Pierre Moscovici (1957)

Serge Moscovici (1925-)

Ancien militant communiste co-fondateur des Verts, ancien directeur d'études à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, 1972-1980 Professeur à l'Université de Paris VII, Département d'Anthropologie, Serge Moscovici est la référence française en psychologie sociale dans la deuxième moitié du XXème siècle.
Il est, notamment, le directeur du manuel Psychologie sociale, PUF, Paris, 1ère édition 1988, et du manuel Psychologie des minorités actives, PUF, Paris, 1ère édition Paris 1979.

Il est le père de l'ancien ministre socialiste, et ancien trotskiste (LCR, Krivine), Pierre Moscovici (portrait, septembre 2008), qui soutient le maire de Paris Bertrand Delanoe (Septembre 2008), qui, à la veille du Congrès de Reims (Novembre 2008), espérait encore devenir le patron du PS .... qui veut devenir Président de la République, comme Jean-François Copé à droite ....

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Une foule, une masse, c'est l'animal social qui a rompu sa laisse. Les interdits de la morale sont balayés, avec les disciplines de la raison. Les hiérarchies sociales desserrent leur emprise. Les différences entre types humains s'abolissent, et les hommes extériorisent dans l'action, souvent violente, leurs rêves et leurs passions, du plus brutal au plus héroïque, du délire au martyre.
Un groupement humain en effervescence, un fourmillement constant, telle est la foule. Et aussi une force indomptable et aveugle, à même de surmonter tous les obstacles, de déplacer des montagnes ou de détruire l'œuvre des siècles.
in L'âge des foules, Un traité historique de psychologie des masses, Introduction, Fayard, Paris, 1981, p. 13

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La psychologie des foules, prend au sérieux le phénomène religieux. En raison de sa valeur psychique pour les masses, bien sûr, et non pas de son contenu qui lui est indifférent. « On n'est pas religieux, écrit encore Le Bon, seulement quand on adore une divinité, mais quand on met toutes les ressources de son esprit, toutes les ardeurs du fanatisme au service d'une cause ou d'un être devenu le but et le guide des sentiments des foules. » Chaque action d'envergure en dépend.
Ibidem, Foules, femmes et folie, p. 166

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Le prestige repose sur un don. On peut y voir une faculté que certains individus auraient reçue en partage, comme d'autres celle de peindre, de chanter ou de jardiner. Mais un don n'est pas un héritage que l'on dépense à son gré. Il faut le travailler, le discipliner, l'exploiter jusqu'à ce qu'il devienne un véritable talent, socialement utile et utilisable.
Le même auteur (Charles de Gaulle, Le fil de l'épée) poursuit: «S'il entre dans le prestige une part qui ne s'acquiert pas, qui vient du fond de l'être et varie avec chacun, on ne laisse pas d'y discerner certains élements constants et nécessaires. On peut s'assurer de ceux-là ou, du moins, les développer. Au chef, comme à l'artiste, il faut le don façonné par le métier.»

Ce métier comporte quelques règles simples. Maintien du corps, style précis et impératif de la parole, simplicité de jugement et rapidité de décision, voilà les principales composantes de la discipline des chefs. S'agissant des foules, il faut ajouter la faculté de capter et de communiquer l'émotion, la séduction des manières, le don de la formule qui porte, le goût de la mise en scène théâtrale, tous destinés à enflammer les imaginations. Appliquées avec discernement, ces règles suscitent l'imitation, exaltent l'admiration sans laquelle il n'y a pas de commandement et surtout pas d'obéissance.
Ibidem, p. 180-181

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Au détail près, Tarde adopte la description des foules qu'en avait donnée Le Bon. Mais, remarque-t-il, celles-ci sont des associations spontanées et passagères qui ne peuvent rester indéfiniment en état d'effervescence. Elles sont destinées soit à se disloquer, à disparaître aussi vite qu'elles sont apparues, sans laisser de traces - pensez à un rassemblement de badauds, à un meeting, à une émeute passagère - soit à évoluer pour devenir des foules disciplinées et stables. Il y a une dynamique, une chaîne de transformations des premières aux secondes qui fait apparaître un caractère nouveau et distinctif.

Pour le déceler, il suffit d'observer le contraste entre les agglomérations d'individus sous le coup d'une même émotion, sous l'empire d'un même homme, lors d'un tremblement de terre, d'un match de football ou d'un festival de musique, et celles formées de manière délibérée, cristallisées en une Église, un parti ou une entreprise. La différence, nous le vérifions aisément, tient à l'existence d'une organisation qui s'appuie sur un système de croyances communes, mise en œuvre dans une hiérarchie reconnue par tous ses membres.

Tel est donc le caractère distinctif qui oppose les foules naturelles aux foules artificielles, les associations improvisées et non-formelles aux associations réglementées et formelles. Des unes aux autres, il y a une évolution logique. D'un événement quelconque mais frappant « naîtra spontanément ce premier degré de l'association que nous appelons la foule. Par une série de degrés intermédiaires, on s'élève de cet agrégat rudimentaire, fugace et amorphe, à cette foule organisée, hiérarchisée, durable et régulière qu'on peut appeler la corporation, au sens le plus large du mot. L'expression la plus intense de la corporation religieuse, c'est le monastère; de la corporation laïque, c'est le régiment ou l'atelier. L'expression la plus vaste des deux, c'est l'Église ou l'États. »
Ibidem, Le principe du chef, p. 219

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Soyons plus explicite. Selon la psychologie des foules, les masses sont incapables de créativité spirituelle véritable et d'initiative sociale. Toutes les inventions importantes, tous les changements significatifs dans l'histoire sont l'œuvre d'individus. Derrière chaque apparence collective se cache une essence individuelle, et non l'inverse.
Quant au culte des masses, quant à la glorification de leur rôle dans la société, il n'y a là qu'un tissu de déclarations ronflantes, émanant de démagogues qui dissimulent ainsi leur ambition démesurée, sinon leur hypocrisie. Intelligentes, les foules? Comment se fait-il alors qu'elles se laissent régulièrement duper par les hommes en qui elles ont mis leur confiance, et même ne demandent que ça ? Riches de talents et de vertu? Mais alors pourquoi ont-elles si peu de prise sur les pouvoirs qu'il leur arrive de mettre en place, pouvoirs qui les entraînent parfois aux meilleures, mais le plus souvent aux pires extrémités? En vérité, les amis des foules sont de faux amis. En réalité, ils ne sont amis que d'eux-mêmes.
Ibidem, p. 227

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Pourquoi les masses se soumettent-elles au meneur comme le troupeau à son berger? La question s'est toujours posée. Depuis la Seconde Guerre mondiale, elle se pose de façon plus pressante. Un phénomène est apparu dans le monde contemporain qui donne l'impression d'une survivance, et dont on a en vain cherché la cause: l'autorité de certains meneurs s'accompagne d'une terreur quotidienne. Elle exige le sacrifice de millions d'individus, pour des raisons de classe ou de race, sur une échelle inconnue auparavant. Et le pouvoir de ces meneurs, nul ne l'ignore, émane de la volonté populaire. Malgré cette cruauté, ils ont été entourés - et continuent à l'être - d'une vénération, voire d'un amour sans bornes. Dans bien des cas, amour et vénération vont de pai; avec la terreur, confinant ensemble au paroxysme.

Et pourtant, ce qu'il faut bien appeler des crimes était connu de tous, sauf de ceux qui ne voulaient pas les connaître, qui fermaient les yeux pour ne pas voir, les oreilles pour ne pas entendre, la bouche pour ne pas dénoncer. Ainsi la popularité dont a joui un Hitler ou un Staline déconcerte: « Le fait que le régime totalitaire, malgré l'évidence de ses crimes, s'appuie sur les masses, est profondément troublant », écrit Hannah Arendt.
Ibidem, p.235

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Regardons l'évidence en face. C'est par l'essai, publié en 1921, dont le titre exact en français est La Psychologie des masses et l'analyse du moi, que Freud fait sa première incursion, officielle si vous voulez, dans le domaine de la psychologie sociale.
Au terme de l'analyse du moi individuel, dans son prolongement, il paraît retrouver la marque du social. Pas seulement sous la forme d'un autre individu, de l'autre ou de l'Autre, au sens neutre et abstrait qu'on lui donne aujourd'hui pour en camoufler l'identité concrète. Mais sous la forme des masses, inorganisées et organisées, et des meneurs. Un social d'autant plus inquiétant et fascinant à la fois que celui-ci, matérialisé par les masses, est de plain-pied avec ce que l'individu refoule. Il révèle en pleine lumière ce qu'on a tant de mal à atteindre: l'inconscient.

L'inconscient incarné par les multitudes terrifie Freud autant qu'il nous terrifie. Il éveille chez lui les mêmes peurs qu'il a déjà éveillées, vous vous en souvenez, chez Le Bon: « Cette peur des foules, écrit Marthe Robert, qu'on peut sans trop forcer les mots qualifier de phobie, il l'a, semble-t-il, depuis toujours, et depuis toujours il l'explique curieusement par une analogie qui, bien plus tard, lui fournira le thème de ses essais en sociologie: le peuple est de plain-pied avec les bas-fonds de la psyché, il y a entre lui et l'inconscient humain des relations de connivence, presque de complicité, qui mettent en péril les plus hautes valeurs de la conscience et les acquisitions de l'individualité. »
Ibidem, p. 294-295

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Emancipé
Pierre Moscovici. La cinquantaine venue, le député PS du Doubs s’est décidé à briguer la tête du PS. Jusque-là, ce solitaire intello et réservé épaulait DSK ou Jospin.
MARIE-DOMINIQUE LELIEVRE Libération QUOTIDIEN : lundi 15 septembre 2008 p. 40

Seul à une terrasse, tandis qu’à intérieur de la brasserie voisine ses alliés de la veille le trahissent en se tapant la cloche. C’est l’image qui reste de Pierre Moscovici à La Rochelle. «La mise en scène d’une trahison vous rend sympathique. Mais c’est pénible sur le plan personnel : je ne suis pas maso», concède Pierre Moscovici.
Parce que le Parti socialiste ressemble à un gros roman décourageant, avec trop de personnages, des intrigues qui se ramifient sans qu’on suive l’auteur, on se raccroche aux illustrations.

Autre photo, ce portrait de Léon Blum en noir et blanc dans le bureau de Pierre Moscovici, rue de Solférino. Il y a comme une adolescence qui se prolonge chez cet homme réservé qui n’a pas le permis de conduire, pas d’épouse, pas d’enfant et affiche dans son bureau un poster de son idole, comme d’autres celui de Kurt Cobain. La détermination en plus.

Car ses mésaventures rochelaises n’ont pas entamé son ambition : il sera candidat au poste de numéro 1. Il a fait son outing en janvier. «Réélu en 2007, j’approchais le rivage de la cinquantaine. Lionel Jospin ou Dominique Strauss-Kahn n’étaient plus là : c’est mon tour, me suis-je dit.» Un exploit pour ce pudique qui peut passer pour froid. Jusque-là, Moscovici a toujours été dans le désir des autres, les Jospin, les DSK, pour lesquels il produisait des notes et qui le surnommaient Mosco, comme un enfant.

C’est Strauss-Kahn qui l’entraîne rue de Solférino en 1984, lui, l’ancien militant de la LCR d’Alain Krivine, qui a voté Mitterrand en 1981 sans enthousiasme pour le personnage. Il devient expert économique du parti et travaille sur le programme de la gauche.
De DSK, il dit aujourd’hui: «Je reste en bons termes amicaux et intellectuels avec lui, mais parfois je l’aimerais plus proche. J’aurais apprécié un signe de sa part. Même si cela ne change rien à nos liens d’amitié et de fidélité, c’est l’année où nous nous sommes le moins parlé». Quant à DSK, que nous avons tenté de joindre au FMI, il a fait répondre «qu’il n’intervenait jamais sur ces questions-là».

Large front de cérébral, traits fins, il est assis dans un canapé de cuir chocolat, détendu dans des mocassins de daim brun qui reposent calmement sur la moquette à motif. Il y a un style Moscovici, tout en retenue diplomatique. De Ségolène Royal, il dit : «Je la trouve courageuse, intuitive, sensible, souvent déconcertante.» Dans un univers tonitruant, cette élégance peut nuire, parfois, à la force de son propos.
Derrière son bureau, un cliché aérien de Montbéliard : la masse claire au cœur de la ville, les usines Peugeot, rappelle que son électorat est composé à 45% d’ouvriers. Et qu’il n’a pas volé sa circonscription. Étrangement (ou pas), c’est une déculottée qui a fait de lui un véritable homme politique, c’est-à-dire un type capable de subir une humiliation et de se relever comme si de rien n’était.
«Comme les sportifs de haut niveau, les hommes politiques vont de défaite en victoire. Ils doivent être forts, physiquement et mentalement», dit son ami Charles Bietry. En 2002, Moscovici est battu aux législatives dans le Doubs après avoir traité ses électeurs de «cons» : ils ont voté pour Le Pen à 32% au premier tour. «J’ai compris que j’avais un travail à faire sur moi-même, que je paraissais trop distant.»
Pour la première fois sous la Ve République, cette terre de gauche choisit une femme de droite. Un électorat très populaire lui a fait mordre la poussière et payer son langage de bourgeois germanopratin (ligne 63, stations Solf2rino, le Flore, la Hune, Arnys, la Cigale-Récamier, MK2 Odéon).

Jusque-là, il a été gâté: Jospin lui a offert des costumes bien coupés: siège de député européen à 37 ans, portefeuille de ministre aux Affaires européennes à 40. Ce lynchage populo jouera en sa faveur au scrutin suivant. En 2007, cette région qui a donné à 47% ses voix à Sarkozy à la présidentielle, un mois plus tard en offre 63% à Moscovici.
«Cet électorat vote Le Pen par angoisse. La désindustrialisation lui donne un fort sentiment de déclassement. J’ai appris qu’il exigeait qu’on soit au contact. Il faut mouiller sa chemise.» Hackett, la chemise. Désormais, Pierre Moscovici fréquente le Café de la Paix à Montbéliard plutôt que le Flore (encore que…). Surtout, il a appris à parler simplement plutôt qu’à lui-même. «C’est la force de Nicolas Sarkozy : il parle mal français, mais il parle aux Français».

«Pierre a été marqué par son père: il est l’enfant brillant d’un sociologue Don Juan», note Guillaume Durand. Ami de Moscovici, ils se sont vus cet été à Hossegor, où Mosco séjournait avec sa fiancée. «Ce grand intellectuel considérait l’ENA comme une école de plomberie, ajoute Durand. Ça laisse des traces».

Pierre Moscovici est né dans une solide famille juive d’intellectuels de gauche. Proche du PCF, sa mère, Marie Bromberg-Moscovici, psychanalyste, a notamment signé le manifeste des 121. À 14 ans, Serge, son père, milite au parti communiste avant de fuir la Roumanie. Il se tient d’abord à l’écart de la vie politique française, puis en 1965, lit une biographie de Léon Blum avant de participer à la fondation des Verts.
«Blum a été l’homme le plus courageux, le plus respectable de la gauche, il a vraiment fait quelque chose d’important en 1936», dit-il. Son admiration pour Blum, il l’a transmise à son fils. Après l’ENA, dont il sort sixième, Pierre choisit la Cour des Comptes. Comme Blum. Pour obtenir l’approbation d’un père écrasant ? Il a fini par l’obtenir : «Pierre est plus mené par une sorte de vocation que par l’ambition. J’ai d’ailleurs été surpris de le voir manifester l’envie de prendre la tête de son parti», dit son père.

De son enfance, Pierre Moscovici a gardé un goût vif pour la culture américaine : il a passé l’année 1962 dans le New Jersey, alors que son père enseignait à Princeton, et l’été 1968 à Stanford. Saul Bellow, Philip Roth, Jonathan Franzen, mais aussi la musique folk de Woody Guthrie, le football, le basket et le cinéma, où il se rend deux fois par semaine.
Ce qui ne l’empêche pas de s’intéresser à l’actualité littéraire parisienne. Cet été, il a lu Un Diamant brut, d’Yvette Szczupak-Thomas, Le Jour où mon père s’est tu, de Virginie Linhart, et Ce que nous avons eu de meilleur, de Jean-Paul Enthoven, «autoportrait et galerie de portraits dont on cherche, et trouve facilement, les clés».

Il continue à se rendre chaque année aux Etats-Unis. New York, Boston, Chicago, San Francisco : c’est un homme des villes. Le 11 septembre 2001, il se trouvait d’ailleurs dans un avion survolant New York entre les deux attentats des Twin Towers. En provenance de Washington, il se rendait à Boston pour une conférence à Harvard. «Il y a une énorme fumée sur votre gauche», a remarqué le pilote.

Un type qui a échappé aux talibans devrait survivre aux manœuvres solférinaudes. D’ailleurs, de «Grands Zélus Socialistes» l’assurent de leur soutien, et du vote de leurs puissantes fédérations : Marseille, Lyon, Bordeaux. «Il a un véritable atout : c’est le seul candidat déclaré qui soit parlementaire», souligne Jean-Jacques Urvoas, député du Finistère.
Comme le dit son père, citant Napoléon : «Il ne faut pas seulement être un bon général, encore faut-il gagner les batailles». En tout cas, ce crâne d’œuf timide a gagné la première : il a brisé sa coquille.

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Pierre Moscovici se rallie à Bertrand Delanoë in-extremis Samuel Potier (lefigaro.fr), avec AFP 23/09/2008 | Mise à jour : 17:41 | Commentaires 4 .

L'ancien ministre délégué aux Affaires européennes, qui a hésité jusqu'au dernier moment à partir sous ses propres bannières, se range derrière le maire de Paris, alors que Julien Dray lâche Hollande pour rejoindre le camp de Ségolène Royal.

Il a hésité jusqu'à la dernière minute. Candidat depuis plusieurs mois au poste de premier secrétaire, Pierre Moscovici ne prendra finalement pas le risque de partir seul à la conquête du fauteuil de François Hollande. L'ancien ministre et député du Doubs a ainsi annoncé mardi qu'il apportait son soutien à Bertrand Delanoë en vue du congrès de Reims en novembre. Sa déclaration se veut limpide : «mon choix, c'est d'avancer dans ce congrès avec Bertrand Delanoë». Et avec François Hollande, aurait-il pu ajouter, le président du conseil général de Corrèze soutenant l'édile de Paris.

Le maire de Paris, qui s'est déclaré «content» de ce soutien, «appartient à la famille de pensée social-démocrate qui est aussi la mienne. Il a développé une offre politique sérieuse», a assuré Pierre Moscovici L'ex-ministre délégué aux Affaires Européennes a précisé que l'accord avec Delanoë portait sur plusieurs points : une convention qui permettra aux militants de trancher sur l'organisation ou non d'une primaire ouverte aux sympathisants pour désigner le candidat à l'Elysée en 2012 et une «feuille de route qui sera la feuille de route de la rénovation». Le dernier point porte sur la présidentialisation du parti : «Bertrand Delanoë m'assure que sa candidature comme premier secrétaire n'a pas de signification pour une candidature à la présidentielle de 2012. Je le crois», a-t-il encore assuré sans rire.

Six motions déposées

Pierre Moscovici a fait cette annonce quelques minutes avant l'ouverture, à 16h, de la réunion de la «commission des résolutions» du PS chargée de comptabiliser les motions, textes politiques sur lesquels voteront les militants. Cette réunion devait être suivie une heure plus tard du Conseil national (le «parlement» du parti, 300 personnes) d'enregistrement des différentes motions. Cette motion sera en compétition avec celles de Martine Aubry, de Benoît Hamon et de toute la gauche du PS réunie, Utopia, le Pôle écologique, et enfin Ségolène Royal.

La présidente de Poitou-Charentes peut d'ailleurs compter sur un nouveau renfort, le porte-parole du PS Julien Dray. Ce dernier a annoncé mardi qu'il rejoignait la motion de Ségolène Royal qui porte, selon lui, «toutes les idées nécessaires à un rassemblement novateur». «J'appelle toutes celles et tous ceux qui, au long des derniers mois, ont partagé mon combat à s'engager dans cette même démarche, pour que le seul gagnant de ce congrès soit le Parti socialiste et qu'enfin une opposition digne de ce nom puisse exister», poursuit le député de l'Essonne dans un communiqué.

Julien Dray avait joué un rôle essentiel dans la campagne de l'ancienne candidate à la présidence de la République, avant de s'éloigner d'elle. Celle-ci est soutenue par plusieurs grands barons locaux de la «Ligne Claire» : le maire de Lyon Gérard Collomb, le patron de la puissante fédération PS des Bouches-du-Rhône Jean-Noël Guérini, ainsi que par l'eurodéputé Vincent Peillon.

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Moscovici appelle à dépasser le "pour ou contre Royal" NOUVELOBS.COM | 14.11.2008 | 08:38

"Il reste trois jours pour essayer de faire prévaloir la sagesse", estime le député socialiste, proche de Bertrand Delanoë.

A la veille de l'ouverture du congrès socialiste de Reims, le député socialiste Pierre Moscovici, proche de Bertrand Delanoë, a appelé jeudi 13 novembre le Parti socialiste à "la sagesse" et à dépasser le clivage "pour ou contre Ségolène Royal". "Inquiet" pour le parti, Pierre Moscovici a estimé sur France-3, que le PS ne pouvait "se permettre un choc frontal, ni d'ailleurs une synthèse artificielle" lors du congrès de ce week-end.

"Il reste trois jours pour essayer de faire prévaloir la sagesse", a-t-il souligné, "il faut que les uns et les autres se posent une question simple: 'quel est l'intérêt général de ce parti?'" afin qu'il "se rassemble" et "se prépare à s'opposer à Nicolas Sarkozy". "Par pitié, que les socialistes pensent d'abord aux Français avant de se demander quelles alliances internes ils vont aborder au congrès", a-t-il supplié, car ceux-ci "souffrent de l'injustice de la politique" de l'actuel chef de l'Etat.

"Sommes-nous d'accord ?"

La motion E de Ségolène Royal étant arrivée en tête du vote des militants jeudi dernier, "il faut l'aborder non pas en se disant: on est pour ou contre Ségolène Royal. Il faut être ni fasciné, ni dans l'allergie, mais se demand(er) sur le fond, sommes-nous d'accord?", a-t-il proposé, estimant toutefois que c'était à la présidente de la région Poitou-Charentes "de créer les conditions d'un rassemblement".

Rappelant que la motion de Bertrand Delanoë était arrivée seconde lors du vote, qu'il devait "être un acteur" et "non un spectateur", le député du Doubs a fait valoir que cette motion était celle qui propose "les solutions les plus crédibles, les plus réalistes, et les plus à gauche". "Nous pouvons être une solution", a-t-il encore plaidé. (avec AP)

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Moscovici : "Il faut ouvrir les portes et les fenêtres" du PS
Europe1.fr Créé le 11/08/09 - Dernière mise à jour à 9h25

Le député du Doubs a présenté mardi sur Europe 1 sa réflexion autour d’un nouveau modèle de développement économique et social.

Pierre Moscovici profite de ses vacances pour écrire un livre intitulé "Comment la gauche peut gagner en 2012". "Le titre peut paraître surréaliste. Certains me disent ‘c’est les travaux d’Hercule’", a raconté le député socialiste du Doubs, invité d’Europe 1 mardi matin.

Il a expliqué avoir répondu à une commande de Martine Aubry, la première secrétaire du PS, et engagé une réflexion sur un nouveau modèle de développement qui lierait "les questions économiques, sociales et écologiques".

"Il faut ouvrir les portes et les fenêtres du Parti socialiste. Il faut en finir avec un certain nombrilisme, avec un certain narcissisme assez insupportable", a assuré Pierre Moscovici. Il faut "se remettre au travail et écouter" les Français, a-t-il ajouté. Précisant : c’est "une ambition que le Parti socialiste n’a pas eue au cours des douze dernières années".

Première étape de cette réflexion : lancer "une grande consultation de tous les Français", autour de la crise qui ne connaît selon lui qu’une "accalmie". Après quatre mois de travail, elle débouchera sur convention nationale pour entériner ce projet. Objectif à court terme fixé par Pierre Moscovici : "les régionales" de 2010.

Et pour la présidentielle de 2012 ?

Interrogé sur ses relations avec
Dominique Strauss-Kahn, Pierre Moscovici a confié qu’ils leur arrivaient de parler de l’avenir du PS.

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