France, il n’y a pas eu de déportation d’homosexuels. (...) Les personnes homosexuelles qui ont pu être arrêtées en France ne l’ont pas été en raison de leur homosexualité. Il y a certainement eu des homosexuels déportés, mais pour d’autres raisons. (...) Demander son exclusion de l’UMP pour ce motif me paraît tout à fait ridicule car ce qu’il a dit n’est pas inexact ! C’est la vérité qui m’intéresse et je dirai cela à tous les médias, qu’ils soient de gauche ou de droite.»

Au PS

Martine Aubry, première secrétaire du PS. «Je condamne avec la plus grande sévérité les propos de M. Vanneste niant la déportation des homosexuels pendant la Seconde guerre mondiale. Ce sont une fois de plus des affirmations abjectes, marquées par une homophobie insupportable, qui excluent définitivement M. Vanneste du cercle des élus républicains».

Delphine Batho, porte-parole de François Hollande, candidat PS à l'Elysée, a jugé que les propos du député UMP du Nord étaient «non seulement homophobes mais aussi négationnistes». «En matière d'homophobie, M. Vanneste est un récidiviste. L'UMP doit immédiatement exclure ce député si elle ne veut pas être implicitement complice de propos aussi odieux. Nous attendons également du candidat de l'UMP qu'il condamne très clairement ce qui n'est hélas pas un dérapage, mais une idéologie nauséabonde».

Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole de François Hollande. «Très au-delà de l'homophobie, Vanneste est un négationniste. Il déshonore bien plus que l'UMP qui a perdu son âme et ses valeurs, il déshonore l'Assemblée nationale, la République, la France: c'est une honte qui rejaillit sur tous ceux qui se taisent, et baissent les yeux. Nier les faits historiques de déportation des homosexuels n'est pas une opinion, c'est un délit.»

Christophe Girard (PS), maire adjoint chargé de la culture à Paris, sur son blog : «J'en appelle à Laurence Ferrari qui interrogera ce soir (mercredi) le président-candidat, afin qu’il prenne position sur les déclarations outrancières de Christian Vanneste», écrit l'élu parisien. Selon lui, «c'est une chose de ne pas accéder aux droits des homosexuels (mariage, adoption, etc.). C'en est une autre de juger, discriminer et insulter toute une population». «Les dérapages écoeurants du député UMP doivent être sanctionnés. Sans doute par la loi mais aussi et surtout par son propre camp, et Nicolas Sarkozy au premier chef».

A EELV

Eva Joly, candidate à la présidentielle : «Nier l'existence et la souffrance de ces milliers d'êtres déportés pour leur orientation sexuelle renvoie à la même abjection que leurs bourreaux». «L'UMP, qui a trop tardé à sanctionner Christian Vanneste, ne doit pas seulement aujourd'hui l'exclure, mais elle doit aussi contribuer à le faire battre, car de tels propos ne sont pas admissibles sur les bancs de la représentation nationale».

Au MoDem

Yann Wehrling, porte-parole : «Les propos révisionnistes de Christian Vanneste sont grotesques et franchissent une nouvelle étape dans la surenchère extrémiste. Mais la responsabilité de ce climat délétère est à rechercher dans les propos du président de la République lui-même, dans son interview du Figaro magazine.
Sa mise à l'index des homosexuels libère les paroles et ceci a de quoi inquiéter tous les démocrates et humanistes de ce pays qui, plus que jamais, auront des choix très clairs à faire dans les jours et semaines qui viennent.»

Au Front national

Louis Aliot, vice-président du Front national sur France 2. «Il faut que M. Vanneste relise ses livres d'histoire. Pour le coup, c'est une vraie bêtise». «Je m'interroge vraiment sur la manière dont il a pu dire cela et à quel moment», a-t-il ajouté. LeParisien.fr

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Occupation: Le Pen condamné en appel lefigaro.fr AFP Mis à jour le 16/02/2012 à 15:07 | publié le 16/02/2012 à 13:57

La cour d'appel de Paris a condamné aujourd'hui à trois mois de prison avec sursis et 10.000 euros d'amende l'ancien président du FN, Jean-Marie Le Pen, qui était rejugé après une cassation pour avoir déclaré que l'Occupation allemande n'avait pas été "particulièrement inhumaine".

Cette peine pour "contestation de crimes contre l'humanité" est une confirmation de celle qui avait été prononcée par le tribunal correctionnel de Paris le 8 février 2008. A l'audience du 1er décembre 2011, le ministère public avait requis une telle confirmation.

Le fondateur et président d'honneur du Front national et son avocat étaient absents à l'énoncé du délibéré. Le 8 février 2008, le tribunal correctionnel de Paris avait reconnu Jean-Marie Le Pen coupable d'"apologie de crimes de guerre" et de "contestation de crime contre l'humanité", à la suite de propos publiés en janvier 2005 dans l'hebdomadaire d'extrême droite Rivarol.

Nouveau pourvoi en cassation

L'ancien président du Front national avait notamment déclaré : "En France du moins, l'Occupation allemande n'a pas été particulièrement inhumaine, même s'il y eut des bavures, inévitables dans un pays de 550.000 kilomètres carrés". Il avait également présenté une version jugée choquante du massacre d'Ascq (Nord), perpétré dans la nuit du 1er au 2 avril 1944, et durant lequel 86 Français avaient été fusillés en représailles au déraillement d'un train allemand.

Le 21 janvier 2009, la cour d'appel de Paris avait confirmé la condamnation de Jean-Marie Le Pen pour "contestation de crime contre l'humanité". Elle l'avait toutefois relaxé "d'apologie de crime de guerre", sur le dossier Villeneuve d'Ascq et avait jugé certaines parties civiles irrecevables à agir. En revanche, elle avait confirmé intégralement la peine d'amende et de prison avec sursis. Jean-Marie Le Pen et les associations déboutées s'étaient pourvues en cassation.

Le 27 avril 2011, la Cour de cassation a confirmé la relaxe de Jean-Marie Le Pen pour les faits d'apologie de crime de guerre. Celle-ci est donc devenue définitive. En revanche, elle a annulé tout le reste, dont ses peines d'amende et de prison. Le tout a donc été rejugé le 1er décembre 2011 par la cour d'appel de Paris, tant sur les dispositions pénales que civiles.

Jean-Marie Le Pen a fait savoir qu'il allait de nouveau se pourvoir en cassation. "Je fais un recours un cassation contre cette décision, dont je ne m'étonne pas qu'elle arrive en période électorale. Les choses sont bien faites par le système", a déclaré l'ancien président du FN. "Ces bons magistrats ont quand même le sens de l'opportunité, sinon de l'opportunisme", a-t-il ajouté.

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Le Conseil constitutionnel au secours de la liberté d'expression Par Ivan Rioufol le 29 février 2012 12h11 lefigaro.fr

Ce blog, consacré à la défense de la liberté d'expression, salue la décision du Conseil constitutionnel de censurer, mardi, la loi pénalisant la négation du génocide arménien au nom de cette même liberté d'expression.

Les Sages ont jugé "qu'en réprimant la contestation de l'existence et de la qualification juridique de crimes qu'il aurait lui-même reconnus et qualifiés comme tels, le législateur a porté une atteinte inconstitutionnelle à l'exercice de la liberté d'expression et de communication".
Le Conseil s'est appuyé sur l'article XI de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 qui stipule que "la liberté de communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'homme".

Je comprends la déception des Arméniens, victimes d'un génocide turc en 1915. Mais j'ai toujours pensé qu'il ne revenait ni aux parlementaires ni aux juges d'écrire l'histoire et de sanctionner ses contestations. C'est pour cette raison que je me suis toujours opposé également à la loi Gayssot qui réprime la négation de la Shoah.
Le Conseil constitutionnel semble vouloir mettre un terme à cette pratique et c'est heureux.

La France souffre de ne plus pouvoir parler librement.

Il est anormal qu'au pays de Voltaire des opinions jugées politiquement incorrectes puissent être parfois punissables pénalement au même titre que des actes.
Les Sages, en rappelant la Déclaration des droits de l'homme de 1789, invitent à s'interroger sur la légitimité des poursuites qui ont pu être engagées ces dernières années contre ceux qui ont pu tenir ou écrire des propos jugés répréhensibles par le nouvel arsenal des lois liberticides (lois Pleven, Gayssot, Taubira, Lellouche, etc).

Il est d'ailleurs consternant d'observer la constante passivité des médias devant la multiplication des entraves législatives à leur libre expression. Le Conseil ira-t-il, s'il en est un jour saisi, jusqu'à annuler ces textes qui violent l'"un des droits les plus précieux de l'homme"?
La position des Sages reste à préciser, notamment sur la loi Gayssot qui s'appuie sur le jugement du tribunal de Nuremberg. Mais cela faisait longtemps que la liberté n'avait pas été ainsi promue ...

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Génocide: Sarkozy "obstiné" (Bayrou) AFP Publié le 28/02/2012 à 18:40

Le candidat centriste à la présidentielle, François Bayrou, a estimé aujourd'hui que la relance par Nicolas Sarkozy de la procédure sur la loi punissant la constestation du génocide arménien, censurée mardi par le Conseil constitutionnel, traduisait "une obstination".

"La relance de cette procédure par Nicolas Sarkozy traduit aujourd'hui une obstination dont on comprend bien l'inspiration en période électorale mais qu'un chef d'Etat dans sa responsabilité ne devrait pas encourager", a déclaré le député et président du MoDem.

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Trois ados mortellement fauchées sur l'autoroute A7 .M. avec AFP | Publié le 17.03.2012, 07h28 | Mise à jour : 12h17

Dramatique accident cette nuit sur l'autoroute A7 à hauteur de Saint-Paul-Trois-Châteaux (Drôme), non loin de Montélimar, dans le sens nord-sud, en direction de Marseille.
Trois adolescentes - âgées de 13, 14 et 19 ans, selon France Bleu Drôme Ardèche, qui révèle l'information - qui marchaient sur la bande d'arrêt d'urgence de l'autoroute, ont été fauchées en pleine nuit et percutées par plusieurs véhicules peu avant minuit.

Sans identification formelle, une incertitude planait sur leur âge, mais il s'agirait de trois soeurs originaires de Marseille.

«On se demande comment elles ont pu entrer sur l'autoroute, car le point d'entrée le plus proche est à 17 kilomètres», a déclaré à l'AFP le procureur de la République de Valence, Antoine Paganelli, s'interrogeant sur les raisons et les circonstances de leur présence à pied sur l'autoroute. «Elles marchaient sur la voie d'arrêt d'urgence ou s'apprêtaient à traverser» quand une première voiture les a heurtées, n'ayant pu les voir en raison de la présence d'un poids lourd en dépassement et de l'obscurité, a précisé le procureur. «Elles ont ensuite été successivement heurtées par plusieurs véhicules», dont le poids lourd, a-t-il précisé.

Contactées par un patrouilleur de l'autoroute

Selon Europe 1 , elles avaient été contactées par un agent autoroutier quelques temps avant l'accident. Le patrouilleur avait été alerté par des automobilistes, lui signalant la présence de personnes aux abords des voies. L'agent autoroutier les avait fait passer de l'autre côté de la barrière de sécurité et un message de prudence avait été diffusé sur la fréquence d'Autoroute FM (107.7). Toujours selon la radio, les trois victimes seraient restées derrière la barrière de sécurité une vingtaine de minutes avant de décider de traverser l'autoroute et d'être percutées. Le patrouilleur de la société d'autoroute doit être entendu par les enquêteurs.

Les trois jeunes filles seraient vraisemblablement trois soeurs originaires de Marseille et issu de la communauté du voyage, a indiqué samedi une source proche de l'enquête, qui reste prudente dans l'attente de l'identification des corps par les proches. La famille a pu être contactée grâce à un téléphone portable retrouvé sur les lieux de l'accident, survenu dans la nuit de vendredi à samedi nuit, mais aucun papier d'identité n'a pu être retrouvé sur place, a précisé cette source à l'AFP. LeParisien.fr

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Zidane injurié ? Alévêque relaxé AFP Mis à jour le 22/03/2012 à 14:54 | publié le 22/03/2012 à 14:4 lefigaro.fr

Le tribunal correctionnel de Paris a relaxé aujourd'hui l'humoriste Christophe Alévêque poursuivi pour injure par Zinedine Zidane pour avoir déclaré que l'ancien footballeur était "un panneau publicitaire qui a trois neurones". Les motivations ne seront pas disponibles avant lundi.

Au coeur du procès, une interview de l'humoriste publiée en janvier 2011 au magazine SportMag. Christophe Alévêque y déclarait à propos de Zinedine Zidane: "Ce mec est un panneau publicitaire qui a trois neurones (...) et qui maintenant profite de son image à outrance". "C'est une forme de prostitution. Ce mec est une pute", poursuivait l'ancien chroniqueur de Laurent Ruquier sur France 2, en brocardant le statut d'icône marchande acquis, selon lui, par l'ancien meneur de jeu de l'équipe de France. Il ajoutait que le footballeur était "lisse" et "con comme une bite".

Le champion du monde 1998 avait cité l'artiste en justice pour injure. Il lui réclamait 75.000 euros de dommages et intérêts. "L'humour ne va jamais trop loin", s'était défendu Christophe Alévêque, 48 ans, lors de l'audience du 2 février devant la 17e chambre. "Je

Le tribunal correctionnel de Paris a relaxé aujourd'hui l'humoriste Christophe Alévêque poursuivi pour injure par Zinedine Zidane pour avoir déclaré que l'ancien footballeur était "un panneau publicitaire qui a trois neurones". Les motivations ne seront pas disponibles avant lundi.

Au coeur du procès, une interview de l'humoriste publiée en janvier 2011 au magazine SportMag. Christophe Alévêque y déclarait à propos de Zinedine Zidane: "Ce mec est un panneau publicitaire qui a trois neurones (...) et qui maintenant profite de son image à outrance". "C'est une forme de prostitution. Ce mec est une pute", poursuivait l'ancien chroniqueur de Laurent Ruquier sur France 2, en brocardant le statut d'icône marchande acquis, selon lui, par l'ancien meneur de jeu de l'équipe de France. Il ajoutait que le footballeur était "lisse" et "con comme une bite".

Le champion du monde 1998 avait cité l'artiste en justice pour injure. Il lui réclamait 75.000 euros de dommages et intérêts. "L'humour ne va jamais trop loin", s'était défendu Christophe Alévêque, 48 ans, lors de l'audience du 2 février devant la 17e chambre. "Je suis un bouffon, j'ai critiqué avec mes mots quelque chose que j'ai trouvé vulgaire", s'était-il défendu, avant de préciser : "Je n'ai absolument rien contre M. Zidane. Longue vie à lui ! Mais l'icône, le symbole (...) a dérapé".

"Je ne renie rien de ce que j'ai dit", avait-il dit. Le rôle des humoristes est de "grossi(r) le défaut de la bêtise humaine", avait-il poursuivi, amer, car avait-il expliqué, "il m'est arrivé de dire pire sur des gens qui sont président de la République, président du FMI ou pape et il n'y a pas eu de problème. (...) Personne n'est inattaquable dans notre pays."

Concernant Zidane, s'était-il souvenu, "ça m'a choqué qu'un footballeur qui a fait toute sa carrière avec le peuple, les smicards, les RMIstes" se fasse payer onze millions d'euros, "une somme extravagante pour soutenir la candidature du Qatar pour la Coupe du monde de foot". L'avocat de Zinedine Zidane, Me Carlo Brusa, avait de son côté mis en avant le fait que c'était la première fois que son client saisissait la justice. "Il y a "énormément d'émissions satiriques sur lui" mais, avait-il plaidé, "les limites n'ont jamais été franchies".

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http://www.huffingtonpost.fr/2012/05/26/zemmour-taubira-chronique-racisme_n_1547706.html Éric Zemmour accusé de racisme après une chronique sur Christiane Taubira - VIDÉO . Le HuffPost | Publication: 26/05/2012 17:11 Mis à jour: 28/05/2012 15:44

Christiane Taubira est plus que jamais au centre des attentions et surtout des critiques en ce moment. La ministre de la Justice a ainsi été la cible d'Eric Zemmour mercredi dans sa chronique sur RTL.

"En quelques jours, Taubira a choisi ses victimes, ses bourreaux. Les femmes, les jeunes des banlieues, sont dans le bon camp à protéger, les hommes blancs dans le mauvais", avait notamment dit Zemmour à l'antenne.

"Les femmes votent majoritairement à gauche depuis 1981, et dans les banlieues, Hollande a réalisé des scores de dictateur africain", avait également ajouté le polémiste. Il a aussi reproché à la garde des Sceaux de se montrer "douce et compatissante, compréhensive", comme "une maman pour ses enfants, ces pauvres enfants qui volent, trafiquent, torturent, menacent, rackettent, violentent, tuent aussi parfois".

Sauf que cette chronique n'a pas vraiment plu au Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap) et à SOS Racisme. Les deux associations ont ainsi dénoncé les propos "racistes" et "machistes" tenus par Zemmour à l'encontre de la ministre.

Dans un communiqué, le Mrap se dit "scandalisé par (cette) chronique haineuse, raciste et misogyne" et dénonce son "délire misogyne et raciste". L'association "en appelle (maintenant) au Conseil Supérieur de l'audiovisuel (CSA) pour que sa mission s'exerce contre une radio qui donne un tel espace à la haine raciste et misogyne".

Dans une tribune publiée par Le Monde, SOS Racisme juge qu'Eric Zemmour adopte un "positionnement digne de ce machisme grossier dont il ne se départ plus". Il "espère qu'un jour les complexes d'Eric Zemmour se résoudront sur un divan plutôt que par l'expression radiophonique d'une haine quotidienne obligeamment permise par la sollicitude de RTL à l'endroit de ce personnage".

"De mémoire, jamais l'éditorialiste vedette de RTL n'était allé aussi loin dans l'expression de sa pensée profonde, et de sa vision du monde", commente le chroniqueur politique Bruno Roger-Petit sur Le Plus, le site participatif du Nouvel Obs.

Pas la première polémique raciste

En février 2011, rappelons que le polémiste avait été condamné pour provocation à la discrimination raciale pour avoir notamment dit à la télévision "que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes". Eric Zemmour sera aussi jugé mardi au TGI de Paris pour diffamation envers Patrick Lozès, président du CRAN (Conseil Représentatif des Associations Noires de France).

Fin 2008, il avait publié dans l'hebdomadaire Vendredi, un article comportant les termes suivants: "Ainsi, Patrick Lozès a déclaré: 'Obama est notre président', ce qui prouve que la solidarité raciale, pardon espéciale est supérieure à ses yeux énamourés que la solidarité nationale. Imaginons un odieux président du CRAB (Conseil Représentatif des Associations Blanches) qui déclarerait: 'Poutine est notre président'".

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Charlie Hebdo caricature à nouveau Mahomet Par Matthieu Charrier et Anne-Julie Contenay avec agences http://www.europe1.fr/France/Charlie-Hebdo-caricature-a-nouveau-Mahomet-1243291/ Publié le 18 septembre 2012 à 20h25 Mis à jour le 18 septembre 2012 à 22h27

Jean-Marc Ayrault a dit sa "désapprobation". L'hebdomadaire invoque la liberté de la presse.

Charlie Hebdo alarme le gouvernement. L’hebdomadaire satirique publie mercredi, des caricatures du prophète Mahomet, alors qu’une flambée de violences secoue le monde musulman en raison d’un film anti-islam. Sur sa page Facebook, Charlie Hebdo assume : "Pour calmer le jeu après le film Innocence of muslims, Charlie annonce avant tout le monde la sortie d’Intouchables 2".

Sur la couverture du journal figure un musulman en fauteuil roulant, poussé par un juif orthodoxe. Les caricatures du prophète sont situées en quatrième de couverture, et représentent notamment "Mahomet avec un nœud papillon, qui s’apprête à lire la liste des nominés pour l’Oscar du meilleur film anti-musulman", explique à Europe 1 le directeur de Charlie Hebdo, Charb.

"Désapprobation" d’Ayrault

Les dessins ne sont pas du goût du gouvernement. Avant même leur publication, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a exprimé sa "désapprobation face à tout excès" dans "le contexte actuel". Un appel à manifester samedi prochain près de l’ambassade des États-Unis à Paris, et dans d’autres villes de France, circule en effet sur les réseaux sociaux.

Jean-Marc Ayrault "en appelle à l’esprit de responsabilité de chacun" et souligne que si la liberté d’expression "constitue l’un des principes fondamentaux de notre République", elle s’exerce "dans le cadre de la loi et sous le contrôle des tribunaux, dès lors qu’ils sont saisis".

Dalil Boubakeur monte au créneau

Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères, s’est de son côté dit "contre toute provocation", "surtout dans une période aussi sensible que celle-là". En visite au Caire, il a ajouté : "il y a des lois en France, qui ne sont pas les mêmes que les lois ailleurs, qui permettent un certain nombre de choses et qui excluent un certain nombre de choses".

Quant au recteur de la Grande Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, il a lancé un "appel au calme" mardi soir et appelé "à ne pas verser de l'huile sur le feu". Il affirme aussi avoir appris "avec beaucoup d'étonnement, de tristesse et d'inquiétude une publication qui risque d'exacerber l'indignation générale du monde musulman". Et le Conseil français du culte musulman (CFCM) s'est dit "consterné" par la publication de "dessins insultants" pour Mahomet.

Liberté de la presse

L’hebdomadaire, dont les locaux ont été détruits en novembre dernier après s’être rebaptisé Charia Hebdo pour un numéro, s’est défendu mardi en invoquant la liberté de la presse. "Si on commence à dire ‘on ne peut pas dessiner Mahomet’, ensuite il ne faudra pas dessiner des musulmans tout court", a expliqué Charb au micro d’Europe 1. En 2006, l'hebdomadaire avait déjà publié des caricatures de Mahomet.

"Ensuite il ne faudra pas dessiner quoi ? Des cochons, des chiens ? Ensuite il ne faudra pas dessiner des êtres humains ?", a poursuivi le patron du journal satirique, pour qui "si on commence à céder sur un détail, c’en est fini de la liberté de la presse".

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Le Crif désapprouve les caricatures de Mahomet dans Charlie Hebdo Créé le 19-09-2012 à 08h35 - http://www.challenges.fr/media/20120919.AFP9278/le-crif-desapprouve-les-caricatures-de-mahomet-dans-charlie-hebdo.html

Le président du Crif Richard Prasquier "désapprouve" les caricatures de Mahomet dans Charlie Hebdo qui, dans le contexte de tension actuel, relèvent d'"une forme de panache irresponsable", écrit-il dans une tribune transmise mercredi matin à l'AFP.

Evoquant les personnes tuées dans les manifestations contre le film islamophobe "Innocence of Muslims", le président du Conseil représentatif des institutions juives de France écrit: "C'est en considération de ces morts que nous désapprouvons l'initiative prise par Charlie Hebdo".

"Publier ces jours-ci, au nom de la liberté, des caricatures sur Mahomet est une forme de panache irresponsable", juge Richard Prasquier. Selon lui, "la critique religieuse doit elle-même accepter d'être critiquable: non sur son principe mais sur son opportunité".

Dans ce texte qui sera publié en intégralité mercredi après-midi dans la newsletter du Crif, Richard Prasquier s'en prend avec vigueur aux participants à la manifestation illégale tenue le 15 septembre à proximité de l'ambassade des Etats-Unis à Paris, "les excités de l'ambassade": "Ils haïssent le Juif comme ils respirent (...). De bons experts tentent de nous rassurer sous prétexte que ces appels à la haine sont minoritaires".

"Minoritaires peut-être, mais fréquents à coup sûr, et de plus en plus +tendance+. Il est inutile de souligner leur potentiel meurtrier", selon Richard Prasquier.

Le président du Crif revient également sur un slogan entendu lors de la manifestation, "Khaybar ya yahoud", une référence à une bataille remportée par Mahomet contre les juifs de l'oasis de Khaybar. "C'est un +must+ de toute manifestation anti-israélienne", dit-il.

"Ce n'est pas en les provoquant, mais ce n'est certes pas en les passant sous silence que nous ferons disparaître ces appels à la haine, ce n'est pas en essayant pathétiquement de croire qu'ils s'effaceront d'eux-mêmes après un hypothétique accord israélo-palestinien, qui sera forcément de compromis", selon Richard Prasquier.

"C'est en luttant sans faiblesse contre la sidérante fabrique de haine anti-occidentale et antisémite qui se développe impunément devant nous que nous serons fidèles à nos valeurs, qui sont effectivement des valeurs d'ouverture, de compréhension et de tolérance. Pas des valeurs de complaisance", conclut Richard Prasquier.

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"Charlie Hebdo" : le CFCM "consterné" par les caricatures de Mahomet Le Point.fr - Publié le 18/09/2012 à 20:31 Le président du Conseil français du culte musulman évoque des "dessins insultants à l'égard du prophète de l'islam".

Le président du Conseil français du culte musulman, Mohammed Moussaoui, a appris avec "une profonde consternation" la publication mercredi par l'hebdomadaire Charlie Hebdo "de dessins insultants à l'égard du prophète de l'islam".
Dans un communiqué, le CFCM condamne "avec la plus grande vigueur ce nouvel acte islamophobe" et "lance un appel pressant aux musulmans de France à ne pas céder à la provocation".

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«On n’est pas couché» : Véronique Genest «agressée et déstabilisée» 10.03.2013, 07h23 http://www.leparisien.fr/tv/on-n-est-pas-couche-veronique-genest-agressee-et-destabilisee-10-03-2013-2630277.php

Quelques heures avant la diffusion d’« On n’est pas couché » hier soir sur France 2, Véronique Genest s’est expliquée sur Twitter sur son échange musclé avec Aymeric Caron, qui a cuisiné l’actrice sur son engagement en politique, un événement qui a fait le buzz sur le Net. « Il ne m’a pas insultée.

[…] Par lui, je me suis juste sentie agressée et très déstabilisée. J’avais l’impression d’être injustement accusée. […] Le summum fut atteint quand A. Caron a commencé à s’en prendre à mon mari. J’avais la voix sèche, ma vue se brouillait, mes oreilles bourdonnaient. Ce fut le trou noir. »

Véronique Genest s’est sentie « trahie » : « La chaîne a attendu que je sorte de l’émission pour annoncer ma disqualification dans On ne demande qu’à en rire. Si on me l’avait dit quand je suis arrivée, je serais repartie. »

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Affichette «Casse-toi pov'con» : la Cour européenne épingle la France http://www.leparisien.fr/faits-divers/affichette-casse-toi-pov-con-la-cour-europeenne-sanctionne-la-france-14-03-2013-2640317.php Publié le 14.03.2013, 10h35 | Mise à jour : 11h12

Hervé Eon avait été condamné par la France en première instance, puis en appel, à 30 euros d'amende avec sursis, pour «offense» à Nicolas Sarkozy, alors président de la République. Mais il a obtenu gain de cause devant la cour européenne des droits de l'Homme, qui a estimé que la France avait bafoué la liberté d'expression en le condamnant.

Cinq ans après les faits, la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) épingle ce jeudi la France dans l'affaire de l'affichette «Casse-toi pov'con», pour avoir violé la liberté d'expression. En 2008, un homme avait brandi une affichette «Casse-toi pov'con» en marge d'un déplacement présidentiel. Hervé Eon, militant de gauche, avait ainsi détourné l'invective lancée quelques mois plus tôt par Nicolas Sarkozy lui-même à un visiteur du Salon de l'agriculture qui refusait de lui serrer la main. Cette affichette lui avait valu d'être condamné symboliquement à trente euros avec sursis, pour offense à Nicolas Sarkozy.

La CEDH juge «disproportionné» le recours à une sanction pénale, qui risque selon elle d'avoir «un effet dissuasif sur des interventions satiriques qui peuvent contribuer au débat sur des question d'intérêt général».

Après avoir à nouveau été condamné en appel, Hervé Eon avait amené l'affaire devant la CEDH, qui a finalement tranché en sa faveur. Une victoire pour l'avocate de ce dernier, Me Dominique Noguères, qui y voyait elle aussi une question de principe. «Même si la condamnation a été très légère, il est ahurissant que ce monsieur ait été arrêté et poursuivi en justice pour offense au chef de l'Etat. Le nom du président de la République n'était même pas cité »sur la pancarte litigieuse, rappelle l'avocate.

Les juges de Strasbourg avaient déjà poussé la France à abroger en 2004 un délit similaire, celui «d'offense à chef de l'Etat étranger». Dans un arrêt de 2002 concernant le quotidien Le Monde, ils avaient en effet estimé qu'il revenait «à conférer aux chefs d'Etats étrangers un privilège exorbitant», car leur seul statut leur permettait de se soustraire à la critique. Un argument repris par les détracteurs du délit d'offense au chef de l'Etat, qui y voient une survivance du crime de lèse-majesté et ont tenté à plusieurs reprises de l'abroger, au Sénat et à l'Assemblée nationale.

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Le parquet ouvre une enquête pour « provocation à la haine raciale » contre Philippe Tesson Le Monde.fr | 19.01.2015 à 11h20 • Mis à jour le 19.01.2015 à 16h13 http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2015/01/19/le-parquet-ouvre-une-enquete-pour-provocation-a-la-haine-raciale-contre-philippe-tesson_4558874_3236.html

L'essentiel. Le journaliste a déclaré la semaine dernière que ce sont « les musulmans qui amènent la merde en France ». Le parquet de Paris a ouvert contre lui une enquête préliminaire pour « provocation à la haine raciale ».

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Le parquet de Paris a ouvert lundi 19 janvier une enquête préliminaire pour « provocation à la haine raciale » contre le journaliste de 87 ans Philippe Tesson. L'enquête a été confiée à la brigade de répression de la délinquance aux personnes.

Mardi, en pleine discussion sur les incidents qui ont émaillé la minute de silence en hommage aux victimes de l'attaque contre Charlie Hebdo dans de nombreux établissements scolaires, le fondateur et ex-directeur du Quotidien de Paris (1974-1994), s'en était vivement pris aux musulmans sur les ondes d'Europe 1 :

« D'où vient le problème de l'atteinte à la laïcité sinon des musulmans ? On le dit ça ? Eh bien moi, je le dis ! Je rêve ou quoi ?! C'est ça notre problème actuellement, c'est les musulmans qui mettent en cause la laïcité ! C'est les musulmans qui amènent la merde en France aujourd'hui ! »

Philippe Tesson intervient régulièrement sur différents médias dont Europe 1, France 2, Le Figaro Magazine, Paris Première, Le Point ou encore Valeurs actuelles.

Vendredi 16 janvier, la rumeur de son départ du Point – dont il n'est pas salarié – a couru, avant d'être démentie au Monde par le directeur de la publication, Etienne Gernelle. « Cette affaire ne concerne pas Le Point, a-t-il ajouté. Je suis en désaccord total avec les propos de Philippe Tesson, mais j'imagine que ses paroles ont dépassé sa pensée. »

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Béziers : cinq Russes interpellés, soupçonnés de préparer un attentat Home ACTUALITE Société Par lefigaro.fr, AFP agence Mis à jour le 20/01/2015 à 16:40 Publié le 20/01/2015 à 15:39 http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/01/20/01016-20150120ARTFIG00270-beziers-cinq-russes-interpelles-soupconnes-de-preparer-un-attentat.php

Cinq Tchétchènes (notedt musulmans ?) russes soupçonnés de préparer un attentat ont été interpellés lundi soir à Béziers et Saint-Jean-de-Védas (Hérault), a-t-on appris mardi auprès du procureur de la République de la ville, Yvon Calvet. Ni la cible éventuelle ni le pays dans lequel le projet présumé était envisagé n'ont été précisés. Une personne a été interpellée dans le quartier de Sauclières, non loin de l'ancien stade de rugby de Béziers, les quatre autres à Saint-Jean-de-Védas, commune jouxtant Montpellier, a indiqué une source proche du dossier. Les cinq suspects ont été placés en garde à vue et des perquisitions ont eu lieu, a-t-on précisé de même source. D'après BFMTV les suspects seraient âgés de 24 à 37 ans.

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Claude Bartolone : «Il faut sauver Les Guignols de l'info» Home LE SCAN TÉLÉ Les polémiques Par Émilie Geffray Mis à jour le 02/07/2015 à 11:19 Publié le 02/07/2015 à 09:02 http://tvmag.lefigaro.fr/le-scan-tele/polemiques/2015/07/02/28003-20150702ARTFIG00052-claude-bartolone-il-faut-sauver-les-guignols-de-l-info.php

Invité ce jeudi matin sur France Info, le président de l'Assemblée nationale a apporté son soutien à l'émission satirique de Canal+ menacée de disparition.

Après Michaël Youn, Valérie Damidot, Cartman ou encore Bruno Guillon, qui n'ont pas hésité à protester contre l'arrêt des Guignols en postant des messages sur Twitter avec le hashtag #TouchePasAuxGuignols, l'émission satirique de Canal+ peut compter sur le soutien de Claude Bartolone.
Invité ce jeudi matin sur France Info, le président de l'Assemblée nationale a réagi aux rumeurs qui annoncent la fin de diffusion du programme. Une décision qui pourrait être entérinée vendredi par Vincent Bolloré, président du groupe Canal+, lors d'une réunion des actionnaires.

«Vous n'avez pas votre marionnette aux Guignols», a demandé Jean-François Achilli. «Non, je le regrette d'ailleurs. C'est que je ne suis pas assez installé dans le paysage politique», a répondu Claude Bartolone en riant avant d'ajouter: «Mais en tous les cas, il faut les sauver, bien sûr».

Un soutien pour le moins surprenant quand on sait à quel point les politiques n'apprécient que très moyennement l'émission satirique. «Il y a toujours eu, de tout temps, dans tous les régimes, le fou du roi. Aujourd'hui, ce côté acide, qui quelques fois nous amène à mal réagir quand on se sent dans la cible des Guignols, est quelque chose qui aère aussi l'actualité et la manière de commenter la politique», a déclaré Claude Bartolone.

Quelques minutes après son intervention à la radio, le président de l'Assemblée nationale a précisé sur son compte officiel Twitter avoir signé la pétition touchepasauxguignols.wesignit.

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http://www.lemonde.fr/famille-vie-privee/article/2015/12/18/christine-boutin-condamnee-a-5-000-euros-d-amende-pour-avoir-qualifie-l-homosexualite-d-abomination_4834809_1654468.html Christine Boutin condamnée à 5 000 euros d’amende pour avoir qualifié l’homosexualité d’« abomination » Le Monde | 18.12.2015 à 15h40 Lire aussi : A son procès, Christine Boutin appelle la Bible à la rescousse « Le péché n’est jamais acceptable »

L’ex-présidente du Parti chrétien démocrate, Christine Boutin, a été condamnée vendredi 18 décembre à 5 000 euros d’amende pour « provocation publique à la haine ou à la violence » envers les homosexuels pour avoir dit que « l’homosexualité est une abomination ».

Le tribunal correctionnel a été au-delà des réquisitions du procureur, qui avait réclamé à l’audience fin octobre une amende de 3 000 euros à son encontre. Christine Boutin a également été condamnée à verser 2 000 euros de dommages et intérêts à chacune des deux associations, Mousse et Le Refuge, qui s’étaient constituées parties civiles.

Dans un entretien au magazine Charles paru en avril 2014 sous le titre « Je suis une pécheresse », Christine Boutin affirmait : « L’homosexualité est une abomination. Mais pas la personne. Le péché n’est jamais acceptable, mais le pécheur est toujours pardonné ».

« Ce que l’on entend dans vos propos, c’est que les homosexuels sont une abomination », avait résumé le procureur, indiquant que le parquet avait reçu 500 plaintes de particuliers outrés après sa déclaration.

Son avocat avait plaidé la relaxe, estimant que sa cliente était jugée pour « une opinion ». Il lançait alors :
« Votre décision aura des conséquences énormes sur la liberté d’expression. Si vous suivez les réquisitions du procureur, alors il faut saisir la Bible ! »

Lors des débats, l’ex-ministre du logement de Nicolas Sarkozy avait expliqué avoir « hésité à répondre à cette question qui faisait référence à une citation de l’Ancien et du Nouveau Testament » avant de se dire que c’était « une occasion de clarifier [sa] pensée ».

« Mon opinion s’inscrit dans la tradition chrétienne », avait justifié l’ancienne députée des Yvelines, tout en précisant qu’elle avait regretté ses propos par la suite :
« Mais je suis une femme directe, j’essaye d’être en accord avec mes convictions profondes mais cela ne veut pas dire que je condamne les personnes homosexuelles. »

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"1 an après, l'assassin court toujours", titre Charlie Hebdo L'Obs avec AFP Par L'Obs avec AFP Publié le 04-01-2016 à 09h27 Mis à jour à 09h35

En mémoire de l'attentat du 7 janvier, "Charlie Hebdo" sort mercredi un numéro spécial avec en une un Dieu barbu, armé d'une kalachnikov et à l'habit ensanglanté, sous ce titre : "1 an après, l'assassin court toujours".

Ce numéro doit être tiré à environ 1 million d'exemplaires, dont des dizaines de milliers d'exemplaires expédiés à l'étranger.

Il comprend un cahier de dessins des disparus - Cabu, Wolinski, Charb, Tignous, Honoré - et des contributeurs extérieurs dont la ministre de la Culture Fleur Pellerin, des comédiennes comme Isabelle Adjani, Charlotte Gainsbourg, Juliette Binoche, des intellectuels comme Élisabeth Badinter, la bangladaise Taslima Nasreen, l'américain Russell Banks, et le musicien Ibrahim Maalouf.

"Fanatiques abrutis par le Coran"

Le dessinateur Riss, patron du journal, grièvement blessé le 7 janvier, y signe un éditorial rageur pour défendre la laïcité et dénoncer les "fanatiques abrutis par le Coran" et "culs-bénits venus d'autres religions" qui avaient souhaité la mort du journal pour "oser rire du religieux".

"Les convictions des athées et des laïcs peuvent déplacer encore plus de montagnes que la foi des croyants", dit-il.

"En 2006, quand Charlie publia les caricatures de Mahomet, personne ne pensait sérieusement qu'un jour tout ça finirait dans la violence. [...] On voyait la France comme un îlot laïc, où il était possible de déconner, de dessiner, de se marrer, sans se préoccuper des dogmes, des illuminés", écrit Riss.

"Dès cette époque, beaucoup espéraient qu'un jour quelqu'un viendrait nous remettre à nos places. Oui, beaucoup ont espéré qu'on se fasse tuer. TU-ER", poursuit-il, en rappelant la fragilité du journal, submergé de procès.

"A l'issue de chaque année, nous nous émerveillions d'être toujours en vie", se souvient Riss.

"C'est l'éternité qui nous est tombée dessus"

"Un mois avant le 7 janvier, je demandais à Charb si sa protection avait encore un sens. Les histoires de caricatures, tout ça, c'était du passé [...] Mais un croyant, surtout fanatique, n'oublie jamais l'affront fait à sa foi, car il a derrière lui et devant lui l'éternité [...] C'est l'éternité qui nous est tombée dessus ce mercredi 7 janvier".

"Ce matin-là, après le bruit assourdissant d'une soixantaine de coups de feu tirés en trois minutes dans la salle de rédaction, un immense silence envahit la pièce", raconte-t-il. "J'espérais entendre des plaintes, des gémissements. Mais non, pas un son. Ce silence me fit comprendre qu'ils étaient morts".

"Et lorsque enfin un pompier m'aida à me relever, et après avoir dû enjamber Charb allongé à mes côtés, je m'interdis de tourner la tête vers la pièce pour ne pas voir les morts de Charlie. Pour ne pas voir la mort de Charlie".

"Comment faire le journal après tout ça ? C'est tout ce qu'on a vécu depuis 23 ans qui nous en donne la rage", affirme-t-il.
Ce ne sont pas deux petits cons encagoulés qui vont foutre en l'air le travail de nos vies". "Ce n'est pas eux qui verront crever Charlie. C'est Charlie qui les verra crever".

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