27 février 2010. Remis gracieusement et "Conseiller bénévole" de Brice Hortefeux

Il est à noter que le président de la République François Mitterrand ne s’est pas opposé à la nomination du maire de Grenoble, M. Alain Carignon, au ministère de la communication du gouvernement de M. Edouard Balladur, en mars 1993, alors que le maire de Grenoble est depuis novembre 1991 suspecté de corruption pour avoir notamment obtenu certains avantages financiers à l’occasion de la privatisation du service des eaux de la ville au bénéfice d’une filiale de la Lyonnaise des eaux (21 millions d'"avantages" divers obtenus notamment de la Lyonnaise des eaux et du groupe Merlin).

En octobre 1995 l’ancien ministre sera condamné par le Tribunal correctionnel de Grenoble, pour corruption, complicité et recel d’abus de biens sociaux et subornation de témoins, à 5 ans de prison dont 3 ans ferme, 400 000 francs d’amende et 5 ans d’inéligibilité (demande de 4 à 5 ans de prison ferme par le procureur de la Rép.).

Devant la Cour d'Appel, le 22 mai 1996, M. Alain Carignon affirme que son comportement n'a rien d'extraordinaire, que MM. Raymond Barre, François Léotard et Jacques Chirac, notamment, se sont comportés comme lui.
Il s'étonne par ailleurs que le président de la Lyonnaise des eaux, M. Jérôme Monod (futur conseiller du président Jacques Chirac), ne soit pas mis en accusation, se plaignant d'être traité par la Justice comme un "émissaire".
La Cour d'appel le condamne à cinq ans de prison dont quatre ans ferme, 400 000 francs d'amende et cinq ans d'inéligibilité.

M. Carignon refusant, bien qu'incarcéré, de démissionner de la présidence du Conseil général de l'Isère, les oppositions demandent au Ministre de l'Intérieur, M. Jean-Louis Debré, ancien magistrat gaulliste chiraquien, de prononcer la dissolution du Conseil général de l'Isère le 10 juillet 1996, sans résultats.
En novembre 1996 la soeur d'Alain Carignon, Marie-Josée Carignon et son ancien "compagnon" Roger Charpenne sont condamnés par le Tribunal correctionnel de Grenoble à des peines de prison pour banqueroute et abus de biens sociaux.

Le 27 octobre 1997 la chambre d'accusation de la Cour de cassation rejette le pourvoi d'Alain Carignon contre l'arrêt de la cour d'appel de Lyon du 9 juillet 1996. Etant privé de ses droits civiques l'ancien ministre est donc démissionnaire d'office du Conseil général de l'Isère.

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ISERE / AFFAIRE DU ROND-POINT D'ALPEXPO Alain Carignon et Xavier Peneau avaient été condamnés... Conseil général: cette dette de 253 126€ qui traîne... par La Rédaction du DL | le 27/02/10 à 05h05 Philippe GONNET Paru dans l'édition 38H du 27/02/2010 (3dcc23dc-22e3-11df-b991-9110993b97e2)

La politique iséroise, c'est finalement un peu comme les Galeries Lafayette : il s'y passe toujours quelque chose, même si c'est dans des "rayons" divers...

Une délibération avait été votée avant le renouvellement de 2008... À peine connue la (très...) brillante promotion de Didier Migaud à la tête de la prestigieuse Cour des comptes, générant de multiples ambitions locales, Le Canard enchaîné jetait le trouble dans le landerneau en évoquant une dette de 253 126 € d'Alain Carignon, ancien président du Conseil général de l'Isère, et de Xavier Peneau, son directeur de cabinet de l'époque, somme qu'ils avaient été condamnés à rembourser au Département dans l'affaire dite du rond-point d'Alpexpo.

Ce vaste chantier avait servi à alimenter les caisses du RPR.

Selon notre confrère, le trésorier-payeur général de l'Isère aurait écrit le 21 août à André Vallini, président (PS) du Conseil général de l'Isère, l'informant que MM. Carignon et Peneau sollicitaient une "remise gracieuse" auprès du ministre du Budget, Éric Woerth.

Ce courrier évoque donc l'hypothèse selon laquelle André Vallini pourrait solliciter l'avis de l'assemblée départementale. Si cet avis se révélait majoritairement positif, le ministre du Budget pourrait alors effacer cette dette.

Contacté par nos soins, André Vallini n'a pas souhaité s'exprimer sur cette question.

De son côté, Max Micoud, conseiller général (UMP) du centre-ville de Grenoble battu en 2008, avait beau jeu de relever hier : « Je ne comprends pas ; André Vallini est un avocat qui prétend avoir une morale politique. Or, quand j'étais encore en place, on a voté à l'unanimité une délibération pour faire payer les condamnés ! Je le vois mal continuer à masquer l'événement... »

En attendant, Xavier Peneau, désormais haut fonctionnaire au ministère de l'Intérieur, où Alain Carignon est « chargé de mission bénévole », a été fait chevalier de la Légion d'honneur dans la promotion du 31 décembre...

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