Jacques Verges en 12 dates

Jacques Vergès

Avec Roland Dumas :"Sarkozy sous BHL", Pierre Guillaume de Roux, Paris, octobre 2011

Mai 2011 : Libye : Dumas et Vergès veulent déposer plainte contre Sarkozy
Décembre 2010 : Au secours du socialiste Gbagbo, avec le socialiste Roland Dumas
Octobre 2010 : Maître Verges le diabolique
Avril 2008 : Khmers Rouges, Vergès gagne du temps pour son vieil ami Samphan
Novembre 2006 : Prince et cocaïne, troisième renvoi ...
Mars 2004 : "Un mercenaire du droit", Me Vergès veut défendre Saddam Hussein

Avocat de réputation mondiale, Jacques Vergès fut résistant, communiste et militant anticolonialiste.
Défenseur des causes extrêmes, au carrefour du politique et du judiciaire, il a associé son nom à de nombreux procès sulfureux (Klaus Barbie, Georges Ibrahim Abdallah, Moussa Traoré, Paul Barril, Omar Raddad, Carlos, Bernard Bonnet, Slobodan Milosevic, notamment ...).
Né en 1925 d'un père réunnionnais et d'une mère vietnamienne il est le frère de Paul Vergès, ancien député communiste de la Réunion, président du conseil régional et sénateur communiste de La Réunion.

Me Vergès est l'auteur d'un grand nombre d'ouvrages, notamment de De la stratégie judiciaire, Editions de Minuit, Paris 1981 ; Beauté du crime, Plon, Paris 1988 ; Je défends Barbie (avec une préface de Jean-Edern Hallier), Jean Picollec, Paris 1988 ; J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans, J'ai lu, Paris 1999 ; avec Pierre Marie Gallois L'apartheid judiciaire, L'age d'Homme, Lausanne 2002.

1
Les juges sont comme les cuisiniers. Ils n'aiment pas qu'on les regarde quand ils font la cuisine.
Beauté du crime, p. 12

2
Rien ne me choque autant que l'acharnement sur un vaincu, surtout quand les lyncheurs prennent la pose.
Entre les chiens et le loup, je serai toujours du côté du loup, surtout quand il est blessé.
Ibidem, p. 13

3
Le monde de la justice est un monde clos et cruel à un point qu'on ne peut imaginer de l'extérieur. Ses portes capitonnées sont là pour étouffer les cris, ses vitres cathédrales pour brouiller la vue.
Ibidem, p. 21

4
Dans son montage, l'accusation qui parle au nom de la société est condamnée à faire un roman de gare où tous les poncifs du temps servent d'explication, tandis que la défense doit fuir le terrain piégé du consensus pour se situer par-delà le bien et le mal, donner au crime un sens nouveau et au criminel un visage.
Ce qui les départagera, c'est la beauté.
Ibidem, p. 186

5
Dans un passé pas si lointain, le courage à la guerre était une valeur sacrée. Rappelons-nous Léonidas et ses trois cents Spartiates mourant à Thermopyles pour obéir aux lois de Sparte. Le sacrifice de la vieille garde à Waterloo. Le sacrifice du roi Lazare face aux Ottomans. Ou encore le courage des défenseurs de Stalingrad.
C'est ce que l'on appelait l'honneur. Le mot figure sur les drapeaux de la République en France. ...
Hitler a mis fin à tout cela. Pour lui, ses adversaires ne pouvaient être que des sous-hommes.
Aujourd'hui les disciples de l'OTAN professent le même mépris, chargé de peur et de haine, contre ceux qui contestent leur droit à l'hégémonie.
Le racisme est simplement remplacé par l'idéologie des Droits de l'Homme, dans la version exclusive des généraux Westmoreland, Powell et Clark, bourreaux des peuples du Viêt-nam, d'Irak et de Serbie.
Le procédé n'est pas nouveau. C'est toujours au nom d'un idéal détourné que les conquérants justifient leurs agressions et leur sauvagerie. ...
Aujourd'hui c'est au nom des Droits de l'Homme qu'on tue les civils dans les Balkans, qu'on affame les enfants en Irak et qu'on fait refleurir le pavot en Afghanistan.
L'apartheid judiciaire, p. 72-73-74

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"Un mercenaire du droit"*
A 79 ANS, d'autres auraient déjà raccroché les gants. Jacques Vergès, lui, continue de traverser l'Histoire, selon une trajectoire dont lui seul a le secret.

Résistant à 17 ans, militant communiste à la libération, puis défenseur acharné des activistes algériens du FLN, ce grand baroudeur devant l'éternel, fils d'un médecin colonial et d'une institutrice vietnamienne, s'est fait orfèvre dans l'art de brouiller les pistes.

Plus que tout autre de ses conftères, l'ancien du barrau d'Alger, surnommé depuis « l'avocat du diable », a su se trouver là où on ne l'attendait pas. Avocat du criminel SS Klaus Barbie, du terroriste Carlos ou de Louise-Yvonne Casetta, la trésorière occulte du RPR, l'homme au cigare (façon « barreau de chaise ») a aussi fait sensation en assurant la défense d'Omar Raddad et du préfet déchu Bernard Bonnet.

Et voilà qu'en deux ans l'imprévisible Vergès a réussi la prouesse de se tailler un nom sur la scène internationale. D'abord en volant au secours d'un Slobodan Milosevic, accusé de crimes de guerre par le tribunal de la Haye. Puis en négociant ses services avec l'ex-dirigeant khmer rouge Kieu Samphan. Et en se ruant à la rescousse, enfin, d'un Saddam Hussein humilié par la première puissance mondiale. Ne manquerait plus qu'Oussama ben laden pour que la brochette de ses illustres clients soit complète.

"Une fuite en avant..."

le journaliste Bernard Violet, auteur d'une biographie non autorisée de l'avocat*, ne se montre guère étonné de ce parcours à géométrie variable. « Tant qu'il sera en vie, dit-il, Vergès continuera cette fuite en avant. Sans limite aucune. Le voir défendre Saddam n'est pas une surprise. Mais je pense qu'il va s'entourer d'avocats techniciens, comme souvent, afin de pouvoir multiplier les effets d'annonce devant les caméras. »

Soupçonné d'amitiés avec de sanguinaires dictateurs africains, disparu de la circulation pour d'obscures raisons entre 1970 et 1978, Jacques Vergès s'est toujours débrouillé pour que d'autres alimentent la légende à sa place.
« Depuis son enfance de métis vietnamien, poursuit Bernard Violet, il manifeste un besoin constant de reconnaissance, jusqu'à en être devenu complètement mégalomane. Il a tourné le dos à sa carrière de jeune avocat attaché à ses convictions pour se vendre aux pires bourreaux, pour ne suivre que son aventure personnelle. Derrière une image d'avocat international de premier plan se cache un mercenaire du droit»
ST.B., Le Parisien, 27 mars 2004, p. 6
* "Vergès, le maître de l'ombre", Bernard Violet avec Robert Jégaden, paru au Seuil en 2000.

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mercredi 29 novembre 2006, 17h35 Troisième renvoi du procès du prince saoudien soupçonné de trafic de cocaïne

BOBIGNY (AFP) - Le procès de dix personnes, dont un prince saoudien, soupçonnées d'avoir participé en 1999 à un vaste trafic international de cocaïne, a été renvoyé mercredi au 28 mars par le tribunal correctionnel de Bobigny, à la demande d'un avocat fraîchement désigné dans ce dossier.

Me Jean-Didier Belot, l'avocat d'un trafiquant colombien né au Sierra Leone désigné en octobre, a demandé un délai pour lire les "sept ou huit tomes de procédure" concernant son client Oscar Campuzano.

Campuzano, réputé membre actif du cartel de Medellin, a été condamné à 34 mois de prison dans la procédure américaine menée à Miami sur cette même affaire de trafic présumé de drogue entre la Colombie et l'Europe, a indiqué l'avocat à l'AFP.

Il a été désigné en octobre par M. Campuzano qui a découvert qu'il était prévenu dans ce procès français à la lecture d'un article de presse espagnol, a expliqué l'avocat au tribunal. Il pourrait également défendre un autre prévenu, colombien cette fois, qui l'a contacté mardi.

Me Jacques Vergès, avocat du prince Nayef Bin Fawaz al Chaalan, s'est opposé à ce renvoi, demandant la disjonction du dossier du prince de celui "des Colombiens".

Des dix prévenus, tous absents, M.M Chaalan et Campuzano sont les seuls à avoir mandaté des avocats pour les représenter.

Me Vergès a de nouveau réclamé la non-reconduction du mandat d'arrêt international qui "gêne" son client, une personnalité francophile influente en Arabie saoudite où il n'est toutefois pas en ligne directe pour la succession au trône. Le tribunal n'a suivi aucune de ses demandes.

La présidente Françoise Bouthier-Vergez a assuré qu'il n'y aurait "plus d'autres renvois". Elle a demandé la traduction rapide de documents issus de la procédure américaine produits au dossier par Me Belot.

Le prince Chaalan, 39 ans, est soupçonné d'avoir mis à disposition son avion privé pour transporter deux tonnes de cocaïne colombienne, dont une partie a été découverte en juin 1999 en banlieue parisienne. Pour ce trafic présumé, il a été inculpé en 2002 aux Etats-Unis.

Comme les neuf autres prévenus (nés en France, Espagne, Colombie, Sierra-Leone et Allemagne), il est renvoyé pour complicité de "transport", "détention", "importation" et "cession non autorisée de stupéfiants", "association de malfaiteurs" et "contrebande de marchandise prohibée".
Le premier volet, dit "français", de ce dossier, a été jugé en septembre 2003.
Yahoo.fr, actualités, mercredi 29 novembre 2006, 17h35

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Vergès le diabolique Par Stéphane Durand-Souffland 13/10/2010 | Mise à jour : 11:54 lefigaro.fr

Jacques Vergès est un être fascinant, d'une intelligence cinglante, dont la détermination glace le sang.

Le documentaire de Barbet Schroeder, L'Avocat de la terreur, dresse un éblouissant portrait de l'enfant terrible du barreau.

Barbet Schroeder est un grand metteur en scène et L'Avocat de la terreur, un grand film, car le rôle-titre est interprété par un grand acteur: Jacques Vergès. Le cinéaste s'est lancé à la découverte de la plus mystérieuse célébrité du barreau français comme le Marlow d'Au cœur des ténèbres remontait un fleuve angoissant à la recherche de Kurtz.

Jacques Vergès est un être fascinant, d'une intelligence cinglante, dont la détermination, bien davantage que les options politiques, glace le sang. Il a vu le jour au Siam il y a quatre-vingt-cinq ans ; son père était réunionnais et sa mère vietnamienne, de sorte qu'il est né colonisé et s'est efforcé de le rester pour racheter à sa façon, jusqu'à son dernier souffle, les humiliations de tous les damnés de la terre. Là réside le paradoxe Vergès: dans une posture quasi christique servie par un esprit diabolique.

Schroeder décrit ses premiers pas de plaideur, pour les militants indépendantistes algériens. C'est la partie la plus éblouissante de son film. L'avocat, jeune résistant puis combattant pendant la Seconde Guerre mondiale, partage la cause du FLN et invente la stratégie de rupture face à des tribunaux qui ont la guillotine facile: «On ne convainc pas en faisant guili-guili», explique-t-il. Il défend ainsi Djamila Bouhired, icône des «terroristes», en tombe amoureux, la sauve de l'échafaud en mobilisant l'opinion publique internationale, l'épouse: déjà célèbre en 1962, Vergès n'est encore qu'un prince consort. Dans une scène extraordinaire, on le voit visiter, à Alger, ce qui fut le quartier des condamnés à mort. Une dizaine de ses clients auraient dû être exécutés mais ils furent graciés. Imaginant ce qui serait advenu si un seul - ou une seule - avait été décapité, le virtuose retors de la maîtrise de soi est submergé par l'émotion et, dans un sanglot irrépressible, affirme qu'il aurait tué en représailles un haut responsable français : la tentation de l'action, quand le verbe ne suffit pas, qui fait de l'homme un avocat à part entière, mais aussi à part tout court.

Des «grandes vacances» mystérieuses

1963-1970. Vergès arpente la planète, rencontre Mao. Il est à présent célèbre pour lui-même et c'est évidemment le moment qu'il choisit pour disparaître. Le plus passionnant, finalement, n'est pas de savoir où il se trouvait pendant ces huit années - au Cambodge avec Pol Pot ? au Moyen-Orient avec les fedayins? à Paris, reclus dans un meublé pour échapper à des créanciers? - mais de constater qu'il a réussi à faire en ­sorte que personne, depuis, ne trahisse le secret de ce qu'il appelle, ravi que Barbet Schroeder s'y intéresse autant, ses «grandes vacances».

La dernière période, 1978 à nos jours, est la plus connue. On y croise le terroriste vénézuélien Carlos, l'avocat allemand et activiste d'extrême gauche Klaus Croissant, le banquier suisse, nazi et pro-arabe François Genoud, l'ancien chef de la Gestapo de Lyon Klaus Barbie. Mais ni Omar Raddad, ni Bernard Bonnet (le préfet des paillotes incendiées en Corse) ni Louise-Yvonne Casetta (surnommée «la cassette» au RPR). Parce que ces clients-là ne font peur à personne, et que Barbet Schroeder n'explore que la face inquiétante de Jacques Vergès. Lequel, au milieu de ses statuettes africaines et asiatiques, ­jubile, envoûte de sa voix splendide tandis que tour à tour cynique, hypnotique ou provocateur, son regard d'insurgé crève l'écran.
Arte - 20.40

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Vergès à Abidjan : « La France préparait une agression » (mis à jour) Publié le vendredi 31 décembre 2010 | Rue89

Jeudi matin très tôt, l'avocat français Jacques Vergès a atterri à Abidjan aux côtés de Roland Dumas. L'avocat controversé, connu pour avoir défendu Klaus Barbie, Slobodan Milosevic ou Tarek Aziz, et l'ancien ministre des Affaires étrangères et ex-président du Conseil constitutionnel, ont été invités par le président sortant Laurent Gbagbo.

Ils rejoignent le petit cortège disparate des conseillers blancs qui ont en commun de s'affairer sur place à réhabiliter le sortant tout en venant d'horizons aussi divers que les anciens réseaux africains du RPR (Jean-François Probst, proche de Xavier Tiberi) ou l'entourage de Jean-Marie Le Pen (Me Marcel Ceccaldi, avocat du leader frontiste).

La présence de Roland Dumas s'inscrit quant à elle dans la lignée des relations de soutien entretenues durablement par le PS français avec Gbagbo qui est membre de l'Internationale socialiste. Même si le gros des socialistes français se tient aujourd'hui à une distance prudente de celui qu'ils ont largement aidé à s'installer au pouvoir, certains, comme Henri Emmanuelli, ne désavouent pas ce lien.

Un mois après l'annonce des résultats, Laurent Gbagbo refuse toujours de céder le pouvoir à son rival Alassane Ouattara en dépit des injonctions de la communauté internationale. Ce sont ces injonctions, et notamment la position pro-Ouattara de la France, que dénonce Jacques Vergès.

Interviewé par téléphone par Rue89 alors qu'il se trouve à Abidjan, l'avocat français ne se place pas dans une perspective d'apaisement.

Rue 89 : Ce séjour est-il le début d'une longue série ? Préparez-vous une éventuelle défense de Laurent Gbagbo devant une juridiction internationale ?

Jacques Vergès : Je suis arrivé jeudi matin, je repars sans doute samedi soir. Je passerai le réveillon sur la lagune.
Nous reviendrons en effet : nous sommes venus à la demande du président Gbagbo, et parce que nous voulions nous informer de la situation pour ensuite agir en France.

Rue 89 : « Agir en France » en vue d'un apaisement impliquerait un rôle d'intermédiaire avec les autorités françaises, peu acquises à ce jour à la cause de Laurent Gbagbo. Vous placez-vous dans cette perspective ?

Vergès : Les autorités françaises ont des oreilles si elles veulent écouter. Agir en France signifie surtout tenir des conférences de presse et rendre compte de ce nous constatons sur ... ... suite de l'article sur Rue89

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